AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Ketubot

69b

Étude de Ketubot 69b

Étude de la Mishna & Guémara 69b

L'incident lui-même, comment s'est-il passé? Il lui dit: Voici quels furent les faits — et Rav Anan rapporta les détails à Mar Oukva. Celui-ci lui dit: Un homme qui ne sait même pas ce qu'est un « marzeiha » envoie une lettre à Rav Houna en l'appelant « Houna, notre ami »?! [Ce n'était pas ta place de prendre de telles libertés dans ta correspondance avec lui, et Rav Houna fut à juste titre offensé.] Qu'est-ce qu'un « marzeiha »? Un endeuillé, comme il est écrit: « Ainsi dit l'Éternel: N'entre pas dans la maison de deuil [marzeah], et ne va pas te lamenter, et ne les plains pas » (Yirmiyahou 16, 5).
גּוּפָא דְעוֹבָדָא הֵיכִי הֲוָה? אֲמַר לֵיהּ: הָכִי וְהָכִי הֲוָה מַעֲשֶׂה. אֲמַר לֵיהּ: גַּבְרָא דְּלָא יָדַע מַאי נִיהוּ ״מַרְזֵיחָא״, שָׁלַח לֵיהּ לְרַב הוּנָא ״הוּנָא חַבְרִין״?! מַאי ״מַרְזֵיחָא״ — אֵבֶל, דִּכְתִיב: ״כֹּה אָמַר ה׳ אַל תָּבֹא בֵּית מַרְזֵחַ וְגוֹ׳״.
Rabbi Abahou dit à ce sujet: D'où déduit-on que l'endeuillé s'assoit à la place d'honneur? Comme il est dit: « J'ai choisi leur voie et me suis assis en chef, et j'ai demeuré comme un roi parmi la troupe, comme quelqu'un qui console [yenahem] les endeuillés » (Iyov 29, 25). Mais « yenahem » signifie qu'il console les autres [et non qu'on le console lui]! Rav Nahman bar Yits'hak dit: Il est écrit [sans voyelles, de sorte qu'on peut lire] « yinnahem » [c'est-à-dire] « il sera consolé », ce qui décrit l'endeuillé qui est consolé.
אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: מִנַּיִן לָאָבֵל שֶׁמֵּיסֵב בָּרֹאשׁ — שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֶבְחַר דַּרְכָּם וְאֵשֵׁב רֹאשׁ וְאֶשְׁכּוֹן כְּמֶלֶךְ בַּגְּדוּד כַּאֲשֶׁר אֲבֵלִים יְנַחֵם״. יְנַחֵם אֲחֵרִים מַשְׁמַע! אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: ״יִנָּחֵם״ כְּתִיב.
Mar Zoutra dit: Que l'endeuillé s'assoit à la place d'honneur, on peut le déduire d'ici: « Et la réjouissance [mirzah] de ceux qui s'étendaient [avec excès] passera [sar] » (Amos 6, 7). Le mot « mirzah » peut se lire comme deux mots distincts: « mar » [amer] et « zah » [troublé], et « sar » a un homonyme signifiant « chef ». Lu ainsi, le verset indique: celui qui est amer et troublé, c'est-à-dire l'endeuillé, est fait chef de ceux qui sont assis, c'est-à-dire les visiteurs venus le consoler et s'asseoir avec lui. C'est pourquoi il s'assoit à la place d'honneur.
מָר זוּטְרָא אָמַר, מֵהָכָא: ״וְסָר מִרְזַח סְרוּחִים״. מַר וָזַח — נַעֲשֶׂה שַׂר לִסְרוּחִים.
Rava dit: La halakha est que l'on recouvre auprès des héritiers à partir de biens immeubles et non de biens meubles, que ce soit pour la subsistance, pour la ketouba, ou pour l'entretien [se référant à la dot].
אָמַר רָבָא, הִלְכְתָא: מִמְּקַרְקְעֵי וְלָא מִמִּטַּלְטְלִי, בֵּין לִמְזוֹנֵי, בֵּין לִכְתוּבָּה, בֵּין לְפַרְנָסָה.
Mishna 1
MICHNA: Concernant celui qui confie de l'argent par l'intermédiaire d'un tiers pour sa fille [afin d'acheter un champ après son mariage] — et elle dit: Mon mari est digne de confiance pour moi [donnez-le-lui] — le tiers doit exécuter ce qui lui a été confié [et non remettre l'argent au mari]; ce sont les paroles de Rabbi Meïr. Rabbi Yossei dit: Or, si ce n'était qu'un champ et qu'elle voulait le vendre, il serait vendu dès maintenant [donc elle a autorité sur l'argent aussi]. Dans quel cas ces paroles s'appliquent-elles? Pour une femme majeure. Mais pour une mineure, l'acte d'une mineure n'a aucune valeur légale.
מַתְנִי׳ הַמַּשְׁלִישׁ מָעוֹת לְבִתּוֹ, וְהִיא אוֹמֶרֶת: נֶאֱמָן בַּעְלִי עָלַי — יַעֲשֶׂה הַשָּׁלִישׁ מַה שֶּׁהוּשְׁלַשׁ בְּיָדוֹ, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: וְכִי אֵינָהּ אֶלָּא שָׂדֶה, וְהִיא רוֹצָה לְמוֹכְרָהּ, הֲרֵי הִיא מְכוּרָה מֵעַכְשָׁיו. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים: בִּגְדוֹלָה. אֲבָל בִּקְטַנָּה — אֵין מַעֲשֵׂה קְטַנָּה כְּלוּם.(משנה)
Guémara
GUEMARA: Les Sages enseignèrent [dans la Tossefta]: Concernant celui qui confie de l'argent par l'intermédiaire d'un tiers à son gendre, pour acheter avec cet argent un champ pour sa fille, et qu'elle dit: Que l'argent soit donné à mon mari [pour qu'il l'investisse comme il l'entend] — si [elle fait cette demande] depuis le mariage, l'autorité est entre ses mains; si c'est depuis les fiançailles [jusqu'au mariage], le tiers doit exécuter ce qui lui a été confié; ce sont les paroles de Rabbi Meïr. Rabbi Yossei dit: Pour la femme majeure, que ce soit depuis le mariage ou depuis les fiançailles, l'autorité est entre ses mains. Pour la mineure, que ce soit depuis le mariage ou depuis les fiançailles, le tiers doit exécuter ce qui lui a été confié.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: הַמַּשְׁלִישׁ מָעוֹת לַחֲתָנוֹ לִיקַּח מֵהֶן שָׂדֶה לְבִתּוֹ, וְהִיא אוֹמֶרֶת: יִנָּתְנוּ לְבַעְלִי, מִן הַנִּשּׂוּאִין — הָרְשׁוּת בְּיָדָהּ, מִן הָאֵירוּסִין — יַעֲשֶׂה הַשָּׁלִישׁ מַה שֶּׁהוּשְׁלַשׁ בְּיָדוֹ, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: הַגְּדוֹלָה, בֵּין מִן הַנִּשּׂוּאִין וּבֵין מִן הָאֵירוּסִין — הָרְשׁוּת בְּיָדָהּ. קְטַנָּה, בֵּין מִן הַנִּשּׂוּאִין בֵּין מִן הָאֵירוּסִין — יַעֲשֶׂה הַשָּׁלִישׁ מַה שֶּׁהוּשְׁלַשׁ בְּיָדוֹ.
Quelle est la différence pratique entre eux? Si l'on dit qu'elle porte sur le cas d'une mineure depuis le mariage — Rabbi Meïr estimant qu'elle a l'autorité, et Rabbi Yossei venant dire que même depuis le mariage, une majeure oui, mais une mineure non — cela ne tient pas.
מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִילֵימָא קְטַנָּה מִן הַנִּשּׂוּאִין אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ, דְּרַבִּי מֵאִיר סָבַר הָרְשׁוּת בְּיָדָהּ, וַאֲתָא רַבִּי יוֹסֵי לְמֵימַר אֲפִילּוּ מִן הַנִּשּׂוּאִין נָמֵי: גְּדוֹלָה אִין, קְטַנָּה לָא.
Dis la fin [de la Michna]: Mais pour une mineure, l'acte d'une mineure n'a aucune valeur. Mais qui enseigne cela? Si l'on dit que c'est Rabbi Yossei — mais tu l'as déjà appris de la première partie, où Rabbi Yossei dit: Or, si ce n'était qu'un champ et qu'elle voulait le vendre, il serait vendu dès maintenant. Une majeure, capable de vendre — oui [sa vente est valable]; une mineure, qui n'est pas capable de vendre — non [sa vente n'est pas valable]!
אֵימָא סֵיפָא: אֲבָל בִּקְטַנָּה — אֵין מַעֲשֵׂה קְטַנָּה כְּלוּם. הָא מַאן קָתָנֵי לַהּ? אִילֵּימָא רַבִּי יוֹסֵי, הָא מֵרֵישָׁא שָׁמְעַתְּ מִינַּהּ, דְּאָמַר רַבִּי יוֹסֵי: וְכִי אֵינָהּ אֶלָּא שָׂדֶה וְהִיא רוֹצָה לְמוֹכְרָהּ, הֲרֵי הִיא מְכוּרָה מֵעַכְשָׁיו. גְּדוֹלָה דְּבַת זְבִינֵי — אִין, קְטַנָּה דְּלָאו בַּת זְבִינֵי הִיא — לָא!
C'est donc l'opinion de Rabbi Meïr [dans la fin de la Michna], et le texte est incomplet; voici ce qu'il faut enseigner: Le tiers doit exécuter ce qui lui a été confié. Dans quel cas ces paroles s'appliquent-elles? Depuis les fiançailles; mais depuis le mariage, l'autorité est entre ses mains. Dans quel cas ces paroles s'appliquent-elles? Pour une majeure; mais pour une mineure, l'acte d'une mineure n'a aucune valeur. Alors, quelle est la différence pratique entre eux? C'est en réalité le cas d'une majeure depuis les fiançailles [jusqu'au mariage] qui les divise.
אֶלָּא רַבִּי מֵאִיר הִיא, וְחַסּוֹרֵי מִיחַסְּרָא וְהָכִי קָתָנֵי: יַעֲשֶׂה הַשָּׁלִישׁ מַה שֶּׁהוּשְׁלַשׁ בְּיָדוֹ. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — מִן הָאֵירוּסִין, אֲבָל מִן הַנִּשּׂוּאִין — הָרְשׁוּת בְּיָדָהּ. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בִּגְדוֹלָה, אֲבָל בִּקְטַנָּה — אֵין מַעֲשֵׂה קְטַנָּה כְּלוּם. אֶלָּא גְּדוֹלָה מִן הָאֵירוּסִין אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ.
Il fut dit: Rav Yehouda dit au nom de Chmouel: La halakha est conforme à l'opinion de Rabbi Yossei. Rava dit au nom de Rav Nahman: La halakha est conforme à l'opinion de Rabbi Meïr.
אִיתְּמַר, רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי, רָבָא אָמַר רַב נַחְמָן: הֲלָכָה כְּרַבִּי מֵאִיר.
§ Ilfa se suspendit au mât d'un navire, et dit: Si quelqu'un vient et me rapporte un enseignement de l'école de Rabbi 'Hiya et Rabbi Oché'a, et que je ne parviens pas à le résoudre [en montrant qu'on peut le déduire] d'une Michna, je tomberai du mât et je me noierai.
אִילְפָא תְּלָא נַפְשֵׁיהּ בְּאִיסְקַרְיָא דְּמָכוּתָא, אֲמַר: אִיכָּא דְּאָתֵי דְּאָמַר לִי מִילְּתָא דְּבֵי רַבִּי חִיָּיא וְרַבִּי אוֹשַׁעְיָא וְלָא פָּשֵׁיטְנָא לֵיהּ מִמַּתְנִיתִין, נָפֵילְנָא מֵאִסְקַרְיָא וְטָבַעְנָא.
Un certain vieillard vint et lui enseigna [la Tossefta]: Celui qui dit sur son lit de mort: Donnez un shekel par [semaine] à mes fils — et s'il convient de leur donner une sela [qui vaut deux shekels], on leur donne une sela. Mais s'il a dit: Ne leur donnez qu'un shekel, on ne leur donne qu'un shekel [car il a parlé explicitement, il n'y a pas lieu de remettre en question ses intentions]. Et s'il a dit: S'ils meurent, que d'autres héritent à leur place, alors, qu'il ait dit « donnez » ou qu'il ait dit « ne donnez pas plus », on ne leur donne qu'un shekel [car il est clair qu'il veut que l'héritage soit distribué de manière à rester intact pour qui le recevra ensuite].
אֲתָא הָהוּא סָבָא תְּנָא לֵיהּ: הָאוֹמֵר ״תְּנוּ שֶׁקֶל לְבָנַי בְּשַׁבָּת״, וּרְאוּיִן לִיתֵּן לָהֶם סֶלַע — נוֹתְנִין לָהֶם סֶלַע. וְאִם אָמַר ״אַל תִּתְּנוּ לָהֶם אֶלָּא שֶׁקֶל״ — אֵין נוֹתְנִין לָהֶם אֶלָּא שֶׁקֶל. וְאִם אָמַר ״אִם מֵתוּ יִירְשׁוּ אֲחֵרִים תַּחְתֵּיהֶם״, בֵּין שֶׁאָמַר ״תְּנוּ״, בֵּין שֶׁאָמַר ״אַל תִּתְּנוּ״ — אֵין נוֹתְנִים לָהֶם אֶלָּא שֶׁקֶל.
Ketubot 69b
100%
כתובות ס״ט במַסֶּכֶת כְּתוּבּוֹת