Il y a effectivement un verrouillage de porte devant elle en la privant de toute possibilité de se réjouir, mais quand il lui interdit d'aller dans une maison de deuil, quel verrouillage de porte y a-t-il là? Il fut enseigné: Dans l'avenir, elle aussi mourra, et aucune créature ne fera son éloge funèbre ni ne s'occupera d'elle, tout comme elle ne l'a pas fait pour les autres. Et certains disent: aucune créature ne l'estimera ni ne fera attention à elle, car celui qui ne visite pas les malades ni ne console les endeuillés se coupe des autres.
אִיכָּא נוֹעֵל בְּפָנֶיהָ, אֶלָּא לְבֵית הָאֵבֶל מַאי נוֹעֵל בְּפָנֶיהָ אִיכָּא? תָּנָא: לְמָחָר הִיא מֵתָה וְאֵין כׇּל בְּרִיָּה סוֹפְדָהּ. וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: אֵין כׇּל בְּרִיָּה סוֹפְנָהּ.
Il est enseigné dans une baraïta: Rabbi Méir avait coutume de dire: Que signifie ce qui est écrit: « Mieux vaut aller dans une maison de deuil qu'aller dans une maison de festin, car c'est la fin de tout homme, et le vivant prendra cela à cœur » (Kohélet 7, 2)? Que signifie « et le vivant prendra cela à cœur »? Cela signifie qu'ils prendront à cœur les choses relatives à la mort, réalisant qu'eux aussi finiront par mourir. Celui qui fait l'éloge funèbre des autres, on fera son éloge funèbre; celui qui enterre quelqu'un, on l'enterrera; celui qui soulève d'autres pour les porter en terre, on le soulèvera de même pour le porter en terre; celui qui escorte d'autres dehors pour l'enterrement, on l'escortera de même; celui qui porte d'autres, d'autres le porteront. C'est pourquoi celui qui ne vient pas dans une maison de deuil pour consoler les endeuillés ne sera pas lui-même traité avec la dignité voulue lorsqu'il mourra.
תַּנְיָא, הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: מַאי דִּכְתִיב ״טוֹב לָלֶכֶת אֶל בֵּית אֵבֶל מִלֶּכֶת אֶל בֵּית מִשְׁתֶּה בַּאֲשֶׁר הוּא סוֹף כׇּל הָאָדָם וְהַחַי יִתֵּן אֶל לִבּוֹ״, מַאי ״וְהַחַי יִתֵּן אֶל לִבּוֹ״? דְּבָרִים שֶׁל מִיתָה: דְּ[יִ]סְפֹּד — יִסְפְּדוּנֵיהּ, דְּ[יִ]קְבַּר — יִקְבְּרוּנֵיהּ, דִּידַל — יְדַלּוּנֵיהּ, דִּ[י]לַוֵּאי — יְלַוּוֹנֵיהּ, דְּ[יִ]טְעֹן — יִטְעֲנוּנֵיהּ.
§ La Michna a enseigné: Et s'il prétendait le lui avoir interdit à cause d'autre chose, il en a le droit. La Guemara demande: Qu'entend-on par « autre chose »? Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel: Il prétend l'avoir fait à cause de gens dépravés qui se trouvent communément là-bas, et il ne veut pas que sa femme soit parmi eux. Rav Achi a dit: Nous n'avons dit cela que là où une présomption a été établie [que des gens dépravés fréquentent ce lieu], mais si aucune présomption n'a été établie, il n'est pas en son pouvoir d'invoquer cette crainte.
וְאִם הָיָה טוֹעֵן מִשּׁוּם דָּבָר אַחֵר — רַשַּׁאי. מַאי ״דָּבָר אַחֵר״? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: מִשּׁוּם בְּנֵי אָדָם פְּרוּצִין שֶׁמְּצוּיִין שָׁם. אָמַר רַב אָשֵׁי: לָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּאִיתַּחְזַק, אֲבָל לָא אִיתַּחְזַק — לֹא כָּל כְּמִינֵּיהּ.
§ La Michna a enseigné: Et s'il lui a dit: Le vœu sera annulé à condition que tu dises à untel ce que tu m'as dit, ou ce que je t'ai dit, il doit divorcer d'elle et lui verser le paiement de sa ketouba. La Guemara demande: Et qu'elle le dise! Pourquoi ne se conformerait-elle pas simplement à sa volonté? Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel: Il s'agit de propos dégradants, c'est-à-dire des conversations intimes entre mari et femme, qu'elle a honte de rapporter en présence d'autrui.
וְאִם אָמַר לָהּ עַל מְנָת שֶׁתֹּאמְרִי. וְתֵימָא? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: דְּבָרִים שֶׁל קָלוֹן.
La Michna a enseigné: Ou il a dit que le vœu sera annulé à condition qu'elle remplisse quelque chose et le déverse dans les ordures. La Guemara demande: Et qu'elle le fasse! Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel: L'intention de la Michna est qu'il exigeait qu'elle se remplisse [d'eau] puis se secoue. C'est une façon euphémique de dire que le mari veut qu'elle prenne des mesures pour éviter de tomber enceinte, et elle a le droit de protester contre cela. Il fut enseigné dans une baraïta: le cas est qu'il lui a dit de remplir dix cruches d'eau et de les déverser dans les ordures, une tâche impliquant un effort inutile et paraissant insensée.
אוֹ שֶׁתְּהֵא מְמַלְּאָה וּמְעָרָה לְאַשְׁפָּה. וְתִיעְבֵּיד! אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: שֶׁתְּמַלֵּא וְנוֹפֶצֶת. בְּמַתְנִיתָא תַּנָּא: שֶׁתְּמַלֵּא עֲשָׂרָה כַּדֵּי מַיִם וּתְעָרֶה לְאַשְׁפָּה.
La Guemara demande: Certes, selon Chmouel, qui explique que la Michna traite d'un cas où le mari insiste pour qu'elle ne tombe pas enceinte, c'est pour cette raison qu'il doit divorcer d'elle et lui verser le paiement de sa ketouba. Mais selon la baraïta, qui explique qu'il veut simplement qu'elle accomplisse un travail inutile, quelle différence cela fait-il pour elle? Qu'elle le fasse! Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yohanan: Parce qu'elle paraîtrait folle si elle accomplissait des actions inutiles, elle peut donc exiger le divorce.
בִּשְׁלָמָא לִשְׁמוּאֵל — מִשּׁוּם הָכִי יוֹצִיא וְיִתֵּן כְּתוּבָּה. אֶלָּא לְמַתְנִיתָא מַאי נָפְקָא לַהּ מִינַּהּ? תִּיעְבֵּיד! אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִפְּנֵי שֶׁנִּרְאִיתָ כְּשׁוֹטֶה.
Rav Kahana a dit: Celui qui fait vœu et oblige sa femme à ne pas emprunter et à ne pas prêter des ustensiles que les gens prêtent généralement, comme un tamis, un crible, un moulin ou un four, doit divorcer d'elle et lui verser le paiement de sa ketouba, car en imposant de telles règles il lui fait acquérir une mauvaise réputation parmi ses voisines, qui la soupçonneront d'avarice ou d'orgueil.
אָמַר רַב כָּהֲנָא: הַמַּדִּיר אֶת אִשְׁתּוֹ שֶׁלֹּא תִּשְׁאַל וְשֶׁלֹּא תַּשְׁאִיל נָפָה וּכְבָרָה וְרֵיחַיִם וְתַנּוּר — יוֹצִיא וְיִתֵּן כְּתוּבָּה. שֶׁמַּשִּׂיאָהּ שֵׁם רַע בִּשְׁכֵינוֹתֶיהָ.
Il est également enseigné ainsi dans une baraïta: Celui qui fait vœu et oblige sa femme à ne pas emprunter et à ne pas prêter un tamis, un crible, un moulin ou un four, doit divorcer d'elle et lui verser le paiement de sa ketouba, car il lui fait acquérir une mauvaise réputation parmi ses voisines. Et de même, si c'est elle qui a fait vœu de ne pas emprunter et de ne pas prêter un tamis, un crible, un moulin ou un four, ou de ne pas tisser de beaux vêtements pour ses enfants [à lui], elle peut être renvoyée sans paiement de sa ketouba. Cela aussi, parce qu'elle lui fait acquérir une mauvaise réputation parmi ses voisins, car ils relieront son comportement à lui et penseront qu'il lui a demandé d'agir ainsi.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: הַמַּדִּיר אֶת אִשְׁתּוֹ שֶׁלֹּא תִּשְׁאַל וְשֶׁלֹּא תַּשְׁאִיל נָפָה וּכְבָרָה רֵיחַיִם וְתַנּוּר — יוֹצִיא וְיִתֵּן כְּתוּבָּה, מִפְּנֵי שֶׁמַּשִּׂיאָהּ שֵׁם רַע בִּשְׁכֵינוֹתֶיהָ. וְכֵן הִיא שֶׁנָּדְרָה שֶׁלֹּא תִּשְׁאַל וְשֶׁלֹּא תַּשְׁאִיל נָפָה וּכְבָרָה וְרֵיחַיִם וְתַנּוּר, וְשֶׁלֹּא תֶּאֱרוֹג בְּגָדִים נָאִים לְבָנָיו — תֵּצֵא שֶׁלֹּא בִּכְתוּבָּה, מִפְּנֵי שֶׁמַּשִּׂיאָתוֹ שֵׁם רַע בִּשְׁכֵינָיו.
Mishna 1
MICHNA: Et voici celles qui sont renvoyées sans paiement de leur ketouba: celle qui transgresse la loi de Moché ou la coutume juive. Et qu'est-ce que la loi de Moché? Elle lui fait manger des aliments non dîmés, ou elle a des relations conjugales avec lui alors qu'elle a le statut de nida, ou elle ne prélève pas pour lui la 'hala, ou elle fait des vœux et ne les accomplit pas.
מַתְנִי׳ וְאֵלּוּ יוֹצְאוֹת שֶׁלֹּא בִּכְתוּבָּה — הָעוֹבֶרֶת עַל דָּת מֹשֶׁה וִיהוּדִית. וְאֵיזוֹ הִיא דָּת מֹשֶׁה? מַאֲכִילָתוֹ שֶׁאֵינוֹ מְעוּשָּׂר, וּמְשַׁמַּשְׁתּוֹ נִדָּה, וְלֹא קוֹצָה לָהּ חַלָּה, וְנוֹדֶרֶת וְאֵינָהּ מְקַיֶּימֶת.(משנה)
Et qu'est-ce que la coutume juive? Elle sort avec la tête découverte, ou elle file la laine sur la place publique, ou elle parle avec tout homme [qu'elle rencontre]. Abba Chaoul dit: aussi celle qui maudit ses parents [à lui] en sa présence. Rabbi Tarfon dit: aussi la femme criarde. Et qui est considérée comme criarde? Celle qui, parlant à l'intérieur de sa maison, se fait entendre de ses voisins.
וְאֵיזוֹהִי דָּת יְהוּדִית? יוֹצְאָה וְרֹאשָׁהּ פָּרוּעַ, וְטוֹוֶה בְּשׁוּק, וּמְדַבֶּרֶת עִם כָּל אָדָם. אַבָּא שָׁאוּל אוֹמֵר: אַף הַמְקַלֶּלֶת יוֹלְדָיו בְּפָנָיו. רַבִּי טַרְפוֹן אוֹמֵר: אַף הַקּוֹלָנִית. וְאֵיזוֹהִי קוֹלָנִית? לִכְשֶׁהִיא מְדַבֶּרֶת בְּתוֹךְ בֵּיתָהּ וּשְׁכֵינֶיהָ שׁוֹמְעִין קוֹלָהּ.
Guémara
GUEMARA: Elle lui fait manger des aliments non dîmés — de quel cas s'agit-il? S'il le sait, qu'il s'abstienne! S'il ne le sait pas, comment le saura-t-il [pour la répudier]? Non, c'est nécessaire dans un cas où elle lui a dit: « Untel, le cohen, a rectifié pour moi le tas de grain [en le dîmant] », et il est allé le lui demander, et cela s'est révélé mensonger.
גְּמָ׳ מַאֲכִילָתוֹ שֶׁאֵינוֹ מְעוּשָּׂר, הֵיכִי דָמֵי? אִי דְּיָדַע — נִפְרוֹשׁ. אִי דְּלָא יָדַע — מְנָא יָדַע? לָא צְרִיכָא, דְּאָמְרָה לֵיהּ ״פְּלוֹנִי כֹּהֵן תִּיקֵּן לִי אֶת הַכְּרִי״, וְאָזֵיל שַׁיְילֵיהּ, וְאִשְׁתְּכַח שִׁיקְרָא.
§ Elle a des relations conjugales avec lui alors qu'elle a le statut de nida — de quel cas s'agit-il? S'il le sait à son sujet, qu'il s'abstienne! S'il ne le sait pas, qu'il s'appuie sur elle [pour la croire]! Car Rav 'Hinnana bar Kahana a dit au nom de Chmouel: D'où sait-on que la femme nida peut compter [ses jours de pureté] pour elle-même [et être crue]? Comme il est dit: « Et elle comptera pour elle-même sept jours » (Vayikra 15, 28) — « pour elle-même » signifie par elle-même, et elle est crue. Si tel est le cas, pourquoi le mari ne pourrait-il pas croire sa femme lorsqu'elle affirme ne pas être nida?
וּמְשַׁמַּשְׁתּוֹ נִדָּה. הֵיכִי דָמֵי? אִי דְּיָדַע בָּהּ — נִפְרוֹשׁ, אִי דְּלָא יָדַע — נִסְמוֹךְ עִילָּוַהּ. דְּאָמַר רַב חִינָּנָא בַּר כָּהֲנָא אָמַר שְׁמוּאֵל: מִנַּיִן לְנִדָּה שֶׁסּוֹפֶרֶת לְעַצְמָהּ — שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְסָפְרָה לָּהּ שִׁבְעַת יָמִים״, ״לָהּ״ — לְעַצְמָהּ!