Et une épileptique est considérée comme ayant une tare cachée, car il est possible que personne ne soit au courant de son mal. Et ceci ne s'applique que si la maladie survient à intervalles réguliers, car la femme et sa famille peuvent alors dissimuler son état. Mais si les crises ne surviennent pas à intervalles réguliers et peuvent arriver à tout moment, cela est considéré comme une tare visible, car il est impossible que sa condition demeure inconnue des autres.
וְנִכְפֶּה — כְּמוּמִין שֶׁבַּסֵּתֶר דָּמֵי. וְהָנֵי מִילֵּי דִּקְבִיעַ לֵיהּ זְמַן, אֲבָל לָא קְבִיעַ לֵיהּ — כְּמוּמִין שֶׁבַּגָּלוּי דָּמֵי.
Mishna 1
MICHNA: Dans le cas d'un homme chez qui des tares sont apparues après le mariage, le tribunal ne le contraint pas à divorcer sa femme. Rabban Chimon ben Gamliel a dit: Dans quel cas cela s'applique-t-il? Cela s'applique aux tares mineures. Cependant, concernant les tares majeures, qui seront définies plus loin dans la Guemara, le tribunal le contraint à divorcer d'elle.
מַתְנִי׳ הָאִישׁ שֶׁנּוֹלְדוּ בּוֹ מוּמִין — אֵין כּוֹפִין אוֹתוֹ לְהוֹצִיא. אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בְּמוּמִין הַקְּטַנִּים, אֲבָל בְּמוּמִין הַגְּדוֹלִים — כּוֹפִין אוֹתוֹ לְהוֹצִיא.(משנה)
Guémara
GUEMARA: Rav Yehouda enseigne la michna selon la version citée plus haut: les tares sont apparues [nolédou] après le mariage. Hiya bar Rav enseigne à l'inverse: elles étaient là [hayou] avant le mariage. La Guemara clarifie la différence entre ces deux opinions: celui qui dit qu'elles sont apparues après le mariage considère que la halakha s'applique a fortiori à celui qui avait déjà les tares avant, puisqu'elle en était consciente et les a acceptées. Cependant, celui qui dit qu'elles étaient là avant dirait que ce n'est que dans ce cas qu'il n'est pas contraint de divorcer d'elle, mais si elles sont apparues après le mariage, ce n'est pas la halakha, car elle ne s'est pas mariée à ces conditions.
גְּמָ׳ רַב יְהוּדָה תָּנֵי נוֹלְדוּ. חִיָּיא בַּר רַב תָּנֵי הָיוּ. מַאן דְּאָמַר נוֹלְדוּ, כׇּל שֶׁכֵּן הָיוּ — (דְּקָסָבְרָה) [דְּהָא סְבַרָה] וְקַבִּילָה. מַאן דְּאָמַר הָיוּ, אֲבָל נוֹלְדוּ — לֹא.
Nous avons appris dans la michna: Rabban Chimon ben Gamliel a dit: Dans quel cas cela s'applique-t-il? Cela s'applique aux tares mineures, mais concernant les tares majeures, le tribunal le contraint à divorcer d'elle. La Guemara pose une question: Certes, selon celui qui dit que la version correcte est « elles sont apparues », voilà pourquoi il y a une différence entre tares majeures et mineures, puisque seules les tares majeures sont un motif de divorce. Mais selon celui qui dit que la version correcte est « elles étaient là », quelle différence cela fait-il pour moi qu'elles soient majeures ou mineures? Dans tous les cas, elle en était consciente et les a acceptées!
תְּנַן, אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בְּמוּמִין קְטַנִּים, אֲבָל בְּמוּמִין גְּדוֹלִים — כּוֹפִין אוֹתוֹ לְהוֹצִיא. בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר ״נוֹלְדוּ״, הַיְינוּ דְּשָׁאנֵי בֵּין גְּדוֹלִים לִקְטַנִּים. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר ״הָיוּ״ — מָה לִי גְּדוֹלִים מָה לִי קְטַנִּים? הָא סְבַרָה וְקַבִּילָה!
Elle pensait pouvoir accepter [cette situation], et maintenant elle ne peut plus l'accepter. Et quelles sont ces tares majeures? Rabban Chimon ben Gamliel a expliqué: [par exemple] si son œil est devenu aveugle, si sa main a été coupée, ou si sa jambe a été brisée.
כִּסְבוּרָה הִיא שֶׁיְּכוֹלָה לְקַבֵּל, וְעַכְשָׁיו אֵין יְכוֹלָה לְקַבֵּל. וְאֵלּוּ הֵן מוּמִין גְּדוֹלִים? פֵּירֵשׁ רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: [כְּגוֹן] נִיסְמֵית עֵינוֹ, נִקְטְעָה יָדוֹ, וְנִשְׁבְּרָה רַגְלוֹ.
Il fut dit: Rabbi Abba bar Yaakov a dit au nom de Rabbi Yohanan: La halakha est conforme à l'opinion de Rabban Chimon ben Gamliel. Rava a dit au nom de Rav Nahman: La halakha est conforme à l'opinion des Sages.
אִתְּמַר, רַבִּי אַבָּא בַּר יַעֲקֹב אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל. רָבָא אָמַר רַב נַחְמָן: הֲלָכָה כְּדִבְרֵי חֲכָמִים.
La Guemara pose une question: Et Rabbi Yohanan a-t-il vraiment dit cela? Mais Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yohanan: Partout où Rabban Chimon ben Gamliel a enseigné dans notre Michna, la halakha est conforme à son opinion, sauf dans trois cas: [celui] de la caution, [celui] de Tsaïdan, et le dernier [litige relatif] au témoignage. Ce sont des Amoraïm [qui divergent], et leur désaccord porte sur l'opinion de Rabbi Yohanan.
וּמִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הָכִי? וְהָא אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בְּכׇל מָקוֹם שֶׁשָּׁנָה רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל בְּמִשְׁנָתֵנוּ — הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ, חוּץ מֵעָרֵב, וְצַיְדָן, וּרְאָיָה אַחֲרוֹנָה. אָמוֹרָאֵי נִינְהוּ וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹחָנָן.
Mishna 2
MICHNA: Et voici ceux que l'on contraint à divorcer: celui qui est atteint de plaies, celui qui a un polype, le ramasseur, le fondeur de cuivre, et le tanneur. Que ces [tares ou métiers] existaient avant le mariage, ou qu'elles soient apparues après le mariage, [le tribunal le contraint]. Et à propos de tous ces cas, Rabbi Meïr a dit: Même s'il avait posé une condition avec elle [à ce sujet avant le mariage], elle peut dire: « Je pensais pouvoir l'accepter, et maintenant je ne peux plus l'accepter. »
מַתְנִי׳ וְאֵלּוּ שֶׁכּוֹפִין אוֹתוֹ לְהוֹצִיא: מוּכֵּה שְׁחִין, וּבַעַל פּוֹלִיפּוּס, וְהַמְקַמֵּץ, וְהַמְצָרֵף נְחוֹשֶׁת, וְהַבּוּרְסִי. בֵּין שֶׁהָיוּ עַד שֶׁלֹּא נִישְּׂאוּ, וּבֵין מִשֶּׁנִּישְּׂאוּ נוֹלְדוּ. וְעַל כּוּלָּן אָמַר רַבִּי מֵאִיר: אַף עַל פִּי שֶׁהִתְנָה עִמָּהּ, יְכוֹלָה הִיא שֶׁתֹּאמַר: ״סְבוּרָה הָיִיתִי שֶׁאֲנִי יְכוֹלָה לְקַבֵּל, וְעַכְשָׁיו אֵינִי יְכוֹלָה לְקַבֵּל״.
Et les Sages disent: Elle doit l'accepter malgré elle, sauf dans le cas de celui qui est atteint de plaies, car cela le consume. Il arriva à Tsaïdan qu'un tanneur mourut, et il avait un frère qui était [également] tanneur. Les Sages dirent: Elle peut dire: « Pour ton frère je pouvais l'accepter, mais pour toi je ne peux pas l'accepter. »
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מְקַבֶּלֶת הִיא עַל כׇּרְחָהּ, חוּץ מִמּוּכֵּה שְׁחִין, מִפְּנֵי שֶׁמְּמִקָּתוֹ. מַעֲשֶׂה בְּצַיְדוֹן בְּבוּרְסִי אֶחָד שֶׁמֵּת, וְהָיָה לוֹ אָח בּוּרְסִי. אָמְרוּ חֲכָמִים: יְכוֹלָה הִיא שֶׁתֹּאמַר ״לְאָחִיךָ הָיִיתִי יְכוֹלָה לְקַבֵּל, וּלְךָ אֵינִי יְכוֹלָה לְקַבֵּל״.
Guémara 2
GUEMARA: Qu'est-ce qu'« avoir un polype »? Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel: Une mauvaise odeur du nez. Dans une baraïta, il est enseigné: Une mauvaise odeur de la bouche. Rav Assi enseigne l'inverse. Et il a fourni un moyen mnémotechnique: Chmouel ne fermait pas sa bouche de tout ce chapitre, [ce qui rappelle que son opinion concerne la bouche].
גְּמָ׳ מַאי ״בַּעַל פּוֹלִיפּוּס״? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: רֵיחַ הַחוֹטֶם. בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: רֵיחַ הַפֶּה. רַב אַסִּי מַתְנִי אִיפְּכָא. וּמַנַּח בַּהּ סִימָנָא: שְׁמוּאֵל לָא פָּסֵיק פּוּמֵּיהּ מִכּוּלֵּיהּ פִּירְקִין.
Et le ramasseur. Qu'est-ce qu'un « ramasseur »? Rav Yehouda a dit: C'est celui qui rassemble les excréments de chiens [pour le tannage]. On objecta: « Le ramasseur, c'est le tanneur »! Et selon ton raisonnement, notre michna elle-même devrait te poser une difficulté, puisqu'elle énonce: « le ramasseur, le fondeur de cuivre, et le tanneur » [comme des catégories distinctes]!
וְהַמְקַמֵּץ. מַאי ״מְקַמֵּץ״? אָמַר רַב יְהוּדָה: זֶה הַמְקַבֵּץ צוֹאַת כְּלָבִים. מֵיתִיבִי: ״מְקַמֵּץ״ זֶה בּוּרְסִי! וּלְטַעְמָיךְ תִּיקְשֵׁי לָךְ מַתְנִיתִין: ״הַמְקַמֵּץ וְהַמְצָרֵף נְחוֹשֶׁת וְהַבּוּרְסִי״!
Certes, la michna ne pose pas de difficulté: ici, il s'agit d'un grand tanneur, là, d'un petit tanneur. Mais pour Rav Yehouda, cela pose une difficulté! C'est un désaccord entre Tanaïm, comme il est enseigné dans une baraïta: « Le ramasseur, c'est le tanneur », et certains disent: c'est celui qui rassemble les excréments de chiens.
בִּשְׁלָמָא מַתְנִיתִין לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּבוּרְסִי גָּדוֹל, כָּאן בְּבוּרְסִי קָטָן. אֶלָּא לְרַב יְהוּדָה קַשְׁיָא! תַּנָּאֵי הִיא, דְּתַנְיָא: ״מְקַמֵּץ״ זֶה בּוּרְסִי, וְיֵשׁ אוֹמְרִים: זֶה הַמְקַמֵּץ צוֹאַת כְּלָבִים.