[La baraïta continue la raison de l'exemption du Nassi et du Cohen Gadol machiah de l'offrande à valeur variable :] « Si sa main n'atteint pas » (Vayikra 5, 7), et il est dit : « Si sa main ne trouve pas » (Vayikra 5, 11), ce qui indique que l'offrande à valeur variable [korban oleh ve-yored] ne s'applique qu'à quelqu'un qui peut se retrouver dans un état de pauvreté ou de richesse [c'est-à-dire dont la situation financière peut varier]. Cela exclut le Nassi [roi] et le Cohen Gadol machiah [Grand Prêtre oint], qui ne peuvent pas se retrouver dans un état de pauvreté.
״לֹא תַגִּיעַ יָדוֹ״, וְנֶאֱמַר ״לֹא תַשִּׂיג יָדוֹ״ – מִי שֶׁבָּא לִידֵי עֲנִיּוּת וַעֲשִׁירוּת. יָצָא נָשִׂיא וּמָשִׁיחַ, שֶׁאֵין בָּאִין לִידֵי עֲנִיּוּת,
Le Nassi [roi] ne peut pas se retrouver pauvre, comme il est écrit à son sujet : « Et il a accompli l'une de toutes les mitsvot de l'Éternel son Dieu » (Vayikra 4, 22), désignant le Nassi comme quelqu'un qui n'a au-dessus de lui que l'Éternel son Dieu [c'est-à-dire : il est au sommet de la société et ne dépend de personne]. Il est plus grand que toute la nation et n'est pas un indigent dépendant des autres. Le Cohen Gadol machiah ne peut pas se retrouver pauvre, comme il est écrit : « Et le prêtre qui est le plus grand parmi ses frères » (Vayikra 21, 10), signifiant qu'il est plus grand que ses frères en beauté, en force, en sagesse et en richesse — il n'est donc pas pauvre. D'autres [Aherim] disent : D'où déduit-on que si le Cohen Gadol ne possède pas de richesse personnelle, on doit le rendre grand grâce aux biens de ses frères [les autres prêtres] ? Le verset dit : « Et le prêtre qui est le plus grand parmi ses frères sur la tête duquel l'huile d'onction a été répandue » (Vayikra 21, 10), d'où il est déduit : Rendez-le grand grâce aux biens de ses frères, qui lui fourniront assez de biens pour le rendre riche.
נָשִׂיא – דִּכְתִיב: ״וְעָשָׂה אַחַת מִכׇּל מִצְוֹת ה׳ אֱלֹהָיו״. מִי שֶׁאֵין עַל גַּבָּיו אֶלָּא ה׳ אֱלֹהָיו. מָשִׁיחַ – דִּכְתִיב: ״וְהַכֹּהֵן הַגָּדוֹל מֵאֶחָיו״, שֶׁהוּא גָּדוֹל מֵאֶחָיו בְּנוֹי, בְּכֹחַ, בְּחָכְמָה וּבְעוֹשֶׁר. אֲחֵרִים אוֹמְרִים: מִנַּיִן שֶׁאִם אֵין לוֹ גַּדְּלֵהוּ מִשֶּׁל אֶחָיו? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְהַכֹּהֵן הַגָּדוֹל מֵאֶחָיו אֲשֶׁר יוּצַק עַל רֹאשׁוֹ״ – גַּדְּלֵהוּ מֵאֶחָיו.
Ravina souleva une question devant Rav Na'hman bar Yits'hak : Dans le cas d'un Nassi [roi] qui fut atteint de lèpre et se retrouva inapte à exercer la royauté pendant son affliction, quel est son statut en ce qui concerne l'offrande à valeur variable [korban oleh ve-yored] ? A-t-il été totalement exclu de l'obligation d'apporter une telle offrande — au point que même maintenant, alors qu'il n'est plus roi, il demeure exempté ? Ou bien a-t-il simplement été exempté [pendant la durée de sa royauté], de sorte que maintenant qu'il n'est plus roi, il est redevable d'apporter l'offrande ? Rav Na'hman bar Yits'hak lui dit : Apporterait-il l'offrande depuis tes biens [biens publics] ou depuis son trésor personnel [degazza] ? Puisqu'il apporterait évidemment l'offrande depuis son propre trésor, il demeure exempté d'apporter l'offrande.
בְּעָא מִינֵּיהּ רָבִינָא מֵרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: נָשִׂיא שֶׁנִּצְטָרַע, מַהוּ? מִידְחָא דְּחֵי, אוֹ מִיפְטָר פְּטִיר? אֲמַר לֵיהּ: דִּילָךְ, אוֹ דְּגַזָּא?
§ Il est enseigné dans une baraïta que Rabbi Akiva dit : Le Cohen Gadol machiah [Grand Prêtre oint] est exempté de [l'obligation d'apporter] des offrandes dans tous les cas où l'on est redevable d'une offrande à valeur variable [korban oleh ve-yored]. Rava dit : Quelle est la raison de l'opinion de Rabbi Akiva ? C'est ce que dit le verset : « C'est l'offrande d'Aharon et de ses fils qu'ils offriront à l'Éternel au jour où il sera oint : un dixième d'épha de fine farine comme offrande de repas » (Vayikra 6, 13). On peut en inférer : C'est ce dixième d'épha qui lui incombe comme obligation [hova], et aucune autre offrande semblable ne lui incombe comme obligation.
תַּנְיָא, רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: מָשִׁיחַ פָּטוּר מִכּוּלָּן. אָמַר רָבָא: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי עֲקִיבָא? אָמַר קְרָא: ״זֶה קׇרְבַּן אַהֲרֹן וּבָנָיו״. זוֹ בָּאָה חוֹבָה לוֹ, וְאֵין אַחֶרֶת בָּאָה חוֹבָה לוֹ.
La Guemara demande : Mais pourquoi ne pas dire que lorsque la Miséricorde [Torah] exclut le Cohen Gadol machiah, c'est précisément du type d'offrande à valeur variable apportée à cause d'une extrême pauvreté ? Et qu'est-ce que c'est ? Le dixième d'épha mentionné dans le verset. Mais la Miséricorde ne l'aurait pas exclu de [l'obligation d'apporter] la tourterelle apportée comme offrande à valeur variable pour la pauvreté ordinaire, ni le mouton apporté par celui qui est riche. La Guemara rejette cela : Cela ne devrait pas vous venir à l'esprit, car il est écrit à propos de l'offrande à valeur variable : « Et le prêtre fera l'expiation pour lui pour son péché qu'il a commis parmi l'une de celles-ci » (Vayikra 5, 13), d'où il est déduit : Celui qui obtient l'expiation avec chacun des types d'offrandes à valeur variable obtient l'expiation avec n'importe lequel de ces types ; et celui qui n'obtient pas l'expiation avec chacun des types d'offrandes à valeur variable n'obtient l'expiation avec aucun d'eux.
וְאֵימָא: כִּי מְמַעֵט לֵיהּ רַחֲמָנָא – מִדַּלֵּי דַלּוּת, וּמַאי נִיהוּ? עֲשִׂירִית הָאֵיפָה. אֲבָל עֲנִיּוּת וַעֲשִׁירוּת, לָא מַעֲטֵיהּ רַחֲמָנָא! לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דִּכְתִיב: ״וְכִפֶּר עָלָיו הַכֹּהֵן עַל חַטָּאתוֹ אֲשֶׁר חָטָא מֵאַחַת מֵאֵלֶּה״. הַמִּתְכַּפֵּר בְּאַחַת – מִתְכַּפֵּר בְּכוּלָּן, וְשֶׁאֵין מִתְכַּפֵּר בְּאַחַת – אֵין מִתְכַּפֵּר בְּכוּלָּן.
La Guemara demande : Mais si c'est ainsi, alors ce qui est écrit : « Et il sera quand il sera coupable de l'une de ces choses » (Vayikra 5, 5), devrait être interprété de la même manière : quiconque est redevable dans chacun de ces cas peut devenir redevable dans l'un quelconque de ces cas, et quiconque n'est pas redevable dans chacun de ces cas [comme le Nassi, exempté du serment de témoignage] ne peut pas devenir redevable dans aucun. Pourquoi donc avons-nous appris dans la michna que Rabbi Akiva dit : Le Nassi [roi] est redevable dans tous ces cas à l'exception du cas de shemiaat kol [serment de faux témoignage], indiquant qu'il peut devenir redevable dans les cas restants même s'il est exempté dans l'un ?
אֶלָּא מֵעַתָּה, דִּכְתִיב: ״וְהָיָה כִּי יֶאְשַׁם לְאַחַת מֵאֵלֶּה״, הָכִי נָמֵי: דְּכׇל הַמִּתְחַיֵּיב בְּאַחַת – מִתְחַיֵּיב בְּכוּלָּן, וְשֶׁאֵין מִתְחַיֵּיב בְּאַחַת – אֵין מִתְחַיֵּיב בְּכוּלָּן. אַלְּמָה תְּנַן, רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: נָשִׂיא חַיָּיב חוּץ מִשְּׁמִיעַת קוֹל!
Abayé et Rava disent tous deux [pour résoudre cette difficulté] : Rabbi Akiva tire cette déduction du terme « me'a'hat » [depuis l'une] (Vayikra 5, 13). Il ne tire aucune déduction du terme « le'a'hat » [de l'une] (Vayikra 5, 5). La Guemara demande : Et en quoi le terme « me'a'hat » est-il différent, au point que l'on en tire une déduction ?
אַבָּיֵי וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: ״מֵאַחַת״ מַשְׁמַע לֵיהּ, ״לְאַחַת״ לָא מַשְׁמַע לֵיהּ. וּמַאי שְׁנָא ״מֵאַחַת״ דְּמַשְׁמַע לֵיהּ?
La Guemara répond : La différence est que la Miséricorde [Torah] l'a écrit [ce terme me'a'hat] à la fin du passage traitant de l'offrande à valeur variable, à propos du dixième d'épha de farine [l'offrande de l'indigent], pour dire que quiconque peut devenir redevable d'apporter le dixième d'épha peut devenir redevable d'apporter n'importe laquelle de ces offrandes. Car si vous imaginiez de dire qu'on peut devenir redevable d'en apporter une même s'il ne peut pas devenir redevable pour toutes, laissez la Torah écrire cette formulation « depuis l'une de celles-ci » à propos de l'offrande apportée en cas de pauvreté ordinaire, ou encore à propos de l'offrande apportée par un homme riche. Puisque ce terme n'apparaît pas à propos de l'une des autres offrandes, il est apparent que c'est précisément pour l'offrande apportée à cause d'une extrême pauvreté que celui qui n'en est pas redevable est exempté de l'ensemble.
דְּכַתְבֵיהּ רַחֲמָנָא לְבַסּוֹף גַּבֵּי עֲשִׂירִית הָאֵיפָה, לְמֵימְרָא דְּכֹל דְּמִחַיַּיב בַּעֲשִׂירִית הָאֵיפָה – מִחַיַּיב בְּכוּלָּן, דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ מִתְחַיֵּיב בְּאַחַת אַף עַל פִּי שֶׁאֵין מִתְחַיֵּיב בְּכוּלָּן, נִכְתְּבֵיהּ לְהַאי ״מֵאַחַת מֵאֵלֶּה״ בְּדַלּוּת, אִי נָמֵי בַּעֲשִׁירוּת.
Mishna 1
MICHNA : Résumé [de toutes les règles exposées dans ce tractate] : Pour toutes les mitsvot de la Torah dont la transgression intentionnelle est passible de karet [retranchement] et dont la transgression involontaire est passible d'une hatat [offrande expiatoire], le yahid [individu] apporte une brebis ou une chèvre femelle [seh ou se'ira], le Nassi [roi] apporte un bouc mâle [se'ir], et le Cohen Gadol machiah [Grand Prêtre oint] ainsi que le beit din [tribunal] qui a rendu une décision erronée apportent un taureau [par]. Et pour l'avoda zara [idolâtrie] involontaire, le yahid, le Nassi et le Cohen Gadol machiah apportent une chèvre femelle [se'ira], et le beit din apporte un taureau [par] et un bouc [se'ir] : un taureau comme ola [offrande montante] et un bouc comme hatat [offrande expiatoire].
מַתְנִי׳ כׇּל הַמִּצְוֹת שֶׁבְּתוֹרָה שֶׁחַיָּיבִין עַל זְדוֹנָן כָּרֵת וְעַל שִׁגְגָתָן חַטָּאת – הַיָּחִיד מֵבִיא כִּשְׂבָּה וּשְׂעִירָה, וְהַנָּשִׂיא שָׂעִיר, וּמָשִׁיחַ וּבֵית דִּין מְבִיאִין פַּר. וּבַעֲבוֹדָה זָרָה – הַיָּחִיד וְהַנָּשִׂיא וְהַמָּשִׁיחַ מְבִיאִין שְׂעִירָה, וּבֵית דִּין פַּר וְשָׂעִיר; פַּר לְעוֹלָה וְשָׂעִיר לְחַטָּאת.(משנה)
Pour l'acham talou [offrande de culpabilité provisoire — apportée en cas de doute sur une transgression], le yahid [individu] et le Nassi [roi] sont redevables, et le Cohen Gadol machiah [Grand Prêtre oint] et le beit din [tribunal] sont exemptés. Pour l'acham vadaï [offrande de culpabilité certaine], le yahid, le Nassi et le Cohen Gadol machiah sont redevables, et le beit din est exempté.
אָשָׁם תָּלוּי – הַיָּחִיד וְהַנָּשִׂיא חַיָּיבִין, וּמָשִׁיחַ וּבֵית דִּין פְּטוּרִין. אָשָׁם וַדַּאי – הַיָּחִיד וְהַנָּשִׂיא וְהַמָּשִׁיחַ חַיָּיבִין, וּבֵית דִּין פְּטוּרִין.
Pour shemiaat kol [un faux serment de témoignage], et pour bitouï sefatayim [un faux serment sur une parole], et pour tum'at Mikdach vekodachav [la profanation du Temple ou de ses aliments sacrés], le beit din [tribunal] est exempté, et le yahid [individu], le Nassi [roi] et le Cohen Gadol machiah [Grand Prêtre oint] sont redevables. Sauf que le Cohen Gadol machiah [Grand Prêtre oint] n'est pas redevable pour la profanation du Temple ou de ses aliments sacrés — c'est là l'opinion de Rabbi Chimon. Et quelle offrande sont-ils redevables d'apporter ? Un korban oleh ve-yored [offrande à valeur variable selon leurs ressources]. Rabbi Éliézer dit : Le Nassi [roi] apporte un bouc [se'ir — fixe, et non une offrande variable].
עַל שְׁמִיעַת הַקּוֹל, וְעַל בִּטּוּי שְׂפָתַיִם, וְעַל טוּמְאַת מִקְדָּשׁ וְקָדָשָׁיו – בֵּית דִּין פְּטוּרִין, וְהַיָּחִיד וְהַנָּשִׂיא וְהַמָּשִׁיחַ חַיָּיבִין, אֶלָּא שֶׁאֵין כֹּהֵן גָּדוֹל מָשִׁיחַ חַיָּיב עַל טוּמְאַת מִקְדָּשׁ וְקָדָשָׁיו, דִּבְרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן. וּמָה הֵן מְבִיאִין? קׇרְבַּן עוֹלֶה וְיוֹרֵד. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: הַנָּשִׂיא מֵבִיא שָׂעִיר.
Guémara
GUEMARA : Il est enseigné dans une baraïta que Rabbi Chimon avait coutume de formuler un principe général : Pour tout cas dans lequel le yahid [individu] est redevable d'apporter un acham talou [offrande provisoire], le statut du Nassi [roi] est identique à celui du yahid, et le Cohen Gadol machiah [Grand Prêtre oint] et le beit din [tribunal] sont exemptés. Et pour tout cas dans lequel le yahid est redevable d'apporter un acham vadaï [offrande de culpabilité certaine], le statut du Nassi et du Cohen Gadol machiah est identique à celui du yahid, et le beit din est exempté.
גְּמָ׳ תַּנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן הָיָה נוֹתֵן כְּלָל: כֹּל שֶׁהַיָּחִיד בְּאָשָׁם תָּלוּי – הַנָּשִׂיא כַּיּוֹצֵא בּוֹ, מָשִׁיחַ וּבֵית דִּין פְּטוּרִין. וְכֹל שֶׁהוּא בְּאָשָׁם וַדַּאי – נָשִׂיא וּמָשִׁיחַ כַּיּוֹצֵא בָּהֶן, וּבֵית דִּין פְּטוּרִין.