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Traité Ketubot

104b

Étude de Ketubot 104b

Étude de la Mishna & Guémara 104b

Elle est comme au début [de son veuvage], et elle dispose d'un nouveau délai de vingt-cinq ans à partir de ce moment pendant lequel elle peut réclamer le paiement de sa ketouba. Et si elle a en sa possession un acte de ketouba, elle peut percevoir le paiement de sa ketouba pour toujours.
הֲרֵי הִיא כְּבַתְּחִלָּה. וְאִם הָיָה שְׁטַר כְּתוּבָּה יוֹצֵא מִתַּחַת יָדֶיהָ — גּוֹבָה כְּתוּבָּתָהּ לְעוֹלָם.
On rapporte que Rav Nahman bar Rav 'Hisda envoya le message suivant à Rav Nahman bar Yaakov: Que notre maître nous enseigne: la controverse entre Rabbi Meïr et les Sages s'applique-t-elle dans le cas où elle a un acte de ketouba en sa possession, ou bien seulement dans le cas où elle n'a pas d'acte de ketouba en sa possession? Et la halakha est-elle tranchée selon l'avis de qui?
שְׁלַח לֵיהּ רַב נַחְמָן בַּר רַב חִסְדָּא לְרַב נַחְמָן בַּר יַעֲקֹב: יְלַמְּדֵנוּ רַבֵּינוּ, כְּשֶׁשְּׁטַר כְּתוּבָּה יוֹצֵא מִתַּחַת יָדָהּ מַחְלוֹקֶת, אוֹ כְּשֶׁאֵין שְׁטַר כְּתוּבָּה יוֹצֵא מִתַּחַת יָדָהּ? וַהֲלָכָה כְּדִבְרֵי מִי?
Il lui répondit: Quand elle n'a pas d'acte de ketouba en sa possession, il y a controverse; mais quand elle a un acte de ketouba en sa possession, elle peut percevoir le paiement de sa ketouba pour toujours [de l'avis de tous]. Et dans le cas où il y a controverse, la halakha est tranchée selon l'avis des Sages.
שְׁלַח לֵיהּ: בְּשֶׁאֵין שְׁטַר כְּתוּבָּה יוֹצֵא מִתַּחַת יָדָהּ מַחְלוֹקֶת, אֲבָל שְׁטַר כְּתוּבָּה יוֹצֵא מִתַּחַת יָדָהּ — גּוֹבָה כְּתוּבָּתָהּ לְעוֹלָם. וַהֲלָכָה כְּדִבְרֵי חֲכָמִים.
Quand Rav Dimi vint [d'Éretz Israël en Babylonie], il dit: Rabbi Chimon ben Pazi a dit que Rabbi Yehoshoua ben Levi a dit au nom de Bar Kappara: On n'a enseigné [que la veuve est présumée avoir renoncé à ses droits après vingt-cinq ans] que pour les cent dinars ou deux cents dinars [du principal de la ketouba], mais pour le supplément, elle conserve son droit.
כִּי אֲתָא רַב דִּימִי: אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי מִשּׁוּם בַּר קַפָּרָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא מָנֶה מָאתַיִם, אֲבָל תּוֹסֶפֶת — יֵשׁ לָהּ.
Et Rabbi Abahou a dit que Rabbi Yo'hanan a dit: Même pour le supplément, elle n'a plus de droit. Car Rabbi Aïvou a dit que Rabbi Yannaï a dit: La clause du supplément dans la ketouba est considérée comme le principal de la ketouba [et suit donc le même sort].
וְרַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֲפִילּוּ תּוֹסֶפֶת אֵין לָהּ. דְּאָמַר רַבִּי אַיְיבוּ אָמַר רַבִּי יַנַּאי: תְּנַאי כְּתוּבָּה כִּכְתוּבָּה דָּמֵי.
On a également enseigné: Rabbi Abba a dit que Rav Houna a dit que Rav a dit: On n'a enseigné cela que pour les cent ou deux cents dinars du principal, mais pour le supplément, elle conserve son droit.
אִתְּמַר נָמֵי, אָמַר רַבִּי אַבָּא אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא מָנֶה מָאתַיִם, אֲבָל תּוֹסֶפֶת יֵשׁ לָהּ.
Rabbi Abba dit à Rav Houna: Rav a-t-il vraiment dit cela? Rav Houna lui répondit: Dis-tu cela pour me faire taire, ou dis-tu cela pour me donner à boire [du vin en signe de satisfaction]? Rabbi Abba lui dit: Je le dis pour te faire taire.
אֲמַר לֵיהּ רַבִּי אַבָּא לְרַב הוּנָא: אֲמַר רַב הָכִי? אֲמַר לֵיהּ: אִישְׁתִּיק(ן) קָאָמְרַתְּ, אוֹ אַשְׁקְיַין קָאָמְרַתְּ? אֲמַר לֵיהּ: אִישְׁתִּיק(ן) קָאָמֵינָא.
§ La Guemara rapporte que la belle-mère de Rav 'Hiya Aricha, ainsi surnommé en raison de sa haute taille (aricha signifiant littéralement « long »), était aussi la femme de son frère; elle était veuve et résidait dans la maison de son père, et Rav 'Hiya la nourrit pendant vingt-cinq ans dans la maison de son père, sur les biens de son frère.
חֲמָתֵיהּ דְּרַב חִיָּיא אֲרִיכָא אִינְתַּת אֲחוּהּ הֲוַאי, וְאַלְמָנָה בְּבֵית אָבִיהָ הֲוַאי, וְזָנַהּ עֶשְׂרִים וַחֲמֵשׁ שְׁנִין בְּבֵי נָשָׁא.
Au bout de ce temps, elle lui dit: Donne-moi ma pension alimentaire. Il lui dit: Tu n'as plus droit à la pension alimentaire. Elle lui dit: Alors donne-moi le paiement de ma ketouba. Il lui dit: Tu n'as plus droit ni à la pension alimentaire, ni à la ketouba.
לְסוֹף אֲמַרָה לֵיהּ: הַב לִי מְזוֹנֵי. אֲמַר לַהּ: לֵית לִיךְ מְזוֹנֵי. הַב לִי כְּתוּבָּה. אֲמַר לַהּ: לָא מְזוֹנֵי אִית לִיךְ, וְלָא כְּתוּבָּה אִית.
Elle le convoqua en jugement devant Rabba bar Cheila. Celui-ci lui dit: Dis-moi donc, Izi, quel était le fond de l'affaire? Il lui répondit: Je l'ai nourrie pendant vingt-cinq ans dans la maison de son père, et je jure sur la vie du Maître que je lui apportais moi-même sa nourriture, sur mes propres épaules.
תְּבַעְתֵּיהּ לְדִינָא קַמֵּיהּ דְּרַבָּה בַּר שֵׁילָא. אֲמַר לֵיהּ: אֵימָא לִי אִיזִי גּוּפָא דְעוֹבָדָא הֵיכִי הֲוָה? אֲמַר לֵיהּ: זָנִיתַהּ עֶשְׂרִים וַחֲמֵשׁ שָׁנִים בְּבֵי נָשָׁא, בְּחַיֵּי דְמָר, דִּבְכַתְפַאי אַמְטַאי לַהּ.
Rabba bar Cheila lui dit: Pour quelle raison les Sages ont-ils dit que tant qu'elle demeure dans la maison de son mari, elle peut percevoir le paiement de sa ketouba pour toujours? C'est parce que nous disons que c'est par pudeur qu'elle n'a pas réclamé le paiement, [étant bien traitée par les héritiers]. Ici aussi, c'est par pudeur qu'elle n'a pas réclamé, [puisque tu la traitais avec grand respect]; va donc et donne-lui [le paiement de sa ketouba].
אֲמַר לֵיהּ: טַעְמָא מַאי אֲמוּר רַבָּנַן: כׇּל זְמַן שֶׁהִיא בְּבֵית בַּעְלָהּ גּוֹבָה כְּתוּבָּתָהּ לְעוֹלָם, דְּאָמְרִינַן: מִשּׁוּם כִּיסּוּפָא הוּא דְּלָא תָּבְעָה. הָכָא נָמֵי: מִשּׁוּם כִּיסּוּפָא הוּא דְּלָא תָּבְעָה, זִיל הַב לַהּ.
Il n'obéit pas. [Rabba bar Cheila] lui écrivit une autorisation de saisie sur ses biens. [Rav 'Hiya Aricha] vint devant Rava et lui dit: Que le Maître voie comment il a jugé mon cas! Rava lui dit: Il t'a bien jugé.
לָא אַשְׁגַּח. כְּתַב לַהּ אַדְרָכְתָּא אַנִּיכְסֵיה. אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרָבָא, אֲמַר לֵיהּ: חֲזִי מָר הֵיכִי דָּנַן! אָמַר לֵיהּ: שַׁפִּיר דָּנָךְ.
Ketubot 104b
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