Guémara
et trouvez un moyen d'expliquer cette halakha, ni de cette déclaration de Rav Dimi, qui l'a dérivée du verset : « Et de leurs transgressions, pour tous leurs péchés » (Lévitique 16 :16), ni de cette déclaration d'Abaye, qui l'a dérivée du verset : « Pour toutes leurs transgressions, pour tous leurs péchés » (Lévitique 16 :21).
לְמִפְשְׁטַיהּ לָא מִדְּרַב דִּימִי וְלָא מִדְּאַבַּיֵּי,
Il dérive plutôt de ce que Rabbi Elazar a dit : À propos de Yom Kippour, le verset déclare : « De tous vos péchés devant l’Éternel » (Lévitique 16 : 30). Cela indique que Yom Kippour expie un péché dont seul le Tout-Puissant a connaissance, c'est-à-dire un péché incertain pour lequel on porte une offrande de culpabilité provisoire. Et de cette affirmation on déduit que c'est seulement pour un péché dont seul le Tout-Puissant est conscient que Yom Kippour expie, mais il n'expiera pas un péché dont le pécheur est conscient.
אֶלָּא מֵהָא: חֵטְא שֶׁאֵין מַכִּיר בּוֹ אֶלָּא הַמָּקוֹם – יוֹם הַכִּפּוּרִים מְכַפֵּר, וּמִינַּהּ: חֵטְא שֶׁאֵין מַכִּיר בּוֹ אֶלָּא הַמָּקוֹם הוּא דְּיוֹם הַכִּפּוּרִים מְכַפֵּר, אֲבָל דְּיָדַע בֵּהּ – לָא מְכַפַּר.
Et Rav Taḥlifa, père de Rav Huna, dit en outre au nom de Rava : Ceux qui sont susceptibles de recevoir des coups de fouet pour qui Yom Kippour est passé sont susceptibles de recevoir ces coups après Yom Kippour. La Guemara demande : N’est-ce pas évident ? Quelle est la différence entre ce cas et le cas de ceux qui sont susceptibles d'apporter des sacrifices pour le péché et des sacrifices de culpabilité précis, qui doivent les apporter après Yom Kippour ?
וְאָמַר רַב תַּחְלִיפָא אֲבוּהּ דְּרַב הוּנָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא: חַיָּיבֵי מַלְקִיּוֹת שֶׁעָבַר עֲלֵיהֶן יוֹם הַכִּפּוּרִים – חַיָּיב. פְּשִׁיטָא! מַאי שְׁנָא מֵחַיָּיבֵי חַטָּאוֹת וַאֲשָׁמוֹת וַדָּאִין?
La Guemara répond : Il vous viendrait peut-être à l'esprit de dire : Là où la responsabilité d'apporter des offrandes pour le péché et des offrandes de culpabilité définitives est de nature financière, Yom Kippour n'exempte pas quelqu'un des obligations financières. Mais ici, où le risque de coups de fouet s’applique au corps, on pourrait dire qu’il n’est pas fouetté après Yom Kippour. Par conséquent, Rav Taḥlifa nous enseigne que ce n’est pas le cas.
סָלְקָא דַעְתָּךְ אָמֵינָא: הָתָם – מָמוֹנָא הוּא, אֲבָל הָכָא דְּגוּפָא הוּא – אֵימָא לָא, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara demande : Comment Rava peut-il dire que Yom Kippour n'exonère pas de la responsabilité de recevoir des coups de fouet ? Mais n’avons-nous pas appris dans une mishna (Chevouot 2b) : Pour les autres interdictions énoncées dans la Torah, en dehors de celles décrites dans cette mishna, que l’on en ait pris conscience avant Yom Kippour ou qu’on n’en ait pris conscience qu’après Yom Kippour, qu’il s’agisse de mitsvot positives ou d’interdictions, Yom Kippour les expie. C'est la halakha, même si celui qui transgresse un interdit s'expose à recevoir des coups de fouet.
וְהָא אֲנַן תְּנַן: הוֹדַע וְלֹא הוֹדַע, עֲשֵׂה וְלֹא תַעֲשֶׂה!
La Guemara répond : Ce n'est pas difficile. Cette déclaration de Rava fait référence à une transgression contre laquelle des témoins l'ont mis en garde, et par conséquent il est susceptible de recevoir des coups de fouet, et Yom Kippour ne l'expiera pas complètement. Cette mishna fait référence à une transgression dont ils ne l'ont pas prévenu, et il n'est pas susceptible d'encourir des coups de fouet, et donc Yom Kippour fournit une expiation totale.
לָא קַשְׁיָא: הָא – דְּאַתְרוֹ בֵּיהּ, הָא – דְּלָא אַתְרוֹ בֵּיהּ.
La Guemara analyse maintenant l'énoncé ci-dessus : Ceux qui sont susceptibles d'apporter des offrandes provisoires de culpabilité sont dispensés de les apporter après Yom Kippour parce que Yom Kippour expie un péché dont seul le Tout-Puissant est conscient. Avant d'entamer sa discussion, qui consiste en une série de questions commençant par la phrase : Si tel est le cas, la Guemara propose un moyen mnémotechnique pour les thèmes qu'elle abordera : Une femme qui a accouché ; un lépreux; un naziréen ; un sota; chez une génisse.
אֶלָּא מֵעַתָּה (סִימָן יוֹלֶדֶת מְצוֹרָע נָזִיר סוֹטָה בְּעֶגְלָה),
La Guemara soulève une difficulté : s'il en est ainsi, que Yom Kippour expie un péché dont seul le Tout-Puissant est au courant, une femme qui a accouché et qui ne sait pas si sa fausse couche l'a obligée à apporter une offrande pour péché ne devrait pas lui apporter une offrande pour péché après Yom Kippour, car Yom Kippour l'a expiée. Car il s'agit là d'un péché dont seul le Tout-Puissant est conscient, puisque D.ieu seul connaît la nature de sa fausse couche. Rav Hoshaya a dit : En ce qui concerne Yom Kippour, le verset déclare : « Pour tous leurs péchés » (Lévitique 16 :21), indiquant que Yom Kippour expie tous leurs péchés mais pas toutes leurs impuretés. Une femme qui accouche n'apporte pas une offrande pour péché en guise d'expiation, mais plutôt pour la purifier et lui permettre ainsi de consommer de la viande sacrificielle.
סָפֵק יוֹלֶדֶת שֶׁעָבַר עָלֶיהָ יוֹם הַכִּפּוּרִים לָא תַּיְיתֵי, דְּהָא כַּפַּר עֲלֵיהּ יוֹם הַכִּפּוּרִים, דְּחֵטְא שֶׁאֵין מַכִּיר בּוֹ אֶלָּא הַמָּקוֹם הוּא! אָמַר רַב הוֹשַׁעְיָא: ״לְכׇל חַטֹּאתָם״ – וְלֹא לְכׇל טוּמְאֹתָם.
La Guemara demande : Mais selon l'avis de Rabbi Shimon ben Yoḥai, qui dit : Une femme qui a accouché est une pécheresse, que dire ? La Guemara répond : Même selon l'opinion de Rabbi Shimon, lorsqu'une femme qui a accouché apporte une offrande, elle l'apporte afin de lui permettre de manger de la nourriture sacrificielle, qui est l'étape finale de son processus de purification ; mais elle n'apporte pas l'offrande d'expiation. Par conséquent, elle doit apporter son offrande après Yom Kippour, car Yom Kippour effectue l'expiation mais pas la purification.
וּלְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי, דְּאָמַר יוֹלֶדֶת חוֹטֵאת הִיא, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? יוֹלֶדֶת כִּי קָא מַיְיתֵי קׇרְבָּן – לְאִישְׁתְּרוֹיֵי בַּאֲכִילַת קָדָשִׁים הוּא, וְלָא לְכַפָּרָה מֵתְיָא.
Rav Ashi a dit que nous apprenons également dans la Mishna (25a) : Une femme à qui il incombe d'apporter un oiseau en offrande pour péché en raison d'une incertitude, par exemple, l'incertitude quant à savoir si sa fausse couche l'a obligée à apporter l'offrande pour péché d'une femme qui a accouché et pour qui Yom Kippour est passé, est susceptible de l'apporter après Yom Kippour. C’est parce que l’offrande ne vient pas en expiation pour un péché. Au contraire, cela la rend éligible à participer à la viande des offrandes.
אָמַר רַב אָשֵׁי, אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא: הָאִשָּׁה שֶׁיֵּשׁ עָלֶיהָ חַטַּאת הָעוֹף סָפֵק, וְעָבַר עָלֶיהָ יוֹם הַכִּפּוּרִים – חַיֶּיבֶת לְהָבִיא לְאַחַר יוֹם הַכִּפּוּרִים, מִפְּנֵי שֶׁמַכְשַׁרְתָּהּ לֶאֱכוֹל בִּזְבָחִים.
La Guemara objecte : S'il en est ainsi, alors un lépreux incertain qui est obligé d'apporter une offrande pour la purification et pour qui Yom Kippour est passé ne devrait pas apporter son offrande, du fait que Yom Kippour est passé pour lui, car il s'agit d'un cas de péché dont seul le Tout-Puissant est conscient, puisque D.ieu sait s'il est impur. Le rabbin Oshaya a dit que le verset dit : « Pour tous leurs péchés » (Lévitique 16 :21), mais pas pour toutes leurs impuretés, et cette offrande est également apportée pour la purification.
אֶלָּא מֵעַתָּה, סְפֵק מְצוֹרָע שֶׁעָבַר יוֹם הַכִּפּוּרִים לָא מַיְיתֵי, דְּהָא עֲבַר עֲלֵיהּ יוֹם הַכִּפּוּרִים, דְּחֵטְא שֶׁאֵין מַכִּיר בּוֹ אֶלָּא הַמָּקוֹם הוּא! אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא: ״לְכׇל חַטֹּאתָם״ – וְלֹא לְכׇל טוּמְאֹתָם.
La Guemara objecte : Mais Rabbi Shmuel bar Naḥmani ne dit-il pas que Rabbi Yoḥanan dit : Les marques de la lèpre proviennent de sept causes, c'est-à-dire qu'il y a sept péchés qui sont les causes possibles de la lèpre. La Guemara cite un mnémonique pour ces sept péchés : Gimmel, gimmel, gimmel, shin, shin, lamed, tsadi. Cela signifie gilui arayot, rapport sexuel interdit ; gasut haruaḥ, arrogance; gezel, vol; shefikhut dammim, effusion de sang ; shevuat shav, un serment prêté en vain ; lashon hara, calomnie ; et tsarut ha’ayin, avarice (voir Arakhin 16a). Puisque la lèpre se développe à cause d’un péché, cela signifie que les offrandes du lépreux sont également apportées à cause du péché. La Guemara explique : Même ainsi, quand un lépreux apporte une offrande, il n'apporte pas l'offrande d'expiation. Au contraire, on l'apporte pour lui permettre de manger de la nourriture sacrificielle. Il doit donc apporter son offrande après Yom Kippour.
וְהָא אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: עַל שִׁבְעָה דְּבָרִים נְגָעִים בָּאִים! (סִימָן גג״ג ששל״ץ) מְצוֹרָע כִּי מַיְיתֵי לָאו לְכַפָּרָה מַיְיתֵי, אֶלָּא לְאִישְׁתְּרוֹיֵי בַּאֲכִילַת קָדָשִׁים הוּא.