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Traité Ketubot

68a

Étude de Ketubot 68a

Étude de la Mishna & Guémara 68a

Des nappes d'argent [c'est-à-dire blanches] ou des nappes d'or [c'est-à-dire colorées]? [Il est donc clair qu'ils n'ont pas droit à la tsedaka.] Rabbi 'Hanina dit: c'est ce qu'a dit Rabbi Elazar: venez, montrons de la reconnaissance envers les fraudeurs, car sans eux nous pécherions chaque jour, comme il est dit: « Et il crierait contre toi vers D.ieu, et ce serait un péché en toi » (Devarim 15, 9).
בִּטְלֵי כֶסֶף אוֹ בִּטְלֵי זָהָב? אָמַר: הַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: בּוֹאוּ וְנַחֲזִיק טוֹבָה לָרַמָּאִין, שֶׁאִלְמָלֵא הֵן, הָיִינוּ חוֹטְאִין בְּכׇל יוֹם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְקָרָא עָלֶיךָ אֶל ה׳ וְהָיָה בְךָ חֵטְא״.
Et Rabbi 'Hiya bar Rav de Difti a enseigné: Rabbi Yehochoua ben Kor'ha dit: quiconque détourne les yeux de l'obligation de donner la tsedaka, c'est comme s'il pratiquait l'idolâtrie. Il est écrit ici: « Garde-toi qu'il n'y ait dans ton cœur une pensée perverse [belya'al]... et que tu ne lui donnes pas » (Devarim 15, 9), et il est écrit là-bas, à propos de l'idolâtrie: « Des hommes pervers [belya'al] sont sortis » (Devarim 13, 14). Tout comme là-bas il s'agit d'idolâtrie, ici aussi il s'agit d'idolâtrie.
וְתָנֵי רַבִּי חִיָּיא בַּר רַב מִדִּיפְתִּי, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה אוֹמֵר: כׇּל הַמַּעֲלִים עֵינָיו מִן הַצְּדָקָה — כְּאִילּוּ עוֹבֵד עֲבוֹדָה זָרָה. כְּתִיב הָכָא: ״הִשָּׁמֶר לְךָ פֶּן יִהְיֶה דָבָר עִם לְבָבְךָ בְלִיַּעַל וְגוֹ׳״, וּכְתִיב הָתָם: ״יָצְאוּ אֲנָשִׁים בְּנֵי בְלִיַּעַל״. מָה לְהַלָּן עֲבוֹדָה זָרָה, אַף כָּאן עֲבוֹדָה זָרָה.
Les Sages ont enseigné: celui qui aveugle faussement son œil, celui qui gonfle son ventre [pour paraître malade], et celui qui estropie faussement sa jambe [afin de bénéficier malhonnêtement de la tsedaka] ne quittera pas ce monde avant d'en arriver véritablement à cet état. [Plus généralement], celui qui reçoit la tsedaka sans en avoir besoin, sa fin sera qu'il ne quittera pas ce monde avant d'en arriver réellement à ce besoin.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַמְסַמֵּא אֶת עֵינוֹ וְהַמַּצְבֶּה אֶת בִּטְנוֹ, וְהַמְקַפֵּחַ אֶת שׁוֹקוֹ — אֵינוֹ נִפְטָר מִן הָעוֹלָם עַד שֶׁיָּבֹא לִידֵי כָךְ. הַמְקַבֵּל צְדָקָה וְאֵין צָרִיךְ לְכָךְ — סוֹפוֹ אֵינוֹ נִפְטָר מִן הָעוֹלָם עַד שֶׁיָּבֹא לִידֵי כָךְ.
Nous avons appris là-bas [dans une michna]: on ne l'oblige pas à vendre sa maison ni ses ustensiles d'usage [pour atteindre le seuil de deux cents dinars]. Mais n'est-il pas enseigné dans une baraïta: s'il avait l'habitude d'utiliser des ustensiles d'or, qu'il utilise désormais des ustensiles d'argent; s'il avait l'habitude d'utiliser des ustensiles d'argent, qu'il utilise désormais des ustensiles de cuivre! [Cela indique qu'il doit vendre au moins une partie de ses biens.]
תְּנַן הָתָם: אֵין מְחַיְּיבִין אוֹתוֹ לִמְכּוֹר אֶת בֵּיתוֹ וְאֶת כְּלֵי תַשְׁמִישׁוֹ. וְלָא? וְהָתַנְיָא: הָיָה מִשְׁתַּמֵּשׁ בִּכְלֵי זָהָב — יִשְׁתַּמֵּשׁ בִּכְלֵי כֶסֶף, בִּכְלֵי כֶסֶף — יִשְׁתַּמֵּשׁ בִּכְלֵי נְחוֹשֶׁת!
Rav Zevid dit: ce n'est pas difficile. Cette source [qui exige la vente] concerne le lit et la table, et cette autre [qui n'exige pas la vente] concerne les coupes et les assiettes. La Guemara demande: en quoi les coupes et les assiettes sont-elles différentes, qu'on ne l'oblige pas à les vendre? C'est parce qu'il dit: les moins chères me dégoûtent. Mais pour le lit et la table aussi, il pourrait dire: je n'accepte pas cela sur moi, car c'est inconfortable! Rava, fils de Rabba, dit: il s'agit en fait d'un peigne d'argent [ou d'un objet décoratif comparable]; de tels articles doivent être vendus, mais les objets nécessaires, même de qualité ou de luxe, n'ont pas à être vendus.
אָמַר רַב זְבִיד לָא קַשְׁיָא: הָא — בְּמִטָּה וְשׁוּלְחָן, הָא — בְּכוֹסוֹת וּקְעָרוֹת. מַאי שְׁנָא כּוֹסוֹת וּקְעָרוֹת דְּלָא — דְּאָמַר: מְאִיסִי לִי. מִטָּה וְשׁוּלְחָן נָמֵי, אָמַר: לָא מְקַבַּל עִילָּוַאי. אָמַר רָבָא בְּרֵיהּ דְּרַבָּה: בְּמַחֲרֵישָׁה דְכַסְפָּא.
Rav Pappa dit: ce n'est pas difficile. Ici [la source qui n'exige pas la vente] décrit la situation avant qu'il n'en arrive à recevoir la collecte de tsedaka. Là [la source qui exige la vente], il s'agit du cas où il en est déjà arrivé à recevoir la collecte [et où l'on découvre qu'il possédait plus de deux cents dinars; le tribunal récupère alors la tsedaka perçue, et s'il n'a pas assez de liquide, il doit vendre ses biens, de quelque nature qu'ils soient, et se contenter d'objets de moindre qualité].
רַב פָּפָּא אָמַר, לָא קַשְׁיָא: כָּאן — קוֹדֶם שֶׁיָּבֹא לִידֵי גִיבּוּי. כָּאן — לְאַחַר שֶׁיָּבֹא לִידֵי גִיבּוּי.
Mishna 1
MICHNA: Une orpheline mineure que sa mère ou ses frères ont mariée avec son consentement, et à qui ils ont inscrit une dot de cent ou de cinquante zouz, peut, une fois majeure, exiger d'eux [ou de leur succession] la somme qui convient de lui être donnée [c'est-à-dire un dixième du patrimoine familial], même si elle avait accepté d'y renoncer en partie étant mineure.
מַתְנִי׳ יְתוֹמָה שֶׁהִשִּׂיאַתָּה אִמָּהּ אוֹ אַחֶיהָ מִדַּעְתָּהּ, וְכָתְבוּ לָהּ בְּמֵאָה אוֹ בַּחֲמִשִּׁים זוּז — יְכוֹלָה הִיא מִשֶּׁתַּגְדִּיל לְהוֹצִיא מִיָּדָן מַה שֶּׁרָאוּי לְהִנָּתֵן לָהּ.(משנה)
Rabbi Yehouda dit: s'il a marié la première fille, on donnera à la seconde de la même manière qu'il a donné à la première. Et les Sages disent: il arrive qu'un homme soit pauvre puis s'enrichisse, ou riche puis s'appauvrisse [de sorte que l'usage familial pour les dots peut changer]. Mais plutôt, on évalue les biens et on lui donne [la somme appropriée].
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם הִשִּׂיא אֶת הַבַּת הָרִאשׁוֹנָה — יִנָּתֵן לַשְּׁנִיָּה כְּדֶרֶךְ שֶׁנָּתַן לָרִאשׁוֹנָה. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: פְּעָמִים שֶׁאָדָם עָנִי וְהֶעֱשִׁיר, אוֹ עָשִׁיר וְהֶעֱנִי. אֶלָּא שָׁמִין אֶת הַנְּכָסִים וְנוֹתְנִין לָהּ.
Guémara
GUEMARA: Chmouel dit: pour la dot, on évalue selon [la situation] du père. La Guemara soulève une objection: nous avons appris: les filles sont nourries et entretenues sur les biens de leur père. Comment cela? On ne dit pas: si leur père était encore vivant, il lui aurait donné tant. Mais plutôt, on évalue les biens et on lui donne [sa part]. N'est-ce pas là l'entretien par le mari [c'est-à-dire la dot]? Rav Na'hman bar Yits'hak dit: non, il s'agit de son entretien personnel [nourriture, etc.], et la question de la dot reste entière.
גְּמָ׳ אָמַר שְׁמוּאֵל: לְפַרְנָסָה — שָׁמִין בָּאָב. מֵתִיבִי: הַבָּנוֹת נִיזּוֹנוֹת וּמִתְפַּרְנְסוֹת מִנִּכְסֵי אֲבִיהֶן. כֵּיצַד? אֵין אוֹמְרִים אִילּוּ אָבִיהָ קַיָּים, כָּךְ וְכָךְ הָיָה נוֹתֵן לָהּ. אֶלָּא שָׁמִין אֶת הַנְּכָסִים וְנוֹתְנִין לַהּ. מַאי לָאו: פַּרְנָסַת הַבַּעַל? אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: לֹא, בְּפַרְנָסַת עַצְמָהּ.
Mais la source enseigne: elles sont nourries et entretenues — n'est-ce pas que l'un des termes désigne l'entretien du mari [la dot] et l'autre son entretien personnel? Non, l'un et l'autre concernent son entretien personnel, et ce n'est pas difficile: ceci [nourries] concerne le manger et le boire, et cela [entretenues] concerne le vêtement et les couvertures.
הָא נִיזּוֹנוֹת וּמִתְפַּרְנְסוֹת קָתָנֵי, מַאי לָאו: אַחַת — פַּרְנָסַת הַבַּעַל, וְאַחַת — פַּרְנָסַת עַצְמָהּ?! לָא, אִידִי וְאִידִי בְּפַרְנָסַת עַצְמָהּ, וְלָא קַשְׁיָא: הָא — בַּאֲכִילָה וּבִשְׁתִיָּה, וְהָא — בִּלְבוּשָׁא וְכִיסּוּיָא.
Nous avons appris: et les Sages disent: il arrive qu'un homme soit pauvre puis s'enrichisse, ou riche puis s'appauvrisse; mais plutôt on évalue les biens et on lui donne [la somme appropriée]. Que signifie « pauvre » et que signifie « riche »? Si l'on dit que « pauvre » signifie pauvre en biens et « riche » signifie riche en biens, il s'ensuit par déduction que le premier tanna considère que même si le père était riche puis s'est appauvri, on lui donne comme au début — mais comment, s'il n'a pas les moyens dans la succession?
תְּנַן, וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: פְּעָמִים שֶׁאָדָם עָנִי וְהֶעֱשִׁיר אוֹ עָשִׁיר וְהֶעֱנִי, אֶלָּא שָׁמִין הַנְּכָסִים וְנוֹתְנִין לָהּ. מַאי ״עָנִי״, וּמַאי ״עָשִׁיר״? אִי נֵימָא ״עָנִי״ — עָנִי בִּנְכָסִים, ״עָשִׁיר״ — עָשִׁיר בִּנְכָסִים, מִכְּלָל דְּתַנָּא קַמָּא סָבַר אֲפִילּוּ עָשִׁיר וְהֶעֱנִי כִּדְמֵעִיקָּרָא יָהֲבִינַן לַהּ — הָא לֵית לֵיהּ?
Mais n'est-ce pas plutôt que « pauvre » signifie pauvre d'esprit [dépensant peu, comme un pauvre] et « riche » signifie riche d'esprit [dépensant largement], et pourtant on enseigne: on évalue les biens et on lui donne [une somme fixe]? Il apparaît donc qu'on ne suit pas l'estimation des intentions [du père], ce qui réfute Chmouel! [La Guemara répond:] Chmouel a dit son avis conformément à l'opinion de Rabbi Yehouda, comme nous l'avons appris: Rabbi Yehouda dit: s'il a marié la première fille, on donnera à la seconde de la même manière qu'il a donné à la première.
אֶלָּא לָאו ״עָנִי״ — עָנִי בְּדַעַת, ״עָשִׁיר״ — עָשִׁיר בְּדַעַת, וְקָתָנֵי: שָׁמִין אֶת הַנְּכָסִים וְנוֹתְנִין לָהּ, אַלְמָא לָא אָזְלִינַן בָּתַר אוּמְדָּנָא, וּתְיוּבְתָּא דִּשְׁמוּאֵל! הוּא דְּאָמַר כְּרַבִּי יְהוּדָה. דִּתְנַן, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם הִשִּׂיא בַּת הָרִאשׁוֹנָה — יִנָּתֵן לַשְּׁנִיָּה כְּדֶרֶךְ שֶׁנָּתַן לָרִאשׁוֹנָה.
Ketubot 68a
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