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Traité Kiddushin

15b

Étude de Kiddushin 15b

Étude de la Guémara 15b

Guémara
« Et s'il n'est pas racheté par aucun de ceux-ci » (Vayikra 25, 54) — Rabbi [Yehouda haNassi] dit : c'est par ceux-ci [les proches] qu'il est racheté, et il n'est pas racheté après six ans [de travail].
״וְאִם לֹא יִגָּאֵל בְּאֵלֶּה״ רַבִּי אוֹמֵר: בְּאֵלֶּה הוּא נִגְאָל, וְאֵין נִגְאָל בְּשֵׁשׁ.
Rabbi Yehouda haNassi développe : on pourrait arguer qu'un homme vendu à un païen devrait être libéré après six ans. Ne pourrait-on pas le déduire par un raisonnement *a fortiori* : si celui qui ne peut pas être racheté par ces proches — c'est-à-dire l'esclave hébreu vendu à un Israélite, car ses proches ne peuvent pas le racheter — est néanmoins libéré après six ans de travail, n'est-il pas logique que cet esclave hébreu vendu à un païen, qui peut être racheté par ces proches, soit lui aussi libéré après six ans de travail ? C'est pourquoi le verset dit « par aucun de ceux-ci », pour insister : celui vendu à un païen n'est rachetable que par ces proches, et il ne peut pas être libéré après six ans.
שֶׁיָּכוֹל וַהֲלֹא דִּין הוּא, וּמָה מִי שֶׁאֵינוֹ נִגְאָל בְּאֵלֶּה – נִגְאָל בְּשֵׁשׁ, זֶה, שֶׁנִּגְאָל בְּאֵלֶּה – אֵינוֹ דִּין שֶׁנִּגְאָל בְּשֵׁשׁ? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בְּאֵלֶּה״ – בְּאֵלֶּה הוּא נִגְאָל, וְאֵין נִגְאָל בְּשֵׁשׁ.
La Guemara explique la preuve : et si tu pensais que Rabbi Yehouda haNassi déduit l'analogie verbale entre « ouvrier à gage » [sakhir] et « ouvrier à gage » — pourquoi dit-il : « si celui qui ne peut pas être racheté par ces proches », à propos de celui vendu à un Israélite ? Qu'il déduise la halakha du cas de celui vendu à un païen par l'analogie « sakhir–sakhir » ! Le terme « ouvrier à gage » est aussi employé pour celui vendu à un païen : « Comme un ouvrier à gage, année après année, il sera avec lui » (Vayikra 25, 53) — et l'on pourrait dire que même celui vendu à un Israélite peut être racheté par ses proches. Le fait qu'il n'accepte pas cette déduction montre qu'il rejette l'analogie « sakhir–sakhir ».
וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ יָלֵיף ״שָׂכִיר״ ״שָׂכִיר״, אַמַּאי קָאָמַר ״וּמָה מִי שֶׁאֵינוֹ נִגְאָל בְּאֵלֶּה״? נֵילַף ״שָׂכִיר״ ״שָׂכִיר״!
Rav Nahman bar Yitsḥak dit : cette preuve peut être réfutée — car on peut dire qu'en réalité Rabbi Yehouda haNassi déduit bien l'analogie « sakhir–sakhir », et qu'il y a ici une particularité : le verset dit « qu'il le rachète [yig'alenu] » (Vayikra 25, 49) — ce qui enseigne que la rédemption n'est une option que pour *cet* esclave-là, et non pour un autre type d'esclave.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: לְעוֹלָם יָלֵיף ״שָׂכִיר״ ״שָׂכִיר״, וְשָׁאנֵי הָכָא דְּאָמַר קְרָא ״יִגְאָלֶנּוּ״ – לָזֶה, וְלֹא לְאַחֵר.
Quant au différend lui-même, la Guemara demande : qui est le tanna qui contredit Rabbi Yehouda haNassi ? C'est Rabbi Yossei haGelili et Rabbi Akiva. Comme il est enseigné dans une baraïta à propos du verset « Et s'il n'est pas racheté par aucun de ceux-ci » (Vayikra 25, 54) : Rabbi Yossei haGelili dit : l'expression « par aucun de ceux-ci » indique que la rédemption par ses proches mène à la liberté complète ; mais si un esclave est racheté par quiconque d'autre qui paie le maître païen, c'est vers l'esclavage [qu'il retourne] — l'esclave racheté devient l'obligé de son racheteur jusqu'à remboursement du coût de sa rédemption par son travail. Rabbi Akiva dit le contraire : par ces proches, il est racheté vers l'esclavage ; si d'autres le rachètent, c'est vers la liberté.
וּמַאן תַּנָּא דִּפְלִיג עֲלֵיהּ דְּרַבִּי? רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְרַבִּי עֲקִיבָא. דְּתַנְיָא: ״לֹא יִגָּאֵל בְּאֵלֶּה״ רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר: ״בְּאֵלֶּה״ – לְשִׁחְרוּר, בִּשְׁאָר כׇּל אָדָם – לְשִׁעְבּוּד. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: ״בְּאֵלֶּה״ – לְשִׁעְבּוּד, בִּשְׁאָר כׇּל אָדָם – לְשִׁחְרוּר.
La Guemara demande : quel est le raisonnement de Rabbi Yossei haGelili ? Le verset dit, à propos d'un esclave racheté puis affranchi : « S'il n'est pas racheté par aucun de ces proches ; mais s'il est racheté par un autre, alors il sortira l'année du Yovel » (Vayikra 25, 54) — et non avant, car il devient l'esclave de son racheteur. Et Rabbi Akiva dit : « S'il n'est pas racheté » d'aucune autre manière que « par aucun de ceux-ci », « alors il sortira l'année du Yovel » — c'est-à-dire que s'il est racheté par des proches, il n'est affranchi qu'à la clôture de Yom Kippour de l'année du Yovel. En revanche, s'il est racheté par d'autres, il est affranchi immédiatement. Et comment Rabbi Yossei haGelili répond-il à cela ? Il demanderait : est-il écrit : « Seulement par aucun de ceux-ci » ?
מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי? אָמַר קְרָא: ״אִם לֹא יִגָּאֵל בְּאֵלֶּה״ – אֶלָּא בְּאַחֵר – ״וְיָצָא בִּשְׁנַת הַיּוֹבֵל״. וְרַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: ״אִם לֹא יִגָּאֵל״ – אֶלָּא – ״בְּאֵלֶּה״, ״וְיָצָא בִּשְׁנַת הַיּוֹבֵל״. וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי? מִידֵּי ״אֶלָּא בְּאֵלֶּה״ כְּתִיב?
Plutôt, comme cette interprétation du verset par Rabbi Akiva est clairement problématique, la Guemara rétracte l'explication précédente du différend et dit plutôt qu'ils divergent sur le sens précis de ce verset : « Soit son oncle, soit le fils de son oncle le rachètera, ou l'un de ses proches de sa famille le rachètera ; ou, s'il acquiert [de quoi se racheter], il se rachètera » (Vayikra 25, 49). « Soit son oncle, soit le fils de son oncle le rachètera » — c'est la rédemption par les proches. « Ou s'il acquiert [de quoi se racheter] » — c'est la rédemption par lui-même. « Et il sera racheté » — c'est la rédemption par d'autres personnes.
אֶלָּא בְּהַאי קְרָא קָמִיפַּלְגִי: ״אוֹ דֹדוֹ אוֹ בֶן דֹּדוֹ יִגְאָלֶנּוּ״ – זוֹ גְּאוּלַּת קְרוֹבִים, ״אוֹ הִשִּׂיגָה יָדוֹ״ – זוֹ גְּאוּלַּת עַצְמוֹ, ״וְנִגְאָל״ – זוֹ גְּאוּלַּת אֲחֵרִים.
Rabbi Yossei haGelili soutient : un verset s'interprète homilétiquement d'après sa juxtaposition avec le verset qui le précède immédiatement. Il faut donc comparer la rédemption par les proches à la rédemption par lui-même : de même que la rédemption par lui-même mène à la liberté complète, la rédemption par les proches mène à la liberté. Et Rabbi Akiva soutient qu'un verset s'interprète d'après sa juxtaposition avec le verset qui le suit immédiatement. Il faut donc comparer la rédemption par d'autres à la rédemption par lui-même : de même que la rédemption par lui-même mène à la liberté, la rédemption par d'autres mène à la liberté — tandis que s'il est racheté par ses proches, il devient leur esclave.
רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי סָבַר: מִקְרָא נִדְרָשׁ לְפָנָיו, שְׁדִי גְּאוּלַּת קְרוֹבִים אַגְּאוּלַּת עַצְמוֹ, מָה גְּאוּלַּת עַצְמוֹ לְשִׁחְרוּר – אַף גְּאוּלַּת קְרוֹבִים לְשִׁחְרוּר. וְרַבִּי עֲקִיבָא סָבַר: מִקְרָא נִדְרָשׁ לְאַחֲרָיו, שְׁדִי גְּאוּלַּת אֲחֵרִים אַגְּאוּלַּת עַצְמוֹ, מָה גְּאוּלַּת עַצְמוֹ לְשִׁחְרוּר – אַף גְּאוּלַּת אֲחֵרִים לְשִׁחְרוּר.
La Guemara demande : si tel est leur différend, à quoi sert l'expression « par aucun de ceux-ci », selon Rabbi Yossei haGelili comme selon Rabbi Akiva ? La Guemara répond : sans l'expression « par aucun de ceux-ci », je dirais qu'un verset s'interprète d'après sa juxtaposition avec le verset précédent *comme* avec le verset suivant — et que dans tous les cas de rédemption, c'est vers la liberté. L'expression « par aucun de ceux-ci » limite cette liberté soit aux proches, soit aux autres, selon les avis respectifs de Rabbi Yossei haGelili et Rabbi Akiva.
אִי הָכִי, ״בְּאֵלֶּה״ לְמָה לִי? אִי לָאו ״בְּאֵלֶּה״ הֲוָה אָמֵינָא מִקְרָא נִדְרָשׁ בֵּין לְפָנָיו בֵּין לְאַחֲרָיו, וְהַכֹּל לְשִׁחְרוּר.
La Guemara demande : si tel est le cas, la difficulté avec l'avis de Rabbi Akiva — que le verset ne dit pas : « S'il n'est pas racheté d'aucune autre manière que par aucun de ceux-ci » — revient en place, car cette expression indiquerait que l'interprétation de Rabbi Yossei haGelili est correcte. Plutôt, Rabbi Yossei haGelili et Rabbi Akiva divergent sur le plan du raisonnement. Leur différend est une question de logique et ne porte pas sur l'interprétation textuelle.
אִי הָכִי, הֲדַר קוּשְׁיָא לְדוּכְתֵּיהּ. אֶלָּא, בִּסְבָרָא קָמִיפַּלְגִי:
La Guemara développe. Rabbi Yossei haGelili soutient : il est logique que la rédemption par d'autres mène à l'esclavage — car, si tu disais qu'elle mène à la liberté, les gens s'abstiendraient et ne le rachèteraient pas. Et Rabbi Akiva soutient : il est logique que la rédemption par les proches mène à l'esclavage — car, si tu disais qu'elle mène à la liberté, chaque jour il irait se vendre de nouveau, comptant sur ses proches pour le libérer.
רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי סָבַר: מִסְתַּבְּרָא גְּאוּלַּת אֲחֵרִים לְשִׁיעְבּוּד, דְּאִי אָמְרַתְּ לְשִׁחְרוּר, הֲווֹ מִימַּנְעִי וְלָא פָּרְקִי לֵיהּ. וְרַבִּי עֲקִיבָא סָבַר: מִסְתַּבְּרָא גְּאוּלַּת קְרוֹבִים לְשִׁיעְבּוּד, דְּאִי אָמְרַתְּ לְשִׁחְרוּר, כׇּל יוֹמָא וְיוֹמָא אֲזַל וּמְזַבֵּין נַפְשֵׁיהּ.
Rabbi Hiyya bar Abba dit que Rabbi Yohanan dit : c'est l'énoncé de Rabbi Yossei haGelili et de Rabbi Akiva, qui tiennent qu'un esclave n'est pas invariablement affranchi dès qu'il est racheté de son maître païen. Mais les Sages disent : dans tous les cas, lorsqu'il est affranchi, c'est vers la liberté complète.
אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: זוֹ דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי וְרַבִּי עֲקִיבָא, אֲבָל חֲכָמִים אוֹמְרִים: הַכֹּל לְשִׁחְרוּר.
Kiddushin 15b
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קידושין ט״ו במַסֶּכֶת קִידּוּשִׁין