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Traité Ketubot

28b

Étude de Ketubot 28b

Étude de la Guémara 28b

Guémara
Un tuteur [administrant les biens d'un orphelin], ou celui qui a posé les tefilin en présence de son maître, ou celui qui a lu trois versets [de la Torah] à la synagogue — celui-ci n'est pas nécessairement sorti à la liberté [en tant qu'esclave]. [La Guemara répond:] Là-bas, il s'agit d'un cas où [l'esclave] a lu de sa propre initiative. Quand nous disons [dans la Michna que c'est une preuve qu'il est cohen], c'est dans un cas où [le maître] le traite selon la coutume [réservée] aux fils, non aux esclaves, et l'envoie à l'école.
אַפּוֹטְרוֹפּוֹס, אוֹ שֶׁהִנִּיחַ תְּפִילִּין בִּפְנֵי רַבּוֹ, אוֹ שֶׁקָּרָא שְׁלֹשָׁה פְּסוּקִים בְּבֵית הַכְּנֶסֶת — הֲרֵי זֶה לֹא יָצָא לְחֵירוּת. הָתָם דְּאִיקְּרִי עֶבֶד מִדַּעְתּוֹ. כִּי קָאָמְרִינַן — דְּקָא נָהֵיג בֵּיהּ מִנְהַג בָּנִים.
[Il est crédible pour témoigner qu'étant enfant il a vu des gens] s'immerger pour manger de la terouma. [Cela concerne] une terouma d'ordre rabbinique. Et [il est crédible pour témoigner] qu'un tel partageait la terouma avec nous sur l'aire de battage. Mais peut-être est-il l'esclave d'un cohen? Nous avons appris la Michna selon celui qui dit: on ne distribue de terouma à un esclave que si son maître est avec lui. Comme il est enseigné dans une baraïta: on ne distribue de terouma à un esclave que si son maître est avec lui — c'est l'opinion de Rabbi Yehouda. Rabbi Yossi dit: il pourrait dire: si je suis cohen, donnez-moi [la terouma] pour moi-même, et si je suis l'esclave d'un cohen, donnez-la-moi pour mon maître.
לִטְבּוֹל לֶאֱכוֹל בִּתְרוּמָה. בִּתְרוּמָה דְּרַבָּנַן. וְשֶׁהָיָה חוֹלֵק עִמָּנוּ עַל הַגּוֹרֶן. וְדִלְמָא עֶבֶד כֹּהֵן הוּא? תְּנַן כְּמַאן דְּאָמַר אֵין חוֹלְקִין תְּרוּמָה לְעֶבֶד אֶלָּא אִם כֵּן רַבּוֹ עִמּוֹ. דְּתַנְיָא: אֵין חוֹלְקִין תְּרוּמָה לְעֶבֶד אֶלָּא אִם כֵּן רַבּוֹ עִמּוֹ, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: יָכוֹל הוּא שֶׁיֹּאמַר: אִם כֹּהֵן אֲנִי — תְּנוּ לִי בִּשְׁבִיל עַצְמִי, וְאִם עֶבֶד כֹּהֵן אֲנִי — תְּנוּ לִי בִּשְׁבִיל רַבִּי.
Dans l'endroit de Rabbi Yehouda, on élevait [celui qui mange] de la terouma au statut présumé de lignée sacerdotale. C'est pourquoi il n'a permis de distribuer la terouma à l'esclave d'un cohen que si son maître était présent, de crainte que, si on la lui donnait directement, on le prenne pour un cohen. Dans l'endroit de Rabbi Yossi, on n'élevait pas [celui qui mange] de la terouma au statut de lignée. C'est pourquoi il a permis de distribuer la terouma directement à l'esclave d'un cohen, sans crainte qu'on le confonde avec un cohen.
בִּמְקוֹמוֹ שֶׁל רַבִּי יְהוּדָה הָיוּ מַעֲלִין מִתְּרוּמָה לְיוּחֲסִין. בִּמְקוֹמוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי לֹא הָיוּ מַעֲלִין מִתְּרוּמָה לְיוּחֲסִין.
Il est enseigné dans une baraïta: Rabbi Elazar, fils de Rabbi Yossi, a dit: de toute ma vie, je n'ai jamais eu l'occasion de témoigner [devant un tribunal]. Une fois, j'ai témoigné, et on a élevé un esclave au statut de cohen sur la base de mon témoignage. La Guemara demande: te vient-il à l'esprit qu'on ait réellement élevé cet esclave au statut de cohen?! Or, si pour les animaux des justes le Saint béni soit-Il ne fait pas advenir d'obstacle par leur intermédiaire, à plus forte raison pour les justes eux-mêmes!
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי יוֹסֵי: מִיָּמַי לֹא הֵעַדְתִּי. פַּעַם אַחַת הֵעַדְתִּי וְהֶעֱלוּ עֶבֶד לַכְּהוּנָּה עַל פִּי. הֶעֱלוּ סָלְקָא דַּעְתָּךְ?! הַשְׁתָּא וּמָה בְּהֶמְתָּן שֶׁל צַדִּיקִים אֵין הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מֵבִיא תַּקָּלָה עַל יָדָם, צַדִּיקִים עַצְמָם לֹא כׇּל שֶׁכֵּן!
Mais [il faut comprendre autrement]: on a cherché à élever un esclave au statut de cohen sur la base de mon témoignage [mais on n'y est finalement pas parvenu]. [Rabbi Elazar] avait vu, dans l'endroit de Rabbi Yossi, où l'on n'élève pas de la terouma à la lignée sacerdotale, [la terouma] distribuée directement à l'esclave d'un cohen; et il est allé témoigner de ce qu'il avait vu dans l'endroit de Rabbi Yehouda, où l'on élève de la terouma à la lignée sacerdotale.
אֶלָּא: בִּקְּשׁוּ לְהַעֲלוֹת עֶבֶד לַכְּהוּנָּה עַל פִּי. חֲזָא בְּאַתְרֵיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי, וַאֲזַל וְאַסְהֵיד בְּאַתְרֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה.
Et [il est crédible pour témoigner] que cet endroit est un beit haperass. Pour quelle raison? [Parce que l'impureté du] beit haperass est d'ordre rabbinique. Car Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel: un homme peut souffler [sur la poussière] du beit haperass en avançant. Et Rav Yehouda bar Ami a dit, au nom de Rav Yehouda: un beit haperass qui a été foulé [par les passants, créant un sentier] est pur. Pour quelle raison? Parce qu'il est impossible qu'un os de la taille d'un grain d'orge n'ait pas été foulé par les pas [et ainsi réduit].
וְשֶׁהַמָּקוֹם הַזֶּה בֵּית הַפְּרָס הוּא. מַאי טַעְמָא? בֵּית הַפְּרָס דְּרַבָּנַן. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: מְנַפֵּחַ אָדָם בֵּית הַפְּרָס וְהוֹלֵךְ. וְרַב יְהוּדָה בַּר אַמֵּי מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה אָמַר: בֵּית הַפְּרָס שֶׁנִּידַּשׁ — טָהוֹר. מַאי טַעְמָא — אִי אֶפְשָׁר לְעֶצֶם כִּשְׂעוֹרָה שֶׁלֹּא נִידַּשׁ בָּרֶגֶל.
Et [il est crédible pour témoigner]: jusqu'ici nous venions le Chabbat. [La Guemara explique:] Ce tanna considère que les limites de Chabbat [au-delà desquelles il est interdit de sortir de la ville] sont d'ordre rabbinique, et les Sages l'ont donc considéré crédible en matière rabbinique.
וְעַד כָּאן הָיִינוּ בָּאִין בַּשַּׁבָּת. קָסָבַר: תְּחוּמִין דְּרַבָּנַן.
Et il n'est pas crédible pour dire: un tel avait un chemin à cet endroit, ou: un tel avait un lieu de station et d'éloge funèbre à cet endroit. Pour quelle raison n'est-il pas crédible? Parce qu'on ne retire pas d'argent [de la possession de son propriétaire présumé] sur la base d'un témoignage concernant ce qu'il a vu étant enfant.
וְאֵין נֶאֱמָן לוֹמַר ״דֶּרֶךְ הָיָה לִפְלוֹנִי בַּמָּקוֹם הַזֶּה״, ״מַעֲמָד וּמִסְפֵּד הָיָה לִפְלוֹנִי בַּמָּקוֹם הַזֶּה״. מַאי טַעְמָא — אַפּוֹקֵי מָמוֹנָא לָא מַפְּקִינַן.
Les Sages ont enseigné: l'enfant [devenu adulte] est crédible pour dire: voici ce que mon père m'a dit [quand j'étais enfant]: cette famille est pure, cette famille est impure. La Guemara demande: te vient-il à l'esprit que [son père ait dit] pure et impure [à propos d'une famille]? Il faut dire plutôt: cette famille est de lignée irréprochable, et cette famille est de lignée disqualifiée.
תָּנוּ רַבָּנַן: נֶאֱמָן הַתִּינוֹק לוֹמַר, כָּךְ אָמַר לִי אַבָּא: ״מִשְׁפָּחָה זוֹ טְהוֹרָה״, ״מִשְׁפָּחָה זוֹ טְמֵאָה״. טְהוֹרָה וּטְמֵאָה סָלְקָא דַּעְתָּךְ?! אֶלָּא ״מִשְׁפָּחָה זוֹ כְּשֵׁרָה״, וּ״מִשְׁפָּחָה זוֹ פְּסוּלָה״.
Et [il est crédible pour témoigner] que nous avons mangé à la ketsatsa [organisée] pour [le mariage] de la fille d'un tel avec un tel; et que nous apportions la 'hala et les dons [sacerdotaux] à un tel cohen. [Mais seulement] pour ce qu'il a fait lui-même, non pour ce qu'un autre a fait par son intermédiaire. Et dans tous ces cas, s'il était non-juif et s'est converti, ou esclave et a été affranchi, ils ne sont pas crédibles. Et il n'est pas crédible pour dire qu'un tel avait un chemin à cet endroit, ou un lieu de station et d'éloge funèbre à cet endroit. Rabbi Yohanan ben Beroka dit: ils sont crédibles.
וְ״שֶׁאָכַלְנוּ בִּקְצָצָה שֶׁל בַּת פְּלוֹנִי לִפְלוֹנִי״, וְ״שֶׁהָיִינוּ מוֹלִיכִים חַלָּה וּמַתָּנוֹת לִפְלוֹנִי כֹּהֵן״. עַל יְדֵי עַצְמוֹ, אֲבָל לֹא עַל יְדֵי אַחֵר. וְכוּלָּן, אִם הָיָה גּוֹי וְנִתְגַּיֵּיר, עֶבֶד וְנִשְׁתַּחְרֵר — אֵין נֶאֱמָנִים. וְאֵין נֶאֱמָן לוֹמַר ״דֶּרֶךְ הָיָה לִפְלוֹנִי בַּמָּקוֹם הַזֶּה״, ״מַעֲמָד וּמִסְפֵּד הָיָה לִפְלוֹנִי בַּמָּקוֹם הַזֶּה״. רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָא אוֹמֵר: נֶאֱמָנִים.
Sur quelle partie [de la baraïta] porte [le désaccord de] Rabbi Yohanan ben Beroka? Si l'on dit que c'est sur la dernière partie, [il s'agit d'un cas où le témoignage] retire de l'argent [à son propriétaire présumé, comment pourrait-il être crédible]! Il s'agit donc plutôt de la première partie: et dans tous ces cas, s'il était non-juif et s'est converti, ou esclave et a été affranchi, ils ne sont pas crédibles — Rabbi Yohanan ben Beroka dit: ils sont crédibles.
רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָא אַהֵיָיא? אִילֵּימָא אַסֵּיפָא: אַפּוֹקֵי מָמוֹנָא הוּא! אֶלָּא אַרֵישָׁא. וְכוּלָּם, אִם הָיָה גּוֹי וְנִתְגַּיֵּיר, עֶבֶד וְנִשְׁתַּחְרֵר — אֵין נֶאֱמָנִין. רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָא אוֹמֵר: נֶאֱמָנִין.
Sur quel principe divergent-ils? Le premier tanna considère: puisqu'il était non-juif, il n'était pas attentif [à ces détails, cela ne le concernait pas]. Et Rabbi Yohanan ben Beroka considère: puisqu'il avait l'intention de se convertir, il s'y intéressait et était attentif [à ces détails].
בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? תַּנָּא קַמָּא סָבַר: כֵּיוָן דְּגוֹי הוּא, לָא הֲוָה דָּיֵיק. וְרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָא סָבַר: כֵּיוָן דְּדַעְתֵּיהּ לְאִיגַּיּוֹרֵי, מֵידָק הֲוָה דָּיֵיק.
Ketubot 28b
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