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Traité Ketubot

86b

Étude de Ketubot 86b

Étude de la Mishna & Guémara 86b

Le tribunal le frappe un nombre illimité de fois, [au besoin] jusqu'à ce que son âme s'en aille, afin de le contraindre à accomplir la mitsva. Le paiement d'une dette est une mitsva positive, et celui qui refuse de payer une dette peut être contraint de le faire de cette manière.
מַכִּין אוֹתוֹ עַד שֶׁתֵּצֵא נַפְשׁוֹ.
Rami bar Hama posa une question à Rav Hisda: [Si un homme dit à sa femme:] « Voici ton guett, mais tu ne seras divorcée par lui qu'après trente jours », et qu'elle prit le guett et alla le déposer sur les côtés du domaine public [c'est-à-dire un endroit ouvert au domaine public mais n'en faisant pas partie à proprement parler], et que le guett y resta encore après les trente jours, quelle est la halakha? Est-elle divorcée?
בְּעָא מִינֵּיהּ רָמֵי בַּר חָמָא מֵרַב חִסְדָּא: ״הֲרֵי זֶה גִּיטֵּיךְ, וְלֹא תִּתְגָּרְשִׁי בּוֹ אֶלָּא לְאַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם״, וְהָלְכָה וְהִנִּיחַתּוּ בְּצִידֵּי רְשׁוּת הָרַבִּים, מַהוּ?
Rav Hisda lui répondit: Elle n'est pas divorcée, [comme on le déduit] de l'opinion de Rav et Chmouel. En effet, Rav et Chmouel disent tous deux, [concernant la Michna sur la saisie des biens d'un défunt], que cela ne vaut que si [les objets] sont empilés et déposés dans le domaine public — [dans ce cas, les héritiers ne les reçoivent pas comme part de leur héritage]. De même, la femme n'acquerra pas le guett après trente jours s'il se trouve à cet endroit. Et les côtés du domaine public sont considérés comme le domaine public lui-même.
אֲמַר לֵיהּ: אֵינָהּ מְגוֹרֶשֶׁת, מִדְּרַב וּשְׁמוּאֵל. דְּרַב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ, וְהוּא שֶׁצְּבוּרִין וּמוּנָּחִין בִּרְשׁוּת הָרַבִּים, וְצִידֵּי רְשׁוּת הָרַבִּים כִּרְשׁוּת הָרַבִּים דָּמוּ.
[Rami bar Hama répondit:] Au contraire, elle est divorcée, [comme on le déduit] de l'opinion de Rav Nahman. En effet, Rav Nahman a dit, au nom de Rabba bar Avouh: Celui qui dit à son compagnon: « Tire cette vache maintenant, mais elle ne te sera acquise qu'après trente jours » — il l'a acquise, même si elle se tenait, [après les trente jours], dans un marécage sans maître [agam]. Puisque l'acquisition a commencé correctement au début des trente jours, elle s'applique aussi après cette période. Cela ne signifie-t-il pas que la halakha du marécage et celle des côtés du domaine public sont identiques, [ces deux lieux ayant un statut semblable]? [Rav Hisda rejette cet argument:] Non, le cas du marécage est distinct, et le cas des côtés du domaine public est distinct, car ce dernier est considéré comme faisant réellement partie du domaine public, ce qui n'est pas le cas d'un marécage sans maître.
אַדְּרַבָּה, מְגוֹרֶשֶׁת, מִדְּרַב נַחְמָן. דְּאָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: הָאוֹמֵר לַחֲבֵירוֹ: ״מְשׁוֹךְ פָּרָה זוֹ, וְלֹא תִּהְיֶה קְנוּיָה לָךְ עַד לְאַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם״ — קָנָה, וַאֲפִילּוּ עוֹמֶדֶת בַּאֲגַם. מַאי לָאו: הַיְינוּ אֲגַם, וְהַיְינוּ צִידֵּי רְשׁוּת הָרַבִּים? לָא, אֲגַם לְחוּד וְצִידֵּי רְשׁוּת הָרַבִּים לְחוּד.
Certains rapportent la dispute entre Rami bar Hama et Rav Hisda dans l'autre sens: Rav Hisda dit à Rami bar Hama: Elle est divorcée, [comme on le déduit] de la décision de Rav Nahman concernant l'acquisition d'une vache, et les côtés du domaine public sont considérés comme un marécage. Dans cette version, c'est Rami bar Hama qui répondit: Au contraire, elle n'est pas divorcée, comme on peut le déduire de l'opinion de Rav et Chmouel concernant la saisie d'objets dans le domaine public. Cela ne signifie-t-il pas que la halakha du domaine public et celle des côtés du domaine public sont identiques? Rav Hisda répondit: Non, le domaine public est distinct, et les côtés du domaine public sont distincts.
אִיכָּא דְאָמְרִי, אֲמַר לֵיהּ: מְגוֹרֶשֶׁת, מִדְּרַב נַחְמָן. וְצִידֵּי רְשׁוּת הָרַבִּים כַּאֲגַם דָּמֵי. אַדְּרַבָּה: אֵינָהּ מְגוֹרֶשֶׁת, מִדְּרַב וּשְׁמוּאֵל. מַאי לָאו: הַיְינוּ ״רְשׁוּת הָרַבִּים״, וְהַיְינוּ ״צִידֵּי רְשׁוּת הָרַבִּים״. לָא, רְשׁוּת הָרַבִּים לְחוֹד, וְצִידֵּי רְשׁוּת הָרַבִּים לְחוֹד.
Mishna 1
MICHNA: Celui qui établit sa femme comme commerçante [dans sa boutique], ou qui la nomme intendante [pour gérer ses biens et ses ouvriers] — celui-ci, [c'est-à-dire le mari], peut lui faire prêter serment [qu'elle ne s'est approprié aucun de ses biens] chaque fois qu'il le souhaite. Rabbi Eliezer dit: Même concernant [les produits de] sa quenouille et sa pâte [c'est-à-dire les affaires du foyer, non liées à sa fonction de commerçante].
מַתְנִי׳ הַמּוֹשִׁיב אֶת אִשְׁתּוֹ חֶנְווֹנִית, אוֹ שֶׁמִּינָּהּ אַפּוֹטְרוֹפְּיָא — הֲרֵי זֶה מַשְׁבִּיעָהּ כׇּל זְמַן שֶׁיִּרְצֶה. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אֲפִילּוּ עַל פִּילְכָּהּ וְעַל עִיסָּתָהּ.(משנה)
Guémara
GUEMARA: On posa une question aux Sages: Lorsque Rabbi Eliezer dit que le mari peut lui faire prêter serment concernant tout objet, veut-il dire que cela se fait par extension du serment — c'est-à-dire qu'une fois qu'il lui a fait prêter serment en tant que commerçante, il peut étendre ce serment à d'autres affaires — ou veut-il dire qu'il peut lui faire prêter serment d'emblée [sans lien avec un serment initial]?
גְּמָ׳ אִיבַּעְיָא לְהוּ: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר עַל יְדֵי גִלְגּוּל קָאָמַר — אוֹ לְכַתְּחִלָּה קָאָמַר?
Viens et écoute [une résolution]: On dit à Rabbi Eliezer: Une personne ne réside pas avec un serpent dans le même panier [une femme ne peut vivre avec un mari qui la soupçonne constamment de vol]. Concède: si tu dis qu'il s'agit d'un serment administré d'emblée, [les Sages] ont bien parlé. Mais si tu dis que le mari ne peut administrer le serment que par extension, quelle différence cela fait-il pour elle? [Puisqu'elle doit de toute façon prêter serment sur les affaires de la boutique, cela ne lui cause pas de difficulté supplémentaire de prêter aussi serment sur les affaires du foyer.]
תָּא שְׁמַע, אָמְרוּ לוֹ לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר: אֵין אָדָם דָּר עִם נָחָשׁ בִּכְפִיפָה. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא לְכַתְּחִלָּה — שַׁפִּיר. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ עַל יְדֵי גִלְגּוּל, מַאי נָפְקָא לַהּ מִינַּהּ?
La Guemara réfute cet argument: il est possible qu'elle lui dise: Puisque tu es si exigeant envers moi, je ne peux pas vivre avec toi. Même sans serment supplémentaire, le sentiment engendré par une telle exigence suffit à motiver son mécontentement, et il n'y a donc pas de preuve que Rabbi Eliezer considère que le mari peut lui faire prêter serment d'emblée.
דְּאָמְרָה לֵיהּ: כֵּיוָן דְּקָדָיְיקַתְּ בָּתְרַאי כּוּלֵּי הַאי — לָא מָצְיָנָא דְּאֵדוּר בַּהֲדָךְ.
Viens et écoute [une autre preuve] d'une baraïta: Celui qui n'a pas exempté sa femme, [dans la ketouba], d'un serment ou d'un vœu, et qui l'a établie comme commerçante ou nommée intendante — celui-ci peut lui faire prêter serment chaque fois qu'il le souhaite. S'il ne l'a pas établie comme commerçante ni nommée intendante — il ne peut pas lui faire prêter serment.
תָּא שְׁמַע: הֲרֵי שֶׁלֹּא פָּטַר אֶת אִשְׁתּוֹ מִן הַנֶּדֶר וּמִן הַשְּׁבוּעָה, וְהוֹשִׁיבָהּ חֶנְווֹנִית, אוֹ שֶׁמִּינָהּ אַפּוֹטְרוֹפְּיָא — הֲרֵי זֶה מַשְׁבִּיעָהּ כׇּל זְמַן שֶׁיִּרְצֶה. לֹא הוֹשִׁיבָהּ חֶנְווֹנִית, וְלֹא מִינָּהּ אַפּוֹטְרוֹפְּיָא — אֵינוֹ יָכוֹל לְהַשְׁבִּיעָהּ.
La baraïta poursuit: Rabbi Eliezer dit: Même s'il ne l'a pas établie comme commerçante ni nommée intendante, celui-ci peut lui faire prêter serment chaque fois qu'il le souhaite, car il n'existe pas de femme qui ne soit devenue intendante, ne serait-ce qu'une heure durant la vie de son mari, au moins pour sa quenouille et sa pâte. On lui dit: Une personne ne réside pas avec un serpent dans le même panier. On peut en conclure que, selon Rabbi Eliezer, le mari peut faire prêter serment à sa femme concernant sa conduite, même d'emblée. La Guemara conclut: Conclus-en qu'il en est bien ainsi.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא הוֹשִׁיבָהּ חֶנְווֹנִית, וְלֹא מִינָּהּ אַפּוֹטְרוֹפְּיָא — הֲרֵי זֶה מַשְׁבִּיעָהּ כׇּל זְמַן שֶׁיִּרְצֶה, שֶׁאֵין לְךָ אִשָּׁה שֶׁלֹּא נַעֲשֵׂית אַפּוֹטְרוֹפְּיָא שָׁעָה אַחַת בְּחַיֵּי בַּעְלָהּ עַל פִּילְכָּהּ וְעַל עִיסָּתָהּ. אָמְרוּ לוֹ: אֵין אָדָם דָּר עִם נָחָשׁ בִּכְפִיפָה. שְׁמַע מִינָּהּ לְכַתְּחִלָּה שְׁמַע מִינָּהּ.
Mishna 2
MICHNA: Si l'on a écrit à sa femme, [dans la ketouba]: « Je n'ai sur toi ni droit de vœu ni droit de serment », il ne peut pas lui faire prêter serment. Mais il peut faire prêter serment à ses héritiers, et à ceux qui viennent en vertu de son autorité [comme ses représentants, ou parce qu'ils ont acheté sa ketouba].
מַתְנִי׳ כָּתַב לָהּ ״נֶדֶר וּשְׁבוּעָה אֵין לִי עָלַיִךְ״ — אֵין יָכוֹל לְהַשְׁבִּיעָהּ, אֲבָל מַשְׁבִּיעַ הוּא אֶת יוֹרְשֶׁיהָ, וְאֶת הַבָּאִים בִּרְשׁוּתָהּ.
Ketubot 86b
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