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Traité Ketubot

36a

Étude de Ketubot 36a

Étude de la Guémara 36a

Guémara
Ce sont des relations interdites au sens propre, [interdites] par la Torah, et « les secondaires » [signifieraient] par la parole des Sages, [mais] cela ne peut pas être, car puisque, selon la loi de la Torah, elle lui est permise, pourquoi n'auraient-elles pas droit à l'amende [si elle est violée ou séduite]? Mais plutôt: « relations interdites » désigne celles pour lesquelles on est passible de la peine de mort par le tribunal, « les secondaires » désignent celles pour lesquelles on est passible du karet [retranchement], [peine] moins sévère que celles entraînant l'exécution. Mais celles pour lesquelles on transgresse un interdit simple ont droit à l'amende [en cas de viol ou de séduction]. Et selon qui cette baraïta est-elle enseignée? C'est l'opinion de Chimon HaTimni, qui exempte du paiement de l'amende uniquement celui qui viole une femme avec laquelle les fiançailles ne sont pas valables.
עֲרָיוֹת מַמָּשׁ, ״שְׁנִיּוֹת״ — מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים, כֵּיוָן דְּמִדְּאוֹרָיְיתָא חַזְיָא לֵיהּ, אַמַּאי אֵין לָהֶן קְנָס? אֶלָּא: ״עֲרָיוֹת״ — חַיָּיבֵי מִיתוֹת בֵּית דִּין, ״שְׁנִיּוֹת״ — חַיָּיבֵי כָרֵיתוֹת. אֲבָל חַיָּיבֵי לָאוִין יֵשׁ לָהֶן קְנָס, וּמַנִּי שִׁמְעוֹן הַתִּימְנִי הִיא.
Certains disent que « relations interdites » désigne toutes les proches parentes avec lesquelles les rapports sont interdits par des interdits sévères, aussi bien celles pour lesquelles on est passible de mort par le tribunal que celles pour lesquelles on est passible du karet, et « les secondaires » désigne celles avec lesquelles celui qui a des rapports transgresse de simples interdits. Selon cette approche, à l'opinion de qui cela correspond-il? C'est celle de Rabbi Chimon ben Menassia, qui soutient que même une femme violée par un homme qui lui est interdit par un simple interdit n'a pas droit à l'amende, malgré le fait que les fiançailles sont valables dans ce cas.
אִיכָּא דְּאָמְרִי ״עֲרָיוֹת״ — חַיָּיבֵי מִיתוֹת בֵּית דִּין וְחַיָּיבֵי כָרֵיתוֹת, ״שְׁנִיּוֹת״ — חַיָּיבֵי לָאוִין. מַנִּי — רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן מְנַסְיָא הִיא.
Celle qui refuse [de rester mariée à son mari, ayant été mariée mineure] n'a droit ni à l'amende du viol ni à celle de la séduction. On en déduit: mais une mineure ordinaire, elle, y a droit. Selon qui est-ce enseigné? C'est l'opinion des Rabbanan, qui disent: une mineure a droit à l'amende du viol. Dis alors la suite [de la baraïta]: la femme stérile [aïlonit] n'a droit ni à l'amende du viol ni à celle de la séduction. Là, on rejoint l'opinion de Rabbi Meïr, qui a dit: une mineure n'a pas droit à l'amende du viol — et cette [aïlonit], elle est justement sortie de son statut de mineure pour passer directement au statut de femme adulte [sans passer par le statut de jeune femme]. Le début [de la baraïta] est selon les Rabbanan et la fin selon Rabbi Meïr!
הַמְמָאֶנֶת אֵין לָהּ לֹא קְנָס וְלֹא פִּיתּוּי. הָא קְטַנָּה בְּעָלְמָא — אִית לַהּ. מַנִּי — רַבָּנַן הִיא דְּאָמְרִי: קְטַנָּה יֵשׁ לָהּ קְנָס, אֵימָא סֵיפָא: אַיְילוֹנִית אֵין לָהּ לֹא קְנָס וְלֹא פִּיתּוּי. אֲתָאן לְרַבִּי מֵאִיר, דְּאָמַר: קְטַנָּה אֵין לָהּ קְנָס, וְהָא מִקַּטְנוּתָהּ יָצְתָה לְבֶגֶר. רֵישָׁא רַבָּנַן וְסֵיפָא רַבִּי מֵאִיר!
Et si tu dis que toute [la baraïta] est selon Rabbi Meïr, et qu'à propos de « celle qui refuse », il tient comme Rabbi Yehouda [selon qui même une jeune femme, et pas seulement une mineure, peut mettre fin à son mariage par le refus, et la baraïta parlerait d'une jeune femme et non d'une mineure] — mais tient-il vraiment cette opinion? N'est-il pas enseigné dans une baraïta qu'il est en désaccord avec Rabbi Yehouda sur ce point? Il fut enseigné: jusqu'à quand une fille peut-elle refuser [de rester mariée]? Jusqu'à ce qu'elle développe deux poils [pubiens], signes de puberté la faisant devenir une jeune femme; ce sont les paroles de Rabbi Meïr. Rabbi Yehouda dit: jusqu'à ce que le noir [des poils pubiens] l'emporte sur le blanc [de la peau]. Cela survient environ six mois plus tard, moment où elle devient une femme adulte.
וְכִי תֵּימָא: כּוּלַּהּ רַבִּי מֵאִיר הִיא, וּבִמְמָאֶנֶת סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה. וּמִי סָבַר לַהּ? וְהָתַנְיָא: עַד מָתַי הַבַּת מְמָאֶנֶת — עַד שֶׁתָּבִיא שְׁתֵּי שְׂעָרוֹת, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: עַד שֶׁיִּרְבֶּה שָׁחוֹר עַל הַלָּבָן.
Mais plutôt: c'est selon Rabbi Yehouda, et à propos de la mineure, il tient comme Rabbi Meïr [qui dit qu'une mineure n'a pas droit à l'amende du viol, et donc l'aïlonit n'y a pas droit non plus]. Mais tient-il vraiment cette opinion? N'a-t-on pas dit que Rav Yehouda a dit au nom de Rav, à propos de la michna [plus loin, 40b] qui énonce: dans tout cas où le père a le droit de vendre sa fille comme servante hébraïque [c'est-à-dire quand elle est mineure], il n'y a pas d'amende si elle est violée — ce sont les paroles de Rabbi Meïr? Et s'il en était ainsi que Rabbi Yehouda tient cette opinion, [Rav] aurait dû dire: ce sont les paroles de Rabbi Meïr et de Rabbi Yehouda! Plutôt, ce tanna de la baraïta est d'accord avec Rabbi Meïr sur une halakha [pas d'amende pour le viol d'une mineure], et est en désaccord avec lui sur une autre [qu'une jeune femme peut mettre fin à son mariage par le refus].
אֶלָּא: רַבִּי יְהוּדָה הִיא, וּבִקְטַנָּה סָבַר לַהּ כְּרַבִּי מֵאִיר. וּמִי סָבַר לַהּ? וְהָאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: זוֹ דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וְאִם אִיתָא, ״זוֹ דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר וְרַבִּי יְהוּדָה״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! הַאי תַּנָּא סָבַר לַהּ כְּרַבִּי מֵאִיר בַּחֲדָא, וּפְלִיג עֲלֵיהּ בַּחֲדָא.
Rafram a dit: toute cette baraïta est selon Rabbi Meïr, et que signifie « celle qui refuse » [n'a droit ni à l'amende du viol ni à celle de la séduction]? Cela désigne celle qui est apte à refuser [c'est-à-dire tant qu'elle est mineure, elle n'a pas droit à l'amende]. Mais qu'il enseigne simplement « une mineure »! [Pourquoi enseigner la halakha de façon si détournée?] C'est une difficulté.
רַפְרָם אָמַר: מַאי ״מְמָאֶנֶת״ — הָרְאוּיָה לְמָאֵן. וְלִיתְנֵי קְטַנָּה! קַשְׁיָא.
[La baraïta enseigne:] l'aïlonit n'a droit ni à l'amende du viol ni à celle de la séduction. Et l'on soulève une contradiction: la sourde-muette, la folle et l'aïlonit ont droit à l'amende, et elles ont droit à la revendication de virginité [si elle se marie avec le statut présumé de vierge et reçoit la ketouba correspondante, son mari peut la lui faire perdre en prétendant qu'elle n'était pas vierge]. Mais quelle est la contradiction? Cette baraïta-ci [où l'on dit que l'aïlonit n'a pas droit à l'amende] est selon Rabbi Meïr; celle-là [où l'on dit qu'elle y a droit] est selon les Rabbanan! Et celui qui a soulevé cette contradiction, pourquoi l'a-t-il soulevée [puisque la solution est évidente]?
אַיְילוֹנִית אֵין לָהּ לֹא קְנָס וְלֹא פִּיתּוּי. וּרְמִינְהִי: הַחֵרֶשֶׁת וְהַשּׁוֹטָה וְהָאַיְילוֹנִית — יֵשׁ לָהֶן קְנָס, וְיֵשׁ לָהֶן טַעֲנַת בְּתוּלִים. וְהָא, מַאי רוּמְיָא? הָא רַבִּי מֵאִיר, הָא רַבָּנַן! וּדְקָאָרֵי לַהּ, מַאי קָאָרֵי לַהּ!
Parce qu'il avait une autre [baraïta] à opposer à celle-ci: la sourde-muette, la folle, la femme adulte et celle dont l'hymen a été déchiré non par des rapports [muékat ets] n'ont pas droit à la revendication de virginité, car elles n'ont pas le statut présumé de vierge. En revanche, l'aveugle et l'aïlonit ont droit à la revendication de virginité. Soumkhos dit au nom de Rabbi Meïr: l'aveugle n'a pas droit à la revendication de virginité. [Les deux baraïtot se contredisent quant à la sourde-muette et la folle.]
מִשּׁוּם דְּאִית לֵיהּ לְמִירְמֵא אַחֲרִיתִי עִילָּוֵיהּ: הַחֵרֶשֶׁת וְהַשּׁוֹטָה וְהַבּוֹגֶרֶת ומוּכַּת עֵץ — אֵין לָהֶן טַעֲנַת בְּתוּלִים. הַסּוֹמָא וְאַיְילוֹנִית — יֵשׁ לָהֶן טַעֲנַת בְּתוּלִים. סוֹמְכוֹס אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי מֵאִיר: סוֹמָא אֵין לָהּ טַעֲנַת בְּתוּלִים.
Rav Chechet a dit: ce n'est pas difficile: celle-ci est selon Rabban Gamliel, et celle-là est selon Rabbi Yehochoua. [Rabban Gamliel soutient qu'une femme est crue si elle dit avoir été violée après ses fiançailles, et ne perd donc pas sa ketouba; Rabbi Yehochoua soutient qu'elle n'est pas crue et la perd.] Dis: tu as entendu que Rabban Gamliel accepte sa prétention là où elle-même la formule — mais là où elle ne la formule pas, l'as-tu entendu de lui? Oui: puisque Rabban Gamliel a dit qu'elle est crue quand elle affirme avoir été violée après les fiançailles, la sourde-muette et la folle sont crues elles aussi, bien qu'incapables de formuler elles-mêmes la prétention, car dans un tel cas c'est [comme il est dit]: « Ouvre ta bouche pour le muet » (Michlei 31, 8) [le tribunal formule la prétention à sa place].
אָמַר רַב שֵׁשֶׁת, לָא קַשְׁיָא: הָא רַבָּן גַּמְלִיאֵל, וְהָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ. אֵימַר דְּשָׁמְעַתְּ לֵיהּ לְרַבָּן גַּמְלִיאֵל הֵיכָא דְּקָא טָעֲנָה אִיהִי, הֵיכָא דְּלָא קָא טָעֲנָה אִיהִי, מִי שָׁמְעַתְּ לֵיהּ? אִין, כֵּיוָן דְּאָמַר רַבָּן גַּמְלִיאֵל מְהֵימְנָא, כְּגוֹן זוֹ ״פְּתַח פִּיךָ לְאִלֵּם״ הוּא.
[La baraïta enseigne:] la femme adulte n'a pas droit à la revendication de virginité [car avec la maturation de son corps, son hymen n'est plus intact]. Mais Rav n'a-t-il pas dit: à la femme adulte, on accorde la première nuit [entière, durant laquelle elle peut avoir des rapports plusieurs fois avec son mari, et tout le sang vu cette nuit-là est attribué au sang de l'hymen, pur, et non au sang menstruel]? Il apparaît donc que même une femme adulte a son hymen intact!
וְהַבּוֹגֶרֶת אֵין לָהּ טַעֲנַת בְּתוּלִים. וְהָאָמַר רַב: בּוֹגֶרֶת, נוֹתְנִין לָהּ לַיְלָה הָרִאשׁוֹן!

Rachi

עריות ממש - המפורש באחרי מות והן בכריתות:,שניות - שגזרו חכמים על שניות להן להרחיק מן העבירה כגון אם אמו ואם אביו ושאר עריות השנויות בפרק ב' דיבמות (דף כא.):,כיון דשניות חזיין ליה מדאורייתא - קרינן ביה ולו תהיה לאשה:,אמאי אין לה קנס - בשלמא בעריות איכא למימר כשמעון התימני דלית ליה נערה נערה הנערה אלא שניות קשיא:,שמעון התימני - בריש פירקין דאמר אשה שיש בה הויה:

ר"ש בן מנסיא - דאמר אשה הראויה לקיימה:

רבנן היא - דפליגי אדר"מ בריש פירקין:

ובממאנת סבר לה כר' יהודה - דאמר נערה ממאנת והכי תידוק מינה נערה ממאנת אין לה קנס הא נערה בעלמא יש לה קנס:,עד שתביא שתי שערות - ומשהביאה אינה ממאנת ואפילו לא בעל לאחר מיכן:,רבי יהודה אומר - אם לא בעל לאחר שגדלה ממאנת:,עד שירבה שחור על הלבן - ובנדה מפרש שתי שערות שוכבות ונראה כמו שירבה השחור:

אלא ר' יהודה היא - ובממאנת נערה אשמעינן דאין לה קנס ולא תדוק הא קטנה יש לה קנס וגבי אילונית דתנא נמי אין לה קנס משום דבקטנה סבר כר"מ וזו מקטנותה יצאת לבגר:,זו דברי כו' - לקמן בפרקין (כתובות דף מ:):,סבר לה כר' מאיר - דקטנה אין לה קנס משום הכי אין קנס באילונית:,ופליג עליה - בממאנת ואמר עד שירבה השחור וכי תנא הממאנת אין לה קנס הא הראויה למאן יש לה קנס בנערה קאמר:

מאי ממאנת הראויה למאן - כלומר כל קטנה קאמר וכולה ר"מ היא:

ויש להן טענת בתולים - להפסידה כתובה:,הא ר"מ - דאמר קטנה אין לה קנס ואילונית מקטנותה יצתה לבגר:,ודקארי לה מאי קארי לה - מי שהשיב תשובה זו בבית המדרש מה עלתה על רוחו ולא סבירא ליה דאיכא לאוקמינהו כר"מ ורבנן:

משום דאית ליה למירמא אחריתא עליה - לא הביאה לבית המדרש אלא לפי שיש להשיב אחרת על זו חרשת ושוטה אחרשת ושוטה:,בוגרת - בתוליה כלים מאיליהן:

הא רבן גמליאל - דאמר בפ"ק (דף יב:) היא אומרת משאירסתני נאנסתי נאמנת הכא נמי אין לה טענת בתולים להפסידה כתובתה דאמרינן אי הוה פקחת לטעון הוה טענה משאירסתני נאנסתי ומהימנא:,הא רבי יהושע - דאמר לא מפיה אנו חיין הכא יש לה טענת בתולים דאי נמי הוה טענה קמן לא מהימנינן לה:

נותנין לה לילה הראשון - ובועל כמה בעילות ותלינן כל דמים של אותו הלילה בדם בתולים אלמא אית לה דם בתולים לבוגרת דאי לא לא הוה בעי למיתב לה אלא בעילת מצוה וכיון דאית לה בתולים היכא דבעל ולא מצא דם תפסיד כתובתה דהא כנסה בחזקת בתולה ומצאה בעולה:

Tossafot

[אבל חייבי לאוין יש להן קנס ומני שמעון התימני היא - לא הוה מצי למימר מני רבי נחוניא היא דלדידיה לא הוה קרי להו שניות שהרי משוה חייבי כריתות לחייבי מיתות ב"ד והא דלא קאמר הא מני רבי עקיבא ועריות חייבי מיתות ושניות חייבי כריתות וחייבי לאוין אלא דניחא ליה לאוקמי אפי' כרבנן דאמרי קידושין תופסין ועוד משום דקאמר בלישנא קמא מני שמעון התימני היא קאמר נמי באיכא דאמרי מני רבי שמעון בן מנסיא היא דהוי בר פלוגתיה דשמעון התימני]:

עד שירבה השחור כו' - אית דלא גרסי על הלבן משום דאמרינן בפרק בא סימן (נדה דף נב. ושם) לא שירבה ממש אלא כדי שיהו שתי שערות שוכבות ונראה כמו שירבה שחור ועל הלבן משמע יותר מן הלבן ור"ח פירש על הלבן שהשערות סמוך לבשר הם שחורים ובראשם לבנים:

זו דברי ר"מ - אמתניתין דלקמן (כתובות דף מ:) דכל מקום שיש מכר אין קנס קאמר לה רב יהודה:,ואם איתא זו דברי ר"מ ורבי יהודה מיבעי ליה - ואע"ג דרבי יונתן ור' יאשיה סבירא להו כר"מ בס"פ ד' מיתות (סנהדרין סו: ושם) לפי' ר"ת דפי' עד שיהיו שניהם שוין במיתה אחת ואפי' לפ"ה דמפרש בני עונשין מ"מ ר' יאשיה כר' מאיר סבירא ליה דלית ליה הא דדרשי רבנן לקמן (כתובות דף מ:) כאן נערה כו' דהא פטר קטנה מאורסה מ"מ לא קאמר זו דברי ר"מ ור' יאשיה דלא פריך הכא זו דברי ר"מ ורבי יהודה מיבעי ליה אלא משום דרבי יהודה בר פלוגתיה דר"מ והוי בכלל חכמים דפליגי עליה ולהכי אם איתא דלא פליג ה"ל למימר זו דברי ר"מ ור' יהודה אבל קשה דה"ל למימר הא מני ר' יאשיה היא ובממאנת סבר לה כר' יהודה:

וליתני קטנה קשיא - אע"ג דהוי תני קטנה דאין לה קנס מ"מ תני נמי אילונית דה"א דוקא קטנה שיש לה נערות אין לה קנס ותימה לר"י אמאי לא משני דאגב אורחיה קמ"ל דעד מתי הבת ממאנת עד שתביא שתי שערות:

החרשת והשוטה כו' אין להן טענת בתולים - פי' בקונטרס דאי הוה פקחת לטעון הוה טענה משאירסתני נאנסתי וקשה לר"י דהיכי טענינן לה הכי מספק לאפוקי ממונא כיון דאיהי לא טענה דחזקת גופה איתרעי דהוי שור שחוט לפניך אבל חזקת ממון לא איתרע ומיהו מביא ר"י ראיה לפי' הקונטרס דאמר בפ' המדיר (לקמן כתובות עו: ושם) לא הוגלד פי המכה המוציא מחבירו עליו הראיה ומפרש דאפי' לא יהיב טבח דמי על הטבח להביא ראיה שברשות המוכר נטרפה והא דמפרש רב אשי למתני' דהמדיר דהיו בה מומין ועודה בבית אביה על האב להביא ראיה רישא מנה לאבא בידך סיפא מנה לי בידך לא מטעם דברי ושמא ברי עדיף כדמשמע לפום ריהטא דא"כ הוה קשה דהיכי טענינן לה הכי אלא כדפי' התם בקונטרס רישא מנה לאבא בידך דלגבי האב לא מהני חזקת הגוף דבתו דהכתובה היא באירוסין של אב סיפא מנה לי בידך דלגבי דידה מהני חזקת הגוף דידה וכן צריך לפרש דאי מטעם ברי קאמר התם אמאי קאמר דעודה בבית אביה על האב להביא ראיה דמשנתארסה נולדו בה מומין אמאי צריך להביא ראיה כיון דאמר ברי לי דבכל ענין משמע דצריך להביא ראיה אפילו אב אמר ברי לי ולר"י נראה לפרש הכא דאין להן טענת בתולים לפי שבחזקת מוכת עץ היא ואע"ג דכולהו נמי חבוטי מחבטן מ"מ שאר נשים יש להן טענת בתולים מדלא קאמרי שהן מוכת עץ אבל הנך חרשת ושוטה דלא מצי אמרי בחזקת מוכת עץ נשאות וכן נראה דברוב ספרים ל"ג לעיל בברייתא אלא החרשת והשוטה והאילונית יש להן קנס ותו לא ואין כתוב ברוב ספרים ויש להן טענת בתולים ולפר"י פריך שפיר דמדקאמר יש להן קנס אלמא לא חשבינן להו בחזקת מוכת עץ אבל לפי' הקונטרס מאי קפריך הכא נמי בחזקת בתולות חשבינן להו דהא אמרינן השתא דמשנתארסה נאנסה ורשב"א הקשה לפר"י דאמאי לא משני הא דקתני אין להן טענת בתולים כר"מ דאמר בפ"ק (לעיל כתובות יג.) מוכת עץ בין הכיר בה בין לא הכיר בה מאתים והא דקתני יש להן טענת בתולים כרבנן דאמרי כתובתן מנה וכי תימא משום דקתני חרשת דומיא דאיילונית הא ע"כ איילונית גופה לא הפסידה כתובתה לגמרי דהא רב ששת דמשני הא ר"ג הא ר' יהושע סבירא ליה בפ"ק (דף יא:) כנסה בחזקת בתולה ונמצאת בעולה יש לה כתובה מנה:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Ketubot 36a
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