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Traité Horayot

12a

Étude de Horayot 12a

Étude de la Guémara 12a

Guémara
La Guemara souleve une question concernant le fait que Yoha'haz [roi de Juda] ait ete oint [a son intronisation] : L'huile d'onction existait-elle encore au temps de Yoha'haz ? N'est-il pas enseigne dans une baraita : Lorsque l'Arche de l'Alliance fut mise en reserve [cachee], l'huile d'onction, la jarre de manne [voir Chemot 16, 33], le baton d'Aharon avec ses amandes et ses fleurs [voir Bamidbar 17, 23], et le coffre que les Philistins avaient envoye en cadeau a Israel furent tous mis en reserve avec elle, comme il est dit : « Vous prendrez l'Arche du Seigneur et vous la deposerez sur le char, et vous mettrez les objets d'or que vous Lui restituez comme offrande expiatoire dans un coffre a ses cotes, puis vous l'enverrez pour qu'elle parte » (I Chemouel 6, 8).
וּמִי הֲוָה שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה? וְהָתַנְיָא: מִשֶּׁנִּגְנַז אָרוֹן, נִגְנַז שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה וְצִנְצֶנֶת הַמָּן וּמַקְלוֹ שֶׁל אַהֲרֹן שְׁקֵדֶיהָ וּפְרָחֶיהָ וְאַרְגַּז שֶׁשָּׁלְחוּ פְּלִשְׁתִּים דּוֹרוֹן לְיִשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאֵת כְּלֵי הַזָּהָב אֲשֶׁר הֲשֵׁבֹתֶם לוֹ אָשָׁם תָּשִׂימוּ בָאַרְגַּז מִצִּדּוֹ וְשִׁלַּחְתֶּם אֹתוֹ וְהָלָךְ״.
Et qui mit l'Arche en reserve ? Yoshiyahou [Josias], roi de Juda, la mit en reserve, car il vit qu'il est ecrit dans la Torah [dans la section des reproches] : « L'Eternel te conduira, toi et le roi que tu auras etabli sur toi, vers une nation que tu n'auras pas connue » (Devarim 28, 36). Il ordonna [qu'on les cache] et le peuple les mit en reserve, comme il est dit : « Il dit aux Levites qui instruisaient tout Israel et qui etaient consacres a l'Eternel : Deposez l'Arche sainte dans la maison que Chelomo fils de David, roi d'Israel, a construite ; vous n'aurez plus a la porter sur les epaules. Maintenant, servez l'Eternel votre Dieu et Son peuple Israel » (II Divrei HaYamim 35, 3).
וּמִי גְּנָזוֹ? יֹאשִׁיָּהוּ מֶלֶךְ יְהוּדָה גְּנָזוֹ, שֶׁרָאָה שֶׁכָּתוּב בַּתּוֹרָה: ״יוֹלֵךְ ה׳ אֹתְךָ וְאֶת מַלְכְּךָ וְגוֹ׳״, צִוָּה וּגְנָזוּם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר לַלְוִיִּם הַמְּבִינִים לְכׇל יִשְׂרָאֵל הַקְּדוֹשִׁים לַה׳ תְּנוּ אֶת אֲרוֹן הַקֹּדֶשׁ בַּבַּיִת אֲשֶׁר בָּנָה שְׁלֹמֹה בֶן דָּוִד מֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל אֵין לָכֶם מַשָּׂא בַּכָּתֵף עַתָּה עִבְדוּ אֶת ה׳ אֱלֹהֵיכֶם וְאֵת עַמּוֹ יִשְׂרָאֵל״.
Et Rabbi Elazar dit : On deduit [l'association des objets caches a l'Arche] par un [gezerah chava, analogie verbale entre] le terme « la » ecrit au sujet de l'Arche [voir Chemot 29, 43] et le terme « la » ecrit au sujet de la jarre de manne [voir Chemot 16, 33] ; et par analogie entre le terme « reserve » ecrit au sujet de la jarre de manne [voir Chemot 16, 33] et le terme « reserve » ecrit au sujet du baton d'Aharon [voir Bamidbar 17, 25-26] ; et par analogie entre le terme « pour les generations » ecrit au sujet de la jarre de manne [voir Chemot 16, 33] et le terme « pour les generations » ecrit au sujet de l'huile d'onction [voir Chemot 30, 31]. Par le biais de ces analogies verbales, il est derive que tous ces objets furent mis en reserve. Rav Pappa dit : [On repondra a la difficulte initiale en disant que] c'est avec du baume pur [afarssema dakya, et non avec de l'huile d'onction proprement dite] que l'on oignit Yoha'haz.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אָתְיָא ״שָׁם״ ״שָׁם״, אַתְיָא ״מִשְׁמֶרֶת״ ״מִשְׁמֶרֶת״, אָתְיָא ״דּוֹרוֹת״ ״דּוֹרוֹת״! אָמַר רַב פָּפָּא: בַּאֲפַרְסְמָא דַּכְיָא.
§ Les Sages ont enseigne [dans une baraita] : Comment oint-on les rois ? On etale l'huile en forme de couronne autour de la tete. Et comment oint-on les kohanim [pretres] ? On etale l'huile en forme de la lettre grecque khi. La Guemara demande : Que signifie « en forme de khi » ? Rav Menachya bar Gadda dit : En forme de la lettre grecque equivalant a la lettre hebraique kaf [c'est-a-dire en forme de croix ou de X].
תָּנוּ רַבָּנַן: כֵּיצַד מוֹשְׁחִין אֶת הַמְּלָכִים? כְּמִין נֵזֶר. וְאֶת הַכֹּהֲנִים? כְּמִין כִּי. מַאי ״כְּמִין כִּי״? אָמַר רַב מְנַשְּׁיָא בַּר גַּדָּא: כְּמִין כָּף יְוָנִי.
Il est enseigne dans une baraita : Au debut [de la coutume], on versait l'huile sur la tete du pretre [cohen], et ensuite on lui deponait de l'huile entre les cils de ses yeux. Et il est enseigne dans une autre baraita : Au debut, on lui deposait de l'huile entre les cils de ses yeux, et ensuite on versait l'huile sur sa tete. La Guemara explique : C'est un differend entre tannaim [sages de la Michna]. Certains disent : L'onction [entre les yeux] est preferable et prend la precedence ; et certains disent : Le versement [sur la tete] est preferable et prend la precedence.
תָּנֵי חֲדָא: בַּתְּחִלָּה מוֹצְקִין שֶׁמֶן עַל רֹאשׁוֹ, וְאַחַר כָּךְ נוֹתְנִין לוֹ שֶׁמֶן בֵּין רִיסֵי עֵינָיו. וְתַנְיָא אַחֲרִיתִי: בַּתְּחִלָּה נוֹתְנִין לוֹ שֶׁמֶן בֵּין רִיסֵי עֵינָיו, וְאַחַר כָּךְ מוֹצְקִים לוֹ שֶׁמֶן עַל רֹאשׁוֹ! תַּנָּאֵי הִיא, אִיכָּא דְאָמְרִי: מְשִׁיחָה עֲדִיפָא, וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: יְצִיקָה עֲדִיפָא.
Quelle est la raison de celui qui dit que le versement [sur la tete] est preferable ? Car il est ecrit : « Il versa de l'huile d'onction sur la tete d'Aharon et l'oignit pour le sanctifier » (Vayikra 8, 12), indiquant que le versement precede l'onction. Et celui qui dit que l'onction [entre les yeux] est preferable, quelle est la raison de son opinion ? Il estime : L'onction prend la precedence, car c'est ce que l'on trouve concernant les ustensiles de service du Temple [voir Bamidbar 7, 1] — ils furent oints, mais l'huile d'onction ne fut pas versee sur eux. La Guemara demande : Mais n'est-il pas ecrit au sujet des pretres : « Il versa » et finalement : « Il oignit » ? La Guemara repond : Voici ce que le verset signifie : Pourquoi [la Torah mentionne-t-elle] « il versa » ? Parce qu'il avait [deja] oint. L'onction est le composant principal de la procedure.
מַאי טַעְמָא דְּמַאן דְּאָמַר יְצִיקָה עֲדִיפָא? דִּכְתִיב: ״וַיִּצֹק מִשֶּׁמֶן הַמִּשְׁחָה עַל רֹאשׁ אַהֲרֹן וַיִּמְשַׁח אֹתוֹ לְקַדְּשׁוֹ״. וּמַאן דְּאָמַר מְשִׁיחָה עֲדִיפָא, מַאי טַעְמָא? קָסָבַר: שֶׁכֵּן אַתָּה מוֹצֵא אֵצֶל כְּלֵי שָׁרֵת. וְהָכְתִיב ״וַיִּצֹק״, וּבַסּוֹף ״וַיִּמְשַׁח״! הָכִי קָאָמַר: מַאי טַעַם ״וַיִּצֹק״? מִשּׁוּם דְּ״וַיִּמְשַׁח״.
Les Sages ont enseigne : « Comme l'excellente huile [versee] sur la tete, descendant sur la barbe, la barbe d'Aharon, descendant sur le col de ses vetements » (Tehilim 133, 2). Deux gouttes d'huile d'onction en forme de perles restaient suspendues a la barbe d'Aharon. Rav Pappa dit qu'il est enseigne : Lorsqu'Aharon parlait et que sa barbe bougeait, ces gouttes remontaient miraculeusement et se deposaient a la racine de sa barbe pour ne pas tomber. Moche s'inquieta a ce sujet. Il dit : Peut-etre — le Ciel m'en preserve — ai-je commis une utilisation abusive [me'ila] de l'huile d'onction consacree en en versant plus que necessaire, puisque deux gouttes supplementaires restent ? Une Voix celeste [bat kol] se fit entendre et dit : « Comme l'excellente huile sur la tete, descendant sur la barbe, la barbe d'Aharon… Comme la rosee de l'Hermon » (Tehilim 133, 2-3). Ce rapprochement enseigne : De meme qu'il n'y a pas d'utilisation abusive de la rosee de l'Hermon, qui n'est pas consacree, de meme, concernant l'huile d'onction sur la barbe d'Aharon, il n'y a pas d'utilisation abusive de bien consacre.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״כַּשֶּׁמֶן הַטּוֹב [וְגוֹ׳] יֹרֵד עַל הַזָּקָן זְקַן אַהֲרֹן וְגוֹ׳״ – כְּמִין שְׁנֵי טִפֵּי מַרְגָּלִיּוֹת הָיוּ תְּלוּיוֹת לְאַהֲרֹן בִּזְקָנוֹ. אָמַר רַב פָּפָּא, תָּנָא: כְּשֶׁהוּא מְסַפֵּר, עוֹלוֹת וְיוֹשְׁבוֹת לוֹ בְּעִיקַּר זְקָנוֹ, וְעַל דָּבָר זֶה הָיָה מֹשֶׁה דּוֹאֵג, אָמַר: שֶׁמָּא חַס וְשָׁלוֹם מָעַלְתִּי בְּשֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה? יָצְתָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה: ״כְּשֶׁמֶן הַטּוֹב וְגוֹ׳ כְּטַל חֶרְמוֹן״, מָה טַל חֶרְמוֹן אֵין בּוֹ מְעִילָה, אַף שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה שֶׁבִּזְקַן אַהֲרֹן אֵין בּוֹ מְעִילָה.
Et Aharon continuait a s'inquieter. Il dit : Peut-etre Moche n'a-t-il pas commis d'utilisation abusive de bien consacre ; mais peut-etre moi, j'en ai commis une, puisque l'huile supplementaire est sur ma barbe et que j'en profite [sans l'avoir consacree a cet effet]. Une Voix celeste se fit entendre et lui dit : « Voici combien il est bon et agreable que des freres demeurent ensemble en unite » (Tehilim 133, 1). De meme que ton frere Moche n'a pas commis d'utilisation abusive de bien consacre, toi non plus tu n'en as pas commis.
וַעֲדַיִין הָיָה אַהֲרֹן דּוֹאֵג, אָמַר: שֶׁמָּא מֹשֶׁה לֹא מָעַל, אֲבָל אֲנִי מָעַלְתִּי? יָצְתָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה לוֹ: ״הִנֵּה מַה טּוֹב וּמַה נָּעִים שֶׁבֶת אַחִים גַּם יָחַד״, מָה מֹשֶׁה לֹא מָעַל, אַף אַתָּה לֹא מָעַלְתָּ.
Les Sages ont enseigne [dans une baraita] : On n'oint les rois que pres d'une source [d'eau], comme signe de bon augure, afin que leur royaute se poursuive comme une source [qui coule sans interruption], comme il est dit au sujet du couronnement de Chelomo [Salomon] avant la mort de David : « Le roi leur dit : Prenez avec vous les serviteurs de votre seigneur [et faites que Chelomo mon fils monte sur ma propre mule, et conduisez-le a Guihon]. Et que Tsadok le pretre et Nathan le prophete l'y oignent comme roi sur Israel, et sonnez le chofar et dites : Vive le roi Chelomo » (I Melakhim 1, 33-34).
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין מוֹשְׁחִים אֶת הַמְּלָכִים אֶלָּא עַל הַמַּעְיָין, כְּדֵי שֶׁתִּמָּשֵׁךְ מַלְכוּתָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר הַמֶּלֶךְ לָהֶם קְחוּ עִמָּכֶם אֶת עַבְדֵי אֲדֹנֵיכֶם [וְגוֹ׳] וְהוֹרַדְתֶּם אֹתוֹ אֶל גִּחוֹן״.
§ A propos des bons augures, la Guemara cite une declaration de Rabbi Ami : Cette personne qui cherche a savoir si elle achevera son annee [en vie] ou non, c'est-a-dire si elle restera en vie l'annee a venir, qu'elle allume une lampe, pendant les dix jours qui s'ecoulent entre Roch Hachana et Yom Kippour, dans une maison ou le vent ne souffle pas. Si sa lumiere continue de briller, elle sait qu'elle achevera son annee.
אָמַר רַבִּי אַמֵּי: הַאי מַאן דְּבָעֵי לִידַּע אִי מַסֵּיק שַׁתֵּיהּ אִי לָא, נִיתְלֵי שְׁרָגָא בַּעֲשָׂרָה יוֹמֵי דְּבֵין רֹאשׁ הַשָּׁנָה לְיוֹם הַכִּפּוּרִים בְּבֵיתָא דְּלָא נָשֵׁיב זִיקָא. אִי מָשֵׁיךְ נְהוֹרֵיהּ – נִידַּע דְּמַסֵּיק שַׁתֵּיהּ.
Et celui qui cherche a se lancer dans une entreprise commerciale et qui desire savoir s'il y reussira ou non, qu'il eleve un coq [destine a cette affaire]. Si le coq prend du poids et se porte bien, il reussira.
וּמַאן דְּבָעֵי לְמִיעְבַּד בְּעִיסְקָא, וּבָעֵי לְמִידַּע אִי מַצְלַח אִי לָא מַצְלַח, לִירַבֵּי תַּרְנְגוֹלָא. אִי שָׁמֵין וְשָׁפַר, מַצְלַח.
Cette personne qui cherche a entreprendre un voyage et qui desire savoir si elle reviendra et rentrera chez elle ou non, qu'elle se rende dans une maison sombre [dahavara]. Si elle y voit l'ombre de son ombre [sa double ombre], elle saura qu'elle reviendra et rentrera chez elle. Et [pourtant] les Sages [rejetent ce conseil en disant que] ce signe n'est pas chose significative : peut-etre sera-t-elle decouragee si l'augure ne se produit pas, et son etoile en souffrira, et c'est cela qui causera son echec. Abaye dit : Puisque tu as dit qu'un signe est chose significative, une personne devrait toujours s'habituer a voir [les aliments suivants] en debut d'annee [de Roch Hachana] : une courge [qara], et du fenugrec [roubya], des poireaux [karti], de la betterave [silqa] et des dattes [tamri] [car chacun de ces legumes pousse rapidement et constitue un bon augure pour les actions de l'annee a venir].
הַאי מַאן דְּבָעֵי לְמִיפַּק [לְאוֹרְחָא] וּבָעֵי לְמִידַּע אִי (חָזַר) [הָדַר] וְאָתֵי לְבֵיתָא, אִי לָא – נֵיקוּם בְּבֵיתָא דְּחַבָּרָא, אִי חָזֵי בָּבוּאָה דְבָבוּאָה לִידַּע דְּהָדַר וְאָתֵי לְבֵיתֵאּ. וְלָאו מִלְּתָא הִיא, דִּלְמָא חָלְשָׁא דַּעְתֵּיהּ, וּמִיתְּרַע מַזָּלֵיהּ. אָמַר אַבָּיֵי: הַשְׁתָּא דְּאָמְרַתְּ סִימָנָא מִילְּתָא הִיא, [לְעוֹלָם] יְהֵא רָגִיל לְמִיחְזֵי בְּרֵישׁ שַׁתָּא קָרָא וְרוּבְּיָא, כַּרָּתֵי וְסִילְקָא וְתַמְרֵי.
Horayot 12a
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הוריות י״ב אמַסֶּכֶת הוֹרָיוֹת
גְּמָרָא וּמִי הֲוָה שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה? וְהָתַנְיָא: מִשֶּׁנִּגְנַז אָרוֹן, נִגְנַז שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה וְצִנְצֶנֶת הַמָּן וּמַקְלוֹ שֶׁל אַהֲרֹן שְׁקֵדֶיהָ וּפְרָחֶיהָ וְאַרְגַּז שֶׁשָּׁלְחוּ פְּלִשְׁתִּים דּוֹרוֹן לְיִשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאֵת כְּלֵי הַזָּהָב אֲשֶׁר הֲשֵׁבֹתֶם לוֹ אָשָׁם תָּשִׂימוּ בָאַרְגַּז מִצִּדּוֹ וְשִׁלַּחְתֶּם אֹתוֹ וְהָלָךְ״. וּמִי גְּנָזוֹ? יֹאשִׁיָּהוּ מֶלֶךְ יְהוּדָה גְּנָזוֹ, שֶׁרָאָה שֶׁכָּתוּב בַּתּוֹרָה: ״יוֹלֵךְ ה׳ אֹתְךָ וְאֶת מַלְכְּךָ וְגוֹ׳״, צִוָּה וּגְנָזוּם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר לַלְוִיִּם הַמְּבִינִים לְכׇל יִשְׂרָאֵל הַקְּדוֹשִׁים לַה׳ תְּנוּ אֶת אֲרוֹן הַקֹּדֶשׁ בַּבַּיִת אֲשֶׁר בָּנָה שְׁלֹמֹה בֶן דָּוִד מֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל אֵין לָכֶם מַשָּׂא בַּכָּתֵף עַתָּה עִבְדוּ אֶת ה׳ אֱלֹהֵיכֶם וְאֵת עַמּוֹ יִשְׂרָאֵל״. וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אָתְיָא ״שָׁם״ ״שָׁם״, אַתְיָא ״מִשְׁמֶרֶת״ ״מִשְׁמֶרֶת״, אָתְיָא ״דּוֹרוֹת״ ״דּוֹרוֹת״! אָמַר רַב פָּפָּא: בַּאֲפַרְסְמָא דַּכְיָא. תָּנוּ רַבָּנַן: כֵּיצַד מוֹשְׁחִין אֶת הַמְּלָכִים? כְּמִין נֵזֶר. וְאֶת הַכֹּהֲנִים? כְּמִין כִּי. מַאי ״כְּמִין כִּי״? אָמַר רַב מְנַשְּׁיָא בַּר גַּדָּא: כְּמִין כָּף יְוָנִי. תָּנֵי חֲדָא: בַּתְּחִלָּה מוֹצְקִין שֶׁמֶן עַל רֹאשׁוֹ, וְאַחַר כָּךְ נוֹתְנִין לוֹ שֶׁמֶן בֵּין רִיסֵי עֵינָיו. וְתַנְיָא אַחֲרִיתִי: בַּתְּחִלָּה נוֹתְנִין לוֹ שֶׁמֶן בֵּין רִיסֵי עֵינָיו, וְאַחַר כָּךְ מוֹצְקִים לוֹ שֶׁמֶן עַל רֹאשׁוֹ! תַּנָּאֵי הִיא, אִיכָּא דְאָמְרִי: מְשִׁיחָה עֲדִיפָא, וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: יְצִיקָה עֲדִיפָא. מַאי טַעְמָא דְּמַאן דְּאָמַר יְצִיקָה עֲדִיפָא? דִּכְתִיב: ״וַיִּצֹק מִשֶּׁמֶן הַמִּשְׁחָה עַל רֹאשׁ אַהֲרֹן וַיִּמְשַׁח אֹתוֹ לְקַדְּשׁוֹ״. וּמַאן דְּאָמַר מְשִׁיחָה עֲדִיפָא, מַאי טַעְמָא? קָסָבַר: שֶׁכֵּן אַתָּה מוֹצֵא אֵצֶל כְּלֵי שָׁרֵת. וְהָכְתִיב ״וַיִּצֹק״, וּבַסּוֹף ״וַיִּמְשַׁח״! הָכִי קָאָמַר: מַאי טַעַם ״וַיִּצֹק״? מִשּׁוּם דְּ״וַיִּמְשַׁח״. תָּנוּ רַבָּנַן: ״כַּשֶּׁמֶן הַטּוֹב [וְגוֹ׳] יֹרֵד עַל הַזָּקָן זְקַן אַהֲרֹן וְגוֹ׳״ – כְּמִין שְׁנֵי טִפֵּי מַרְגָּלִיּוֹת הָיוּ תְּלוּיוֹת לְאַהֲרֹן בִּזְקָנוֹ. אָמַר רַב פָּפָּא, תָּנָא: כְּשֶׁהוּא מְסַפֵּר, עוֹלוֹת וְיוֹשְׁבוֹת לוֹ בְּעִיקַּר זְקָנוֹ, וְעַל דָּבָר זֶה הָיָה מֹשֶׁה דּוֹאֵג, אָמַר: שֶׁמָּא חַס וְשָׁלוֹם מָעַלְתִּי בְּשֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה? יָצְתָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה: ״כְּשֶׁמֶן הַטּוֹב וְגוֹ׳ כְּטַל חֶרְמוֹן״, מָה טַל חֶרְמוֹן אֵין בּוֹ מְעִילָה, אַף שֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה שֶׁבִּזְקַן אַהֲרֹן אֵין בּוֹ מְעִילָה. וַעֲדַיִין הָיָה אַהֲרֹן דּוֹאֵג, אָמַר: שֶׁמָּא מֹשֶׁה לֹא מָעַל, אֲבָל אֲנִי מָעַלְתִּי? יָצְתָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה לוֹ: ״הִנֵּה מַה טּוֹב וּמַה נָּעִים שֶׁבֶת אַחִים גַּם יָחַד״, מָה מֹשֶׁה לֹא מָעַל, אַף אַתָּה לֹא מָעַלְתָּ. תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין מוֹשְׁחִים אֶת הַמְּלָכִים אֶלָּא עַל הַמַּעְיָין, כְּדֵי שֶׁתִּמָּשֵׁךְ מַלְכוּתָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר הַמֶּלֶךְ לָהֶם קְחוּ עִמָּכֶם אֶת עַבְדֵי אֲדֹנֵיכֶם [וְגוֹ׳] וְהוֹרַדְתֶּם אֹתוֹ אֶל גִּחוֹן״. אָמַר רַבִּי אַמֵּי: הַאי מַאן דְּבָעֵי לִידַּע אִי מַסֵּיק שַׁתֵּיהּ אִי לָא, נִיתְלֵי שְׁרָגָא בַּעֲשָׂרָה יוֹמֵי דְּבֵין רֹאשׁ הַשָּׁנָה לְיוֹם הַכִּפּוּרִים בְּבֵיתָא דְּלָא נָשֵׁיב זִיקָא. אִי מָשֵׁיךְ נְהוֹרֵיהּ – נִידַּע דְּמַסֵּיק שַׁתֵּיהּ. וּמַאן דְּבָעֵי לְמִיעְבַּד בְּעִיסְקָא, וּבָעֵי לְמִידַּע אִי מַצְלַח אִי לָא מַצְלַח, לִירַבֵּי תַּרְנְגוֹלָא. אִי שָׁמֵין וְשָׁפַר, מַצְלַח. הַאי מַאן דְּבָעֵי לְמִיפַּק [לְאוֹרְחָא] וּבָעֵי לְמִידַּע אִי (חָזַר) [הָדַר] וְאָתֵי לְבֵיתָא, אִי לָא – נֵיקוּם בְּבֵיתָא דְּחַבָּרָא, אִי חָזֵי בָּבוּאָה דְבָבוּאָה לִידַּע דְּהָדַר וְאָתֵי לְבֵיתֵאּ. וְלָאו מִלְּתָא הִיא, דִּלְמָא חָלְשָׁא דַּעְתֵּיהּ, וּמִיתְּרַע מַזָּלֵיהּ. אָמַר אַבָּיֵי: הַשְׁתָּא דְּאָמְרַתְּ סִימָנָא מִילְּתָא הִיא, [לְעוֹלָם] יְהֵא רָגִיל לְמִיחְזֵי בְּרֵישׁ שַׁתָּא קָרָא וְרוּבְּיָא, כַּרָּתֵי וְסִילְקָא וְתַמְרֵי. אֲמַר לְהוּ רַב מְשַׁרְשְׁיָא לִבְרֵיהּ: כִּי בָּעֵיתוּ מֵיעַל וּמִיגְמַרי קַמֵּי רַבַּיְיכוּ, גְּרֻסוּ מַתְנִיתָא וְעַלּוּ לְקַמֵּי רַבַּיְיכוּ. וְכִי יָתְבִיתוּ קַמֵּיהּ, חֲזוֹ לְפוּמֵּיהּ, דִּכְתִיב: ״וְהָיוּ עֵינֶיךָ רֹאוֹת אֶת מוֹרֶיךָ״. וְכִי גָרְסִיתוּ, גְּרֻסוּ עַל נַהֲרָא דְּמַיָּא, דְּכִי הֵיכִי דְּמָשְׁכִן מַיָּא מׇשְׁכָן שְׁמַעְתָּתַיְיכוּ. וְתִיבוּ אַקִּילְקְלֵי דְּמָתָא מַחְסֵיָא, וְלָא תִּיבוּ אַפַּדְנֵי דְפוּמְבְּדִיתָא – טָב גִּלְדָּנָא סַרְיָא [דְּמָתָא מַחְסֵיָא לְמֵיכַל], מִכּוּתָּחָא דְּרָמֵי כֵּיפֵי. ״רָמָה קַרְנִי בֵּאלֹהָי״, ״רָמָה קַרְנִי״ וְלֹא רָמָה פַּכִּי, דָּוִד וּשְׁלֹמֹה שֶׁנִּמְשְׁחוּ בְּקֶרֶן – נִמְשְׁכָה מַלְכוּתָן, שָׁאוּל וְיֵהוּא שֶׁנִּמְשְׁחוּ בְּפַךְ – לֹא נִמְשְׁכָה מַלְכוּתָן. הַמָּשׁוּחַ בְּשֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה וְכוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: ״מָשִׁיחַ״ – יָכוֹל מֶלֶךְ? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כֹּהֵן״. אִי כֹּהֵן, יָכוֹל מְרוּבֵּה בְגָדִים? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מָשִׁיחַ״. אִי מָשִׁיחַ, יָכוֹל מְשׁוּחַ מִלְחָמָה? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְהַכֹּהֵן הַמָּשִׁיחַ״, שֶׁאֵינוֹ מָשִׁיחַ עַל גַּבָּיו. מַאי מַשְׁמַע? כִּדְאָמַר רָבָא: ״הַיָּרֵךְ״ – הַמְיוּמֶּנֶת שֶׁבַּיָּרֵךְ, הָכָא נָמֵי: ״הַמָּשִׁיחַ״ – הַמְיוּמָּן שֶׁבַּמְּשׁוּחִים. אָמַר מָר: ״מָשִׁיחַ״ – יָכוֹל מֶלֶךְ. מֶלֶךְ פַּר הוּא דְּמַיְיתֵי? שָׂעִיר הוּא דְּמַיְיתֵי! אִיצְטְרִיךְ, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: עַל שִׁגְגַת מַעֲשֶׂה יָבִיא שָׂעִיר, עַל הֶעְלֵם דָּבָר יָבִיא פַּר, קָא מַשְׁמַע לַן. אֵין בֵּין מָשׁוּחַ בְּשֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה כּוּ׳. מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי מֵאִיר, דְּאִי רַבִּי מֵאִיר, הָא תַּנְיָא: מְרוּבֵּה בְגָדִים מֵבִיא פַּר הַבָּא עַל כׇּל הַמִּצְוֹת, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר, וְלֹא הוֹדוּ לוֹ חֲכָמִים. מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי מֵאִיר? דְּתַנְיָא: ״מָשִׁיחַ״ – אֵין לִי אֶלָּא מָשׁוּחַ בְּשֶׁמֶן הַמִּשְׁחָה, מְרוּבֵּה בְגָדִים מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״הַכֹּהֵן הַמָּשִׁיחַ״. בְּמַאי אוֹקֵימְתֵּיהּ? כְּרַבָּנַן,