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Traité Ketubot

23b

Étude de Ketubot 23b

Étude de la Mishna & Guémara 23b

Mishna 1
MICHNA: Dans le cas de deux femmes qui ont été capturées, si celle-ci dit: « J'ai été capturée mais je suis pure », et celle-là dit: « J'ai été capturée mais je suis pure », elles ne sont pas crues. Mais lorsqu'elles témoignent l'une sur l'autre, elles sont crues.
מַתְנִי׳ שְׁתֵּי נָשִׁים שֶׁנִּשְׁבּוּ, זֹאת אוֹמֶרֶת ״נִשְׁבֵּיתִי וּטְהוֹרָה אֲנִי״, וְזֹאת אוֹמֶרֶת ״נִשְׁבֵּיתִי וּטְהוֹרָה אֲנִי״ — אֵינָן נֶאֱמָנוֹת. וּבִזְמַן שֶׁהֵן מְעִידוֹת זוֹ אֶת זוֹ — הֲרֵי אֵלּוּ נֶאֱמָנוֹת.(משנה)
Guémara
GUEMARA: Les Sages ont enseigné dans une baraïta: Si elle dit: « Je suis souillée et ma compagne est pure », elle est crue [sur les deux points]. Si elle dit: « Je suis pure et ma compagne est souillée », elle n'est crue ni pour elle-même ni pour sa compagne. Si elle dit: « Moi et ma compagne sommes souillées », elle est crue pour elle-même mais pas pour sa compagne. Si elle dit: « Moi et ma compagne sommes pures », elle est crue pour sa compagne mais pas pour elle-même.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: ״אֲנִי טְמֵאָה וַחֲבֶרְתִּי טְהוֹרָה״ — נֶאֱמֶנֶת. ״אֲנִי טְהוֹרָה וַחֲבֶרְתִּי טְמֵאָה״ — אֵינָהּ נֶאֱמֶנֶת. ״אֲנִי וַחֲבֶרְתִּי טְמֵאָה״ — נֶאֱמֶנֶת עַל עַצְמָהּ, וְאֵינָהּ נֶאֱמֶנֶת עַל חֲבֶרְתָּהּ. ״אֲנִי וַחֲבֶרְתִּי טְהוֹרָה״ — נֶאֱמֶנֶת עַל חֲבֶרְתָּהּ, וְאֵינָהּ נֶאֱמֶנֶת עַל עַצְמָהּ.
Le Maître a dit dans la baraïta que si elle dit: « Je suis pure et ma compagne est souillée », elle n'est pas crue. La Guemara demande: De quel cas s'agit-il? S'il n'y a pas de témoins [attestant qu'elle a été capturée], pourquoi ne serait-elle pas crue pour elle-même? Elle dit: « J'ai été capturée et je suis pure », et elle devrait être crue selon le principe que la bouche qui a interdit est la bouche qui a permis! Il est donc évident qu'il y a des témoins.
אָמַר מָר: ״אֲנִי טְהוֹרָה וַחֲבֶרְתִּי טְמֵאָה״ — אֵינָהּ נֶאֱמֶנֶת. הֵיכִי דָמֵי? אִי דְּלֵיכָּא עֵדִים, עַל עַצְמָהּ אַמַּאי לָא מְהֵימְנָא? ״נִשְׁבֵּיתִי וּטְהוֹרָה אֲנִי״ קָאָמְרָה! אֶלָּא פְּשִׁיטָא דְּאִיכָּא עֵדִים.
La Guemara demande: Dis alors la clause intermédiaire: « Moi et ma compagne sommes souillées » — elle est crue pour elle-même mais pas pour sa compagne. Or, s'il y a des témoins, pourquoi ne serait-elle pas crue pour sa compagne? Dès lors qu'il y a témoignage qu'elle a été capturée, celle-ci perd son statut présomptif de pureté. Il est donc évident qu'il n'y a pas de témoins [attestant que sa compagne a été capturée], et son statut présomptif de pureté demeure intact.
אֵימָא מְצִיעֲתָא: ״אֲנִי וַחֲבֶרְתִּי טְמֵאָה״ — נֶאֱמֶנֶת עַל עַצְמָהּ, וְאֵינָהּ נֶאֱמֶנֶת עַל חֲבֶרְתָּהּ. וְאִי דְּאִיכָּא עֵדִים — אַמַּאי לָא מְהֵימְנָא? אֶלָּא פְּשִׁיטָא דְּלֵיכָּא עֵדִים.
La Guemara demande: Dis alors la dernière clause: « Moi et ma compagne sommes pures » — elle est crue pour sa compagne mais pas pour elle-même. Or, s'il n'y a pas de témoins [attestant qu'elles ont été capturées], pourquoi ne serait-elle pas crue pour elle-même? Il est donc évident qu'il y a des témoins.
אֵימָא סֵיפָא: ״אֲנִי וַחֲבֶרְתִּי טְהוֹרָה״ — נֶאֱמֶנֶת עַל חֲבֶרְתָּהּ, וְאֵינָהּ נֶאֱמֶנֶת עַל עַצְמָהּ. וְאִי דְּלֵיכָּא עֵדִים — אַעַצְמָהּ אַמַּאי לָא מְהֵימְנָא? אֶלָּא פְּשִׁיטָא דְּאִיכָּא עֵדִים.
La Guemara demande: Faut-il dire que la baraïta est formulée de façon inhabituelle, la première et la dernière clause concernant des cas où il y a des témoins, et la clause intermédiaire un cas où il n'y en a pas? Abaye dit: Oui, la première et la dernière clause concernent des cas où il y a des témoins, et la clause intermédiaire concerne un cas où il n'y en a pas.
רֵישָׁא וְסֵיפָא דְּאִיכָּא עֵדִים, מְצִיעֲתָא דְּלֵיכָּא עֵדִים! אָמַר אַבָּיֵי: אִין. רֵישָׁא וְסֵיפָא — דְּאִיכָּא עֵדִים, מְצִיעֲתָא — דְּלֵיכָּא עֵדִים.
Rav Pappa dit: La baraïta entière peut s'expliquer dans un cas où il y a des témoins, et où il y a un témoin unique qui contredit la déclaration de la femme. Si la femme a dit: « Je suis souillée et ma compagne est pure », et qu'un témoin unique lui dit: « Tu es pure et ta compagne est souillée », bien que le témoin ait témoigné qu'elle était pure, du fait qu'elle a reconnu être souillée, elle s'est rendue elle-même une entité d'interdit. Sa compagne est permise sur la base de sa déclaration, laquelle est acceptée malgré la contradiction du témoin.
רַב פָּפָּא אָמַר: כּוּלָּהּ דְּאִיכָּא עֵדִים, וְאִיכָּא עֵד אֶחָד דְּקָא אָפֵיךְ. אָמְרָה: ״אֲנִי טְמֵאָה וַחֲבֶרְתִּי טְהוֹרָה״, וְאָמַר לַהּ עֵד אֶחָד: ״אַתְּ טְהוֹרָה וַחֲבֶרְתֵּךְ טְמֵאָה״. אִיהִי שַׁוִּיתַהּ לְנַפְשַׁהּ חֲתִיכָה דְּאִיסּוּרָא, חֲבֶרְתָּהּ מִשְׁתַּרְיָא אַפּוּמָּא דִידַהּ.
Si la femme a dit: « Je suis pure et ma compagne est souillée », et qu'un témoin unique lui dit: « Tu es souillée et ta compagne est pure », alors, pour elle-même, puisqu'il y a des témoins attestant qu'elle a été capturée, il n'est pas en son pouvoir de se permettre par sa propre déclaration. Cependant, sa compagne est permise sur la base du témoignage du témoin.
״אֲנִי טְהוֹרָה וַחֲבֶרְתִּי טְמֵאָה״, וְאָמַר לָהּ עֵד אֶחָד: ״אַתְּ טְמֵאָה וַחֲבֶרְתְּךָ טְהוֹרָה״. אִיהִי, כֵּיוָן דְּאִיכָּא עֵדִים — לָאו כָּל כְּמִינַהּ, חֲבֶרְתַּהּ — מִשְׁתַּרְיָא אַפּוּמָּא דְעֵד.
Si la femme a dit: « Moi et ma compagne sommes souillées », et qu'un témoin unique lui dit: « Toi et ta compagne êtes pures », elle s'est rendue elle-même une entité d'interdit. Cependant, sa compagne est permise sur la base du témoignage du témoin. La Guemara demande: Pourquoi ai-je besoin de ce cas supplémentaire? C'est identique à ce qui a été enseigné dans la première clause!
״אֲנִי וַחֲבֶרְתִּי טְמֵאָה״, וְאָמַר לַהּ עֵד אֶחָד: ״אַתְּ וַחֲבֶרְתֵּךְ טְהוֹרָה״ — אִיהִי שַׁוִּיתַהּ לְנַפְשַׁהּ חֲתִיכָה דְּאִיסּוּרָא, חֲבֶרְתַּהּ מִשְׁתַּרְיָא אַפּוּמָּא דְעֵד. הָא תּוּ לְמָה לִי? הַיְינוּ רֵישָׁא!
La Guemara répond: De peur que tu ne dises que dans ce cas, les deux femmes sont en réalité pures selon le témoignage du témoin, et que si elle a dit qu'elles étaient toutes deux souillées, c'est parce qu'elle agissait selon le principe « Que mon âme meure avec les Philistins » (Choftim 16, 30), c'est-à-dire qu'elle était prête à s'impliquer elle-même pour renforcer sa crédibilité afin que son témoignage contre sa compagne soit accepté — on nous enseigne donc que cette considération n'entre pas en compte.
מַהוּ דְּתֵימָא: הָנֵי תַּרְוַיְיהוּ טְהוֹרוֹת נִינְהוּ, וְהַאי דְּקָאָמְרָה הָכִי, ״תָּמוֹת נַפְשִׁי עִם פְּלִשְׁתִּים״ הִיא דְּקָא עָבְדָה — קָא מַשְׁמַע לַן.
Si la femme a dit: « Moi et ma compagne sommes pures », et qu'un témoin unique lui dit: « Toi et ta compagne êtes souillées », alors, pour elle-même, puisqu'il y a des témoins attestant qu'elle a été capturée, il n'est pas en son pouvoir de se permettre par sa propre déclaration. Cependant, sa compagne est permise sur la base de sa déclaration. La Guemara demande: Pourquoi ai-je besoin de ce cas supplémentaire? C'est identique à ce qui a été enseigné dans la première partie de la première clause!
״אֲנִי וַחֲבֶרְתִּי טְהוֹרָה״, וְאָמַר לָהּ עֵד אֶחָד: ״אַתְּ וַחֲבֶרְתֵּךְ טְמֵאָה״, אִיהִי כֵּיוָן דְּאִיכָּא עֵדִים — לָאו כָּל כְּמִינַּהּ. חֲבֶרְתַּהּ מִשְׁתַּרְיָא אַפּוּמָּא דִידַהּ. הָא תּוּ לְמָה לִי? הַיְינוּ רֵישָׁא דְרֵישָׁא!
La Guemara répond: De peur que tu ne dises qu'elle n'est crue [pour permettre sa compagne] que dans un cas où elle s'est elle-même rendue inapte à épouser un cohen, mais que dans un cas où elle se rend elle-même apte, dis qu'elle n'est pas crue pour sa compagne — on nous enseigne donc que chaque segment du témoignage est évalué indépendamment, selon les critères enseignés dans la première clause.
מַהוּ דְּתֵימָא: כִּי מְהֵימְנָא — בְּמָקוֹם דְּפָסְלָה נַפְשַׁהּ, אֲבָל בְּמָקוֹם דְּמַכְשְׁרָא נַפְשַׁהּ — אֵימָא לָא מְהֵימְנָא, קָא מַשְׁמַע לַן.
Ketubot 23b
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