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Traité Ketubot

43a

Étude de Ketubot 43a

Étude de la Guémara 43a

Guémara
Et l'on admet [comme principe] que celui qui reconnaît être passible d'une amende en est exempté. Or les Rabbanan estiment que lorsque [le père] réclame en justice, c'est la compensation pour la honte et le préjudice qu'il réclame.
וּמוֹדֶה בִּקְנָס פָּטוּר. וְרַבָּנַן סָבְרִי, כִּי קָא תָבַע — בּוֹשֶׁת וּפְגָם קָא תָבַע.
Sur quoi portent-ils leur désaccord? Rav Papa dit: Rabbi Chimon estime qu'un homme ne délaisse pas une chose fixée [d'avance] pour réclamer une chose qui n'est pas fixée. Et les Rabbanan estiment qu'un homme ne délaisse pas une chose telle que, si le défendeur l'admettait, il ne serait pas exempté de payer, pour réclamer une chose telle que, si le défendeur l'admettait, il serait exempté de payer.
בְּמַאי קָא מִיפַּלְגִי? אָמַר רַב פָּפָּא, רַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר: לָא שָׁבֵיק אִינִישׁ מִידֵּי דְּקִיץ, וְתָבַע מִידֵּי דְּלָא קִיץ. וְרַבָּנַן סָבְרִי: לָא שָׁבֵיק אִינִישׁ מִידֵּי דְּכִי מוֹדֵי בֵּיהּ לָא מִיפְּטַר, וְתָבַע מִידֵּי דְּכִי מוֹדֵה בֵּיהּ מִיפְּטַר.
§ Rabbi Avina posa une question à Rav Chechet: concernant une fille entretenue par ses frères, à qui appartiennent les gains de son travail?
בְּעָא מִינֵּיהּ רַבִּי אֲבִינָא מֵרַב שֵׁשֶׁת: בַּת הַנִּיזּוֹנֶת מִן הָאַחִין — מַעֲשֵׂה יָדֶיהָ לְמִי?
[Rabbi Avina expose les deux côtés du dilemme:] les frères se tiennent-ils à la place du père? Tout comme là-bas, [si le père était vivant,] les gains de son travail reviendraient au père, ici aussi les gains de son travail reviendraient aux frères. Ou bien peut-être cela n'est-il pas comparable au cas du père: là-bas, elle est entretenue à partir de ses propres biens [à lui], alors qu'ici, elle n'est pas entretenue à partir de leurs biens [à eux, mais de la succession du père].
בִּמְקוֹם אָב קָיְימִי, מָה הָתָם — מַעֲשֵׂה יָדֶיהָ לָאָב, הָכָא נָמֵי — מַעֲשֵׂה יָדֶיהָ לָאַחִין, אוֹ דִלְמָא: לָא דָּמֵי לְאָב. הָתָם — מִדִּידֵיהּ מִיתַּזְנָא, הָכָא — לָאו מִדִּידְהוּ מִיתַּזְנָא.
Rav Chechet lui dit: vous l'avez déjà appris [dans une michna]: une veuve est entretenue à partir des biens des orphelins, et les gains de son travail leur appartiennent [à eux].
אֲמַר לֵיהּ, תְּנֵיתוּהָ: אַלְמָנָה נִיזּוֹנֶת מִנִּכְסֵי יְתוֹמִים וּמַעֲשֵׂה יָדֶיהָ שֶׁלָּהֶן.
Est-ce comparable? Concernant sa veuve, il [le défunt] n'est pas nécessairement satisfait qu'elle vive dans l'aisance. Concernant sa fille, il est satisfait qu'elle vive dans l'aisance.
מִי דָּמֵי? אַלְמְנָתוֹ, לָא נִיחָא לֵיהּ בְּהַרְוָוחָה. בִּתּוֹ, נִיחָא לֵיהּ בְּהַרְווֹחָה.
Cela signifie-t-il que le bien-être de sa fille lui est plus cher que celui de sa veuve? Mais Rabbi Abba n'a-t-il pas dit au nom de Rabbi Yossei: on a établi [la halakha de] la veuve concernant la fille comme [celle de] la fille concernant les frères, dans le cas d'un patrimoine réduit,
לְמֵימְרָא דְּבִתּוֹ עֲדִיפָא לֵיהּ מֵאַלְמְנָתוֹ? וְהָאָמַר רַבִּי אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: עָשׂוּ אַלְמָנָה אֵצֶל הַבַּת כַּבַּת אֵצֶל אַחִין בִּנְכָסִין מוּעָטִין,
[à savoir que] tout comme pour la fille par rapport aux frères, la fille est entretenue tandis que les frères doivent mendier aux portes, de même pour la veuve par rapport à la fille, la veuve est entretenue tandis que la fille doit mendier aux portes. [Le Guemara répond:] concernant l'avilissement, sa veuve lui est préférable [c'est-à-dire il préfère que ce soit elle qui subisse la honte plutôt que sa fille]; concernant l'aisance, sa fille lui est préférable.
מָה הַבַּת אֵצֶל אַחִין — הַבַּת נִיזּוֹנֶת, וְהָאַחִין יִשְׁאֲלוּ עַל הַפְּתָחִים, אַף אַלְמָנָה אֵצֶל הַבַּת — אַלְמָנָה נִיזּוֹנֶת, וְהַבַּת תִּשְׁאַל עַל הַפְּתָחִים. לְעִנְיַן זִילוּתָא — אַלְמְנָתוֹ עֲדִיפָא לֵיהּ. לְעִנְיַן הַרְוָוחָה — בִּתּוֹ עֲדִיפָא לֵיהּ.
Rav Yossef souleva une objection: les gains de son travail et ce qu'elle a trouvé, même si elle ne les a pas encore encaissés — si le père meurt, ils appartiennent aux frères. La raison [de cette halakha] est que [ces gains ont été acquis] du vivant du père; mais après la mort du père, ils lui appartiennent à elle. N'est-ce pas le cas d'une fille entretenue [par ses frères]? Non, il s'agit d'une fille qui n'est pas entretenue [par eux].
מֵתִיב רַב יוֹסֵף: מַעֲשֵׂה יָדֶיהָ וּמְצִיאָתָהּ, אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא גָּבְתָה — מֵת הָאָב הֲרֵי הֵן שֶׁל אַחִין. טַעְמָא דִּבְחַיֵּי הָאָב, הָא לְאַחַר מִיתַת הָאָב — לְעַצְמָהּ. מַאי לָאו בְּנִיזּוֹנֶת? לָא, בְּשֶׁאֵינָהּ נִיזּוֹנֶת.
Si c'est le cas d'une fille qui n'est pas entretenue, qu'y a-t-il à nous apprendre? Même selon celui qui dit que le maître peut dire à son esclave: « Travaille pour moi et je ne te nourrirai pas », cela ne s'applique qu'à l'esclave cananéen, à propos duquel il n'est pas écrit « avec toi ».
אִי בְּשֶׁאֵינָהּ נִיזּוֹנֶת, מַאי לְמֵימְרָא? אֲפִילּוּ לְמַאן דְּאָמַר יָכוֹל הָרַב לוֹמַר לָעֶבֶד ״עֲשֵׂה עִמִּי וְאֵינִי זָנָךְ״. הָנֵי מִילֵּי בְּעֶבֶד כְּנַעֲנִי, דְּלָא כְּתִיב בֵּיהּ ״עִמָּךְ״.
Mais concernant l'esclave hébreu, à propos duquel il est écrit « avec toi » (Devarim 15, 16), ce n'est pas le cas. À plus forte raison pour sa fille!
אֲבָל עֶבֶד עִבְרִי דִּכְתִיב בֵּיהּ ״עִמָּךְ״ — לֹא. כׇּל שֶׁכֵּן בִּתּוֹ!
Rabba bar Oula dit: cela n'est nécessaire que pour le surplus. [La michna ne vise que le surplus des gains au-delà de ce qui est nécessaire à son entretien; ce surplus lui appartient, et non aux frères.] Rava dit: un homme aussi grand que Rav Yossef ignorerait-il qu'il existe [une explication par] le surplus, et soulèverait-il une réfutation [sans le savoir]?
אָמַר רַבָּה בַּר עוּלָּא: לֹא נִצְרְכָה אֶלָּא לְהַעֲדָפָה. אָמַר רָבָא: גַּבְרָא רַבָּה כְּרַב יוֹסֵף לָא יָדַע דְּאִיכָּא הַעֲדָפָה, וְקָמוֹתֵיב תְּיוּבְתָּא?
Ketubot 43a
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כתובות מ״ג אמַסֶּכֶת כְּתוּבּוֹת