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Traité Ketubot

95b

Étude de Ketubot 95b

Étude de la Mishna & Guémara 95b

Mais n'est-ce pas là un fait quotidien, comme dans le cas de cet homme qui avait hypothéqué son verger [pardess] à son prochain pour dix ans, et [ce dernier] en consomma les fruits pendant cinq ans [seulement, car le verger vieillit et cessa de produire]. Il vint devant les Sages, et ceux-ci lui écrivirent une autorisation de saisie [sur les biens grevés vendus à des tiers]!
וְהָא מַעֲשִׂים בְּכׇל יוֹם, דְּהָהוּא גַּבְרָא דְּמַישְׁכֵּן לֵיהּ פַּרְדֵּיסָא לְחַבְרֵיהּ לַעֲשַׂר שְׁנִין, וְקַשׁ לַחֲמֵשׁ שְׁנִין, וַאֲתָא לְקַמַּיְיהוּ דְּרַבָּנַן וּכְתַבוּ לֵיהּ טִירְפָא!
Là aussi, ce sont eux [les acheteurs] qui se sont causé cette perte à eux-mêmes: puisqu'ils savaient qu'un verger a tendance à vieillir [et à perdre en productivité], ils n'auraient pas dû acheter [ce terrain, sachant le risque que le débiteur ne puisse rembourser sa dette par les fruits du verger].
הָתָם נָמֵי, אִינְהוּ הוּא דְּאַפְסִידוּ אַנַּפְשַׁיְיהוּ, כֵּיוָן דַּהֲווֹ יָדְעִי דְּפַרְדֵּיסָא עָבֵיד דְּקִישׁ, לָא אִיבְּעִי לְהוּ לְמִיזְבַּן.
Et la halakha est: si les biens non vendus ont été frappés par une calamité, [le créancier] peut saisir sur les biens grevés [vendus à des tiers].
וְהִלְכְתָא: אִישְׁתְּדוּף בְּנֵי חָרֵי — טָרְפָא מִמְּשַׁעְבְּדִי.
Abaye a dit: [si un homme dit à une femme célibataire]: « Mes biens te sont acquis, et après toi à untel », et qu'elle se leva et se maria [puis mourut], le mari est considéré comme un acheteur, et celui désigné pour « après toi » n'a rien face au mari.
אָמַר אַבָּיֵי: ״נְכָסַי לִיךְ וְאַחֲרַיִךְ לִפְלוֹנִי״, וְעָמְדָה וְנִיסֵּת — בַּעַל לוֹקֵחַ הָוֵי, וְאֵין לְ״אַחֲרַיִךְ״ בִּמְקוֹם בַּעַל כְּלוּם.
Selon qui [a tranché Abaye]? Selon ce tanna, comme il est enseigné dans une baraïta: [si un homme dit]: « Mes biens te sont acquis, et après toi à untel », et que le premier [bénéficiaire] entra en possession et vendit, le second peut reprendre le bien des mains des acheteurs — ce sont les paroles de Rabbi [Yehouda HaNassi]. Rabban Chimon ben Gamliel dit: le second n'a droit qu'à ce que le premier a laissé [sans le transférer].
כְּמַאן — כִּי הַאי תַּנָּא, דְּתַנְיָא: ״נְכָסַי לִיךְ וְאַחֲרַיִךְ לִפְלוֹנִי״, יָרַד הָרִאשׁוֹן וּמָכַר — הַשֵּׁנִי מוֹצִיא מִיַּד הַלָּקוֹחוֹת, דִּבְרֵי רַבִּי. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אֵין לַשֵּׁנִי אֶלָּא מַה שֶּׁשִּׁיֵּיר רִאשׁוֹן.
Mais Abaye a-t-il vraiment dit cela? N'a-t-il pas dit lui-même: Qui est un méchant rusé? Celui qui conseille de vendre ses biens selon [l'opinion de] Rabban Chimon ben Gamliel [pour empêcher le second bénéficiaire de recevoir sa part]!
וּמִי אָמַר אַבָּיֵי הָכִי? וְהָאָמַר אַבָּיֵי: אֵיזֶהוּ רָשָׁע עָרוּם — זֶה הַמַּשִּׂיא עֵצָה לִמְכּוֹר בִּנְכָסִים כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל!
[Le Guemara répond]: A-t-il dit qu'il faille lui conseiller de se marier [pour priver le second de sa part]? Il a parlé du cas où elle s'est mariée [naturellement, selon le cours ordinaire des choses], et non dans une intention de priver [le second héritier].
מִי קָאָמַר תִּינָּשֵׂא? ״נִשֵּׂאת״ קָאָמַר.
Et Abaye a dit: [si un homme dit à une femme mariée]: « Mes biens te sont acquis, et après toi à untel », et qu'elle vendit puis mourut — le mari peut reprendre le bien des mains des acheteurs [étant lui-même considéré comme acheteur, et donc premier dans l'ordre]; et [celui désigné pour] « après toi » peut le reprendre des mains du mari; et l'acheteur peut le reprendre des mains de [celui désigné pour] « après toi ». Et l'on établit finalement [le bien] entre les mains de l'acheteur.
וְאָמַר אַבָּיֵי: ״נְכָסַי לִיךְ וְאַחֲרַיִךְ לִפְלוֹנִי״ וּמָכְרָה וָמֵתָה — הַבַּעַל מוֹצִיא מִיַּד הַלָּקוֹחוֹת, וְ״אַחֲרַיִךְ״ מִיַּד בַּעַל, וְלוֹקֵחַ מִיַּד ״אַחֲרַיִךְ״. וּמוֹקְמִינַן לְכוּלְּהוּ בִּידָא דְלוֹקֵחַ.
En quoi est-ce différent de ce que nous avons appris dans la MICHNA : et ils reviennent en cycle jusqu'à ce qu'ils parviennent à un compromis entre eux? Là-bas, tous subissent une perte [les acheteurs ont payé et la femme a une créance pour sa ketouba], ici, c'est seulement l'acheteur qui subit une perte [les autres ayant reçu le bien en cadeau].
מַאי שְׁנָא מֵהָא דִּתְנַן: וְחוֹזְרוֹת חֲלִילָה עַד שֶׁיַּעֲשׂוּ פְּשָׁרָה בֵּינֵיהֶן? הָתָם אִית לְהוּ פְּסֵידָא לְכוּלְּהוּ, הָכָא לוֹקֵחַ הוּא דְּאִית לֵיהּ פְּסֵידָא.
Rafram alla rapporter cette halakha devant Rav Achi. [Il lui demanda]: Abaye a-t-il vraiment dit cela? N'a-t-il pas dit: [si un homme dit à une femme]: « Mes biens te sont acquis, et après toi à untel », et qu'elle se leva et se maria — le mari est considéré comme un acheteur, et celui désigné pour « après toi » n'a rien face au mari [alors pourquoi, selon la seconde déclaration d'Abaye, l'acheteur ultérieur reçoit-il le bien]?
אֲזַל רַפְרָם אֲמַר לִשְׁמַעְתָּא קַמֵּיהּ דְּרַב אָשֵׁי. מִי אָמַר אַבָּיֵי הָכִי? וְהָאָמַר אַבָּיֵי: ״נְכָסַי לִיךְ וְאַחֲרַיִךְ לִפְלוֹנִי״, עָמְדָה וְנִיסֵּת — בַּעַל לוֹקֵחַ הָוֵי, וְאֵין לְ״אַחֲרַיִךְ״ בִּמְקוֹם בַּעַל כְּלוּם.
Il lui répondit: là-bas, c'est le cas où [l'homme] lui a parlé alors qu'elle était célibataire; ici, c'est le cas où il lui a parlé alors qu'elle était déjà mariée. Que voulait-il lui dire? Que celui désigné pour « après toi » acquière, et que le mari n'acquière pas.
אֲמַר לֵיהּ: הָתָם דְּאָמַר לַהּ כְּשֶׁהִיא פְּנוּיָה, הָכָא דְּאָמַר לַהּ כְּשֶׁהִיא נְשׂוּאָה. מַאי קָאָמַר לַהּ — ״אַחֲרַיִךְ״ לִיקְנֵי, בַּעַל לָא לִיקְנֵי.
Et de même pour un créancier. Il fut enseigné [dans une baraïta]: Et de même pour un créancier et deux acheteurs.
וְכֵן בַּעַל חוֹב. תָּנָא: וְכֵן בַּעַל חוֹב וּשְׁנֵי לָקוֹחוֹת.
Ketubot 95b
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