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Traité Ketubot

97b

Étude de Ketubot 97b

Étude de la Mishna & Guémara 97b

Mais alors, pour quelle raison une veuve du fait des fiançailles peut-elle vendre en dehors du tribunal? Oulla dit: à cause de l'agrément. Les Sages ont institué plusieurs mesures en faveur des femmes, afin que les hommes veuillent les épouser. Rabbi Yohanan dit: parce qu'un homme ne veut pas que sa femme soit humiliée par une comparution en justice.
אֶלָּא מִן הָאֵירוּסִין מַאי טַעְמָא? אָמַר עוּלָּא: מִשּׁוּם חִינָּא. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: לְפִי שֶׁאֵין אָדָם רוֹצֶה שֶׁתִּתְבַּזֶּה אִשְׁתּוֹ בְּבֵית דִּין.
Quelle est la différence pratique entre eux? Il y a une différence entre eux dans le cas d'une femme divorcée. Selon celui qui dit que c'est à cause de l'agrément, une femme divorcée a elle aussi besoin d'agrément. Mais selon celui qui dit que c'est parce qu'un homme ne veut pas que sa femme soit humiliée en justice, cela ne le dérange pas que son ex-épouse soit humiliée.
מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ גְּרוּשָׁה. לְמַאן דְּאָמַר מִשּׁוּם חִינָּא — גְּרוּשָׁה נָמֵי בָּעֲיָא חֵן, לְמַאן דְּאָמַר לְפִי שֶׁאֵין אָדָם רוֹצֶה שֶׁתִּתְבַּזֶּה אִשְׁתּוֹ בְּבֵית דִּין — גְּרוּשָׁה לָא אִיכְפַּת לֵיהּ.
Nous avons appris [dans la Michna]: « Et une femme divorcée ne peut vendre qu'en tribunal. » Cela va bien selon celui qui dit que c'est parce qu'un homme ne veut pas que sa femme soit humiliée en tribunal — ici, cela ne le dérange pas [que son ex-épouse] soit humiliée. Mais selon celui qui dit que c'est à cause de l'agrément, une femme divorcée a elle aussi besoin d'agrément [alors pourquoi devrait-elle vendre uniquement en tribunal]!
תְּנַן: וּגְרוּשָׁה לֹא תִּמְכּוֹר אֶלָּא בְּבֵית דִּין. בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר לְפִי שֶׁאֵין אָדָם רוֹצֶה שֶׁתִּתְבַּזֶּה אִשְׁתּוֹ בְּבֵית דִּין — גְּרוּשָׁה לָא אִיכְפַּת לֵיהּ. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר מִשּׁוּם חִינָּא, גְּרוּשָׁה נָמֵי בָּעֲיָא חֵן!
Selon qui est cette [suite de la] Michna? C'est selon l'opinion de Rabbi Chimon, qui explique que quiconque vend un bien pour recevoir le paiement de sa ketouba, et non pour sa subsistance, ne peut vendre qu'en tribunal — or une femme divorcée ne reçoit pas de subsistance.
הָא מַנִּי — רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא.
Si c'est selon Rabbi Chimon, n'a-t-on pas déjà enseigné dans la première clause qu'une veuve du fait des fiançailles ne vend qu'en tribunal parce qu'elle ne reçoit pas de subsistance? Puisque le même raisonnement s'applique à une femme divorcée, pourquoi la Michna devrait-elle enseigner à nouveau cette halakha dans ce cas?
אִי רַבִּי שִׁמְעוֹן, הָא תְּנָא לֵיהּ רֵישָׁא: מִן הָאֵירוּסִין לֹא תִּמְכּוֹר כּוּ׳?
On aurait pu dire: c'est pour la veuve du fait des fiançailles seulement qu'on ne considère pas qu'elle a un grand besoin de son agrément, car elle n'a pas été souillée par des relations conjugales et les hommes ne se retiendront pas de l'épouser, ainsi elle peut aller au tribunal pour gérer ses affaires. Mais une femme divorcée, qui a un grand besoin de son agrément et a besoin d'aide pour se remarier, dis qu'elle a besoin d'agrément afin de ne pas être humiliée, et qu'elle est autorisée à s'occuper de ses affaires hors tribunal. Pour éviter que l'on tienne ce raisonnement, la halakha a été clairement énoncée dans la Michna.
מַהוּ דְּתֵימָא: אַלְמָנָה מִן הָאֵירוּסִין הוּא דְּלָא נְפִישׁ חֵן דִּידַהּ, אֲבָל גְּרוּשָׁה דִּנְפִישׁ חֵן דִּידַהּ, אֵימָא תִּיבְּעֵי חֵן.
N'avons-nous pas déjà appris cette halakha, puisqu'il est également dit dans la Michna cette formule générale: « Et quiconque ne reçoit pas de subsistance ne peut vendre qu'en tribunal »? Que vient-elle ajouter? N'est-ce pas pour ajouter le cas de la femme divorcée et enseigner qu'elle ne peut vendre qu'en tribunal, auquel cas la remarque finale de la Michna sur la femme divorcée serait superflue?
הָא נָמֵי תְּנֵינָא: ״כֹּל שֶׁאֵין לָהּ מְזוֹנוֹת״. לְאֵתוֹיֵי מַאי? לָאו לְאֵתוֹיֵי גְּרוּשָׁה?
Non, c'est pour ajouter [le cas de] « celle qui est divorcée et qui n'est pas divorcée » — conformément à [l'opinion de] Rabbi Zeira. Car Rabbi Zeira a dit: partout où l'on a dit qu'une femme est dans un état d'incertitude quant à savoir si elle est divorcée ou non, son mari est tenu de subvenir à ses besoins jusqu'à ce que le divorce soit finalisé, et une femme dans cette situation peut aussi vendre hors tribunal.
לָא, לְאֵתוֹיֵי ״מְגוֹרֶשֶׁת וְאֵינָהּ מְגוֹרֶשֶׁת״ — כִּדְרַבִּי זֵירָא. דְּאָמַר רַבִּי זֵירָא: כׇּל מָקוֹם שֶׁאָמְרוּ מְגוֹרֶשֶׁת וְאֵינָהּ מְגוֹרֶשֶׁת — בַּעַל חַיָּיב בִּמְזוֹנוֹתֶיהָ.
Viens et entends: de même qu'elle vend hors tribunal, de même ses héritiers, ceux qui héritent de sa ketouba, vendent hors tribunal. Cela va bien selon celui qui dit que la raison pour laquelle elle peut vendre hors tribunal est qu'un homme ne veut pas que sa femme soit humiliée en devant comparaître en tribunal — on peut dire que, de même qu'il n'est pas satisfait à l'idée qu'elle soit humiliée, il n'est pas non plus satisfait à l'idée que ses héritiers le soient. Mais selon celui qui dit qu'elle vend hors tribunal à cause de l'agrément, quel agrément ses héritiers ont-ils besoin d'avoir? Oulla l'a expliqué: cela peut se produire, par exemple, lorsque sa fille ou sa sœur hérite d'elle, et elles aussi ont besoin d'agrément.
תָּא שְׁמַע: כְּשֵׁם שֶׁמּוֹכֶרֶת שֶׁלֹּא בְּבֵית דִּין, כָּךְ יוֹרְשֶׁיהָ יוֹרְשֵׁי כְתוּבָּתָהּ מוֹכְרִים שֶׁלֹּא בְּבֵית דִּין. בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר לְפִי שֶׁאֵין אָדָם רוֹצֶה שֶׁתִּתְבַּזֶּה אִשְׁתּוֹ בְּבֵית דִּין, כִּי הֵיכִי דְּאִיהִי לָא נִיחָא לֵיהּ דְּתִתְבַּזֵּי — יוֹרְשֶׁיהָ נָמֵי לָא נִיחָא לֵיהּ דְּלִיבַּזּוּ, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר מִשּׁוּם חִינָּא, יוֹרְשֶׁיהָ מַאי חֵן אִיכָּא? תַּרְגְּמַהּ עוּלָּא: כְּגוֹן שֶׁיְּרָשַׁתָּה בִּתָּהּ אוֹ אֲחוֹתָהּ.
Mishna 1
MICHNA: Si une femme a vendu sa ketouba ou une partie de celle-ci, l'a mise en gage en totalité ou en partie, ou en a fait don à un tiers en totalité ou en partie — elle ne peut vendre le reste qu'en tribunal. Et les Sages disent: elle peut vendre même quatre ou cinq fois. Et elle peut vendre pour sa subsistance même hors tribunal, et elle écrit dans l'acte de vente: « J'ai vendu ceci pour ma subsistance. » Et une femme divorcée, [qui ne reçoit pas de subsistance,] ne peut vendre qu'en tribunal.
מַתְנִי׳ מָכְרָה כְּתוּבָּתָהּ אוֹ מִקְצָתָהּ, מִשְׁכְּנָה כְּתוּבָּתָהּ אוֹ מִקְצָתָהּ, נָתְנָה כְּתוּבָּתָהּ לְאַחֵר אוֹ מִקְצָתָהּ — לֹא תִּמְכּוֹר אֶת הַשְּׁאָר אֶלָּא בְּבֵית דִּין. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מוֹכֶרֶת הִיא אֲפִילּוּ אַרְבָּעָה וַחֲמִשָּׁה פְּעָמִים. וּמוֹכֶרֶת לִמְזוֹנוֹת שֶׁלֹּא בְּבֵית דִּין, וְכוֹתֶבֶת ״לִמְזוֹנוֹת מָכַרְתִּי״. וּגְרוּשָׁה לֹא תִּמְכּוֹר אֶלָּא בְּבֵית דִּין.(משנה)
Guémara
GUEMARA: Selon qui est notre Michna? Elle est selon Rabbi Chimon, comme il est enseigné dans une baraïta: Si elle a vendu sa ketouba, l'a mise en gage, ou en a fait un apotiki [bien hypothéqué] désigné pour un tiers — elle n'a plus droit à la subsistance; ce sont les mots de Rabbi Méir. Rabbi Chimon dit: même si elle n'a vendu ou mis en gage que la moitié de sa ketouba, elle a perdu son droit à la subsistance.
גְּמָ׳ מַתְנִיתִין מַנִּי? רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא. דְּתַנְיָא: מָכְרָה כְּתוּבָּתָהּ, מִשְׁכְּנָה כְּתוּבָּתָהּ, עָשְׂתָה כְּתוּבָּתָהּ אַפּוֹתֵיקֵי לְאַחֵר — אֵין לָהּ מְזוֹנוֹת, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא מָכְרָה וְלֹא מִשְׁכְּנָה כְּתוּבָּתָהּ אֶלָּא מַחֲצִיתָהּ — אִבְּדָה מְזוֹנוֹתֶיהָ.
Cela signifie-t-il que Rabbi Chimon estime que nous ne disons pas qu'une partie de la somme équivaut à la somme entière — puisqu'elle n'a plus de droit sur la totalité de sa ketouba, c'est comme si elle n'avait plus de ketouba du tout et perdait son droit à la subsistance —, tandis que les Sages estiment que nous disons qu'une partie de la somme équivaut à la somme entière?
לְמֵימְרָא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר דְּלָא אָמְרִינַן מִקְצָת כֶּסֶף כְּכׇל כֶּסֶף, וְרַבָּנַן סָבְרִי אָמְרִינַן מִקְצָת כֶּסֶף כְּכׇל כֶּסֶף?
Ketubot 97b
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