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Traité Ketubot

79a

Étude de Ketubot 79a

Étude de la Mishna & Guémara 79a

La mère se présenta devant Rav Naḥman pour jugement. Rav Naḥman déchira le document, acceptant sa prétention selon laquelle elle n'avait pas eu l'intention de transférer la propriété de ses biens. Rav Anan alla trouver Mar Oukva, l'Exilarque, et lui dit: Que le Maître considère Naḥman le fermier, comment il déchire les documents des gens! Rav Anan était contrarié que Rav Naḥman ait détruit un document légitime. Mar Oukva lui dit: Dis-moi donc, s'il te plaît, comment s'est réellement déroulé l'incident?
אֲתַאי לְקַמֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן, קַרְעֵיהּ רַב נַחְמָן לִשְׁטָרָא. אֲזַל רַב עָנָן לְקַמֵּיהּ דְּמָר עוּקְבָא, אֲמַר לֵיהּ: חֲזִי מָר נַחְמָן חַקְלָאָה הֵיכִי מְקָרַע שְׁטָרֵי דְאִינָשֵׁי. אֲמַר לֵיהּ: אֵימָא לִי אִיזִי, גּוּפָא דְעוֹבָדָא הֵיכִי הֲוָה?
Rav Anan lui dit: Voici ce qui s'est passé, ceci et cela. Mar Oukva lui dit: Tu me parles d'un document d'évasion? Voici ce qu'a dit Rav Ḥanilaï bar Idi au nom de Chmouel: Je suis une autorité qui rend des décisions, et j'ai établi la règle suivante: si un document d'évasion me parvient, je le déchirerai, car il est clair qu'il n'était pas destiné à un véritable transfert de propriété, mais seulement à en éloigner le bien de quelqu'un d'autre.
אֲמַר לֵיהּ: הָכִי וְהָכִי הֲוָה. אֲמַר לֵיהּ: שְׁטַר מַבְרַחַת קָא אָמְרַתְּ? הָכִי אָמַר רַב חֲנִילַאי בַּר אִידִי אָמַר שְׁמוּאֵל: מוֹרֶה הוֹרָאָה אֲנִי: אִם יָבֹא שְׁטַר מַבְרַחַת לְיָדִי — אֶקְרָעֶנּוּ.
Rava dit à Rav Naḥman: Quelle est la raison de ton geste? Est-ce parce que tu supposes qu'il ne s'agissait pas d'un don sincère, du fait qu'une personne n'abandonne pas ses propres intérêts pour donner à autrui? Cela ne vaut que lorsqu'on donne à des étrangers, mais à sa propre fille, une mère donnerait de tout cœur! Rav Naḥman répondit: Même ainsi, lorsque ses intérêts entrent en conflit avec ceux de sa fille, ses propres intérêts lui sont préférables, et donc elle n'avait pas l'intention de renoncer à ses droits.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַב נַחְמָן: טַעְמָא מַאי? דְּלָא שָׁבֵיק אִינִישׁ נַפְשֵׁיהּ וְיָהֵיב לְאַחֲרִינֵי. הָנֵי מִילֵּי לְאַחֲרִינֵי, אֲבָל לִבְרַתַּהּ יָהֲיבָא! אֲפִילּוּ הָכִי: בִּמְקוֹם בְּרַתַּהּ, נַפְשָׁהּ עֲדִיפָא לַהּ.
On soulève une objection: Concernant celle qui cherche à éloigner ses biens de son mari, comment doit-elle procéder? Elle rédige un document d'accord [chtar passim] stipulant que ses biens seront donnés à d'autres, qui conviennent de ne pas acquérir le bien. Ce document empêche le mari d'accéder à son bien. Ce sont les paroles de Rabban Chimon ben Gamliel.
מֵיתִיבִי: הָרוֹצָה שֶׁתַּבְרִיחַ נְכָסֶיהָ מִבַּעְלָהּ, כֵּיצַד הִיא עוֹשָׂה? כּוֹתֶבֶת שְׁטַר פַּסִּים לַאֲחֵרִים, דִּבְרֵי רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל.
Et les Sages disent: Cette solution est défectueuse, car si le bénéficiaire le souhaite, il peut la tromper et conserver le bien en vertu du document valide qu'il détient. Cette possibilité ne peut être écartée que si elle écrit dans le document que le don est accordé à partir d'aujourd'hui, et qu'il n'est en vigueur que tant qu'elle le souhaite encore. Dans ce cas, si le bénéficiaire vient prendre possession du bien, elle peut dire qu'elle ne souhaite plus donner, et ainsi invalider le document.
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: רָצָה — מְצַחֵק בָּהּ. עַד שֶׁתִּכְתּוֹב לוֹ מֵהַיּוֹם וְלִכְשֶׁאֶרְצֶה.
La Guemara en déduit: La raison pour laquelle elle peut finalement conserver son bien tient au fait qu'elle lui a écrit cela; mais si elle ne le lui a pas écrit, l'acheteur l'a acquis. Ceci indique qu'un document d'évasion est valide en droit.
טַעְמָא דְּכָתְבָה לֵיהּ הָכִי, הָא לָא כָּתְבָה לֵיהּ הָכִי — קְנַנְהִי לוֹקֵחַ!
Rabbi Zeira dit: Ce n'est pas difficile: ceci, la décision selon laquelle le document d'évasion est nul, concerne un cas où le document portait sur la totalité du bien, car de toute évidence une personne ne donne pas la totalité de ses biens en cadeau en se laissant elle-même sans rien. En revanche, cette autre décision, selon laquelle le document n'est pas annulé, concerne un cas où le document ne portait que sur une partie du bien, et il faut donc ajouter une clause garantissant que le bénéficiaire ne puisse pas conserver le don.
אָמַר רַבִּי זֵירָא, לָא קַשְׁיָא: הָא — בְּכוּלַּהּ, הָא — בְּמִקְצָתַהּ.
La Guemara soulève une difficulté: Et dans le cas où le document est invalide parce qu'il portait sur la totalité du bien, si l'acheteur n'acquiert pas le bien, le mari devrait l'acquérir! Abaye dit: Les Sages ont traité ce bien donné en cadeau comme un bien inconnu du mari, et ceci conformément à l'opinion de Rabbi Chimon dans la Michna, selon laquelle si elle a vendu un tel bien après son mariage, la vente est valide. Par conséquent, le mari n'y a pas accès.
וְאִי לָא קְנַנְהִי לוֹקֵחַ — נִיקְנִינְהוּ בַּעַל! אָמַר אַבָּיֵי: עֲשָׂאוּם כִּנְכָסִים שֶׁאֵין יְדוּעִין לַבַּעַל, וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן.
Mishna 1
MICHNA: Si de l'argent lui échut en héritage pendant qu'elle était mariée, on achète avec cet argent une terre, et le mari consomme les fruits [de cette terre, tandis que le capital reste le sien]. Si elle hérita de fruits détachés du sol, on achète avec eux une terre, et le mari consomme les fruits.
מַתְנִי׳ נָפְלוּ לָהּ כְּסָפִים — יִלָּקַח בָּהֶן קַרְקַע, וְהוּא אוֹכֵל פֵּירוֹת. פֵּירוֹת הַתְּלוּשִׁין מִן הַקַּרְקַע — יִלָּקַח בָּהֶן קַרְקַע, וְהוּא אוֹכֵל פֵּירוֹת.(משנה)
[Que dire des fruits] attachés au sol? Rabbi Meïr dit: On évalue combien vaut [la terre] avec les fruits et combien elle vaut sans les fruits, et l'excédent sert à acheter une terre, dont le mari consomme les fruits. Et les Sages disent: Ce qui est attaché au sol est à lui, et ce qui est détaché du sol est à elle; on achète avec cela une terre, et il en consomme les fruits.
[פֵּירוֹת] הַמְחוּבָּרִים בַּקַּרְקַע? אָמַר רַבִּי מֵאִיר: שָׁמִין אוֹתָהּ כַּמָּה הִיא יָפָה בְּפֵירוֹת וְכַמָּה הִיא יָפָה בְּלֹא פֵּירוֹת, וּמוֹתַר — יִלָּקַח בָּהֶן קַרְקַע, וְהוּא אוֹכֵל פֵּירוֹת. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: הַמְחוּבָּרִים לַקַּרְקַע — שֶׁלּוֹ, וְהַתְּלוּשִׁין מִן הַקַּרְקַע — שֶׁלָּהּ, וְיִלָּקַח בָּהֶן קַרְקַע, וְהוּא אוֹכֵל פֵּירוֹת.
Rabbi Chimon dit: Là où son droit est renforcé à l'entrée [du mariage], son droit est affaibli à la sortie [en cas de divorce]; et là où son droit est affaibli à l'entrée, son droit est renforcé à la sortie. Comment cela? Les fruits attachés au sol: à l'entrée, ils sont à lui, et à la sortie, ils sont à elle. Et ceux qui sont détachés du sol: à l'entrée, ils sont à elle, et à la sortie, ils sont à lui.
רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: מְקוֹם שֶׁיִּפָּה כֹּחוֹ בִּכְנִיסָתָהּ — הוֹרַע כֹּחוֹ בִּיצִיאָתָהּ. מְקוֹם שֶׁהוֹרַע כֹּחוֹ בִּכְנִיסָתָהּ — יִפָּה כֹּחוֹ בִּיצִיאָתָהּ. כֵּיצַד? פֵּירוֹת הַמְחוּבָּרִים לַקַּרְקַע, בִּכְנִיסָתָהּ — שֶׁלּוֹ, וּבִיצִיאָתָהּ — שֶׁלָּהּ. וְהַתְּלוּשִׁין מִן הַקַּרְקַע, בִּכְנִיסָתָהּ — שֶׁלָּהּ, וּבִיצִיאָתָהּ — שֶׁלּוֹ.
Guémara
GUEMARA: Il va de soi que: entre une terre et des maisons, [on choisit] la terre; entre des maisons et des palmiers, [on choisit] les maisons; entre des palmiers et d'autres arbres, [on choisit] les palmiers; entre des arbres et des vignes, [on choisit] les arbres.
גְּמָ׳ פְּשִׁיטָא: אַרְעָא וּבָתֵּי — אַרְעָא. בָּתֵּי וְדִיקְלֵי — בָּתֵּי. דִּיקְלֵי וְאִילָנֵי — דִּיקְלֵי. אִילָנֵי וְגוּפְנֵי — אִילָנֵי.
Ketubot 79a
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כתובות ע״ט אמַסֶּכֶת כְּתוּבּוֹת