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Traité Ketubot

71a

Étude de Ketubot 71a

Étude de la Guémara 71a

Guémara
L'incident de Beit 'Horon, où un individu avait fait vœu d'interdire à son père de bénéficier de lui, puis, afin de permettre à son père de venir à la célébration du mariage de son fils, il donna tous ses biens à une autre personne en cadeau. Le bénéficiaire des biens craignait que le vœu ne soit transgressé par le père, aussi consacra-t-il les biens du fils, déclarant que s'il n'était pas habilité à le faire, alors le transfert initial des biens en cadeau ne serait pas valide. Par conséquent, dans le cas présent, les Sages ne se préoccupent pas de l'artifice employé, tandis que Rabbi Yossi s'en préoccupe et l'interdit donc.
מַעֲשֶׂה דְּבֵית חוֹרוֹן.
GUEMARA: Rabbi Yehouda dit: chez un Israël, [un vœu valant] un mois, etc. Cela n'est-il pas identique à l'opinion du premier Tana? Abaye dit: c'est le cas de la femme d'un cohen qu'il est venu nous enseigner. Rava dit: la différence pratique entre eux porte sur un mois plein et un mois incomplet.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בְּיִשְׂרָאֵל חֹדֶשׁ אֶחָד וְכוּ׳. הַיְינוּ תַּנָּא קַמָּא? אָמַר אַבָּיֵי: כֹּהֶנֶת אֲתָא לְאַשְׁמוֹעִינַן. רָבָא אָמַר: חֹדֶשׁ מָלֵא וְחֹדֶשׁ חָסֵר אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ.
Rav dit: on n'a enseigné [ce délai de trente jours durant lequel le mari subvient aux besoins de sa femme par l'intermédiaire d'un fondé de pouvoir] que dans le cas où [le mari] a précisé [une durée limitée pour le vœu], mais s'il a fait un vœu sans précision, il doit la répudier immédiatement et lui verser sa ketouba. Et Chmouel dit: même en cas de vœu sans précision, il ne doit pas la répudier immédiatement, car peut-être trouvera-t-il une ouverture pour annuler son vœu.
אָמַר רַב: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בִּמְפָרֵשׁ, אֲבָל בִּסְתָם — יוֹצִיא לְאַלְתַּר וְיִתֵּן כְּתוּבָּה. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: אֲפִילּוּ בִּסְתָם לֹא יוֹצִיא, שֶׁמָּא יִמְצָא פֶּתַח לְנִדְרוֹ.
Mais n'ont-ils pas déjà été en désaccord sur ce point une première fois? Comme nous l'avons appris dans la MICHNA : celui qui fait vœu d'interdire à sa femme les relations conjugales - Beit Chammaï dit: deux semaines; et Beit Hillel dit: une semaine. Et à propos de cela, Rav a dit: le désaccord porte sur le cas où [le mari] a précisé [une durée], mais dans le cas d'un vœu sans précision, il doit la répudier immédiatement et lui verser sa ketouba. Et Chmouel a dit: même dans le cas d'un vœu sans précision, il ne doit pas non plus la répudier immédiatement, car peut-être trouvera-t-il une ouverture pour annuler son vœu. Si c'est ainsi, pourquoi ce désaccord doit-il être répété?
וְהָא אִיפְּלִגוּ בַּיהּ חֲדָא זִימְנָא, דִּתְנַן: הַמַּדִּיר אֶת אִשְׁתּוֹ מִתַּשְׁמִישׁ הַמִּטָּה, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: שְׁתֵּי שַׁבָּתוֹת. — וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: שַׁבָּת אַחַת. וְאָמַר רַב: מַחְלוֹקֶת בִּמְפָרֵשׁ, אֲבָל בִּסְתָם — יוֹצִיא לְאַלְתַּר וְיִתֵּן כְּתוּבָּה. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: אֲפִילּוּ בִּסְתָם נָמֵי לֹא יוֹצִיא, שֶׁמָּא יִמְצָא פֶּתַח לְנִדְרוֹ.
Cela est nécessaire, car si cela n'avait été énoncé que dans ce cas-là [des relations conjugales], on aurait pu dire que c'est là que Rav parle, parce qu'il est impossible de compenser [la privation] par un fondé de pouvoir; mais dans ce cas-ci [de la nourriture], où il est possible de compenser par un fondé de pouvoir, on aurait pu dire qu'il concède à Chmouel. Et si cela n'avait été énoncé que dans ce cas-ci, on aurait pu dire que c'est là que Chmouel parle, parce qu'il est possible de compenser par un fondé de pouvoir, mais dans ce cas-là, on aurait pu dire qu'il concède à Rav. Il est donc nécessaire [de mentionner les deux cas].
צְרִיכָא, דְּאִי אִיתְּמַר בְּהָהִיא: בְּהָהִיא קָאָמַר רַב — מִשּׁוּם דְּלָא אֶפְשָׁר בְּפַרְנָס, אֲבָל בְּהָא, דְּאֶפְשָׁר בְּפַרְנָס — אֵימָא מוֹדֶה לֵיהּ לִשְׁמוּאֵל. וְאִי אִתְּמַר בְּהָא: בְּהָא קָאָמַר שְׁמוּאֵל — מִשּׁוּם דְּאֶפְשָׁר בְּפַרְנָס, אֲבָל בְּהַהִיא, אֵימָא מוֹדֶה לֵיהּ לְרַב — צְרִיכָא.
Nous avons appris [dans la suite de la Michna]: celui qui fait vœu d'interdire à sa femme de goûter un seul type de fruits doit la répudier et lui verser sa ketouba. Cela s'accorde bien avec l'opinion de Rav: ici [il s'agit] d'un vœu sans précision, là [il s'agit] d'un vœu avec précision. Mais pour Chmouel, c'est difficile!
תְּנַן: הַמַּדִּיר אֶת אִשְׁתּוֹ שֶׁלֹּא תִּטְעוֹם אֶחָד מִכׇּל הַפֵּירוֹת — יוֹצִיא וְיִתֵּן כְּתוּבָּה. בִּשְׁלָמָא לְרַב: כָּאן בִּסְתָם, כָּאן בִּמְפָרֵשׁ. אֶלָּא לִשְׁמוּאֵל קַשְׁיָא!
De quoi s'agit-il ici? D'un cas où c'est elle qui a fait le vœu, et lui l'a ratifié pour elle [sans l'annuler]. Et Rabbi Meïr considère qu'en agissant ainsi, c'est lui qui met le doigt entre ses dents.
הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — כְּגוֹן שֶׁנָּדְרָה הִיא, וְקִיֵּים לָהּ אִיהוּ. וְקָסָבַר רַבִּי מֵאִיר, הוּא נוֹתֵן אֶצְבַּע בֵּין שִׁינֶּיהָ.
Mais Rabbi Meïr considère-t-il que c'est lui qui met le doigt entre ses dents? N'a-t-on pas enseigné dans une baraïta: une femme qui a fait vœu de nazirat, et dont le mari a entendu [le vœu] sans l'annuler, Rabbi Meïr et Rabbi Yehouda disent: c'est elle qui a mis le doigt entre ses propres dents; c'est pourquoi, si le mari veut annuler [le vœu], il peut l'annuler. Et s'il dit: je ne veux pas d'une femme portée aux vœux, elle sera répudiée sans ketouba.
וְסָבַר רַבִּי מֵאִיר הוּא נוֹתֵן אֶצְבַּע בֵּין שִׁינֶּיהָ? וְהָתַנְיָא: הָאִשָּׁה שֶׁנָּדְרָה בְּנָזִיר, וְשָׁמַע בַּעְלָהּ וְלֹא הֵפֵר לָהּ, רַבִּי מֵאִיר וְרַבִּי יְהוּדָה אוֹמְרִים: הִיא נָתְנָה אֶצְבַּע בֵּין שִׁינֶּיהָ, לְפִיכָךְ אִם רָצָה הַבַּעַל לְהָפֵר — יָפֵר. וְאִם אָמַר אִי אֶפְשִׁי בְּאִשָּׁה נַדְרָנִית — תֵּצֵא שֶׁלֹּא בִּכְתוּבָּה.
Rabbi Yossi et Rabbi Eliézer disent: c'est lui qui met le doigt entre ses dents; c'est pourquoi, si le mari veut annuler [le vœu], il peut l'annuler. Et s'il dit: je ne veux pas d'une femme portée aux vœux, il doit la répudier et lui verser sa ketouba! Inverse [les attributions]: Rabbi Meïr et Rabbi Yehouda disent: c'est lui qui met [le doigt]; Rabbi Yossi et Rabbi Eliézer disent: c'est elle qui a mis [le doigt].
רַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמְרִים: הוּא נוֹתֵן אֶצְבַּע בֵּין שִׁינֶּיהָ, לְפִיכָךְ אִם רָצָה הַבַּעַל לְהָפֵר — יָפֵר. וְאִם אָמַר: אִי אֶפְשִׁי בְּאִשָּׁה נַדְרָנִית — יוֹצִיא וְיִתֵּן כְּתוּבָּה! אֵיפוֹךְ, רַבִּי מֵאִיר וְרַבִּי יְהוּדָה אוֹמְרִים: הוּא נוֹתֵן, רַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמְרִים: הִיא נָתְנָה.
Mais Rabbi Yossi considère-t-il que c'est elle qui a mis [le doigt]? N'avons-nous pas appris dans la MICHNA : Rabbi Yossi dit: pour les pauvres, lorsque [le mari] n'a pas fixé de durée, [il doit la répudier et lui verser sa ketouba]! Selon l'explication finale donnée par Chmouel, la Michna traite d'un cas où c'est la femme qui a fait le vœu et le mari qui l'a ratifié, ce qui indiquerait que Rabbi Yossi reconnaît lui aussi que c'est la responsabilité du mari, et qu'il doit donc lui verser sa ketouba.
וְסָבַר רַבִּי יוֹסֵי הִיא נָתְנָה? וְהָתְנַן: רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: בַּעֲנִיּוּת שֶׁלֹּא נָתַן קִצְבָה!
Dis plutôt: Rabbi Meïr et Rabbi Yossi disent: c'est lui qui met [le doigt]; Rabbi Yehouda et Rabbi Eliézer disent: c'est elle qui a mis [le doigt]. Mais Rabbi Yehouda considère-t-il que c'est elle qui a mis [le doigt]? N'avons-nous pas appris dans la Michna que Rabbi Yehouda dit: chez un Israël, un seul jour, il peut la garder [comme épouse, mais deux jours, il doit la répudier et lui verser sa ketouba]! Selon l'explication selon laquelle la Michna traite d'un cas où c'est elle qui a fait le vœu et lui qui l'a ratifié, il semblerait que Rabbi Yehouda reconnaisse également que c'est lui qui met le doigt entre ses dents.
אֵימָא, רַבִּי מֵאִיר וְרַבִּי יוֹסֵי אוֹמְרִים: הוּא נוֹתֵן, רַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמְרִים: הִיא נָתְנָה. וְסָבַר רַבִּי יְהוּדָה הִיא נָתְנָה? וְהָתְנַן, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בְּיִשְׂרָאֵל יוֹם אֶחָד — יְקַיֵּים!
Dis plutôt: Rabbi Meïr, Rabbi Yehouda et Rabbi Yossi disent: c'est lui qui met [le doigt], et Rabbi Eliézer dit: c'est elle qui a mis [le doigt]. Et si tu veux dire que [les opinions] sont enseignées par paires, dis alors: Rabbi Meïr et Rabbi Eliézer disent: c'est elle qui a mis [le doigt]; Rabbi Yehouda et Rabbi Yossi disent: c'est lui qui met [le doigt]. Mais alors cette opinion anonyme [de la Michna] ne serait pas conforme à l'opinion de Rabbi Meïr.
אֵימָא, רַבִּי מֵאִיר וְרַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי יוֹסֵי אוֹמְרִים: הוּא נוֹתֵן, וְרַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמֵר: הִיא נָתְנָה. וְאִם תִּמְצָא לוֹמַר זוּגֵי זוּגֵי קָתָנֵי, אֵימָא, רַבִּי מֵאִיר וְרַבִּי אֶלְעָזָר אוֹמְרִים: הִיא נָתְנָה, רַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי יוֹסֵי אוֹמְרִים: הוּא נוֹתֵן. וְהָא סְתָמָא דְּלָא כְּרַבִּי מֵאִיר.
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