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Traité Ketubot

70b

Étude de Ketubot 70b

Étude de la Guémara 70b

Guémara
Il est considéré comme s'il lui disait en fait: Va dépenser tes gains pour ta subsistance. La Guemara soulève une difficulté: Et s'il en est ainsi, à savoir que la halakha est conforme à ce que Rav Houna a dit au nom de Rav — car Rav Houna a dit au nom de Rav: Une femme peut dire à son mari: Je ne serai pas entretenue par toi, et en retour je ne travaillerai pas [pour toi] — alors lorsqu'elle dit [par un vœu]: Ce que je fais pour ta bouche te sera interdit comme une offrande [konam], pourquoi n'aurait-il pas besoin d'annuler le vœu? Ici aussi, disons: puisqu'elle peut dire « Je ne serai pas entretenue par toi et je ne travaillerai pas », c'est comme si elle lui disait par son vœu: Je ne serai pas entretenue par toi et je ne travaillerai pas, et il devrait donc devoir annuler le vœu.
נַעֲשָׂה כְּאוֹמֵר לָהּ ״צְאִי מַעֲשֵׂה יָדַיִךְ בִּמְזוֹנוֹתַיִךְ״. וְאִם אִיתַהּ לְהָא דְּרַב הוּנָא אָמַר רַב, דְּאָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב: יְכוֹלָה אִשָּׁה שֶׁתֹּאמַר לְבַעְלָהּ ״אֵינִי נִיזּוֹנֶת וְאֵינִי עוֹשָׂה״, ״קוּנָּם שֶׁאֲנִי עוֹשָׂה לְפִיךָ״, אַמַּאי אֵינוֹ צָרִיךְ לְהָפֵר? לֵימָא: מִתּוֹךְ שֶׁיְּכוֹלָה לוֹמַר ״אֵינִי נִיזּוֹנֶת וְאֵינִי עוֹשָׂה״, נַעֲשֶׂה כְּמִי שֶׁאוֹמֶרֶת לוֹ: ״אֵינִי נִיזּוֹנֶת וְאֵינִי עוֹשָׂה״.
Mais non, ne dis pas que c'est « considéré comme »; dis plutôt que la Michna traite d'un cas où il lui dit explicitement: Va dépenser tes gains pour ta subsistance.
אֶלָּא, לָא תֵּימָא ״נַעֲשֶׂה״, אֶלָּא בְּאוֹמֵר לָהּ: ״צְאִי מַעֲשֵׂה יָדַיִךְ בִּמְזוֹנוֹתַיִךְ״.
[La Guemara demande:] Si c'est ainsi, pourquoi aurait-elle besoin d'un intendant? [Réponse:] C'est dans un cas où [ses gains] ne suffisent pas [à ses besoins]. [On objecte:] Mais si ses gains ne suffisent pas, notre difficulté revient à sa place [initiale]! Rav Achi dit: Il s'agit d'un cas où elle a de quoi subvenir aux grandes choses [ses besoins essentiels], mais pas aux petites choses.
אִי הָכִי פַּרְנָס לְמָה לַהּ? בִּדְלָא סָפְקָה: אִי בִּדְלָא סָפְקָה — הֲדַר קוּשְׁיַין לְדוּכְתֵּיהּ? אָמַר רַב אָשֵׁי: בְּמַסְפֶּקֶת לִדְבָרִים גְּדוֹלִים, וְאֵינָהּ מַסְפֶּקֶת לִדְבָרִים קְטַנִּים.
Ces « petites choses », de quoi s'agit-il? Si elle y est habituée, alors elle y est habituée [et ce sont des nécessités comme les autres qu'il doit fournir]! Et si elle n'y est pas habituée, pourquoi aurait-elle besoin d'un intendant? [Réponse:] Non, il est nécessaire [de préciser] qu'elle était habituée à cela dans la maison de son père, mais qu'elle a accepté d'épouser [son mari] en réduisant son train de vie, et jusqu'à présent elle a accepté ce train de vie réduit et est restée avec lui. Car elle lui dit: Jusqu'à maintenant, alors que tu n'avais pas fait de vœu, j'acceptais de réduire mon train de vie pour rester avec toi; maintenant que tu as fait un vœu, je ne peux plus accepter ce train de vie réduit et rester avec toi.
הָנֵי דְּבָרִים קְטַנִּים, הֵיכִי דָמֵי? אִי דִּרְגִילָה בְּהוּ — הָא רְגִילָה בְּהוּ! וְאִי לָא רְגִילָה בְּהוּ — פַּרְנָס לְמָה לַהּ? לָא צְרִיכָא: דִּרְגִילָה בְּבֵית נָשָׁא, וְקָא מְגַלְגְּלָא בַּהֲדֵיהּ, דְּאָמְרָה לֵיהּ: עַד הָאִידָּנָא דְּלָא אַדַּרְתַּן — גַּלְגֵּילְנָא בַּהֲדָךְ, הַשְׁתָּא דְּאַדַּרְתַּן — לָא מָצֵינָא דֶּאֱיגַלְגֵּל בַּהֲדָךְ.
Et en quoi la période de trente jours est-elle différente? Jusqu'à trente jours, les gens n'en entendent pas parler et la chose ne lui est pas humiliante; au-delà, les gens en entendent parler et la chose lui devient humiliante.
וּמַאי שְׁנָא עַד שְׁלֹשִׁים יוֹם? עַד שְׁלֹשִׁים יוֹם לֹא שָׁמְעִי בַּהּ אִינָשֵׁי וְלָא זִילָא בַּהּ מִילְּתָא, טְפֵי — שָׁמְעִי בַּהּ אִינָשֵׁי וְזִילָא בַּהּ מִילְּתָא.
Si tu veux, dis plutôt qu'il l'a soumise au vœu alors qu'elle était encore fiancée [et non mariée]. [On objecte:] Une femme fiancée a-t-elle droit à une pension alimentaire de la part de son mari? [Réponse:] C'est le cas où le moment fixé [pour le mariage] est arrivé et qu'ils ne se sont pas encore mariés. Comme nous l'avons appris dans une Michna [57a]: Si le moment est arrivé et qu'ils ne se sont pas encore mariés, [les fiancées] mangent de ses biens, et si [leurs fiancés] sont cohanim, elles peuvent consommer de la teroumah.
אִיבָּעֵית אֵימָא שֶׁהִדִּירָהּ כְּשֶׁהִיא אֲרוּסָה, אֲרוּסָה מִי אִית לַהּ מְזוֹנֵי? שֶׁהִגִּיעַ זְמַן וְלֹא נִשְּׂאוּ. דִּתְנַן: הִגִּיעַ זְמַן וְלֹא נִשְּׂאוּ — אוֹכְלוֹת מִשֶּׁלּוֹ וְאוֹכְלוֹת בִּתְרוּמָה.
Et en quoi la période de trente jours est-elle différente? Jusqu'à trente jours, l'agent accomplit sa mission [correctement]; au-delà, l'agent n'accomplit plus sa mission [avec le même soin].
וּמַאי שְׁנָא עַד שְׁלֹשִׁים יוֹם? עַד שְׁלֹשִׁים יוֹם עָבֵיד שָׁלִיחַ שְׁלִיחוּתֵיהּ, טְפֵי — לָא עָבֵיד שָׁלִיחַ שְׁלִיחוּתֵיהּ.
Et si tu veux, dis plutôt qu'il l'a soumise au vœu alors qu'elle était fiancée, et qu'elle s'est ensuite mariée [avec lui, en connaissance de cause]. [On objecte:] Si elle s'est mariée [après le vœu], elle a réfléchi et accepté [la situation]! [Réponse:] C'est un cas où elle dit: Je pensais pouvoir l'accepter, mais maintenant je ne peux plus l'accepter.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא שֶׁהִדִּירָהּ כְּשֶׁהִיא אֲרוּסָה וְנִישֵּׂאת, נִישֵּׂאת — הָא סְבַרָה וְקַבִּילָה! דְּאָמְרָה: כִּסְבוּרָה אֲנִי שֶׁאֲנִי יְכוֹלָה לְקַבֵּל, עַכְשָׁיו אֵין אֲנִי יְכוֹלָה לְקַבֵּל.
[On objecte:] On peut dire cela concernant les défauts physiques [où l'un des époux peut exiger le divorce même après avoir accepté le mariage dans ces conditions]; mais concernant la pension alimentaire, dirait-on la même chose? Force est donc de conclure comme nous l'avons expliqué au départ [c'est-à-dire soit le cas où il lui a dit de se subvenir par ses propres gains en acceptant un train de vie réduit, soit le cas où il a fait le vœu alors qu'elle était fiancée et que le moment du mariage est arrivé sans qu'ils se soient encore mariés].
אֵימַר דְּאָמְרִינַן הָכִי גַּבֵּי מוּמִין, לְעִנְיַן מְזוֹנֵי מִי אָמְרִינַן הָכִי? אֶלָּא מְחַוַּורְתָּא כִּדְשַׁנִּינַן מֵעִיקָּרָא.
[La Michna dit:] Jusqu'à trente jours, il doit établir un intendant. [La Guemara demande:] Mais l'intendant n'accomplit-il pas sa mission [en tant qu'agent du mari]? [Si le mari lui a par son vœu interdit à sa femme de bénéficier de lui, comment peut-il subvenir à ses besoins par l'intermédiaire de cet agent, puisqu'un acte accompli par un agent est considéré comme accompli par le mandant?] Rav Houna dit: [Il s'agit d'un cas où] l'intendant mentionné dans la Michna n'a pas été réellement nommé comme agent. La Michna traite plutôt de celui qui dit en termes généraux: Quiconque entretient ma femme n'y perdra rien. Ainsi, quiconque s'y conforme le fait de son propre chef, même si le mari le dédommagera plus tard; la femme ne bénéficie donc pas directement du mari.
עַד שְׁלֹשִׁים יוֹם יַעֲמִיד פַּרְנָס. וּפַרְנָס לָאו שְׁלִיחוּתֵיהּ קָא עָבֵיד? אָמַר רַב הוּנָא, בְּאוֹמֵר: ״כׇּל הַזָּן אֵינוֹ מַפְסִיד״.
Et quand il dit cela, celui [qui répond] n'accomplit-il pas sa mission [en tant qu'agent]? Mais n'avons-nous pas appris dans une Michna [Guittin 66a]: Celui qui a été jeté dans une fosse et qui a dit que quiconque entend sa voix devrait écrire un acte de divorce pour sa femme — ceux-là doivent l'écrire et le donner! [Ce qui indique qu'ils sont considérés comme ses agents sur la base de ses instructions, sinon ils ne pourraient pas écrire l'acte de divorce en son nom. La formulation similaire ici devrait donc aussi conférer à l'intendant le statut d'agent.]
וְכִי אָמַר הָכִי לָאו שְׁלִיחוּתֵיהּ קָעָבֵיד? וְהָתְנַן: מִי שֶׁהָיָה מוּשְׁלָךְ בְּבוֹר, וְאָמַר: ״כׇּל הַשּׁוֹמֵעַ קוֹלוֹ יִכְתּוֹב גֵּט לְאִשְׁתּוֹ״ — הֲרֵי אֵלּוּ יִכְתְּבוּ וְיִתְּנוּ!
Comment peut-on comparer les deux cas? Là-bas, il dit « qu'il écrive », ce qui est un ordre. Ici, dit-il « qu'il l'entretienne »? Il dit « quiconque l'entretient », ce qui est une déclaration générale.
הָכִי הַשְׁתָּא?! הָתָם קָאָמַר ״יִכְתּוֹב״, הָכָא מִי קָאָמַר ״יָזוּן״? ״כׇּל הַזָּן״ קָאָמַר!
Ketubot 70b
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