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Traité Ketubot

67a

Étude de Ketubot 67a

Étude de la Mishna & Guémara 67a

étalés sous ses pieds pour qu'il marche dessus, et les pauvres venaient, avec sa bénédiction, les replier derrière lui pour eux-mêmes? [Il est donc clair qu'il donnait généreusement la tsédaka.] La Guemara propose deux explications possibles: si tu veux, dis qu'il agissait ainsi pour son propre honneur, afin de démontrer qu'il considérait cette dépense exorbitante comme négligeable. Et si tu veux, dis qu'il n'a pas fait ce qu'il aurait dû faire. Comme disent les gens: selon la force du chameau [est fixée] sa charge. [Plus le chameau est robuste, plus lourde doit être la charge qu'il porte.] Même s'il donnait de façon désintéressée, Nakdimon ben Guryon ne donnait pas autant qu'on aurait attendu de lui.
מַצִּיעִין תַּחְתָּיו, וּבָאִין עֲנִיִּים וּמְקַפְּלִין אוֹתָן מֵאַחֲרָיו! אִיבָּעֵית אֵימָא: לִכְבוֹדוֹ הוּא דַּעֲבַד, וְאִיבָּעֵית אֵימָא: כִּדְבָעֵי לֵיהּ לְמִיעְבַּד לָא עֲבַד. כִּדְאָמְרִי אִינָשֵׁי: לְפוּם גַּמְלָא שִׁיחְנָא.
Il est enseigné dans une baraïta au sujet de la fille de Nakdimon ben Guryon: Rabbi Elazar, fils de Rabbi Tsadok, dit sous forme de serment: Que je ne voie pas la consolation du peuple juif si je ne l'ai pas vue ramasser des grains d'orge entre les sabots des chevaux à Akko. J'ai récité à son sujet ce verset: « Si tu ne le sais pas, ô toi la plus belle des femmes, sors sur les traces du troupeau et fais paître tes chevreaux, près des tentes des bergers » (Chir HaChirim 1, 8). Ne lis pas « tes chevreaux [guediyotayikh] », mais lis plutôt « tes corps [gueviyotayikh] ». [Cette femme est contrainte de suivre les moutons dans les pâturages pour nourrir son propre corps des restes de leur nourriture.]
תַּנְיָא: אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי צָדוֹק: אֶרְאֶה בְּנֶחָמָה, אִם לֹא רְאִיתִיהָ שֶׁהָיְתָה מְלַקֶּטֶת שְׂעוֹרִים מִבֵּין טַלְפֵי סוּסִים בְּעַכּוֹ. קָרָאתִי עָלֶיהָ מִקְרָא זֶה: ״אִם לֹא תֵדְעִי לָךְ הַיָּפָה בַּנָּשִׁים צְאִי לָךְ בְּעִקְבֵי הַצֹּאן וּרְעִי אֶת גְּדִיּוֹתַיִךְ״. אַל תִּקְרֵי ״גְּדִיּוֹתַיִךְ״, אֶלָּא ״גְּוִיּוֹתַיִךְ״.
Rav Chemen bar Abba dit au nom de Rabbi Yohanan: Si elle lui apporte de l'or dans sa dot, le tribunal l'évalue, et il est inscrit [dans le contrat de mariage] selon sa valeur [réelle, sans réduction]. On soulève une objection: l'or est comme des ustensiles. N'est-ce pas comme des ustensiles d'argent, qui se déprécient [avec le temps]? Non, comme des ustensiles d'or, qui ne se déprécient pas. Si c'est le cas, elle aurait dû dire « comme ses propres ustensiles »!
אָמַר רַב שֶׁמֶן בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הִכְנִיסָה לוֹ זָהָב — שָׁמִין אוֹתוֹ, וַהֲרֵי הוּא כְּשׇׁוְויוֹ. מֵיתִיבִי: הַזָּהָב הֲרֵי הוּא כְּכֵלִים. מַאי לָאו: כְּכֵלִים שֶׁל כֶּסֶף, דְּפָחֲתִי! לָא, כְּכֵלִים שֶׁל זָהָב, דְּלָא פָּחֲתִי. אִם כֵּן, כְּכֵלָיו מִיבְּעֵי לֵיהּ!
Et de plus, il est enseigné dans une baraïta: l'or est comme des ustensiles. Les dinars d'or sont comme des pièces d'argent. Rabban Chimon ben Gamliel dit: dans un endroit où l'on a l'habitude de ne pas les échanger [contre de la monnaie courante], le tribunal les évalue et ils sont [inscrits] selon leur valeur [réelle]. À quoi se réfère Rabban Chimon ben Gamliel? Si l'on dit qu'il se réfère à la dernière clause, on en déduirait que le premier Tana estime que les dinars d'or ont le statut d'argent liquide même là où l'on a l'habitude de ne pas les échanger. Mais ils ne fonctionnent pas comme monnaie liquide là où on ne les échange pas! [Pourquoi alors le mari devrait-il en augmenter la valeur comme s'ils étaient de l'argent liquide fonctionnel?]
וְעוֹד, תַּנְיָא: זָהָב הֲרֵי הוּא כְּכֵלִים. דִּינְרֵי זָהָב, הֲרֵי הֵן כִּכְסָפִים. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: בִּמְקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁלֹּא לְפוֹרְטָן — שָׁמִין אוֹתָן וַהֲרֵי הֵן בְּשׇׁוְויֵהֶן. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אַהֵיָיא? אִילֵּימָא אַסֵּיפָא, מִכְּלָל דְּתַנָּא קַמָּא סָבַר אֲפִילּוּ בִּמְקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁלֹּא לְפוֹרְטָן? הָא לָא נָפְקִי!
Mais n'est-ce pas plutôt qu'il se réfère à la première clause, et voici ce qu'elle veut dire: l'or est comme des ustensiles. Que signifie ce terme ambigu « ustensiles »? Des ustensiles d'argent. Rabban Chimon ben Gamliel vient qualifier cela et dit: il est comme des dinars d'or, dont la valeur reste constante, là où l'on a l'habitude de ne pas les échanger ni de les utiliser pour le commerce. [En tout cas, l'opinion du premier Tana dans cette baraïta, selon laquelle l'or est traité comme des ustensiles d'argent, contredit l'assertion précédente selon laquelle l'or doit avoir le statut d'ustensiles d'or, et non d'ustensiles d'argent.]
אֶלָּא לָאו אַרֵישָׁא, וְהָכִי קָאָמַר: זָהָב הֲרֵי הוּא כְּכֵלִים, מַאי כֵּלִים — כֵּלִים שֶׁל כֶּסֶף. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: הֲרֵי הוּא כְּדִינָרִין שֶׁל זָהָב, בִּמְקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁלֹּא לְפוֹרְטָן!
Non, en réalité il se réfère bien à la dernière clause, qui traite des dinars d'or, et ceux-ci ne sont pas échangés parce qu'on ne les utilise comme argent liquide qu'en cas de difficulté [nécessité pressante]. Et c'est sur ce point qu'ils sont en désaccord: un Sage [le premier Tana] estime que puisqu'on les utilise en cas de nécessité, on augmente leur valeur pour la femme [dans la dot, et le mari inscrit une somme plus élevée dans la ketouba]. Et un Sage [Rabban Chimon ben Gamliel] estime que puisqu'ils ne sont utilisés pour le commerce qu'avec difficulté, on n'augmente pas leur valeur pour elle. [Selon cette interprétation, la première opinion peut encore souscrire à l'idée que les pièces d'or, comme les ustensiles d'or, sont évaluées à leur valeur réelle.]
לָא, לְעוֹלָם אַסֵּיפָא, וּדְנָפְקִי עַל יְדֵי הַדְּחָק. וּבְהָא קָמִיפַּלְגִי, מָר סָבַר: כֵּיוָן דְּנָפְקִי, מַשְׁבְּחִינַן לַהּ, וּמָר סָבַר: כֵּיוָן דְּלָא נָפְקִי אֶלָּא עַל יְדֵי הַדְּחָק, לָא מַשְׁבְּחִינַן לַהּ.
Si tu veux, dis plutôt que toute la baraïta est conforme à l'opinion de Rabban Chimon ben Gamliel, et que la baraïta est incomplète, et voici ce qu'elle enseigne: l'or est comme des ustensiles, les dinars d'or sont comme de l'argent liquide. Dans quel cas cela s'applique-t-il? Là où les gens avaient l'habitude de les échanger. Mais là où les gens avaient l'habitude de ne pas les échanger, le tribunal évalue leur valeur, et ils sont inscrits selon leur valeur estimée. Ce sont les paroles de Rabban Chimon ben Gamliel, car Rabban Chimon ben Gamliel dit: là où l'on avait l'habitude de ne pas les échanger, le tribunal évalue leur valeur, et ils sont inscrits selon leur valeur estimée.
אִיבָּעֵית אֵימָא: כּוּלַּהּ רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל הִיא, וְחַסּוֹרֵי מִיחַסְּרָא, וְהָכִי קָתָנֵי: זָהָב הֲרֵי הוּא כְּכֵלִים, דִּינְרֵי זָהָב הֲרֵי הֵן כִּכְסָפִים. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בִּמְקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לְפוֹרְטָן. אֲבָל בִּמְקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁלֹּא לְפוֹרְטָן — שָׁמִין אוֹתָם וַהֲרֵי הֵן בְּשׇׁוְויֵהֶן, דִּבְרֵי רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל. שֶׁרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: בִּמְקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁלֹּא לְפוֹרְטָן, שָׁמִין אוֹתָם וַהֲרֵי הֵן בְּשׇׁוְויֵהֶן.
En tout état de cause, elle aurait dû dire « comme ses propres ustensiles »! [C'est en effet] difficile. Si tu veux, dis plutôt ceci: de quoi parlons-nous ici? De fragments d'or brisés. Rav Achi dit: de grains d'or [en poudre]. [Il est certain qu'ils ne sont alors pas traités comme des ustensiles d'or, mais l'élément novateur de la baraïta est qu'ils ont le statut d'ustensiles ordinaires et non de dinars d'or.]
מִכׇּל מָקוֹם, ״כְּכֵלָיו״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! קַשְׁיָא. אִיבָּעֵית אֵימָא: הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — בְּדַהֲבָא פְּרִיכָא. רַב אָשֵׁי אָמַר: בְּמַמְלָא.
Rabbi Yanaï dit: les épices d'Antioche sont comme de l'argent liquide. [Puisqu'à Antioche on faisait le commerce avec des épices, elles doivent être traitées comme de l'argent liquide lorsqu'une femme les apporte dans sa dot.] Rabbi Chmouel bar Nahmani dit au nom de Rabbi Yohanan: concernant les chameaux d'Arabie, une femme peut recouvrer le montant de sa ketouba grâce à eux. [Puisqu'on fait le commerce avec des chameaux en Arabie, ceux-ci reçoivent par conséquent le statut que l'argent a ailleurs.]
אָמַר רַבִּי יַנַּאי: בְּשָׂמִים שֶׁל אַנְטוֹכְיָא — הֲרֵי הֵן כִּכְסָפִים. אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: גְּמַלִּים שֶׁל עַרְבִיָּא — אִשָּׁה גּוֹבָה פֻּרְנָא מֵהֶם.
Rav Pappi dit: ces robes de Bei Mikhsei, une femme peut en recouvrer sa ketouba [car on en fait le commerce là-bas]. Et Rav Pappi dit également: ces sacs de Rodya et ces cordes de Kim'honya, une femme peut en recouvrer sa ketouba. Rava dit: au début, je pensais dire que ces bourses de Mehoza, une femme pourrait en recouvrer sa ketouba. Quelle en est la raison? On s'appuie sur elles [comme garantie]. [Mais] une fois que j'ai vu qu'on les prend et qu'elles circulent, et que lorsqu'on trouve un terrain on l'achète avec elles [sans les conserver], j'ai dit que [les gens] s'appuient en réalité sur la terre [et non sur les bourses elles-mêmes].
אָמַר רַב פַּפִּי: הָנֵי תּוֹתְבֵי דְּבֵי מִכְסֵי, אִשָּׁה גּוֹבָה פֻּרְנָא מֵהֶם. וְאָמַר רַב פַּפִּי: הָנֵי שַׂקֵּי דְרוּדְיָא וְאַשְׁלֵי דְקִמְחוֹנְיָא — אִשָּׁה גּוֹבָה פֻּרְנָא מֵהֶן. אָמַר רָבָא, מֵרֵישׁ הֲוָה אָמֵינָא: הָנֵי אַרְנְקֵי דְמָחוֹזָא — אִשָּׁה גּוֹבָה פֻּרְנָא מֵהֶם. מַאי טַעְמָא? אַסְמַכְתַּיְיהוּ עֲלַיְיהוּ. כֵּיוָן דַּחֲזַאי דְּשָׁקְלִי לְהוּ וְנָפְקִי, וְכִי מַשְׁכְּחִי אַרְעָא זָבְנִי בְּהוּ, אָמֵינָא: אַסְמַכְתַּיְיהוּ אַאַרְעָא הוּא.
Mishna 1
MICHNA: Celui qui marie sa fille sans avoir précisé les conditions de la dot ne doit pas lui donner moins de cinquante zouz. S'il s'est engagé à ce qu'elle entre [dans le mariage] sans rien, le mari ne doit pas dire: « Quand je la ferai entrer dans ma maison, je la vêtirai de mes propres vêtements » [seulement à ce moment-là]; il doit au contraire la vêtir alors qu'elle est encore dans la maison de son père. Et de même, celui qui marie une orpheline ne doit pas lui donner moins de cinquante zouz. S'il y a de quoi dans la caisse [de tsédaka], on subvient à ses besoins selon son honneur.
מַתְנִי׳ הַמַּשִּׂיא אֶת בִּתּוֹ סְתָם — לֹא יִפְחוֹת לָהּ מֵחֲמִשִּׁים זוּז. פָּסַק לְהַכְנִיסָהּ עֲרוּמָּה — לֹא יֹאמַר הַבַּעַל ״כְּשֶׁאַכְנִיסֶנָּה לְבֵיתִי אֲכַסֶּנָּה בִּכְסוּתִי״, אֶלָּא מְכַסָּהּ וְעוֹדָהּ בְּבֵית אָבִיהָ. וְכֵן הַמַּשִּׂיא אֶת הַיְּתוֹמָה — לֹא יִפְחוֹת לָהּ מֵחֲמִשִּׁים זוּז. אִם יֵשׁ בַּכִּיס — מְפַרְנְסִין אוֹתָהּ לְפִי כְּבוֹדָהּ.(משנה)
Guémara
GUEMARA: Abaye dit: il s'agit de cinquante zouz provinciaux [valant chacun un huitième d'un zouz standard]. D'où le sait-on? Du fait que la clause suivante enseigne: s'il y a de quoi dans la caisse, on subvient à ses besoins selon son honneur, et nous disons: qu'est-ce que cette « caisse »? Rahava dit: la caisse de tsédaka. Et s'il te venait à l'esprit qu'il s'agit de cinquante zouz réels, c'est-à-dire standards, s'il y a de quoi dans la caisse, combien lui donne-t-on? [Cinquante zouz standards seraient déjà une somme considérable à distribuer comme tsédaka.] Conclus-en plutôt qu'il s'agit de cinquante zouz provinciaux.
גְּמָ׳ אָמַר אַבָּיֵי: חֲמִשִּׁים זוּזֵי פְּשִׁיטֵי. מִמַּאי — מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא: אִם יֵשׁ בַּכִּיס — מְפַרְנְסִין אוֹתָהּ לְפִי כְּבוֹדָהּ, וְאָמְרִינַן מַאי כִּיס? אָמַר רַחֲבָה: אַרְנְקִי שֶׁל צְדָקָה. וְאִי סָלְקָא דַּעְתִּין חֲמִשִּׁים זוּזֵי מַמָּשׁ, אִם יֵשׁ בַּכִּיס כַּמָּה יָהֲבִינַן לַהּ? אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ חֲמִשִּׁים זוּזֵי פְּשִׁיטֵי.
Ketubot 67a
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