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Traité Ketubot

65a

Étude de Ketubot 65a

Étude de la Guémara 65a

Guémara
On n'octroie pas de ration de vin à une épouse. Et si tu objectes à partir du verset: « J'irai après mes amants qui donnent mon pain et mon eau, ma laine et mon lin, mon huile et mon breuvage [chikouyaï] » (Hochéa 2, 7), [que ce mot désignerait le vin, ce qui indiquerait qu'il est habituel de donner du vin à une femme, cela est invalide], car en réalité « chikouyaï » ne désigne pas le vin mais des objets que la femme désire [michtokeket]. Et quels sont-ils? Des bijoux [ou autres parures], et non du vin.
אֵין פּוֹסְקִין יֵינוֹת לָאִשָּׁה, וְאִם תֹּאמַר: ״אֵלְכָה אַחֲרֵי מְאַהֲבַי נוֹתְנֵי לַחְמִי וּמֵימַי צַמְרִי וּפִשְׁתִּי שַׁמְנִי וְשִׁקּוּיָי״ — דְּבָרִים שֶׁהָאִשָּׁה מִשְׁתּוֹקֶקֶת עֲלֵיהֶן, וּמַאי נִינְהוּ — תַּכְשִׁיטִין.
Rabbi Yehouda, homme du village de Neviraya — et certains disent du village de Nefor Hayil — a enseigné: D'où sait-on qu'on n'octroie pas de ration de vin à une épouse? Comme il est dit: « Hanna se leva après avoir mangé à Chilo et après qu'il eut bu » (I Chmouel 1, 9). Il est dit « il eut bu » et non « elle eut bu ». Ceci enseigne que bien qu'elle ait mangé, elle n'a pas bu de vin.
דָּרֵשׁ רַבִּי יְהוּדָה אִישׁ כְּפַר נְבִירְיָא, וְאָמְרִי לַהּ אִישׁ כְּפַר נְפוֹר חַיִל: מִנַּיִן שֶׁאֵין פּוֹסְקִין יֵינוֹת לָאִשָּׁה — שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַתָּקׇם חַנָּה אַחֲרֵי אׇכְלָה בְשִׁילֹה וְאַחֲרֵי שָׁתֹה״. ״שָׁתָה״, וְלֹא ״שָׁתָת״.
Mais alors, dira-t-on, [le verset dit] « elle mangea » et non « il mangea » — faudrait-il en conclure de même [qu'elle seule mangea]?! [Non], car nous fondons notre interprétation sur le fait que le verset a changé de formulation dans son discours. Puisque le verset était déjà occupé à parler d'elle, quelle raison avait-il de changer de terminologie [pour le verbe boire]? On en déduit qu'« il eut bu » signifie que lui but, mais pas elle.
אֶלָּא מֵעַתָּה ״אָכְלָה״ וְלֹא ״אׇכְלוֹ״, הָכִי נָמֵי?! אֲנַן מִדְּשַׁנִּי קְרָא בְּדִבּוּרֵיהּ קָאָמְרִינַן. מִכְּדֵי בְּגַוַּהּ קָא עָסֵיק וְאָתֵי, מַאי טַעְמָא שַׁנִּי? שְׁמַע מִינַּהּ ״שָׁתָה״ וְלֹא ״שָׁתָת״.
On objecte: Si elle a l'habitude [du vin], on lui en donne! [Le cas d'une femme] habituée est différent, car Rav 'Hinana bar Kahana a dit au nom de Chmouel: Si une femme a l'habitude de boire du vin, on lui donne une coupe; si elle n'en a pas l'habitude, on lui donne deux coupes.
מֵיתִיבִי: רְגִילָה — נוֹתְנִין לָהּ! רְגִילָה שָׁאנֵי, דְּאָמַר רַב חִינָּנָא בַּר כָּהֲנָא אָמַר שְׁמוּאֵל: רְגִילָה — נוֹתְנִין לָהּ כּוֹס אֶחָד. שֶׁאֵינָהּ רְגִילָה — נוֹתְנִין לָהּ שְׁנֵי כּוֹסוֹת.
Que veut-il dire? Cela semble contraire à la logique! Abaye dit: Voici ce qu'il veut dire: Si elle est habituée [au vin], en présence de son mari on lui donne deux coupes, en l'absence de son mari on ne lui donne qu'une coupe. Si elle n'est pas habituée, en présence de son mari on ne lui donne qu'une coupe, et en l'absence de son mari on ne lui donne pas de vin du tout.
מַאי קָאָמַר?! אָמַר אַבָּיֵי, הָכִי קָאָמַר: רְגִילָה, בִּפְנֵי בַּעְלָהּ — שְׁנֵי כּוֹסוֹת, שֶׁלֹּא בִּפְנֵי בַעְלָהּ — נוֹתְנִין לָהּ כּוֹס אֶחָד. אֵינָהּ רְגִילָה, בִּפְנֵי בַעְלָהּ — אֶלָּא כּוֹס אֶחָד, שֶׁלֹּא בִּפְנֵי בַעְלָהּ — אֵין נוֹתְנִין לָהּ כׇּל עִיקָּר.
Et si tu veux, dis plutôt: si elle est habituée [au vin], on lui en donne, mais pas pour le boire, plutôt pour [préparer] du tsikei kedéra, un ragoût fait avec du vin, de la farine et des restes de viande cuits dans une marmite. Comme Rabbi Abahou a dit au nom de Rabbi Yohanan: Il arriva que les Sages octroyèrent à la belle-fille de Nakdimon ben Guryon, [dont le mari était décédé], deux séa de vin pour le tsikei kedéra, d'un veille de Chabbat à l'autre, [prélevés sur la succession]. Elle leur dit, en guise de bénédiction reconnaissante: Puissiez-vous octroyer à vos propres filles une quantité aussi généreuse! On enseigne: elle était une veuve en attente de son yavam, et c'est pourquoi on ne répondit pas amen après sa bénédiction, [les Sages ne souhaitant pas que leurs filles connaissent un sort semblable au sien].
וְאִי בָּעֵית אֵימָא: רְגִילָה, נוֹתְנִין לָהּ לְצִיקֵי קְדֵירָה. דְּאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מַעֲשֶׂה בְּכַלָּתוֹ שֶׁל נַקְדִּימוֹן בֶּן גּוּרְיוֹן שֶׁפָּסְקוּ לָהּ חֲכָמִים סָאתַיִם יַיִן לְצִיקֵי קְדֵרָה מֵעֶרֶב שַׁבָּת לְעֶרֶב שַׁבָּת. אָמְרָה לָהֶן: כָּךְ תִּפְסְקוּ לִבְנוֹתֵיכֶם. תָּנָא: שׁוֹמֶרֶת יָבָם הָיְתָה, וְלֹא עָנוּ אַחֲרֶיהָ אָמֵן.
On a enseigné: Une coupe [de vin] est bonne pour une femme. Deux, c'est une dégradation. Trois, elle réclame verbalement [des rapports]. Quatre, même devant un âne sur la place du marché elle réclamerait, sans plus se soucier [de la décence]. Rava dit: On n'a enseigné cela que lorsque son mari n'est pas avec elle. Mais si son mari est avec elle, il n'y a pas de problème.
תָּנָא: כּוֹס אֶחָד — יָפֶה לָאִשָּׁה. שְׁנַיִם — נִיוּוּל הוּא. שְׁלֹשָׁה — תּוֹבַעַת בַּפֶּה. אַרְבָּעָה — אֲפִילּוּ חֲמוֹר תּוֹבַעַת בַּשּׁוּק וְאֵינָהּ מַקְפֶּדֶת. אָמַר רָבָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁאֵין בַּעְלָהּ עִמָּהּ. אֲבָל בַּעְלָהּ עִמָּהּ, לֵית לַן בַּהּ.
Mais Hanna, dont le mari était avec elle [n'a pourtant pas bu de vin]! [Le cas d'] un voyageur hébergé est différent. Comme Rav Houna a dit: D'où sait-on qu'un voyageur hébergé est interdit d'avoir des relations conjugales? Comme il est dit: « Ils se levèrent de bon matin et se prosternèrent devant l'Éternel, puis ils retournèrent et revinrent chez eux, à Rama; et Elkana connut Hanna sa femme, et l'Éternel se souvint d'elle » (I Chmouel 1, 19). Ceci indique que maintenant, [une fois rentrés chez eux], oui, ils eurent des relations; mais auparavant, [tant qu'ils étaient à Chilo], non. C'est pourquoi Hanna n'a pas bu de vin à Chilo.
וְהָא חַנָּה, דְּבַעְלָהּ עִמָּהּ הֲוַאי! אַכְסְנַאי שָׁאנֵי. דְּאָמַר רַב הוּנָא: מִנַּיִן לְאַכְסְנַאי שֶׁאָסוּר בְּתַשְׁמִישׁ הַמִּטָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיַּשְׁכִּימוּ בַבֹּקֶר וַיִּשְׁתַּחֲווּ לִפְנֵי ה׳ וַיָּשׁוּבוּ וַיָּבֹאוּ אֶל בֵּיתָם הָרָמָתָה וַיֵּדַע אֶלְקָנָה אֶת חַנָּה אִשְׁתּוֹ וַיִּזְכְּרֶהָ ה׳״, הַשְׁתָּא — אִין, מֵעִיקָּרָא — לָא.
'Houma, l'épouse d'Abaye, se présenta devant Rava [après la mort d'Abaye, Rava étant le juge local]. Elle lui dit: Fixe-moi une pension alimentaire! Il la lui fixa. [Elle dit:] Fixe-moi aussi une ration de vin! Il lui dit: Je sais que Na'hmani [Abaye] ne buvait pas de vin. Elle lui dit: Par la vie du Maître, il n'en est rien! Il me faisait boire dans des coupes [choufrazeï] aussi grandes que celle-ci. Tandis qu'elle lui montrait [la taille avec ses mains], son bras se dénuda, et une lumière [de beauté] emplit la salle du tribunal.
חוּמָא דְּבֵיתְהוּ דְּאַבָּיֵי אֲתַאי לְקַמֵּיהּ דְּרָבָא, אֲמַרָה לֵיהּ: פְּסוֹק לִי מְזוֹנֵי! פְּסַק לַהּ. פְּסוֹק לִי חַמְרָא! אֲמַר לֵיהּ: יָדַעְנָא בֵּיהּ בְּנַחְמָנִי דְּלָא הֲוָה שָׁתֵי חַמְרָא. אֲמַרָה לֵיהּ: חַיֵּי דְּמָר דַּהֲוָה מַשְׁקֵי לִי בְּשׁוּפְרָזֵי כִּי הַאי. בַּהֲדֵי דְּקָא מַחְוְיָא לֵיהּ אִיגַּלִּי דְּרָעַאּ, נְפַל נְהוֹרָא בְּבֵי דִינָא.
Rava se leva, rentra chez lui, et sollicita des rapports avec son épouse, la fille de Rav 'Hisda. La fille de Rav 'Hisda lui dit: Qui était donc au tribunal aujourd'hui? Il lui dit: 'Houma, l'épouse d'Abaye. Elle sortit à sa poursuite et la frappa avec la barre d'un coffre [koulpeï dechida] jusqu'à la chasser de toute la ville de Mehoza, en lui disant: Tu as déjà tué trois [maris], et tu viens maintenant en tuer un autre?!
קָם רָבָא, עָל לְבֵיתֵיהּ תַּבְעַהּ לְבַת רַב חִסְדָּא. אֲמַרָה לֵיהּ בַּת רַב חִסְדָּא: מַאן הֲוַי הָאִידָּנָא בְּבֵי דִּינָא? אֲמַר לַהּ: חוּמָא דְּבֵיתְהוּ דְּאַבָּיֵי. נָפְקָא אַבָּתְרַהּ, מָחֲתָא לָהּ בְּקוּלְפֵי דְשִׁידָּא עַד דְּאַפְּקַהּ לַהּ מִכּוּלֵּי מָחוֹזָא. אָמְרָה לַהּ: קְטַלְתְּ לִיךְ תְּלָתָא, וְאָתֵת לְמִיקְטַל אַחֲרִינָא?!
L'épouse de Rav Yossef, fils de Rava, se présenta devant Rav Ne'hemia, fils de Rav Yossef, [pour un jugement]. Elle lui dit: Fixe-moi une pension alimentaire! Il la lui fixa. [Elle dit:] Fixe-moi aussi une ration de vin! Il la lui fixa. Il lui dit: Je sais que les habitants de Mehoza ont l'habitude de boire du vin, [c'est pourquoi tu y as droit selon la coutume locale].
דְּבֵיתְהוּ דְּרַב יוֹסֵף בְּרֵיהּ דְּרָבָא אֲתַאי לְקַמֵּיהּ דְּרַב נְחֶמְיָה בְּרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף. אֲמַרָה לֵיהּ: פְּסוֹק לִי מְזוֹנֵי! פְּסַק לַהּ. פְּסוֹק לִי חַמְרָא! פְּסַק לַהּ. אֲמַר לַהּ: יָדַעְנָא בְּהוּ בִּבְנֵי מָחוֹזָא דְּשָׁתוּ חַמְרָא.
L'épouse de Rav Yossef, fils de Rav Menachya de Dvil, se présenta devant Rav Yossef. Elle lui dit: Fixe-moi une pension alimentaire! Il la lui fixa. [Elle dit:] Fixe-moi aussi une ration de vin! Il la lui fixa. [Elle continua:] Fixe-moi aussi des vêtements de soie! Il lui dit: Pourquoi te faut-il des vêtements de soie? Elle lui dit: Pour toi, pour ton collègue, et pour les collègues de ton collègue.
דְּבֵיתְהוּ דְּרַב יוֹסֵף בְּרֵיהּ דְּרַב מְנַשְּׁיָא מִדְּוִיל אֲתַאי לְקַמֵּיהּ דְּרַב יוֹסֵף. אֲמַרָה לֵיהּ: פְּסוֹק לִי מְזוֹנֵי! פְּסַק לַהּ. פְּסוֹק לִי חַמְרָא! פְּסַק לַהּ. פְּסוֹק לִי שִׁירָאֵי! אֲמַר לַהּ: שִׁירָאֵי לְמָה? אֲמַרָה לֵיהּ: לָךְ וּלְחַבְרָךְ וּלְחַבְרוּרָךְ.
Ketubot 65a
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