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Traité Gittin

12b

Étude de Gittin 12b

Étude de la Guémara 12b

Guémara
emprunte-t-il et mange ? [La Guemara répond :] cela concerne une nourriture supplémentaire — de la nourriture en plus de ce que le maître lui fournit.
לֹוֶה וְאוֹכֵל? לְהַעְדָּפָה.
La Guemara soulève une difficulté : mais si c'est ainsi, que le trésor du Temple lui dise : jusqu'à maintenant il t'a suffi sans surplus ; maintenant aussi il devrait te suffire sans surplus ! Pourquoi cherches-tu davantage ? La consécration devrait donc s'appliquer à ce surplus aussi. La Guemara répond : le trésor du Temple préfère lui-même qu'il travaille et mange davantage, afin que la valeur de son esclave s'accroisse lorsqu'il consomme cette quantité supplémentaire — il deviendra plus fort.
וְלֵימָא לֵיהּ הֶקְדֵּשׁ: עַד הַשְׁתָּא סַגִּי לָךְ בְּלָא הַעֲדָפָה, וְהַשְׁתָּא נָמֵי תִּיסְגֵּי לָךְ בְּלָא הַעֲדָפָה! הֶקְדֵּשׁ גּוּפֵיהּ נִיחָא לֵיהּ, כִּי הֵיכִי דְּלַשְׁבַּח עַבְדֵּיהּ.
§ Il était dit que l'esclave emprunte, mange, puis travaille et rembourse le prêt. La Guemara demande : mais son travail devient immédiatement consacré, puisque ses mains ont été consacrées. Comment peut-il rembourser ce prêt ? La Guemara répond : l'esclave accomplit un travail valant moins d'une prouta. Tout ce qui vaut moins d'une prouta ne devient pas consacré ; il peut donc accumuler ces petites sommes et rembourser sa dette peu à peu.
עוֹשֶׂה וּפוֹרֵעַ, קַמָּא קַמָּא קָדֵישׁ לֵיהּ! בְּפָחוֹת פָּחוֹת מִשָּׁוֶה פְּרוּטָה.
La Guemara commente : il est aussi raisonnable que Rav parle d'un cas où le maître lui fournit sa subsistance. Car Rav dit : à propos de celui qui consacre les mains de son esclave, cet esclave travaille et mange — car, si l'esclave ne travaille pas pour lui-même, qui travaillera et le nourrira ? Cette décision indique que Rav estime que la consécration ne s'applique pas aux mains de l'esclave.
הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא; דְּאָמַר רַב: הַמַּקְדִּישׁ יְדֵי עַבְדּוֹ – אוֹתוֹ הָעֶבֶד עוֹשֶׂה וְאוֹכֵל, דְּאִי לָא עַבְדָּא מַאן פָּלַח לֵיהּ.
La Guemara explique : soit, si tu dis que cette première halakha de Rav — selon laquelle l'esclave emprunte et rembourse — parle d'une situation où son maître lui fournit sa subsistance, et que c'est parce qu'en général il ne peut pas lui dire « travaille pour moi mais je ne te nourrirai pas » ; et que cette seconde halakha parle d'un cas où son maître ne lui fournit pas sa subsistance, et qu'il ne peut donc pas consacrer les mains de l'esclave — tout est cohérent, car il n'y a pas de contradiction entre les deux énoncés de Rav.
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא הָךְ בְּמַעֲלֶה וְאֵינוֹ יָכוֹל, וְהָא בְּשֶׁאֵינוֹ מַעֲלֶה, שַׁפִּיר.
Mais si tu dis que cette première halakha parle aussi d'un cas où son maître ne lui fournit pas sa subsistance, et que la consécration est efficace parce qu'il peut dire à son esclave « travaille pour moi mais je ne te nourrirai pas » — alors que signifie l'énoncé : car, si l'esclave ne travaille pas pour lui-même, qui travaillera pour lui ? Que celui qui le désire travaille pour lui — l'esclave sera contraint de se nourrir de la charité, mais ce n'est pas l'affaire du maître.
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ הָךְ בְּשֶׁאֵינוֹ מַעֲלֶה, וְיָכוֹל, דְּאִי לָא עַבְדָּא מַאן פָּלַח לֵיהּ?! מַאן דְּבָעֵי נִיפְלְחֵיהּ!
Plutôt, ne faut-il pas conclure d'ici que Rav estime qu'un maître ne peut pas dire à son esclave « travaille pour moi mais je ne te nourrirai pas » ? La Guemara commente : en effet, conclus-en que c'est le cas.
אֶלָּא לָאו, שְׁמַע מִינַּהּ אֵינוֹ יָכוֹל! שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara propose une autre preuve : viens et entends ce que dit Rabbi Yohanan : celui qui coupe la main de l'esclave d'autrui doit verser au maître l'indemnité pour la perte de gain et les frais médicaux ; et cet esclave, qui ne peut plus travailler, est nourri par la charité. Conclus de l'énoncé de Rabbi Yohanan que le maître peut dire à son esclave « travaille pour moi mais je ne te nourrirai pas » — car sinon le maître ne recevrait pas d'indemnité pour le temps de l'esclave sous forme de paiement de ses gains pendant que l'esclave vit de la charité.
תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הַקּוֹטֵעַ יַד עַבְדּוֹ שֶׁל חֲבֵירוֹ – נוֹתֵן שִׁבְתּוֹ וּרְפוּאָתוֹ לְרַבּוֹ, וְאוֹתוֹ הָעֶבֶד נִיזּוֹן מִן הַצְּדָקָה. שְׁמַע מִינַּהּ, יָכוֹל הָרַב לוֹמַר לָעֶבֶד: ״עֲשֵׂה עִמִּי וְאֵינִי זָנָךְ״!
La Guemara répond : de quoi traitons-nous ici ? D'un cas où son maître lui fournit sa subsistance. La Guemara demande : si c'est ainsi, pourquoi est-il nourri par la charité ? Il a déjà sa subsistance. La Guemara répond : il s'agit de nourriture supplémentaire — de la nourriture en plus de ce qu'il souhaite consommer.
הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – בְּמַעֲלֶה לוֹ מְזוֹנוֹת. אִי הָכִי, אַמַּאי נִיזּוֹן מִן הַצְּדָקָה? לְהַעְדָּפָה.
La Guemara soulève une difficulté : si c'est ainsi, l'expression « nourri par la charité » est imprécise, car elle indique qu'on ne lui fournit que de quoi subvenir à ses besoins essentiels. Il aurait fallu dire : « il gagne sa vie par la charité ». Plutôt, ne faut-il pas conclure de son énoncé que Rabbi Yohanan estime que le maître peut dire à son esclave « travaille pour moi mais je ne te nourrirai pas » ? La Guemara commente : en effet, conclus-en que c'est le cas.
אִי הָכִי, ״נִיזּוֹן״?! ״מִתְפַּרְנֵס״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אֶלָּא לָאו, שְׁמַע מִינַּהּ יָכוֹל! שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara discute la halakha précitée. Le Maître dit plus haut : il doit verser l'indemnité pour la perte de gain et les frais médicaux au maître. La Guemara commente : quant à l'indemnité pour la perte de gain, c'est évident — c'est la halakha, car le maître subit la perte lorsque son esclave ne travaille pas ; les Sages n'avaient donc besoin de mentionner que l'indemnisation des frais médicaux va au maître.
אֲמַר מָר: נוֹתֵן שִׁבְתּוֹ וּרְפוּאָתוֹ לְרַבּוֹ. שִׁבְתּוֹ, פְּשִׁיטָא! רְפוּאָתוֹ אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ.
La Guemara commente : pourquoi le paiement des frais médicaux revient-il au maître ? L'indemnisation des frais médicaux ne devrait-elle pas lui appartenir à lui, puisqu'il a besoin d'être soigné avec ? La Guemara répond : non, c'est nécessaire dans un cas où les médecins ont estimé que le coup ou la blessure guérirait en cinq jours, ont préparé pour lui un remède fort, et il a été guéri en trois jours au lieu de cinq. De peur qu'on dise : puisque la douleur subie par l'esclave en prenant le remède fort qui a réduit les frais de guérison était la sienne, l'argent devrait lui appartenir, Rabbi Yohanan nous apprend que ce n'est pas le cas — même cet argent appartient au maître, pas à l'esclave.
רְפוּאָתוֹ דִּידֵיהּ הִיא, דְּבָעֵי אִיתַּסּוֹיֵי בֵּהּ! לָא צְרִיכָא, דְּאַמְדוּהּ לְחַמְשָׁא יוֹמֵי, וַעֲבַדוּ לֵיהּ סַמָּא חָרִיפָא וְאִתַּסִּי בִּתְלָתָא יוֹמֵי; מַהוּ דְּתֵימָא: צַעֲרָא – דִּידֵיהּ הוּא, קָא מַשְׁמַע לַן.
Gittin 12b
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גיטין י״ב במַסֶּכֶת גִּיטִּין