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Traité Ketubot

57b

Étude de Ketubot 57b

Étude de la Mishna & Guémara 57b

MICHNA: Une femme ne peut pas consommer de teroumah avant d'être effectivement entrée sous la 'houpa [le dais nuptial].
אֵין הָאִשָּׁה אוֹכֶלֶת בִּתְרוּמָה עַד שֶׁתִּכָּנֵס לַחוּפָּה.
Guémara
GUEMARA: D'où tire-t-on ces propos? Rav 'Hisda a dit: le verset dit, [à propos de Rivka]: « Et son frère et sa mère dirent: Que la jeune fille demeure avec nous des jours, ou dix » (Béréchit 24, 55).
גְּמָ׳ מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַב חִסְדָּא, דְּאָמַר קְרָא: ״וַיֹּאמֶר אָחִיהָ וְאִמָּהּ תֵּשֵׁב הַנַּעֲרָה אִתָּנוּ יָמִים אוֹ עָשׂוֹר״.
Que signifie « des jours »? Si l'on dit deux jours, le minimum justifiant l'emploi du pluriel, parle-t-on ainsi? Ils lui avaient dit deux jours, il leur avait répondu non; auraient-ils alors dit dix jours? Mais alors que signifie « des jours »? Une année, comme il est écrit: « il aura le droit de rachat pendant des jours [yamim] » (Vayikra 25, 29), où « jours » désigne une année.
מַאי ״יָמִים״? אִילֵּימָא תְּרֵי יוֹמֵי, מִשְׁתַּעֵי אִינִישׁ הָכִי? אֲמַרוּ לֵיהּ: תְּרֵי יוֹמֵי, אֲמַר לְהוּ: לָא. אֲמַרוּ לֵיהּ עַשְׂרָה יוֹמֵי?! אֶלָּא מַאי ״יָמִים״ — שָׁנָה, דִּכְתִיב: ״יָמִים תִּהְיֶה גְּאוּלָּתוֹ״.
Mais dis que cela signifie un mois, comme il est écrit: « jusqu'à un mois de jours [yamim] » (Bamidbar 11, 20). On répond: on déduit un emploi non spécifié de « jours » d'un autre emploi non spécifié de « jours », mais on ne déduit pas un emploi non spécifié de « jours » d'un emploi de « jours » où le terme « mois » est explicitement mentionné. Il en résulte que la durée ordinaire requise pour qu'une vierge se prépare au mariage est de douze mois.
וְאֵימָא חֹדֶשׁ, דִּכְתִיב ״עַד חֹדֶשׁ יָמִים״. אָמְרִי: דָּנִין ״יָמִים״ סְתָם מִ״יָּמִים״ סְתָם, וְאֵין דָּנִין ״יָמִים״ סְתָם מִ״יָּמִים״ שֶׁנֶּאֱמַר בָּהֶן חֹדֶשׁ.
Rabbi Zeira a dit, on a enseigné [dans une baraïta]: pour une mineure, tant elle que son père peuvent retarder [le mariage]. Certes, elle peut le retarder, mais son père — si cela lui convient à elle, en quoi cela concerne-t-il son père? [La Guemara répond:] il pense: maintenant elle ne sait pas [ce qu'elle fait], mais demain elle se rebellera, partira, puis reviendra et retombera à ma charge.
אָמַר רַבִּי זֵירָא, תָּנָא: קְטַנָּה, בֵּין הִיא וּבֵין אָבִיהָ יְכוֹלִין לְעַכֵּב. בִּשְׁלָמָא אִיהִי מָצֵי מְעַכְּבָא, אֶלָּא אָבִיהָ — אִי אִיהִי נִיחָא לַהּ, אָבִיהָ מַאי נָפְקָא לֵיהּ מִינַּהּ? סָבַר: הַשְׁתָּא לָא יָדְעָה, לִמְחַר מִימַּרְדָא וְנָפְקָא, וְאָתְיָא וְנָפְלָה עִילָּוַאי.
Rabbi Abba bar Lévi a dit: on ne finalise pas un accord de mariage pour une mineure en vue de la marier alors qu'elle est encore mineure, mais on finalise un accord de mariage pour une mineure en vue de la marier lorsqu'elle sera devenue majeure. N'est-ce pas évident? [La Guemara répond:] on aurait pu penser qu'il faut craindre qu'une peur s'installe en elle dès maintenant et qu'elle faiblisse [dans sa résolution]; on nous enseigne donc que ce n'est pas à craindre.
אָמַר רַבִּי אַבָּא בַּר לֵוִי: אֵין פּוֹסְקִין עַל הַקְּטַנָּה לְהַשִּׂיאָהּ כְּשֶׁהִיא קְטַנָּה, אֲבָל פּוֹסְקִין עַל הַקְּטַנָּה לְהַשִּׂיאָהּ כְּשֶׁהִיא גְּדוֹלָה. פְּשִׁיטָא? מַהוּ דְּתֵימָא: לֵיחוּשׁ דִּלְמָא מְעַיְּילָא פַּחְדָּא מֵהַשְׁתָּא וְחָלְשָׁה, קָא מַשְׁמַע לַן.
Rav Houna a dit: si elle est devenue majeure ne serait-ce qu'un jour, puis elle est fiancée, on lui donne trente jours, comme à une veuve. On objecta: « si elle est devenue majeure, elle est comme celle à qui on a demandé le mariage ». N'est-ce pas comme la vierge à qui on a demandé le mariage [qui a douze mois]? Non, cela signifie comme la veuve à qui on a demandé le mariage [qui n'a que trente jours].
אָמַר רַב הוּנָא: בָּגְרָה יוֹם אֶחָד וְנִתְקַדְּשָׁה — נוֹתְנִין לָהּ שְׁלֹשִׁים יוֹם, כְּאַלְמָנָה. מֵיתִיבִי: בָּגְרָה הֲרֵי הִיא כִּתְבוּעָה. מַאי לָאו, כִּתְבוּעָה דִּבְתוּלָה? לָא, כִּתְבוּעָה דְּאַלְמָנָה.
Viens et entends: « une femme majeure qui a attendu douze mois, Rabbi Eliézer dit: puisque son mari est tenu de subvenir à son entretien, il peut annuler ses vœux! » [Cela prouverait que la majeure aussi a droit à douze mois.] [La Guemara répond en corrigeant le texte:] dis plutôt: une majeure [qui a attendu trente jours] ou une [mineure] qui a attendu douze mois, Rabbi Eliézer dit: puisque son mari est tenu de subvenir à son entretien, il peut annuler ses vœux.
תָּא שְׁמַע: בּוֹגֶרֶת שֶׁשָּׁהֲתָה שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: הוֹאִיל וְחַיָּיב בַּעְלָהּ בִּמְזוֹנוֹתֶיהָ — יָפֵר! אֵימָא: בּוֹגֶרֶת וְשֶׁשָּׁהֲתָה שְׁנֵים עָשָׂר חוֹדֶשׁ, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: הוֹאִיל ובַעְלָהּ חַיָּיב בִּמְזוֹנוֹתֶיהָ — יָפֵר.
Viens et entends: « celui qui fiance une vierge, que ce soit le mari qui la demande et qu'elle retarde, ou qu'elle le demande et que le mari retarde, on lui donne douze mois à partir du moment de la demande, mais pas à partir du moment des fiançailles. Et si elle devient majeure, elle est comme celle à qui on a demandé [le mariage]. Comment cela? Si elle est devenue majeure un jour puis fiancée, on lui donne douze mois; mais pour celle qui était déjà fiancée [avant de devenir majeure], trente jours. » C'est une réfutation concluante de Rav Houna.
תָּא שְׁמַע: הַמְאָרֵס אֶת הַבְּתוּלָה, בֵּין שֶׁתְּבָעָהּ הַבַּעַל וְהִיא מְעַכֶּבֶת, וּבֵין שֶׁתָּבְעָה הִיא וּבַעַל מְעַכֵּב — נוֹתְנִין לָהּ שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ מִשְּׁעַת תְּבִיעָה, אֲבָל לֹא מִשְּׁעַת אֵירוּסִין. וּבָגְרָה, הֲרֵי הִיא כִּתְבוּעָה. כֵּיצַד: בָּגְרָה יוֹם אֶחָד וְנִתְקַדְּשָׁה — נוֹתְנִין לָהּ שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ, וְלַאֲרוּסָה שְׁלֹשִׁים יוֹם. תְּיוּבְתָּא דְרַב הוּנָא תְּיוּבְתָּא.
Que signifie « et pour la fiancée, trente jours »? Rav Pappa a dit: voici ce que cela signifie: une majeure qui est majeure depuis douze mois et qui se fiance ensuite reçoit trente jours, comme une veuve.
מַאי ״וְלַאֲרוּסָה שְׁלֹשִׁים יוֹם״? אָמַר רַב פָּפָּא, הָכִי קָאָמַר: בּוֹגֶרֶת שֶׁעָבְרוּ עָלֶיהָ שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ בְּבַגְרוּת וְנִתְקַדְּשָׁה — נוֹתְנִין לָהּ שְׁלֹשִׁים יוֹם כְּאַלְמָנָה.
MICHNA [suite]: Si le délai est arrivé et qu'ils ne se sont pas mariés [elle peut consommer de la teroumah]. Oula a dit: selon la loi de la Torah, la fille d'un non-Cohen fiancée à un Cohen peut consommer de la teroumah [immédiatement], comme il est dit: « et si un Cohen acquiert une âme, acquisition de son argent » (Vayikra 22, 11), et elle aussi est une acquisition de son argent. Pour quelle raison a-t-on dit qu'elle ne peut pas en consommer? De peur que, dans la maison de son père, on ne lui verse une coupe [de vin de teroumah] et qu'elle en fasse boire à son frère ou à sa sœur.
הִגִּיעַ זְמַן וְלֹא נִישְּׂאוּ. אָמַר עוּלָּא: דְּבַר תּוֹרָה, אֲרוּסָה בַּת יִשְׂרָאֵל אוֹכֶלֶת בִּתְרוּמָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְכֹהֵן כִּי יִקְנֶה נֶפֶשׁ קִנְיַן כַּסְפּוֹ״, וְהַאי נָמֵי קִנְיַן כַּסְפּוֹ הוּא. מָה טַעַם אָמְרוּ אֵינָהּ אוֹכֶלֶת — שֶׁמָּא יִמְזְגוּ לָהּ כּוֹס בְּבֵית אָבִיהָ, וְתַשְׁקֶה לְאָחִיהָ וְלַאֲחוֹתָהּ.
Si c'est ainsi, alors même quand le délai est arrivé et qu'ils ne se sont pas mariés, [la même crainte devrait s'appliquer]! [La Guemara répond:] là, [après l'arrivée du délai,] on lui désigne un endroit particulier [pour manger].
אִי הָכִי, הִגִּיעַ זְמַן וְלֹא נִישְּׂאוּ נָמֵי! הָתָם, דּוּכְתָּא מְיַיחֵד לַהּ.
Ketubot 57b
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כתובות נ״ז במַסֶּכֶת כְּתוּבּוֹת