AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Kiddushin

12a

Étude de Kiddushin 12a

Étude de la Guémara 12a

Guémara
La Guemara repousse cette suggestion : cela ne peut entrer dans ton esprit, car la halakha de déduction doit être semblable à la halakha de désignation — c'est-à-dire le processus par lequel un maître désigne sa servante hébraïque comme épouse pour lui ou pour son fils (Shemot 21, 8-9). De même qu'avec la désignation, bien que la halakha soit que s'il le désire il peut la désigner et s'il ne le désire pas il n'est pas tenu de la désigner, néanmoins partout où il ne peut pas la désigner — par exemple dans un cas où ils sont apparentés et qu'elle lui est donc interdite —, sa vente n'est pas une vente valide ; de même ici, en ce qui concerne sa rédemption, partout où elle ne peut pas déduire un montant de son prix d'achat, sa vente n'est pas une vente valide.
לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ – דּוּמְיָא דְּיִיעוּד, מַה יִיעוּד, אַף עַל גַּב דְּאִי בָּעֵי מְיַיעֵד וְאִי בָּעֵי לָא מְיַיעֵד, כֹּל הֵיכָא דְּלָא מָצֵי מְיַיעֵד – לָא הָווּ זְבִינָא זְבִינֵי, הָכִי נָמֵי כֹּל הֵיכָא דְּלָא מָצְיָ[א] מְיגָרְעָא – לָא הָווּ זְבִינָא זְבִינֵי.
La Guemara note : et selon l'avis de Beit Shammaï, le mode de fiançailles d'une femme par argent est dérivé du cas d'une servante hébraïque, comme suit : de même qu'une servante hébraïque ne peut pas être acquise avec une perouta, de même une femme ne peut pas être fiancée avec une perouta.
וְקִידּוּשֵׁי אִשָּׁה לְבֵית שַׁמַּאי נָפְקָא לְהוּ מֵאָמָה הָעִבְרִיָּה: מָה אָמָה הָעִבְרִיָּה בִּפְרוּטָה לָא מִקַּנְיָא, אַף אִשָּׁה בִּפְרוּטָה לָא מִיקַּדְּשָׁא.
La Guemara demande : même si Beit Shammaï dérivent leur avis de là, comment cela prouve-t-il qu'une femme ne peut être fiancée qu'avec un minimum d'un dinar ? Mais pourquoi ne pas dire qu'elle peut être fiancée avec une demi-dinar, ou dire qu'elle peut être fiancée avec deux peroutot, puisqu'il est possible d'accomplir la rédemption d'une servante hébraïque si sa vente a été pour l'un de ces montants ? La Guemara répond : puisque cette comparaison exclut les fiançailles avec une perouta — car elle indique qu'une femme ne peut être fiancée qu'avec une somme d'argent significative —, les Sages ont établi le montant minimum à un dinar, qui est une pièce de valeur substantielle.
וְאֵימָא פַּלְגָא דְּדִינָר, וְאֵימָא שְׁתֵּי פְּרוּטוֹת! כֵּיוָן דְּאַפִּיקְתֵּיהּ מִפְּרוּטָה – אוֹקְמַהּ אַדִּינָר.
Rava donne une autre explication : voici le raisonnement de Beit Shammaï, qui estiment qu'une femme ne peut être fiancée qu'avec un minimum d'un dinar : les filles d'Israël ne doivent pas être traitées comme un bien sans propriétaire. Permettre aux femmes d'être fiancées pour une somme aussi faible qu'une perouta leur est irrespectueux.
רָבָא אָמַר: הַיְינוּ טַעְמָא דְּבֵית שַׁמַּאי: שֶׁלֹּא יְהוּ בְּנוֹת יִשְׂרָאֵל כְּהֶפְקֵר.
§ La michna enseigne : et Beit Hillel disent qu'une femme peut être fiancée avec une perouta, ou avec tout objet valant une perouta. Rav Yossef pensait dire : une perouta signifie n'importe quel montant. Il n'y a pas de valeur définie, car une femme peut être fiancée avec une perouta quelle que soit sa valeur au moment des fiançailles. Abaye lui dit : mais n'est-ce pas enseigné à ce sujet dans la michna elle-même : combien vaut une perouta ? C'est un huitième d'issar italien. Cela montre qu'il existe une valeur définie pour une perouta.
וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים בִּפְרוּטָה. סָבַר רַב יוֹסֵף לְמֵימַר: פְּרוּטָה כָּל דְּהוּ. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְהָא עֲלַהּ קָתָנֵי: כַּמָּה הִיא פְּרוּטָה – אֶחָד מִשְּׁמֹנָה בָּאִיסָּר הָאִיטַלְקִי.
Et si tu disais : cette déclaration ne s'applique qu'à la génération de Moïse — c'est-à-dire que c'était la valeur d'une perouta à l'époque de la Torah — mais maintenant, à tout moment ultérieur, sa valeur est déterminée par ce que les gens considèrent comme une perouta, cette affirmation ne peut pas être correcte. Car lorsque Rav Dimi vint d'Eretz Yisrael il dit : Rabbi Simaï a estimé dans sa génération : combien vaut une perouta ? C'est un huitième d'issar italien. Et lorsque Ravin vint d'Eretz Yisrael en Babylonie il dit que Rabbi Dostaï, Rabbi Yannaï et Rabbi Oshaya ont estimé : combien vaut une perouta ? C'est un sixième d'issar italien.
וְכִי תֵּימָא: הָנֵי מִילֵּי בְּדוֹרוֹ שֶׁל מֹשֶׁה, אֲבָל הָכָא כְּדַחֲשִׁבָה לְהוּ לְאִינָשֵׁי – וְהָא כִּי אֲתָא רַב דִּימִי אָמַר: שִׁיעֵר רַבִּי סִימַאי בְּדוֹרוֹ כַּמָּה הִיא פְּרוּטָה: אֶחָד מִשְּׁמֹנָה בָּאִיסָּר הָאִיטַלְקִי, וְכִי אֲתָא רָבִין אָמַר: רַבִּי דּוֹסְתַּאי וְרַבִּי יַנַּאי וְרַבִּי אוֹשַׁעְיָא שִׁיעֲרוּ כַּמָּה הָוֵי פְּרוּטָה – אֶחָד מִשִּׁשָּׁה בְּאִיסָּר הָאִיטַלְקִי!
Rav Yossef dit à Abaye : si tel est le cas, cela entre en conflit avec ce que nous avons appris dans une baraïta : va calculer combien de peroutot il y a dans deux sela : plus de deux mille. Or il n'y en a pas même deux mille maintenant, et tu les appelles « plus de deux mille » ? Plutôt, la perouta vaut certainement moins qu'un huitième d'issar italien. Un certain vieillard leur dit : j'enseigne cette baraïta en disant : proche de deux mille. La Guemara demande : en fin de compte, selon le calcul d'un huitième d'issar, le nombre de peroutot dans deux sela est de 1 536, ce qui n'est nulle part près de deux mille. La Guemara répond : puisqu'il dépasse la moitié du second millier, on l'appelle : proche de deux mille.
אֲמַר לֵיהּ רַב יוֹסֵף: אִי הָכִי, הַיְינוּ דְּתָנֵינָא: ״צֵא וַחֲשׁוֹב כַּמָּה פְּרוּטוֹת בִּשְׁנֵי סְלָעִים – יוֹתֵר מֵאַלְפַּיִם״ – הַשְׁתָּא אַלְפַּיִם לָא הָוְיָין, יָתֵר מֵאַלְפַּיִם קָרֵי לְהוּ? אֲמַר לְהוּ הַהוּא סָבָא: אֲנָא תְּנֵינָא לַהּ: ״קָרוֹב לְאַלְפַּיִם״. סוֹף סוֹף אַלְפָּא וַחֲמֵשׁ מְאָה וּתְלָתִין וְשִׁיתָּא הוּא דְּהָוְיָין! כֵּיוָן דְּנָפְקָא לְהוּ מִפַּלְגָא – קָרוֹב לְאַלְפַּיִם קָרֵי לֵיהּ.
La Guemara discute la question elle-même. Lorsque Rav Dimi vint d'Eretz Yisrael il dit : Rabbi Simaï a estimé dans sa génération : combien vaut une perouta ? C'est un huitième d'issar italien. Et lorsque Ravin vint il dit que Rabbi Dostaï, Rabbi Yannaï et Rabbi Oshaya ont estimé : combien vaut une perouta ? C'est un sixième d'issar italien. Abaye dit à Rav Dimi : dirons-nous que toi et Ravin divergez sur la question qui fait l'objet du différend entre ces tannaïm.
גּוּפָא, כִּי אֲתָא רַב דִּימִי אָמַר: שִׁיעֵר רַבִּי סִימַאי בְּדוֹרוֹ כַּמָּה הִיא פְּרוּטָה – אֶחָד מִשְּׁמֹנָה בָּאִיסָּר הָאִיטַלְקִי, וְכִי אֲתָא רָבִין אָמַר: שִׁיעֲרוּ רַבִּי דּוֹסְתַּאי וְרַבִּי יַנַּאי וְרַבִּי אוֹשַׁעְיָא כַּמָּה הִיא פְּרוּטָה – אֶחָד מִשִּׁשָּׁה בָּאִיסָּר הָאִיטַלְקִי. אָמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב דִּימִי: נֵימָא, אַתְּ וְרָבִין בִּפְלוּגְתָּא דְהָנֵי תַּנָּאֵי קָא מִיפַּלְגִיתוּ,
Comme il est enseigné dans une baraïta : la perouta mentionnée par les Sages est un huitième d'issar italien. Six ma'a d'argent font un dinar, et un ma'a vaut deux pundeyon. Dans un pundeyon il y a deux issar, et un issar vaut deux masmas. Un masmas vaut deux konterank, et un konterank vaut deux peroutot. Par ce calcul, on trouve qu'une perouta vaut un huitième d'issar italien.
דְּתַנְיָא: פְּרוּטָה שֶׁאָמְרוּ חֲכָמִים – אֶחָד מִשְּׁמֹנָה בָּאִיסָּר הָאִיטַלְקִי, שֵׁשׁ מָעָה כֶּסֶף – דִּינָר, מָעָה – שְׁנֵי פּוּנְדְּיוֹנִין, פּוּנְדְּיוֹן – שְׁנֵי אִיסָּרִין, אִיסָּר – שְׁנֵי מִסְמֵיסִים, מִסְמֵס – שְׁנֵי קוּנְטְרוֹנְקִין, קוּנְטְרֹנְק – שְׁתֵּי פְרוּטוֹת. נִמְצָא, פְּרוּטָה – אֶחָד מִשְּׁמֹנָה בָּאִיסָּר הָאִיטַלְקִי.
Rabban Shimon ben Gamliel dit : ce n'est pas le cas ; plutôt, il y a trois hadreis à un ma'a, deux henetz à un hadreis, deux shamin à un henetz, et deux peroutot à un shamin. Par conséquent, on trouve qu'une perouta vaut un sixième d'issar italien. Dirons-nous qu'un maître est d'accord avec le premier tanna, et que Ravin, qui a énoncé sa décision au nom de Rabbi Dostaï, Rabbi Yannaï et Rabbi Oshaya, est d'accord avec Rabban Shimon ben Gamliel ?
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: שְׁלֹשָׁה הַדְרֵסִין לְמָעָה, שְׁנֵי הַנְצִין לְהַדְרֵיס, שְׁנֵי שְׁמֵנִין לַהֲנֵץ, שְׁתֵּי פְרוּטוֹת לְשָׁמֵין, נִמְצָא, פְּרוּטָה – אֶחָד מִשִּׁשָּׁה בְּאִיסָּר הָאִיטַלְקִי. לֵימָא דְּמָר אָמַר כְּתַנָּא קַמָּא וְרָבִין דְּאָמַר כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל?
Rav Dimi dit à Abaye : tant ma déclaration que celle de Ravin sont conformes à l'avis du premier tanna, et il n'y a pas de difficulté. Cette déclaration de la mienne vise le cas où l'issar a augmenté de valeur par rapport aux pièces d'argent, et cette déclaration de Ravin vise le cas où l'issar a diminué de valeur. La Guemara développe : lorsque l'issar a augmenté de valeur, vingt-quatre issar valaient un dinar ; lorsqu'ils ont diminué de valeur, trente-deux issar valaient un dinar. Si tel est le cas, il existe un rapport fixe entre la valeur d'une perouta et la valeur de l'argent, et il y a 192 peroutot dans un dinar. En revanche, le rapport entre la valeur d'un issar de cuivre et les dinars d'argent fluctue, de sorte que parfois un issar vaut huit peroutot tandis qu'à d'autres moments il ne vaut que six.
אֲמַר לֵיהּ: בֵּין דִּידִי וּבֵין רָבִין אַלִּיבָּא דְּתַנָּא קַמָּא, וְלָא קַשְׁיָא: הָא – דְּאִיַּקּוּר אִיסּוּרֵי, הָא – דְּזוּל אִיסּוּרֵי. הָא דְּאִיַּקּוּר אִיסּוּרֵי – קוּם עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע בְּזוּזָא, הָא דְּזוּל – קוּם תְּלָתִין וּתְרֵין בְּזוּזָא.
§ Shmouel dit : si un homme a fiancé une femme avec une datte, elle est fiancée même si un kor de dattes vaut un dinar — ce qui signifierait qu'une datte vaut bien moins qu'une perouta. La raison est que bien qu'une datte ait peu de valeur ici, nous craignons qu'elle ne vaille une perouta en Médie ou dans un autre lieu lointain où les dattes sont chères. Elle est donc fiancée aussi dans ce lieu.
אָמַר שְׁמוּאֵל: קִידְּשָׁהּ בִּתְמָרָה, אֲפִילּוּ עוֹמֵד כּוֹר תְּמָרִים בְּדִינָר – מְקוּדֶּשֶׁת; חָיְישִׁינַן שֶׁמָּא שָׁוֶה פְּרוּטָה בְּמָדַי.
Kiddushin 12a
100%
קידושין י״ב אמַסֶּכֶת קִידּוּשִׁין