§ La Michna enseigne : Si le taureau du pretre oint [par ha-machiah'] et le taureau de l'assemblee [par ha-eda], qui sont apportes pour l'absence de conscience de la chose [helem davar], sont en attente, le taureau du pretre oint a la precedence sur le taureau de l'assemblee pour tous ses rites sacrificiels. La Guemara demande : D'ou ces matieres sont-elles derivees ? C'est comme les Sages l'ont enseigne [dans une baraita] : « Et il le brul[er]a comme il brula le premier taureau [hapar harichon] » (Vayikra 4, 21). Pourquoi le verset doit-il dire « le premier » ? Le verset aurait pu simplement dire qu'il le brulera comme il a brule le taureau. C'est afin d'etablir que le premier [taureau, celui du pretre oint] precede le taureau de l'assemblee pour tous ses rites sacrificiels.
פַּר כֹּהֵן מָשׁוּחַ וּפַר עֵדָה כּוּ׳. מְנָא הָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנַן: ״וְשָׂרַף אוֹתוֹ כַּאֲשֶׁר שָׂרַף אֵת הַפָּר הָרִאשׁוֹן״, מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״הָרִאשׁוֹן״? שֶׁיְּהֵא רִאשׁוֹן, קוֹדֵם לְפַר הָעֵדָה בְּכׇל מַעֲשָׂיו.
Les Sages ont enseigne dans une baraita : Si le taureau du pretre oint et le taureau de l'assemblee sont en attente, le taureau du pretre oint precede le taureau de l'assemblee pour tous ses rites sacrificiels. Puisque le pretre oint [Cohen Gadol] est celui qui expie pour tout le peuple juif, et que c'est l'assemblee [kahal] qui est expilee, il est logique que celui qui expie precede celui qui est expie. Et ainsi le verset dit : « Et il expiera pour lui, pour sa maison, et pour toute l'assemblee d'Israel » (Vayikra 16, 17).
תָּנוּ רַבָּנַן: פַּר כֹּהֵן מָשִׁיחַ וּפַר הָעֵדָה עוֹמְדִים – פַּר כֹּהֵן מָשִׁיחַ קוֹדֵם לְפַר הָעֵדָה בְּכׇל מַעֲשָׂיו. הוֹאִיל וּמָשִׁיחַ מְכַפֵּר, וְעֵדָה מִתְכַּפֶּרֶת – דִּין הוּא שֶׁיַּקְדִּים הַמְכַפֵּר לַמִּתְכַּפֵּר, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וְכִפֶּר בַּעֲדוֹ וּבְעַד בֵּיתוֹ וּבְעַד כׇּל קְהַל יִשְׂרָאֵל״.
La baraita continue : Un taureau [pour la faute involontaire de l'assemblee, par he'elem davar] precede le taureau [apporte comme holocauste pour l'adoration des idoles par l'assemblee]. Quelle est la raison de cette halakha ? L'un [le par he'elem davar] est une offrande expiatoire [hatat], et l'autre [le par pour l'idolatrie] est un holocauste [olah]. Et il est enseigne dans une baraita : « Et il offrira celui qui est pour la hatat en premier » (Vayikra 5, 8) ; pourquoi le verset doit-il dire cela ? S'il s'agit d'enseigner que la hatat sera d'abord offerte, cela est deja dit : « Et le second il le preparera comme un holocauste selon l'ordonnance » (Vayikra 5, 10). Cela a plutot etabli un paradigme dont tous les cas similaires peuvent etre derives, enseignant que toutes les offrandes expiatoires [h'ataot] precedent les holocaustes [olot] qui les accompagnent ; et nous maintenons que meme une offrande expiatoire d'oiseau precede un holocauste de betail.
פַּר הֶעְלֵם דָּבָר שֶׁל צִבּוּר קוֹדֵם לְפַר שֶׁל עֲבוֹדָה זָרָה. מַאי טַעְמָא? הַאי חַטָּאת וְהַאי עוֹלָה, וְתַנְיָא: ״וְהִקְרִיב אֶת אֲשֶׁר לְחַטָּאת רִאשׁוֹנָה״, מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? אִם לְלַמֵּד שֶׁתְּהֵא חַטָּאת רִאשׁוֹנָה, הֲרֵי כְּבָר נֶאֱמַר: ״וְאֶת הַשֵּׁנִי יַעֲשֶׂה עוֹלָה כַּמִּשְׁפָּט״! אֶלָּא זֶה בָּנָה אָב שֶׁיְּהוּ כׇּל חַטָּאוֹת קוֹדְמוֹת לְעוֹלוֹת הַבָּאִים עִמָּהֶם, וְקַיְימָא לַן דַּאֲפִילּוּ חַטַּאת הָעוֹף קוֹדֶמֶת לְעוֹלַת בְּהֵמָה.
Un taureau pour l'adoration des idoles [apporte comme holocauste par l'assemblee] precede le bouc pour l'adoration des idoles [apporte comme hatat par l'assemblee]. La Guemara demande : Pourquoi en est-il ainsi ? L'un [le bouc] est une offrande expiatoire [hatat] et l'autre [le taureau] est un holocauste [olah] ! En Occident [Eretz Israel], on dit au nom de Rava bar Mari : La hatat [le bouc] pour l'adoration des idoles est deficiente d'un alef — « le'hatat » [et non « le'hattat »] est ecrit [dans le texte]. Cela indique que toutes les halakhot des offrandes expiatoires ne s'appliquent pas a elle. Rava dit : « Selon l'ordonnance [kamichpat] » est ecrit a son sujet, indiquant que le service doit etre accompli dans l'ordre enonce dans le verset, c'est-a-dire que le taureau est sacrifie avant le bouc.
פַּר עֲבוֹדָה זָרָה קוֹדֵם לִשְׂעִיר עֲבוֹדָה זָרָה, אַמַּאי? הַאי חַטָּאת, וְהַאי עוֹלָה! אָמְרִי בְּמַעְרְבָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא בַּר מָרִי: חַטַּאת עֲבוֹדָה זָרָה חַסִּירָא אָלֶף, ״לְחַטָּת״ כְּתִיב. רָבָא אָמַר: ״כַּמִּשְׁפָּט״ כְּתִיב בֵּיהּ.
Le bouc pour l'adoration des idoles de l'assemblee precede le bouc [se'ir] du roi [Nassi]. Quelle est la raison de cela ? Ce bouc est apporte par le grand public [tsibour] et ce bouc-ci est apporte par un individu [yahid], et le public a la precedence sur l'individu, meme si cet individu est le roi. Le bouc male [se'ir] du roi precede la chevre femelle [se'irat] de l'individu [ordinaire]. Quelle est la raison de cela ? Ce bouc est apporte par un roi [melekh], et cette chevre est apportee par un homme du peuple [hedhyot].
שְׂעִיר עֲבוֹדָה זָרָה קוֹדֵם לִשְׂעִיר נָשִׂיא. מַאי טַעְמָא? הַאי צִבּוּר וְהַאי יָחִיד. שְׂעִיר נָשִׂיא קוֹדֵם לִשְׂעִירַת יָחִיד. מַאי טַעְמָא? הַאי מֶלֶךְ וְהַאי הֶדְיוֹט.
La chevre femelle d'un individu [apportee comme hatat ordinaire] precede l'agnelle [kivsat] d'un individu. Et [pourtant] n'est-il pas enseigne dans une baraita : L'agnelle d'un individu precede la chevre femelle d'un individu ? Abaye dit : C'est un differend entre tannaim. Un Sage estime : Une chevre femelle est preferable [et a la precedence], car son applicabilite est plus large en ce qu'elle est apportee pour l'adoration des idoles par un individu [dans ce cas, on doit apporter une chevre femelle, et non une brebis]. Et un Sage estime : L'agnelle est preferable [et a la precedence], car elle possede davantage de portions sacrificielles qu'une chevre femelle, sa queue [alya] etant egalement incluse [dans les morceaux offerts sur l'autel], ce qui indique que c'est une offrande plus remarquable.
שְׂעִירַת יָחִיד קוֹדֶמֶת לְכִבְשַׂת יָחִיד. וְהָא תַּנְיָא: כִּבְשַׂת יָחִיד קוֹדֶמֶת לִשְׂעִירַת יָחִיד! אָמַר אַבָּיֵי: תַּנָּאֵי הִיא, מָר סָבַר: שְׂעִירָה עֲדִיפָא, שֶׁכֵּן נִתְרַבְּתָה אֵצֶל עֲבוֹדָה זָרָה בְּיָחִיד. וּמָר סָבַר: כִּבְשָׂה עֲדִיפָא, שֶׁכֵּן נִתְרַבְּתָה בְּאַלְיָה.
L'offrande de l'omer [les premiers grains de l'orge recoltes a Pessa'h] precede l'agneau qui l'accompagne ; les deux miches de pain [chte haHallot, l'offrande publique de Chavouot] precedent les agneaux qui les accompagnent. Telle est la regle : Une chose qui vient en raison d'une mitsva du jour [kedei hayom] precede une chose qui vient en raison du pain. L'omer et les deux miches sont des offrandes apportees en raison du jour ; les agneaux qui les accompagnent sont apportes en raison de ces offrandes de pain.
עוֹמֶר קוֹדֵם לְכֶבֶשׂ הַבָּא עִמּוֹ, שְׁתֵּי הַלֶּחֶם קוֹדְמִים לִכְבָשִׂים הַבָּאִים עִמָּהֶם. זֶה הַכְּלָל: דָּבָר הַבָּא בְּגִין (לַ)יוֹם קוֹדֵם לְדָבָר הַבָּא בְּגִין לֶחֶם.
Mishna 1
MICHNA : L'homme [i'ch] a la precedence sur la femme [ichah] pour etre secouru [en cas de danger de vie] ou pour se voir restituer un objet perdu en premier. Et la femme a la precedence sur l'homme pour se voir fournir un vetement en premier [car sa honte en cas de nudite est plus grande], ou pour etre liberee de captivite en premier [en raison du risque qu'elle soit violee]. Lorsque les deux se trouvent dans une situation degradante [i.e. qu'il existe aussi un risque que l'homme soit soumis a une relation homosexuelle forcee en captivite], la liberation de l'homme precede celle de la femme.
מַתְנִי׳ הָאִישׁ קוֹדֵם לָאִשָּׁה לְהַחֲיוֹת וּלְהָשֵׁב אֲבֵדָה. וְהָאִשָּׁה קוֹדֶמֶת לָאִישׁ לִכְסוּת וּלְהוֹצִיא מִבֵּית הַשְּׁבִי. בִּזְמַן שֶׁשְּׁנֵיהֶם עוֹמְדִים בְּקַלְקָלָה – הָאִישׁ קוֹדֵם לָאִשָּׁה.(משנה)
Guémara
GUEMARA : A propos de la precedence [bei'nim, dans les situations de danger], les Sages ont enseigne dans une baraita : Si quelqu'un, son pere et son maitre [rav] se trouvent en captivite, sa liberation precede celle de son maitre, car la vie de quelqu'un est prioritaire ; et la liberation de son maitre precede celle de son pere. La liberation de sa mere precede celle de tous.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: הָיָה הוּא וְאָבִיו וְרַבּוֹ בַּשֶּׁבִי – הוּא קוֹדֵם לְרַבּוֹ, וְרַבּוֹ קוֹדֵם לְאָבִיו. אִמּוֹ קוֹדֶמֶת לְכוּלָּם.
Un erudit de la Torah [h'akham] precede le roi d'Israel [car] si un Sage vient a mourir, nous n'avons personne de comparable ; mais si un roi d'Israel vient a mourir, tout Israel est apte a la royaute.
חָכָם קוֹדֵם לְמֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל: חָכָם שֶׁמֵּת – אֵין לָנוּ כַּיּוֹצֵא בּוֹ. מֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל שֶׁמֵּת – כׇּל יִשְׂרָאֵל רְאוּיִם לַמַּלְכוּת.
Le roi [melekh] precede le Cohen Gadol [Grand Pretre], comme il est dit : « Le roi leur dit : Prenez avec vous les serviteurs de votre seigneur » (I Melakhim 1, 33). Le roi David se designait lui-meme comme « seigneur » en s'adressant a Tsadok le pretre.
מֶלֶךְ קוֹדֵם לְכֹהֵן גָּדוֹל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר הַמֶּלֶךְ (אֲלֵיהֶם) [לָהֶם] קְחוּ עִמָּכֶם (אוֹ מֵעַבְדֵי) [אֶת עַבְדֵי] אֲדֹנֵיכֶם וְגוֹ׳״.
Le Cohen Gadol precede le prophete [navi], comme il est dit : « Et Tsadok le pretre et Nathan le prophete l'oignirent la » (I Melakhim 1, 34) ; Tsadok est mentionne avant Nathan [dans l'ordre du couronnement de Chelomo]. Et il est aussi dit [dans Zekharia] : « Ecoute donc, Yehochoua, grand pretre, toi et tes collegues qui siegent devant toi, car ce sont des hommes qui sont un signe [anché mofet]… » (Zekharia 3, 8). On pourrait penser que ces collegues etaient des hommes ordinaires. Par consequent, le verset dit : « Car ce sont des hommes qui sont un signe [mofet] », et « signe » ne designe que le prophete, comme il est dit : « Et il te donne un signe ou un prodige [mofet] » (Devarim 13, 2). [Ainsi le Cohen Gadol precede les prophetes qui siegeaient devant lui.]
כֹּהֵן גָּדוֹל קוֹדֵם לְנָבִיא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמָשַׁח אֹתוֹ שָׁם צָדוֹק הַכֹּהֵן וְנָתָן הַנָּבִיא״. הִקְדִּים צָדוֹק לְנָתָן. וְאוֹמֵר: ״שְׁמַע נָא יְהוֹשֻׁעַ הַכֹּהֵן הַגָּדוֹל אַתָּה וְרֵעֶיךָ וְגוֹ׳״. יָכוֹל הֶדְיוֹטוֹת הָיוּ? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כִּי אַנְשֵׁי מוֹפֵת הֵמָּה״, וְאֵין ״מוֹפֵת״ אֶלָּא נָבִיא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְנָתַן אֵלֶיךָ אוֹת אוֹ מוֹפֵת״.