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Traité Ketubot

27b

Étude de Ketubot 27b

Étude de la Mishna & Guémara 27b

Pourquoi mentirais-je d'une manière aussi peu efficace, alors qu'on pourrait me croire crédible? Si elle avait voulu mentir, elle aurait pu prétendre qu'elle s'était cachée, ce qui est une affirmation plus efficace. Ou peut-être ne dit-on pas ce principe?
מָה לִי לְשַׁקֵּר. אוֹ דִלְמָא לָא אָמְרִינַן?
La Guemara demande: Et en quoi cela diffère-t-il de cet incident, où un certain homme avait loué un âne à son compagnon, et lui avait dit: Ne va pas par le chemin du fleuve Pekod, où il y a de l'eau [et l'âne risque de se noyer]; va par le chemin de Neresh, où il n'y a pas d'eau. Et il alla par le chemin du fleuve Pekod, et l'âne mourut.
וּמַאי שְׁנָא מֵהָהוּא מַעֲשֶׂה, דְּהָהוּא גַּבְרָא דְּאֹגַר לֵיהּ חֲמָרָא לְחַבְרֵיהּ, אֲמַר לֵיהּ: לָא תֵּיזִיל בְּאוֹרְחָא דִּנְהַר פְּקוֹד דְּאִיכָּא מַיָּא, זִיל בְּאוֹרְחָא דְּנַרֶשׁ דְּלֵיכָּא מַיָּא, וַאֲזַל אִיהוּ בְּאוֹרְחָא דִּנְהַר פְּקוֹד וּמִית חֲמָרָא.
Il vint devant Rava, et lui dit: Oui, je suis allé par le chemin du fleuve Pekod, mais il n'y avait pas d'eau [à cet endroit]. Rava dit: [Sa parole est crédible en vertu du principe] « Pourquoi mentirais-je? » S'il avait voulu, il aurait pu lui dire: Je suis allé par le chemin de Neresh. Et Abaye lui dit: On ne dit pas « Pourquoi mentirais-je » en présence de témoins [qui pourraient contredire l'affirmation].
אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרָבָא, אֲמַר לֵיהּ: אִין, בְּאוֹרְחָא דִּנְהַר פְּקוֹד אֲזַלִי, מִיהוּ לָא הֲווֹ מַיָּא. אָמַר רַבָּא: ״מָה לִי לְשַׁקֵּר״. אִי בָּעֵי, אֲמַר לֵיהּ: בְּאוֹרְחָא דְנַרֶשׁ אֲזַלִי. וַאֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: ״מָה לִי לְשַׁקֵּר״ בִּמְקוֹם עֵדִים לָא אָמְרִינַן.
La Guemara demande: Comment peut-on comparer ces deux cas?! Là-bas, dans le cas de l'âne, il y a certainement des témoins capables de confirmer qu'il y a de l'eau sur ce chemin. Ici, dans le cas des femmes, est-il clairement établi qu'elle a été certainement souillée? Ce n'est là qu'une simple crainte, et dans une situation de simple crainte [et non de fait établi], on dit le principe « Pourquoi mentirais-je », et sa parole est crédible.
הָכִי הַשְׁתָּא?! הָתָם וַדַּאי אִיכָּא עֵדִים דְּאִיכָּא מַיָּא. הָכָא, וַדַּאי אִיטַּמַּי? חֲשָׁשָׁא הוּא, וּבִמְקוֹם חֲשָׁשָׁא — אָמְרִינַן.
§ Nous avons appris dans la MICHNA : S'il y a des témoins, même un esclave et même une servante sont crédibles. La Guemara demande: Et même sa propre servante à elle est-elle crédible? Et l'on soulève une contradiction: Elle ne doit pas rester seule avec lui, sauf en présence de témoins.
אִם יֵשׁ עֵדִים, אֲפִילּוּ עֶבֶד וַאֲפִילּוּ שִׁפְחָה נֶאֱמָנִין. וַאֲפִילּוּ שִׁפְחָה דִּידַהּ מְהֵימְנָא? וּרְמִינְהִי: לֹא תִּתְיַיחֵד עִמּוֹ אֶלָּא עַל פִּי עֵדִים.
Et même sur la base de la présence d'un esclave et de la présence d'une servante, sauf de sa propre servante à elle, parce qu'elle est habituée à sa servante [et sa présence ne constitue pas un obstacle à l'intimité]. Rav Pappi dit: Concernant la femme captive, on a été indulgent.
וַאֲפִילּוּ עַל פִּי עֶבֶד וְעַל פִּי שִׁפְחָה. חוּץ מִשִּׁפְחָתָהּ, מִפְּנֵי שֶׁלִּבָּהּ גַּס בְּשִׁפְחָתָהּ! אָמַר רַב פַּפֵּי: בִּשְׁבוּיָה הֵקֵילּוּ.
Rav Pappa dit: Ceci [le cas du divorce conditionnel] concerne sa servante à elle; cela [le cas de la femme captive, où même le témoignage de la servante est accepté] concerne sa servante à lui, à laquelle la femme n'est pas aussi habituée, et dont la présence constitue donc un obstacle.
רַב פָּפָּא אָמַר: הָא בְּשִׁפְחָה דִּידַהּ, הָא בְּשִׁפְחָה דִּידֵיהּ.
Et la servante à elle n'est-elle pas crédible? Mais n'est-il pas enseigné: Une personne ne peut témoigner sur elle-même? On en déduit qu'elle-même n'est pas crédible pour témoigner sur elle, mais que sa servante à elle l'est! [La Guemara répond:] Le statut de sa servante est assimilé à son propre statut [à elle, donc ni l'une ni l'autre n'est crédible].
וְשִׁפְחָה דִּידַהּ לָא מְהֵימְנָא? הָא קָתָנֵי: אֵין אָדָם מֵעִיד עַל עַצְמוֹ, הָא שִׁפְחָה דִּידַהּ מְהֵימְנָא! שִׁפְחָתָהּ נָמֵי כְּעַצְמָהּ דָּמֵי.
Rav Achi dit: L'un et l'autre cas concernent sa servante à elle, mais il y a une distinction: une servante voit ce qui se passe et se tait, mais ne mentira pas activement. Là-bas, où son silence rendrait sa maîtresse permise [au mari], elle n'est pas crédible [de peur qu'elle ait vu et se soit tue]. Ici, où son silence rendrait sa maîtresse interdite, elle est crédible [si elle affirme qu'il n'y a pas eu souillure, car cela suppose qu'elle parle et ne se contente pas de se taire].
רַב אָשֵׁי אָמַר: הָא וְהָא בְּשִׁפְחָה דִּידַהּ, וְשִׁפְחָה מִיחְזָא חָזְיָא וְשָׁתְקָה. הָתָם דִּשְׁתִיקָתָהּ מַתִּירָתָהּ — לָא מְהֵימְנָא. הָכָא דִּשְׁתִיקָתָהּ אוֹסַרְתָּהּ — מְהֵימְנָא.
La Guemara demande: Ici aussi, ne pourrait-elle pas venir mentir [en faveur de sa maîtresse]? [La Guemara répond:] Elle ne commettrait pas deux actes malhonnêtes [à la fois se taire par dissimulation et mentir activement].
הַשְׁתָּא נָמֵי אָתְיָא וּמְשַׁקְּרָא! תַּרְתֵּי לָא עָבְדָה.
Comme dans le cas de Mari bar Issak — et certains disent Hana bar Issak — où un homme vint d'auprès de lui, de Bei Hozaa. Il lui dit: Partage avec moi les biens de notre père! Il lui répondit: Je ne te connais pas. L'affaire vint devant Rav 'Hisda. Celui-ci lui dit: Il te parle correctement, car il est écrit: « Et Yossef reconnut ses frères, mais eux ne le reconnurent pas » (Béréchit 42, 8), ce qui enseigne qu'il était parti sans trace de barbe et revint avec une barbe.
כִּי הָא דְּמָרִי בַּר אִיסַק, וְאָמְרִי לַהּ חָנָא בַּר אִיסַק, אֲתָא לֵיהּ אַחָא מִבֵּי חוֹזָאָה. אֲמַר לֵיהּ: פְּלוֹג לִי בְּנִכְסֵי דְּאַבָּא! אֲמַר לֵיהּ: לָא יָדַעְנָא לָךְ. אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב חִסְדָּא. אֲמַר לֵיהּ: שַׁפִּיר קָאָמַר לָךְ, דִּכְתִיב: ״וַיַּכֵּר יוֹסֵף אֶת אֶחָיו וְהֵם לֹא הִכִּירֻהוּ״, מְלַמֵּד שֶׁיָּצָא בְּלֹא חֲתִימַת זָקָן וּבָא בַּחֲתִימַת זָקָן.
Il lui dit: Va, apporte des témoins que tu es son frère. Il lui répondit: J'ai des témoins, mais ils ont peur de lui, car c'est un homme violent. Il dit alors à Mari: Va, apporte, toi, [des témoins] qu'il n'est pas ton frère. Mari lui dit: Est-ce là la loi? N'est-ce pas que la charge de la preuve incombe au demandeur? Rav 'Hisda lui répondit: Voilà comment je juge pour toi et pour tous tes semblables violents. [La Guemara demande:] Mais là aussi, les témoins pourraient venir et mentir [par peur de Mari]! [Réponse:] On ne commet pas deux actes malhonnêtes [se taire par peur et mentir en plus].
אֲמַר לֵיהּ: זִיל אַיְיתִי סָהֲדֵי דַּאֲחוּהּ אַתְּ. אֲמַר לֵיהּ: אִית לִי סָהֲדֵי, וּמִסְתְּפוּ מִינֵּיהּ, דְּגַבְרָא אַלָּמָא הוּא. אֲמַר לֵיהּ לְדִידֵיהּ: זִיל אַיְיתִינְהוּ אַתְּ דְּלָאו אֲחוּךְ הוּא. אֲמַר לֵיהּ: דִּינָא הָכִי? הַמּוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ עָלָיו הָרְאָיָה! אֲמַר לֵיהּ: הָכִי דָּאֵינְנָא לָךְ וּלְכוּלְּהוּ אַלָּמֵי חַבְרָךְ. הַשְׁתָּא נָמֵי אָתוּ וּמְשַׁקְּרִי! תַּרְתֵּי לָא עָבְדִי.
Ketubot 27b
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