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Traité Ketubot

96a

Étude de Ketubot 96a

Étude de la Guémara 96a

Guémara
Viens et écoute: Rabbi Zeira a dit que Chmouel a dit: l'objet trouvé par une veuve lui appartient en propre. Si tu dis à juste titre que nous avons appris dans la Michna [le cas de] « celle qui est nourrie », c'est bien compréhensible [alors Chmouel parle du cas où les héritiers ne la nourrissent pas, et c'est pourquoi ce qu'elle trouve lui appartient]. Mais si tu dis que nous avons appris [dans la Michna] « nourrie » [comme une obligation générale], que les héritiers soient donc comme le mari: de même que pour le mari, l'objet trouvé par l'épouse revient au mari, ici aussi, l'objet trouvé par la veuve devrait revenir aux héritiers!
תָּא שְׁמַע, אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר שְׁמוּאֵל: מְצִיאַת אַלְמָנָה לְעַצְמָהּ. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא ״הַנִּיזּוֹנֶת״ תְּנַן — שַׁפִּיר. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ ״נִיזּוֹנֶת״ תְּנַן, נִיהְווֹ כְּבַעַל: מָה בַּעַל מְצִיאַת אִשָּׁה לְבַעְלָהּ, הָכָא נָמֵי מְצִיאַת אִשָּׁה לַיּוֹרְשִׁים!
En réalité, je peux te dire que nous avons appris dans la Michna « nourrie », et cela ne contredit pas la parole de Chmouel. Quelle est la raison pour laquelle les Sages ont dit que l'objet trouvé par l'épouse revient à son mari? C'est afin qu'il n'y ait pas d'inimitié entre eux [le mari pourrait soupçonner sa femme si elle possédait de l'argent dont il ignore l'origine]. Mais pour ceux-ci [les héritiers], qu'il y ait de l'inimitié [cela n'a pas d'importance, car ce n'est pas une préoccupation halakhique].
לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ: ״נִיזּוֹנֶת״ תְּנַן: טַעְמָא מַאי אֲמוּר רַבָּנַן מְצִיאַת אִשָּׁה לְבַעְלָהּ — דְּלָא תֶּיהְוֵי לַהּ אֵיבָה. הָנֵי — תֶּיהְוֵי לְהוּ אֵיבָה.
Rabbi Yossi bar Hanina a dit: toutes les tâches que l'épouse accomplit pour son mari, la veuve les accomplit pour les héritiers, à l'exception de verser [du vin] dans la coupe, de préparer le lit, et de laver son visage, ses mains et ses pieds — [gestes qui sont] des marques d'affection que la femme accomplit spécifiquement pour son mari.
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בַּר חֲנִינָא: כׇּל מְלָאכוֹת שֶׁהָאִשָּׁה עוֹשָׂה לְבַעְלָהּ, אַלְמָנָה עוֹשָׂה לַיּוֹרְשִׁים, חוּץ מִמְּזִיגַת הַכּוֹס וְהַצָּעַת הַמִּטָּה וְהַרְחָצַת פָּנָיו יָדָיו וְרַגְלָיו.
Rabbi Yehochoua ben Lévi a dit: toutes les tâches que l'esclave accomplit pour son maître, l'élève les accomplit pour son maître, à l'exception de détacher sa chaussure [tâche avilissante typiquement réservée aux esclaves et inappropriée pour un élève].
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: כׇּל מְלָאכוֹת שֶׁהָעֶבֶד עוֹשֶׂה לְרַבּוֹ — תַּלְמִיד עוֹשֶׂה לְרַבּוֹ, חוּץ מֵהַתָּרַת (לוֹ) מִנְעָל.
Rava a dit: nous n'avons dit cela que dans un lieu où l'on ne connaît pas [l'élève, et où il pourrait être pris pour un esclave]; mais dans un lieu où on le connaît, nous n'avons pas de problème avec cela [puisque tous savent qu'il n'est pas un esclave]. Rav Achi a dit: et même dans un lieu où on ne le connaît pas, nous n'avons dit cela que s'il ne porte pas les téfilines; mais s'il porte les téfilines, nous n'avons pas de problème avec cela [car un esclave ne porte pas de téfilines, et puisque cet élève en porte, même s'il détache la chaussure de son maître, il ne sera pas pris pour un esclave].
אָמַר רָבָא: לָא אֲמַרַן אֶלָּא בִּמְקוֹם שֶׁאֵין מַכִּירִין אוֹתוֹ, אֲבָל בִּמְקוֹם שֶׁמַּכִּירִין אוֹתוֹ לֵית לַן בַּהּ. אָמַר רַב אָשֵׁי: וּבִמְקוֹם שֶׁאֵין מַכִּירִין אוֹתוֹ נָמֵי, לָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלָא מַנַּח תְּפִלִּין, אֲבָל מַנַּח תְּפִלִּין — לֵית לַן בַּהּ.
Rabbi Hiya bar Abba a dit que Rabbi Yohanan a dit: quiconque empêche son élève de le servir, c'est comme s'il lui refusait un acte de bonté, comme il est dit: « À celui qui défaille, la bonté est due de son ami » (Iyov 6, 14) [Rabbi Yohanan interprète cela comme signifiant que celui qui empêche autrui d'accomplir des actes en sa faveur l'empêche d'accomplir la mitsva de bonté]. Rav Nahman bar Yits'hak dit: il lui retire même la crainte du Ciel, comme il est dit dans la suite du verset: « Et il abandonne la crainte du Tout-Puissant ».
אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הַמּוֹנֵעַ תַּלְמִידוֹ מִלְּשַׁמְּשׁוֹ — כְּאִילּוּ מוֹנֵעַ מִמֶּנּוּ חֶסֶד, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לַמָּס מֵרֵעֵהוּ חָסֶד״. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אוֹמֵר: אַף פּוֹרֵק מִמֶּנּוּ יִרְאַת שָׁמַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְיִרְאַת שַׁדַּי יַעֲזוֹב״.
Rabbi Elazar a dit: une veuve qui a saisi des biens meubles pour sa subsistance — ce qu'elle a saisi, elle l'a acquis. Il est également enseigné ainsi dans une baraïta: une veuve qui a saisi des biens meubles pour sa subsistance — ce qu'elle a saisi, elle l'a acquis.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אַלְמָנָה שֶׁתָּפְסָה מִטַּלְטְלִין בִּמְזוֹנוֹתֶיהָ — מַה שֶּׁתָּפְסָה תָּפְסָה. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: אַלְמָנָה שֶׁתָּפְסָה מִטַּלְטְלִין בִּמְזוֹנוֹתֶיהָ — מַה שֶּׁתָּפְסָה תָּפְסָה.
Et de même, lorsque Rav Dimi est venu [d'Eretz Israël], il a dit: il y eut un fait concernant la bru de Rabbi Chabtaï, qui saisit une sacoche pleine de pièces [pour sa subsistance], et les Sages n'eurent pas le pouvoir de la lui retirer des mains.
וְכֵן כִּי אֲתָא רַב דִּימִי, אָמַר: מַעֲשֶׂה בְּכַלָּתוֹ שֶׁל רַבִּי שַׁבְּתַי שֶׁתָּפְסָה דִּסַקַּיָּא מְלֵאָה מָעוֹת, וְלֹא הָיָה כֹּחַ בְּיַד חֲכָמִים לְהוֹצִיא מִיָּדָהּ.
Ravina a dit: nous n'avons dit cela que pour la subsistance; mais pour la ketouba, on la lui retire.
אָמַר רָבִינָא: וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא לִמְזוֹנֵי, אֲבָל לִכְתוּבָּה — מַפְּקִינַן מִינַּהּ.
Mar bar Rav Achi objecta: quelle est la différence pour la ketouba, [pour laquelle on dit] qu'elle se paie sur les biens immeubles et non sur les biens meubles? La subsistance aussi se paie sur les biens immeubles et non sur les biens meubles! Mais plutôt, [il faut dire] que pour la subsistance, ce qu'elle a saisi, elle l'a acquis; de même aussi pour la ketouba!
מַתְקֵיף לַהּ מָר בַּר רַב אָשֵׁי: מַאי שְׁנָא לִכְתוּבָּה, דְּמִמְּקַרְקְעֵי וְלָא מִמִּטַּלְטְלִי? מְזוֹנוֹת נָמֵי מִמְּקַרְקְעֵי וְלָא מִמִּטַּלְטְלִי! אֶלָּא לִמְזוֹנֵי — מַאי דְּתָפְסָה תָּפְסָה, הָכִי נָמֵי לִכְתוּבָּה!
Rav Yits'hak bar Naftali dit à Ravina: ainsi disons-nous au nom de Rava, conformément à ton enseignement [que si elle a saisi des biens meubles en paiement de sa ketouba, on les lui retire].
אֲמַר לֵיהּ רַב יִצְחָק בַּר נַפְתָּלִי לְרָבִינָא: הָכִי אָמְרִינַן מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא כְּווֹתָיךְ.
Rabbi Yohanan a dit au nom de Rabbi Yossi ben Zimra: une veuve qui a attendu deux ou trois ans [après le décès de son mari] sans réclamer sa subsistance a perdu [le droit à] sa subsistance [puisqu'elle ne l'a pas réclamée, on présume qu'elle y a renoncé].
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי בֶּן זִימְרָא: אַלְמָנָה שֶׁשָּׁהֲתָה שְׁתַּיִם וְשָׁלֹשׁ שָׁנִים וְלֹא תָּבְעָה מְזוֹנוֹת — אִיבְּדָה מְזוֹנוֹת.
Ketubot 96a
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