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Traité Ketubot

105a

Étude de Ketubot 105a

Étude de la Mishna & Guémara 105a

Elle prêtera serment à la fin, et elle ne prêtera pas serment au début. Les fils des Grands Cohanim ne furent pas d'accord avec lui, et dirent: elle prêtera serment au début et à la fin. Rabbi Dossa ben Harkinas dit: la halakha est selon leurs paroles. Rabban Yohanan ben Zakaï dit: Hanan a bien parlé, elle ne prêtera serment qu'à la fin.
תִּשָּׁבַע בַּסּוֹף, וְלֹא תִּשָּׁבַע בַּתְּחִלָּה. נֶחְלְקוּ עָלָיו בְּנֵי כֹּהֲנִים גְּדוֹלִים, וְאָמְרוּ: תִּשָּׁבַע בַּתְּחִלָּה וּבַסּוֹף. אָמַר רַבִּי דּוֹסָא בֶּן הַרְכִּינָס כְּדִבְרֵיהֶם. אָמַר רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי: יָפֶה אָמַר חָנָן, לֹא תִּשָּׁבַע אֶלָּא בַּסּוֹף.
Guémara
GUEMARA: Et l'on soulève une contradiction: il y avait trois juges des vols à Jérusalem: Admon ben Gadaï, Hanan l'Égyptien, et Hanan ben Avichalom. Il y a une difficulté sur les trois endroits [du texte], et une difficulté [entre] les décrets et les vols!
גְּמָ׳ וּרְמִינְהִי: שְׁלֹשָׁה דַּיָּינֵי גְזֵילוֹת הָיוּ בִּירוּשָׁלַיִם: אַדְמוֹן בֶּן גַּדַּאי, וְחָנָן הַמִּצְרִי, וְחָנָן בֶּן אֲבִישָׁלוֹם. קַשְׁיָא תְּלָת אַתְּרֵין, קַשְׁיָא גְּזֵירוֹת אַגְּזֵילוֹת!
Certes, la contradiction sur les trois endroits n'est pas difficile: celui qui lui semblait important, [le Tana] l'a enseigné, celui qui ne lui semblait pas important, il ne l'a pas enseigné. Mais la contradiction entre « décrets » et « vols » reste difficile!
בִּשְׁלָמָא תְּלָת אַתְּרֵין לָא קַשְׁיָא: דַּחֲשִׁיב לֵיהּ — קָתָנֵי, דְּלָא חֲשִׁיב לֵיהּ — לָא קָתָנֵי. אֶלָּא גְּזֵירוֹת אַגְּזֵילוֹת קַשְׁיָא!
Rav Nahman bar Its'hak dit: c'est qu'ils émettaient des décrets concernant les vols. Comme il est enseigné: si [un animal] a coupé un jeune plant, Rabbi Yossi dit: ceux qui émettent des décrets à Jérusalem disent: pour un plant âgé d'un an, [le propriétaire de l'animal doit payer] deux pièces d'argent; âgé de deux ans, quatre pièces d'argent.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: שֶׁהָיוּ גּוֹזְרִין גְּזֵירוֹת עַל גְּזֵילוֹת. כִּדְתַנְיָא: קִיטְּמָה נְטִיעָה, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: גּוֹזְרֵי גְזֵירוֹת שֶׁבִּירוּשָׁלַיִם אוֹמְרִים: נְטִיעָה בַּת שְׁנָתָהּ — שְׁתֵּי כֶסֶף, בַּת שְׁתֵּי שָׁנִים — אַרְבַּע כֶּסֶף.
Et l'on soulève une contradiction: il y avait trois juges des décrets à Jérusalem: Admon, Hanan et Na'houm! Rav Papa dit: qui est le Tana qui a enseigné Na'houm? C'est Rabbi Nathan. Comme il est enseigné, Rabbi Nathan dit: Na'houm le Mède faisait lui aussi partie de ceux qui émettaient des décrets à Jérusalem, mais les Sages ne furent pas d'accord avec lui.
וּרְמִינְהִי, שְׁלֹשָׁה דַּיָּינֵי גְזֵירוֹת הָיוּ בִּירוּשָׁלַיִם: אַדְמוֹן וְחָנָן וְנַחוּם! אָמַר רַב פָּפָּא: מַאן תְּנָא נַחוּם — רַבִּי נָתָן הִיא. דְּתַנְיָא, רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: אַף נַחוּם הַמָּדִי מִגּוֹזְרֵי גְזֵירוֹת שֶׁבִּירוּשָׁלַיִם הָיָה, וְלֹא הוֹדוּ לוֹ חֲכָמִים.
Et n'y en avait-il pas davantage? Mais Rabbi Pin'has n'a-t-il pas dit au nom de Rabbi Oshaya: il y avait trois cent quatre-vingt-quatorze tribunaux à Jérusalem, autant de synagogues, autant de maisons d'étude, et autant d'écoles de scribes! Il y avait de nombreux juges, mais quand nous disons [qu'il y en avait peu], nous le disons au sujet de ceux qui émettent des décrets.
וְתוּ לֵיכָּא? וְהָאָמַר רַבִּי פִּנְחָס אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא: שְׁלֹשׁ מֵאוֹת וְתִשְׁעִים וְאַרְבָּעָה בָּתֵּי דִינִין הָיוּ בִּירוּשָׁלַיִם, כְּנֶגְדָּן בָּתֵּי כְנֵסִיּוֹת, וּכְנֶגְדָּן בָּתֵּי מִדְרָשׁוֹת, וּכְנֶגְדָּן בָּתֵּי סוֹפְרִים! דַּיָּינִין טוּבָא הֲווֹ, וְכִי קָאָמְרִינַן — אַגּוֹזְרֵי גְזֵירוֹת קָאָמְרִינַן.
Rav Yehouda dit au nom de Rav Assi: ceux qui émettaient des décrets à Jérusalem recevaient pour salaire quatre-vingt-dix-neuf maneh, prélevés sur la collecte de la chambre du Temple. S'ils n'en voulaient pas [davantage], on leur en ajoutait. « S'ils n'en voulaient pas »? Aurions-nous affaire à des méchants [qui réclament plus que nécessaire]? En réalité, [cela signifie]: si [ce salaire] ne leur suffisait pas, même s'ils ne le demandaient pas, on leur ajoutait, [afin qu'ils puissent se consacrer pleinement à leur fonction].
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב אַסִּי: גּוֹזְרֵי גְזֵירוֹת שֶׁבִּירוּשָׁלַיִם הָיוּ נוֹטְלִין שְׂכָרָן תִּשְׁעִים וָתֵשַׁע מָנֶה מִתְּרוּמַת הַלִּשְׁכָּה, לֹא רָצוּ — מוֹסִיפִין לָהֶם. לֹא רָצוּ? אַטּוּ בְּרַשִּׁיעֵי עָסְקִינַן? אֶלָּא: לֹא סָפְקוּ, אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא רָצוּ — מוֹסִיפִין עֲלֵיהֶן.
Karna prenait un istera de celui qui avait raison et un istera de celui qui avait tort, et [ensuite seulement] il jugeait leur cause. Mais comment pouvait-il agir ainsi? N'est-il pas écrit: « Et tu ne prendras point de présent »!
קַרְנָא הֲוָה שָׁקֵיל אִיסְתֵּירָא מִזַּכַּאי וְאִיסְתֵּירָא מֵחַיָּיב, וְדָאֵין לְהוּ דִּינָא. וְהֵיכִי עָבֵיד הָכִי? וְהָכְתִיב: ״וְשׁוֹחַד לֹא תִקָּח״!
Et si tu dis que cela ne vaut que là où l'on ne prend pas des deux parties, de peur que l'on ne vienne à fausser le jugement — pour Karna, puisqu'il prenait des deux parties, il ne viendrait pas à fausser le jugement — et quand il ne vient pas à fausser le jugement, est-ce permis pour autant?
וְכִי תֵּימָא הָנֵי מִילֵּי הֵיכָא דְּלָא שָׁקֵיל מִתַּרְוַיְיהוּ דִּלְמָא אָתֵי לְאַצְלוֹיֵי דִּינָא, קַרְנָא כֵּיוָן דְּשָׁקֵיל מִתַּרְוַיְיהוּ — לָא אָתֵי לְאַצְלוֹיֵי דִּינָא, וְכִי לָא אָתֵי לְאַצְלוֹיֵי דִּינָא מִי שְׁרֵי?
Mais n'est-il pas enseigné: « Et tu ne prendras point de présent » — que vient enseigner ce verset? Si c'est pour enseigner qu'il ne faut pas acquitter le coupable ni condamner l'innocent, il est déjà dit: « Tu ne feras pas dévier le jugement »! C'est donc que même pour acquitter l'innocent et condamner le coupable, la Torah a dit: « Et tu ne prendras point de présent »!
וְהָתַנְיָא: ״וְשׁוֹחַד לֹא תִקָּח״ מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? אִם לְלַמֵּד שֶׁלֹּא לְזַכּוֹת אֶת הַחַיָּיב וְשֶׁלֹּא לְחַיֵּיב אֶת הַזַּכַּאי — הֲרֵי כְּבָר נֶאֱמַר ״לֹא תַטֶּה מִשְׁפָּט״, אֶלָּא אֲפִילּוּ לְזַכּוֹת אֶת הַזַּכַּאי וּלְחַיֵּיב אֶת הַחַיָּיב אָמְרָה תּוֹרָה ״וְשׁוֹחַד לֹא תִקָּח״!
Cela ne vaut que là où l'on prend à titre de pot-de-vin; Karna, lui, prenait à titre de salaire. Mais est-il permis de prendre à titre de salaire? N'avons-nous pas appris: celui qui prend un salaire pour juger, ses jugements sont nuls! — Cela ne vaut que pour un salaire de jugement; Karna prenait un salaire de chômage.
הָנֵי מִילֵּי הֵיכָא דְּשָׁקֵיל בְּתוֹרַת שׁוֹחַד, קַרְנָא בְּתוֹרַת אַגְרָא הֲוָה שָׁקֵיל. וּבְתוֹרַת אַגְרָא מִי שְׁרֵי? וְהָתְנַן: הַנּוֹטֵל שָׂכָר לָדוּן — דִּינָיו בְּטֵלִין! הָנֵי מִילֵּי אֲגַר דִּינָא, קַרְנָא אֲגַר בְּטֵילָא הֲוָה שָׁקֵיל.
Et est-il permis de prendre un salaire de chômage? N'est-il pas enseigné: il est laid, le juge qui prend un salaire pour juger, mais son jugement est valable. De quoi s'agit-il? Si l'on dit qu'il s'agit d'un salaire de jugement, son jugement serait-il valable? N'avons-nous pas appris: celui qui prend un salaire pour juger, ses jugements sont nuls! C'est donc qu'il s'agit d'un salaire de chômage, et pourtant il est enseigné: le juge est laid!
וַאֲגַר בְּטֵילָא מִי שְׁרֵי? וְהָתַנְיָא: מְכוֹעָר הַדַּיָּין שֶׁנּוֹטֵל שָׂכָר לָדוּן, אֶלָּא שֶׁדִּינוֹ דִּין. הֵיכִי דָּמֵי? אִילֵּימָא אֲגַר דִּינָא, דִּינוֹ דִּין? וְהָתַנְיָא: הַנּוֹטֵל שָׂכָר לָדוּן — דִּינָיו בְּטֵילִין! אֶלָּא אֲגַר בְּטֵילָא, וְקָתָנֵי: מְכוֹעָר הַדַּיָּין!
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