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Traité Ketubot

100a

Étude de Ketubot 100a

Étude de la Guémara 100a

Guémara
Rava a dit que Rav Nahman a dit: le statut du mandataire est comme celui des juges. Rav Chmouel bar Bisna a dit que Rav Nahman a dit: le statut du mandataire est comme celui d'une veuve.
רָבָא אָמַר רַב נַחְמָן: שָׁלִיחַ כְּדַיָּינִין. רַב שְׁמוּאֵל בַּר בִּיסְנָא אָמַר רַב נַחְמָן: כְּאַלְמָנָה.
Rava a dit que Rav Nahman a dit: le statut du mandataire est comme celui des juges. De même que les juges ont cet avantage qu'ils n'évaluent pas la valeur du bien pour leur propre profit, de même le mandataire non plus n'agit pas pour son propre profit — cela exclut la veuve, qui vend pour son propre profit.
רָבָא אָמַר רַב נַחְמָן: שָׁלִיחַ כְּדַיָּינִין. מָה דַיָּינִין לָאו לְדִידְהוּ — אַף שָׁלִיחַ נָמֵי לָאו לְדִידֵיהּ, לְאַפּוֹקֵי אַלְמָנָה דִּלְדִידַהּ.
Rav Chmouel bar Bisna a dit que Rav Nahman a dit: [le statut du mandataire est] comme celui d'une veuve. De même que la veuve est seule, de même le mandataire est seul — cela exclut le tribunal, qui est composé de plusieurs personnes. La Guemara conclut: et la halakha est que le mandataire est comme la veuve.
רַב שְׁמוּאֵל בַּר בִּיסְנָא אָמַר רַב נַחְמָן: כְּאַלְמָנָה, מָה אַלְמָנָה יְחִידָה — אַף שָׁלִיחַ יָחִיד, לְאַפּוֹקֵי בֵּית דִּין — דְּרַבִּים נִינְהוּ. וְהִלְכְתָא, שָׁלִיחַ כְּאַלְמָנָה.
Et en quoi cela diffère-t-il de ce que nous avons appris dans une Michna [traité Teroumot]: celui qui dit à son mandataire « Va prélever la teroumah » — le mandataire prélève selon l'intention du maître de maison, et s'il ne connaît pas l'intention du maître de maison, il prélève une mesure moyenne, à savoir un cinquantième de la production. S'il a diminué de dix [prélevant un quarantième] ou augmenté de dix [prélevant un soixantième], sa teroumah est valable. [La Guemara demande:] Si le mandataire est comparable à une veuve, pourquoi la halakha n'est-elle pas que la teroumah qu'il a prélevée est nulle, puisqu'il n'a pas agi selon la volonté du maître de maison?
וּמַאי שְׁנָא מֵהָא דִּתְנַן: הָאוֹמֵר לִשְׁלוּחוֹ ״צֵא וּתְרוֹם״ — תּוֹרֵם כְּדַעַת בַּעַל הַבַּיִת, וְאִם אֵינוֹ יוֹדֵעַ דַּעְתּוֹ שֶׁל בַּעַל הַבַּיִת — תּוֹרֵם בְּבֵינוֹנִית אֶחָד מֵחֲמִשִּׁים. פִּיחֵת עֲשָׂרָה אוֹ הוֹסִיף עֲשָׂרָה, תְּרוּמָתוֹ תְּרוּמָה.
La Guemara répond: là-bas, puisqu'il y a des gens qui prélèvent avec parcimonie [un soixantième] et des gens qui prélèvent avec générosité [un quarantième], le mandataire peut dire à son employeur: je t'ai estimé généreux ou parcimonieux. Mais ici, il s'agit d'une erreur pure et simple; [le propriétaire] peut lui dire: tu n'aurais pas dû te tromper.
הָתָם כֵּיוָן דְּאִיכָּא דְּתוֹרֵם בְּעַיִן רָעָה וְאִיכָּא דְּתוֹרֵם בְּעַיִן יָפָה, אֲמַר לֵיהּ: לְהָכִי אֲמַדְתָּיךְ. אֲבָל הָכָא טָעוּתָא הוּא, אָמַר לֵיהּ: לָא אִיבְּעִי לָךְ לְמִיטְעֵי.
Rav Houna bar Hanina a dit que Rav Nahman a dit: la halakha est conforme aux paroles des Sages [dans la Michna]. [La Guemara demande:] Rav Nahman n'admet-il pas l'argument: quel serait l'avantage du pouvoir du tribunal [s'il n'en était rien]? Or Rav Nahman n'a-t-il pas dit au nom de Chmouel: lorsque des orphelins viennent partager les biens de leur père, le tribunal leur désigne un tuteur [apotropos] et choisit pour eux une part convenable. Une fois devenus majeurs, ils peuvent protester. Et Rav Nahman a dit de son propre chef: une fois devenus majeurs, ils ne peuvent pas protester, sinon quel serait l'avantage du pouvoir du tribunal? Ceci prouve que Rav Nahman est d'accord avec Rabban Chimon ben Gamliel.
אָמַר רַב הוּנָא בַּר חֲנִינָא אָמַר רַב נַחְמָן, הֲלָכָה כְּדִבְרֵי חֲכָמִים: וְלֵית לֵיהּ לְרַב נַחְמָן מָה כֹּחַ בֵּית דִּין יָפֶה? וְהָאָמַר רַב נַחְמָן אָמַר שְׁמוּאֵל: יְתוֹמִים שֶׁבָּאוּ לַחְלוֹק בְּנִכְסֵי אֲבִיהֶן — בֵּית דִּין מַעֲמִידִין לָהֶן אַפּוֹטְרוֹפּוֹס, וּבוֹרְרִין לָהֶם חֵלֶק יָפֶה. הִגְדִּילוּ — יְכוֹלִין לְמַחוֹת. וְרַב נַחְמָן דִּידֵיהּ אָמַר: הִגְדִּילוּ — אֵין יְכוֹלִין לְמַחוֹת, אִם כֵּן מָה כֹּחַ בֵּית דִּין יָפֶה.
La Guemara répond: cela n'est pas difficile. Le cas de la Michna est celui où les juges se sont trompés dans leur évaluation, c'est pourquoi Rav Nahman a dit que la vente est nulle, conformément aux Sages. Mais le cas du partage des biens entre les orphelins est celui où ils ne se sont pas trompés, et il a donc statué conformément au principe de Rabban Chimon ben Gamliel, selon lequel le tribunal bénéficie d'un avantage et les orphelins ne peuvent pas protester contre le partage.
לָא קַשְׁיָא: הָא דִּטְעוֹ, הָא דְּלָא טְעוֹ.
La Guemara demande: si le cas est celui où les juges ne se sont pas trompés, sur quoi les orphelins pourraient-ils protester? Après tout, les juges ont agi correctement. La Guemara répond: ils peuvent protester au sujet des emplacements; l'un des orphelins peut prétendre qu'il préfère un bien situé ailleurs que celui qui lui a été attribué.
אִי דְּלָא טְעוֹ, בְּמַאי יְכוֹלִין לְמַחוֹת? בְּרוּחוֹת.
Quand Rav Dimi est venu [d'Eretz Israël], il a dit: un fait s'est produit et Rabbi [Yehouda HaNassi] a agi conformément aux paroles des Sages [de la Michna]. Perata, fils de Rabbi Elazar ben Perata, petit-fils de Rabbi Perata le Grand, lui a dit: si c'est ainsi, quel est l'avantage du pouvoir du tribunal [sur celui d'un particulier]? Et Rabbi est revenu sur son jugement.
כִּי אֲתָא רַב דִּימִי, אָמַר: מַעֲשֶׂה וְעָשָׂה רַבִּי כְּדִבְרֵי חֲכָמִים, אָמַר לְפָנָיו פַּרְטָא בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן פַּרְטָא בֶּן בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי פַּרְטָא הַגָּדוֹל: אִם כֵּן מָה כֹּחַ בֵּית דִּין יָפֶה, וְהֶחְזִיר רַבִּי אֶת הַמַּעֲשֶׂה.
Rav Dimi enseignait [le fait] ainsi; Rav Safra l'enseignait ainsi [légèrement différemment]: un fait s'est produit, et Rabbi voulait agir conformément aux paroles des Sages. Perata, fils de Rabbi Elazar ben Perata, petit-fils de Rabbi Perata le Grand, lui a dit: si c'est ainsi, quel est l'avantage du pouvoir du tribunal? Rabbi n'a pas agi selon [les paroles des Sages].
רַב דִּימִי מַתְנֵי הָכִי, רַב סָפְרָא מַתְנֵי הָכִי: מַעֲשֶׂה וּבִיקֵּשׁ רַבִּי לַעֲשׂוֹת כְּדִבְרֵי חֲכָמִים, אָמַר לְפָנָיו פַּרְטָא בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן פַּרְטָא בֶּן בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי פַּרְטָא הַגָּדוֹל: אִם כֵּן מָה כֹּחַ בֵּית דִּין יָפֶה? לֹא עָשָׂה רַבִּי אֶת הַמַּעֲשֶׂה.
Disons qu'ils sont en désaccord sur ceci: un maître [Rav Dimi] estime que si l'on s'est trompé sur un point [explicite] de la Michna, la décision est révoquée; et un maître [Rav Safra] estime que si l'on s'est trompé de cette manière, la décision n'est pas révoquée. C'est pourquoi, dans la version de Rav Safra, Rabbi a changé d'avis avant même de rendre son jugement.
לֵימָא בְּהָא קָמִיפַּלְגִי, מָר סָבַר: טָעָה בִּדְבַר מִשְׁנָה — חוֹזֵר, וּמָר סָבַר: אֵינוֹ חוֹזֵר.
[La Guemara rejette cela:] Non, tout le monde s'accorde à dire que si l'on s'est trompé sur un point de la Michna, la décision est révoquée. Il n'y a pas de désaccord fondamental entre eux, seulement une divergence sur les détails du fait. Un maître estime que l'incident s'est déroulé ainsi, et un maître estime que l'incident s'est déroulé ainsi [autrement].
לָא, דְּכוּלֵּי עָלְמָא טָעָה בִּדְבַר מִשְׁנָה חוֹזֵר, וּמָר סָבַר הָכִי הֲוָה מַעֲשֶׂה, וּמָר סָבַר הָכִי הֲוָה מַעֲשֶׂה.
Ketubot 100a
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