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Traité Kiddushin

10b

Étude de Kiddushin 10b

Étude de la Guémara 10b

Guémara
Et il rend impur l'objet sur lequel il s'allonge comme l'objet supérieur. Celui qui a des relations avec une femme menstruée rend impurs les objets sur lesquels il s'allonge, même s'il n'a pas de contact direct avec eux.
לְטַמֵּא מִשְׁכָּב תַּחְתּוֹן כְּעֶלְיוֹן,
Et si elle épouse un Cohen, elle peut manger de la terouma à partir de ce moment. Et si l'une de celles avec lesquelles les relations sont interdites par la Torah (voir Vayikra, chapitre 18) a des relations avec elle, il est mis à mort pour son péché avec elle, et elle est exemptée de punition en tant que mineure. Et si quelqu'un de lignée défectueuse — c'est-à-dire un homme qui la disqualifierait pour épouser un Cohen s'il avait des relations avec elle — a des relations avec elle, il l'a disqualifiée pour entrer dans la prêtrise. Ceci conclut la baraïta.
וְאִם נִישֵּׂאת לְכֹהֵן – אוֹכֶלֶת בִּתְרוּמָה, וְאִם בָּא עָלֶיהָ אֶחָד מִכׇּל עֲרָיוֹת שֶׁבַּתּוֹרָה – מוּמָתִין עַל יָדָהּ, וְהִיא פְּטוּרָה. וְאִם בָּא עָלֶיהָ אֶחָד מִן הַפְּסוּלִין – פְּסָלָהּ מִן הַכְּהוּנָּה.
La Guemara analyse cette source. Il est enseigné dans cette baraïta : elle peut être fiancée par le rapport sexuel, et il est enseigné séparément : et si elle épouse un Cohen. Cela indique que le rapport sexuel n'effectue pas le mariage. La Guemara repousse cela : voici ce que dit la baraïta : si ces fiançailles par le rapport sexuel constituent un mariage avec un Cohen, elle peut manger de la terouma. Il est possible qu'il n'y ait pas ici deux étapes séparées mais un seul acte, car le rapport sexuel effectue le mariage.
קָתָנֵי ״בִּיאָה״, וְקָתָנֵי ״נִישֵּׂאת״! הָכִי קָאָמַר: אִי הָנֵי נִשּׂוּאִין דְּכֹהֵן נִינְהוּ – אוֹכֶלֶת בִּתְרוּמָה.
Viens entendre une preuve tirée d'une baraïta : et Yoḥanan ben Bag Bag avait déjà envoyé un message à Rabbi Yehouda ben Beteira dans la ville de Netzivin : j'ai entendu dire que tu affirmes que la fille d'un non-Cohen fiancée à un Cohen peut manger de la terouma. Rabbi Yehouda ben Beteira lui renvoya cette réponse : et ne dis-tu pas la même chose ? Je sais que tu es expert dans de nombreux domaines de la Torah ; ne sais-tu pas enseigner des halakhot par un argument a fortiori ?
תָּא שְׁמַע: וּכְבָר שָׁלַח יוֹחָנָן בֶּן בַּג בַּג אֵצֶל רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָה לִנְצִיבִין: שָׁמַעְתִּי עָלֶיךָ שֶׁאַתָּה אוֹמֵר אֲרוּסָה בַּת יִשְׂרָאֵל אוֹכֶלֶת בִּתְרוּמָה. שָׁלַח לוֹ: וְאַתָּה אִי אַתָּה אוֹמֵר כֵּן? מוּחְזְקַנִי בְּךָ שֶׁאַתָּה בָּקִי בְּחַדְרֵי תוֹרָה, לִדְרוֹשׁ בְּקַל וָחוֹמֶר אִי אַתָּה יוֹדֵעַ?!
L'argument a fortiori est le suivant : si dans le cas d'une servante cananéenne, dont le rapport sexuel avec un Cohen ne lui permet pas de manger de la terouma — car elle n'est pas fiancée à lui —, son argent — c'est-à-dire si un Cohen l'acquiert par argent — lui permet de manger de la terouma, n'est-il pas logique qu'en ce qui concerne cette femme fiancée, dont le rapport sexuel avec un Cohen lui permet de manger de la terouma, l'argent de ses fiançailles provenant du Cohen devrait lui permettre de manger de la terouma ? Si tel est bien le cas, la fille d'un non-Cohen fiancée à un Cohen devrait être autorisée à manger de la terouma. Mais que puis-je faire, car les Sages ont dit : par loi rabbinique, la fille d'un non-Cohen fiancée à un Cohen ne peut pas manger de la terouma avant d'entrer sous la couverture nuptiale [ḥuppa].
וּמָה שִׁפְחָה כְּנַעֲנִית, שֶׁאֵין בִּיאָתָהּ מַאֲכִילָתָהּ בִּתְרוּמָה – כַּסְפָּהּ מַאֲכִילָתָהּ בִּתְרוּמָה, זוֹ, שֶׁבִּיאָתָהּ מַאֲכִילָתָהּ בִּתְרוּמָה – אֵינוֹ דִּין שֶׁכַּסְפָּהּ מַאֲכִילָתָהּ בִּתְרוּמָה? אֲבָל מָה אֶעֱשֶׂה שֶׁהֲרֵי אָמְרוּ חֲכָמִים: אֵין אֲרוּסָה בַּת יִשְׂרָאֵל אוֹכֶלֶת בִּתְרוּמָה עַד שֶׁתִּכָּנֵס לַחוּפָּה.
La Guemara précise : quelles sont les circonstances de la comparaison entre l'argent et le rapport sexuel ? S'agit-il d'un cas de rapport sexuel par le moyen de la couverture nuptiale — c'est-à-dire après qu'ils sont mariés — et de fiançailles par argent où le mariage est ensuite achevé par la couverture nuptiale ? Dans les deux cas elle peut manger de la terouma même par loi rabbinique, car elle est une femme mariée à part entière.
הֵיכִי דָמֵי? אִי בְּבִיאָה שֶׁעַל יְדֵי חוּפָּה, וְכֶסֶף שֶׁעַל יְדֵי חוּפָּה – בְּתַרְוַיְיהוּ מֵיכָל אָכְלָה!
Ou bien pourrait-on dire que cette comparaison vise le rapport sexuel par le moyen de la couverture nuptiale, et les fiançailles par argent sans le moyen de la couverture nuptiale ? Si tel est le cas, l'argument a fortiori n'est pas valide, car ici, dans le cas du rapport sexuel, il y a deux étapes d'acquisition — le rapport sexuel suivi de la couverture nuptiale — et ici, dans le cas de l'argent, il n'y a qu'une seule étape. Plutôt, n'est-il pas correct de dire que la comparaison entre l'argent et le rapport sexuel vise le rapport sexuel sans le moyen de la couverture nuptiale et aussi l'argent sans le moyen de la couverture nuptiale ?
וְאֶלָּא, בְּבִיאָה שֶׁעַל יְדֵי חוּפָּה, וְכֶסֶף שֶׁלֹּא עַל יְדֵי חוּפָּה – הָכָא תַּרְתֵּי, וְהָכָא חֲדָא! אֶלָּא לָאו בְּבִיאָה שֶׁלֹּא עַל יְדֵי חוּפָּה, וְכֶסֶף שֶׁלֹּא עַל יְדֵי חוּפָּה.
Accordé, si tu dis que le rapport sexuel à lui seul effectue le mariage, c'est pour cette raison qu'il est évident pour Rabbi Yehouda ben Beteira que le mode du rapport sexuel est plus fort que l'argent, et lui permet de manger de la terouma. Mais si tu dis que le rapport sexuel n'effectue que les fiançailles, qu'est-ce qui diffère ici, dans le cas des fiançailles par le rapport sexuel, pour qu'il soit évident pour lui qu'elles lui permettent de manger de la terouma, et qu'est-ce qui diffère ici, dans le cas des fiançailles par argent, pour qu'il soit incertain et doive déduire la question par un argument a fortiori ? Dans les deux cas elle n'est que fiancée.
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא נִשּׂוּאִין עוֹשָׂה – מִשּׁוּם הָכִי פְּשִׁיטָא לֵיהּ דַּאֲלִימָא לַהּ בִּיאָה מִכֶּסֶף. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ קִדּוּשִׁין עוֹשָׂה, מַאי שְׁנָא הָכָא דִּפְשִׁיטָא לֵיהּ, וּמַאי שְׁנָא הָכָא דִּמְסַפְּקָא לֵיהּ?
Rav Naḥman bar Yits'hak dit : en réalité, je te dirai qu'il parle du rapport sexuel par le moyen de la couverture nuptiale et de l'argent sans le moyen de la couverture nuptiale. Et quant à ce que tu as dit en opposition à cet argument a fortiori : ici il y a deux étapes d'acquisition, et ici il n'y en a qu'une — en tout cas, il y a un argument a fortiori valide.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ בְּבִיאָה שֶׁעַל יְדֵי חוּפָּה וְכֶסֶף שֶׁלֹּא עַל יְדֵי חוּפָּה. וּדְקָאָמְרַתְּ: ״הָכָא תַּרְתֵּי וְהָכָא חֲדָא״ – קַל וָחוֹמֶר מִיהָא אִיתֵיהּ;
Et voici ce que Rabbi Yehouda ben Beteira lui a envoyé — c'est-à-dire comment sa déclaration doit être comprise : si une servante cananéenne, dont le rapport sexuel avec un Cohen ne lui permet pas de manger de la terouma, même par le moyen de la couverture nuptiale, et pourtant son argent d'acquisition lui permet de manger de la terouma sans le moyen de la couverture nuptiale, n'est-il pas logique qu'en ce qui concerne cette femme fiancée, dont le rapport sexuel avec un Cohen lui permet de manger de la terouma par le moyen de la couverture nuptiale, l'argent de ses fiançailles provenant du Cohen devrait lui permettre de manger de la terouma sans le moyen de la couverture nuptiale ?
וְהָכִי שְׁלַח לֵיהּ: וּמָה שִׁפְחָה כְּנַעֲנִית, שֶׁאֵין בִּיאָתָהּ מַאֲכִילָתָהּ בִּתְרוּמָה אֲפִילּוּ עַל יְדֵי חוּפָּה – כַּסְפָּהּ מַאֲכִילָתָהּ בְּלֹא חוּפָּה, זוֹ, שֶׁבִּיאָתָהּ מַאֲכִילָתָהּ בִּתְרוּמָה עַל יְדֵי חוּפָּה – אֵינוֹ דִּין שֶׁכַּסְפָּהּ מַאֲכִילָתָהּ בִּתְרוּמָה בְּלֹא חוּפָּה?
Mais que puis-je faire, car les Sages ont dit : par loi rabbinique, la fille d'un non-Cohen fiancée à un Cohen ne peut pas manger de la terouma avant d'entrer sous la couverture nuptiale, en raison de la raison énoncée par Oula. Selon Oula, il y a une crainte qu'elle donne de la terouma à ses frères et sœurs ou aux membres de sa famille alors qu'elle vit encore dans la maison de son père.
אֲבָל מָה אֶעֱשֶׂה שֶׁהֲרֵי אָמְרוּ חֲכָמִים: אֵין אֲרוּסָה בַּת יִשְׂרָאֵל אוֹכֶלֶת בִּתְרוּמָה עַד שֶׁתִּכָּנֵס לַחוּפָּה, מִשּׁוּם דְּעוּלָּא.
Et ben Bag Bag explique pourquoi on ne peut pas accepter cet argument a fortiori impliquant une servante cananéenne : concernant une servante cananéenne qui est achetée par argent, l'acheteur ne laisse rien de côté dans son acquisition — c'est-à-dire qu'il achève l'achat en entier. Ici, dans le cas des fiançailles, il laisse de côté une partie de son acquisition, car l'étape du mariage reste à accomplir. Ces deux cas sont donc dissemblables.
וּבֶן בַּג בַּג? גַּבֵּי שִׁפְחָה כְּנַעֲנִית לָא שַׁיַּיר בְּקִנְיָנַהּ, הָכָא, שַׁיֵּיר בְּקִנְיָנַהּ.
Kiddushin 10b
100%
קידושין י׳ במַסֶּכֶת קִידּוּשִׁין