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Traité Ketubot

60b

Étude de Ketubot 60b

Étude de la Guémara 60b

Guémara
jusqu'à vingt-quatre mois [après la naissance de l'enfant]. Cette mesure a été instituée pour protéger l'enfant: car si elle se remarie, elle peut tomber enceinte et ne plus pouvoir continuer à allaiter, alors que son second mari ne sera pas tenu de nourrir cet enfant qui n'est pas le sien. Ce sont les paroles de Rabbi Meïr. Et Rabbi Yehouda permet [le remariage] après dix-huit mois. Rabbi Nathan bar Yossef dit: ces paroles-ci sont identiques aux paroles de Beit Chammaï, et ces paroles-là sont identiques aux paroles de Beit Hillel — c'est-à-dire qu'il s'agit d'une controverse ancienne — car Beit Chammaï dit: vingt-quatre mois, et Beit Hillel dit: dix-huit mois.
עַד עֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה חֹדֶשׁ, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וְרַבִּי יְהוּדָה מַתִּיר בִּשְׁמוֹנָה עָשָׂר חֹדֶשׁ. אָמַר רַבִּי נָתָן בַּר יוֹסֵף: הֵן הֵן דִּבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי, הֵן הֵן דִּבְרֵי בֵּית הִלֵּל. שֶׁבֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: עֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה חֹדֶשׁ, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: שְׁמוֹנָה עָשָׂר חֹדֶשׁ.
Rabban Chimon ben Gamliel dit: je vais trancher. Selon celui qui dit vingt-quatre mois, elle a le droit de se marier après vingt et un mois, puisque même si elle tombe enceinte, pendant les trois premiers mois de sa grossesse elle peut encore continuer à allaiter. Selon celui qui dit dix-huit mois, elle a le droit de se marier après quinze mois, car le lait ne se gâte du fait de la grossesse qu'après trois mois.
אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: אֲנִי אַכְרִיעַ. לְדִבְרֵי הָאוֹמֵר עֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה חֹדֶשׁ — מוּתֶּרֶת לִינָּשֵׂא בְּעֶשְׂרִים וְאֶחָד חֹדֶשׁ. לְדִבְרֵי הָאוֹמֵר בִּשְׁמוֹנָה עָשָׂר חֹדֶשׁ — מוּתֶּרֶת לְהִנָּשֵׂא בַּחֲמִשָּׁה עָשָׂר חֹדֶשׁ, לְפִי שֶׁאֵין הֶחָלָב נֶעְכָּר אֶלָּא לְאַחַר שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים.
Oulla dit: la halakha est comme Rabbi Yehouda. Et Mar Oukva dit: Rabbi 'Hanina m'a permis d'épouser [une femme allaitante] après quinze mois. Le fermier d'Abayé vint devant Abayé et lui demanda: quelle est la halakha concernant les fiançailles [d'une telle femme] après quinze mois? Il lui répondit: d'une part, dans les controverses entre Rabbi Meïr et Rabbi Yehouda, la halakha suit Rabbi Yehouda. Et de plus, [c'est comme la controverse entre] Beit Chammaï et Beit Hillel, où la halakha suit Beit Hillel. Et Oulla a dit: la halakha est comme Rabbi Yehouda; et Mar Oukva a dit: Rabbi 'Hanina m'a permis d'épouser après quinze mois — à plus forte raison toi, tu peux te fiancer [puisque les fiançailles seules sont moins graves que le mariage].
אָמַר עוּלָּא: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה. וְאָמַר מָר עוּקְבָא: לִי הִתִּיר רַבִּי חֲנִינָא לָשֵׂאת לְאַחַר חֲמִשָּׁה עָשָׂר חֹדֶשׁ. אֲרִיסֵיהּ דְּאַבָּיֵי אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּאַבָּיֵי, אֲמַר לֵיהּ: מַהוּ לֵיאָרֵס בַּחֲמִשָּׁה עָשָׂר חֹדֶשׁ? אֲמַר לֵיהּ: חֲדָא, דְּרַבִּי מֵאִיר וְרַבִּי יְהוּדָה — הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה. וְעוֹד: בֵּית שַׁמַּאי וּבֵית הִלֵּל — הֲלָכָה כְּבֵית הִלֵּל. וְאָמַר עוּלָּא: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה, וְאָמַר מָר עוּקְבָא: לִי הִתִּיר רַבִּי חֲנִינָא לָשֵׂאת לְאַחַר חֲמִשָּׁה עָשָׂר חֹדֶשׁ, כׇּל שֶׁכֵּן דְּאַתְּ לֵיאָרֵס.
Quand [Abayé] vint devant Rav Yossef [et lui rapporta l'incident], celui-ci lui dit: Rav et Chmouel disent tous deux: elle doit attendre vingt-quatre mois avant même de se fiancer, sans compter le jour où l'enfant est né ni le jour où elle s'est fiancée. [Abayé], en entendant cela, courut trois parasanges après [son fermier] — et certains disent une parasange à travers le sable — pour l'empêcher de s'appuyer sur la clémence, mais il ne parvint pas à le rattraper.
כִּי אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב יוֹסֵף, אֲמַר לֵיהּ: רַב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: צְרִיכָה לְהַמְתִּין עֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה חֹדֶשׁ, חוּץ מִיּוֹם שֶׁנּוֹלַד בּוֹ וְחוּץ מִיּוֹם שֶׁנִּתְאָרְסָה בּוֹ. רְהַט בָּתְרֵיהּ תְּלָתָא פַּרְסֵי וְאָמְרִי לַהּ פַּרְסָא בְּחָלָא, וְלָא אַדְרְכֵיהּ.
Abayé dit: de cet incident j'ai retenu ce que les Sages ont enseigné: un homme ne doit permettre, même [une chose aussi anodine que] manger un œuf dans du koutah', en présence de son maître — non parce que cela paraît irrespectueux [d'enseigner la halakha en présence de son maître, car il s'agit d'une chose simple], mais parce que la chose ne réussira pas à être dite correctement. En effet, moi j'avais appris cette halakha de Rav et Chmouel, et malgré cela je n'ai pas réussi à la dire correctement, [pour avoir tranché en présence de mon maître, Rav Yossef].
אָמַר אַבָּיֵי: הַאי מִילְּתָא דַאֲמוּר רַבָּנַן אֲפִילּוּ בֵּיעֲתָא בְּכוּתָּחָא לָא לִישְׁרֵי אִינִישׁ בִּמְקוֹם רַבֵּיהּ, לָא מִשּׁוּם דְּמִיחֲזֵי כְּאַפְקִירוּתָא, אֶלָּא מִשּׁוּם דְּלָא מִסְתַּיְּיעָא מִילְּתָא לְמֵימְרָא. דְּהָא אֲנָא הֲוָה גְּמִירְנָא לֵיהּ לְהָא דְּרַב וּשְׁמוּאֵל, אֲפִילּוּ הָכִי לָא מִסְתַּיְּיעָא לִי מִילְּתָא לְמֵימַר.
Les Sages ont enseigné: si elle a confié son fils à une nourrice [pendant la période d'allaitement], ou si elle l'a sevré, ou s'il est mort — elle a le droit de se marier immédiatement. Rav Papa et Rav Houna, fils de Rav Yehochou'a, pensaient agir conformément à cette baraïta. Une certaine vieille femme leur dit: il m'est arrivé un cas semblable, et Rav Na'hman me l'a interdit.
תָּנוּ רַבָּנַן: נָתְנָה בְּנָהּ לְמֵינֶקֶת, אוֹ גְּמָלַתּוּ, אוֹ מֵת — מוּתֶּרֶת לִינָּשֵׂא מִיָּד. רַב פָּפָּא וְרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ סְבוּר לְמִיעְבַּד עוֹבָדָא כִּי הָא מַתְנִיתָא. אֲמַרָה לְהוּ הָהִיא סָבְתָּא: בְּדִידִי הֲוָה עוֹבָדָא, וַאֲסַר לִי רַב נַחְמָן.
[La Guemara demande:] Est-ce bien ainsi? Mais Rav Na'hman ne l'a-t-il pas permis à la maison de l'Exilarque? [La Guemara répond:] La maison de l'Exilarque est différente, car [les nourrices employées] par eux ne reviennent pas sur leur engagement [par crainte des conséquences].
אִינִי?! וְהָא רַב נַחְמָן שְׁרָא לְהוּ לְבֵי רֵישׁ גָּלוּתָא! שָׁאנֵי בֵּי רֵישׁ גָּלוּתָא דְּלָא הָדְרִי בְּהוּ.
Rav Papi leur dit: et vous, ne le déduisez-vous pas de ce qui est enseigné: si une femme se rendait fréquemment chez son père, ou si elle était en colère contre son mari [et séparée de lui bien que vivant sous son toit], ou si son mari était emprisonné, ou si son mari était parti outre-mer, ou si son mari était âgé ou malade, ou si elle était stérile, ou âgée, ou une femme sexuellement sous-développée [aylonit], ou une mineure, ou celle qui a fait une fausse couche après la mort de son mari, ou celle qui n'est pas apte à enfanter [pour toute autre raison] — dans tous ces cas, bien qu'il n'y ait aucune crainte de grossesse, elles doivent toutes attendre trois mois. Ce sont les paroles de Rabbi Meïr.
אֲמַר לְהוּ רַב פַּפֵּי: וְאַתּוּן לָא תִּסְבְּרוּהָ — מֵהָא דְּתַנְיָא: הֲרֵי שֶׁהָיְתָה רְדוּפָה לֵילֵךְ לְבֵית אָבִיהָ, אוֹ שֶׁהָיָה לָהּ כַּעַס בְּבֵית בַּעְלָהּ, אוֹ שֶׁהָיָה בַּעְלָהּ חָבוּשׁ בְּבֵית הָאֲסוּרִין, אוֹ שֶׁהָלַךְ בַּעְלָהּ לִמְדִינַת הַיָּם, אוֹ שֶׁהָיָה בַּעְלָהּ זָקֵן, אוֹ חוֹלֶה, אוֹ שֶׁהָיְתָה עֲקָרָה וּזְקֵנָה אַיְילוֹנִית וּקְטַנָּה, וְהַמַּפֶּלֶת אַחַר מִיתַת בַּעְלָהּ, וְשֶׁאֵינָהּ רְאוּיָה לֵילֵד — כּוּלָּן צְרִיכוֹת לְהַמְתִּין שְׁלֹשָׁה חֳדָשִׁים, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.
Rabbi Yossei permet de se fiancer et de se marier immédiatement [dans tous ces cas]. Et Rav Na'hman a dit au nom de Chmouel: la halakha est comme Rabbi Meïr dans ses décrets. [Ce principe devrait donc s'appliquer aussi à la mère allaitante qui souhaite se remarier après avoir confié son enfant à une nourrice, l'avoir sevré, ou après sa mort.]
רַבִּי יוֹסֵי מַתִּיר לֵיאָרֵס וְלִינָּשֵׂא מִיָּד. וְאָמַר רַב נַחְמָן אָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּרַבִּי מֵאִיר בִּגְזֵירוֹתָיו.
Ils lui dirent: cela ne nous était pas venu à l'esprit. Et la halakha est: si [l'enfant] est mort, c'est permis; si elle l'a sevré, c'est interdit. Mar bar Rav Achi dit: même s'il est mort, c'est également interdit, de peur qu'elle ne le tue et n'aille se marier. Il y eut un cas où [une femme] l'a étranglé. Mais ce n'est pas ainsi [qu'il faut trancher la halakha]: cette femme-là était folle, car les femmes n'ont pas coutume d'étrangler leurs enfants.
אָמְרִי לֵיהּ: לָאו אַדַּעְתִּין. וְהִלְכְתָא: מֵת — מוּתָּר, גְּמָלַתּוּ — אָסוּר. מָר בַּר רַב אָשֵׁי אָמַר: אֲפִילּוּ מֵת נָמֵי אָסוּר, דִּלְמָא קָטְלָה לֵיהּ וְאָזְלָא וּמִינַּסְבָא. הֲוָה עוֹבָדָא וַחֲנַקְתֵּיהּ. וְלָא הִיא, הָהִיא שׁוֹטָה הֲוַאי, דְּלָא עָבְדִי נְשֵׁי דְּחָנְקָן בְּנַיְיהוּ.
Les Sages ont enseigné: si on lui a confié un [autre] fils à allaiter, elle ne doit allaiter avec lui ni son propre fils ni le fils d'une autre femme. Si l'on a fixé pour elle une petite quantité de nourriture [dans le contrat], elle doit néanmoins manger abondamment. Elle ne doit pas manger, tant qu'elle allaite, des aliments nuisibles au lait.
תָּנוּ רַבָּנַן: הֲרֵי שֶׁנָּתְנוּ לָהּ בֵּן לְהָנִיק — הֲרֵי זוֹ לֹא תָּנִיק עִמּוֹ לֹא בְּנָהּ וְלֹא בֶּן חֲבֶרְתָּהּ. פָּסְקָה קִימְעָא — אוֹכֶלֶת הַרְבֵּה. לֹא תֹּאכַל עִמּוֹ דְּבָרִים הָרָעִים לְחָלָב.
[La Guemara demande:] Maintenant que tu as dit qu'elle ne peut pas [allaiter en même temps] son propre fils, est-il besoin de préciser pour le fils d'une autre femme? [La Guemara répond:] De peur que tu ne dises: c'est seulement pour son propre fils, qu'elle affectionne, qu'elle lui donne davantage [de lait, au détriment de l'autre enfant]; mais pour le fils d'une autre femme, si elle n'avait pas de surplus de lait, elle ne le nourrirait pas [davantage] — c'est pourquoi on nous l'enseigne [pour écarter cette distinction].
הַשְׁתָּא בְּנָהּ אָמְרַתְּ לָא, בֶּן חֲבֶרְתָּהּ מִיבַּעְיָא?! מַהוּ דְּתֵימָא: בְּנָהּ הוּא דְּחָיְיסָ[א] עִילָּוֵיהּ מַמְצְיָא לֵיהּ טְפֵי. אֲבָל בֶּן חֲבֶרְתָּהּ, אִי לָאו דַּהֲוָה לַהּ מוֹתָר לָא הֲוָה מַמְצְיָא לֵיהּ, קָא מַשְׁמַע לַן.
Ketubot 60b
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כתובות ס׳ במַסֶּכֶת כְּתוּבּוֹת