[La distinction suivante s'applique] à propos d'un mur qui n'est pas incliné : si l'extrémité du rouleau [de Torah qui a glissé] se trouve à plus de trois tefa'him au-dessus du sol, on peut le réenrouler vers soi ; mais si elle est à moins de trois tefa'him du sol, on considère que le rouleau est [comme posé] au sol, et l'on doit donc le retourner sur l'écriture [pour le poser face écrite contre le mur, sans l'enrouler].
בְּכוֹתֶל שֶׁאֵינוֹ מְשׁוּפָּע, לְמַעְלָה מִשְּׁלֹשָׁה — גּוֹלְלוֹ אֶצְלוֹ, לְמַטָּה מִשְּׁלֹשָׁה — הוֹפְכוֹ עַל הַכְּתָב.
Il a été enseigné dans la MISHNA : Rabbi Yehouda dit : même si le rouleau n'est éloigné du sol que d'une largeur d'aiguille [il le réenroule vers soi], etc. La Guemara explique : Rabbi Yehouda soutient que, pour qu'un objet soit réputé au repos (hana'ha), nous exigeons qu'il repose sur quelque chose. Par conséquent, un rouleau qui ne touche pas réellement le sol n'est pas considéré comme reposant [au sol] et peut être réenroulé vers soi.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר אֲפִילּוּ אֵינוֹ מְסוּלָּק מִן הָאָרֶץ וְכוּ׳. דְּבָעֵינַן הַנָּחָה עַל גַּבֵּי מַשֶּׁהוּ.
La Guemara demande : mais considère ce que Rava a dit à propos d'un objet situé à l'intérieur des trois tefa'him [les plus proches] du sol. Rava a dit que, selon l'avis des Sages (Rabbanan) — qui sont en désaccord avec Rabbi Akiva et soutiennent que ce qui est en l'air n'est pas considéré comme étant au repos — il faut néanmoins, pour qu'une personne soit passible [de châtiment], que l'objet repose sur une surface. Dirons-nous donc qu'il a énoncé sa halakha selon l'un seulement des Tanna'im, mais non selon eux tous ?! [C'est là une conclusion inacceptable.]
וְאֶלָּא הָא דְּאָמַר רָבָא: תּוֹךְ שְׁלֹשָׁה לְרַבָּנַן צָרִיךְ הַנָּחָה, לֵימָא כְּתַנָּאֵי אַמְרַהּ לִשְׁמַעְתֵּיהּ?!
La Guemara rejette plutôt l'explication précédente en faveur de celle-ci : la Michna est tout entière selon Rabbi Yehouda, elle est incomplète ('hassoré me'hassera), et voici ce qu'elle enseigne : dans quel cas cela a-t-il été dit — [à savoir que] dès lors que l'extrémité du rouleau se trouve à l'intérieur des dix tefa'him du sol, on ne peut plus le réenrouler ? Cela a été dit dans le cas d'un mur incliné. Mais à propos d'un mur qui n'est pas incliné, même si l'extrémité du rouleau est à moins de trois tefa'him du sol, on peut le réenrouler vers soi, car Rabbi Yehouda dit : même si le rouleau n'est éloigné du sol que d'une largeur d'aiguille, il le réenroule vers soi.
אֶלָּא: כּוּלַּהּ רַבִּי יְהוּדָה הִיא, וְחַסּוֹרֵי מִיחַסְּרָא, וְהָכִי קָתָנֵי: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בְּכוֹתֶל מְשׁוּפָּע, אֲבָל בְּכוֹתֶל שֶׁאֵינוֹ מְשׁוּפָּע — אֲפִילּוּ פָּחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה טְפָחִים גּוֹלְלוֹ אֶצְלוֹ. שֶׁרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֲפִילּוּ אֵינוֹ מְסוּלָּק מִן הָאָרֶץ אֶלָּא מְלֹא הַחוּט — גּוֹלְלוֹ אֶצְלוֹ.
Quelle en est la raison ? La raison est que, pour qu'un objet soit considéré comme au repos, nous exigeons qu'il repose sur une surface quelconque. Par conséquent, si le rouleau ne touche pas réellement le sol, il n'est pas considéré comme au repos, même s'il est à moins de trois tefa'him du sol.
מַאי טַעְמָא? דְּבָעֵינַן הַנָּחָה עַל גַּבֵּי מַשֶּׁהוּ.
Mishna 1
MICHNA : à propos d'une corniche [un rebord saillant] située devant une fenêtre — [haute de dix tefa'him et large de quatre tefa'him] — on peut y poser des objets et en retirer, le Chabbat, par la fenêtre.
מַתְנִי׳ זִיז שֶׁלִּפְנֵי חַלּוֹן — נוֹתְנִין עָלָיו וְנוֹטְלִין מִמֶּנּוּ בְּשַׁבָּת.(משנה)
Guémara
GUEMARA : la Guemara précise : cette corniche, vers où fait-elle saillie ? Si l'on dit qu'elle fait saillie vers un domaine public (rechout ha-rabbim), il devrait être interdit d'y poser un objet, car nous devrions craindre que l'objet ne tombe et qu'il [la personne] n'oublie et n'en vienne à le rentrer [du domaine public vers le domaine privé]. Il faut donc plutôt qu'elle fasse saillie vers un domaine privé (rechout ha-ya'hid) ; mais s'il en est ainsi, il est évident [qu'il est permis] d'y poser des objets et d'en retirer ! [Pourquoi alors l'enseigner ?]
גְּמָ׳ הַאי זִיז דְּמַפֵּיק לְהֵיכָא? אִילֵּימָא דְּמַפֵּיק לִרְשׁוּת הָרַבִּים — לֵיחוּשׁ דִּילְמָא נָפֵיל, וְאָתֵי לְאֵיתוֹיֵי. אֶלָּא דְּמַפֵּיק לִרְשׁוּת הַיָּחִיד, פְּשִׁיטָא!
Abayé dit : en réalité, la Michna traite d'un cas où [la corniche] fait saillie vers un domaine public ; et quel est le sens de ce qu'elle enseigne, « on peut y poser des objets » ? Cela se rapporte à des ustensiles fragiles (kelim ha-nichbarim), qui se briseraient aussitôt s'ils tombaient. Par conséquent, il n'y a pas lieu de craindre qu'on ne vienne ensuite à les rentrer du domaine public vers le domaine privé.
אָמַר אַבָּיֵי: לְעוֹלָם דְּמַפֵּיק לִרְשׁוּת הָרַבִּים, וּמַאי ״נוֹתְנִין עָלָיו״ דְּקָתָנֵי, כֵּלִים הַנִּשְׁבָּרִים.
La Guemara remarque : cela a aussi été enseigné dans une baraïta : à propos d'une corniche située devant une fenêtre et faisant saillie vers un domaine public, on peut y poser des écuelles (ke'arot) et des coupes (kossot), des petites cruches [kitoniyot] et des fioles (tzelo'hiyot). [Tous ces ustensiles sont en verre ou en terre cuite fragiles, ce qui appuie l'avis d'Abayé.]
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: זִיז שֶׁלִּפְנֵי הַחַלּוֹן הַיּוֹצֵא לִרְשׁוּת הָרַבִּים — נוֹתְנִין עָלָיו קְעָרוֹת וְכוֹסוֹת, קִיתוֹנִיּוֹת וּצְלוֹחִיּוֹת.
[La baraïta poursuit :] et l'on peut utiliser cette corniche sur toute la longueur du mur — si la corniche en couvre la longueur, qu'on soit à proximité de la fenêtre ou éloigné d'elle — jusqu'aux dix tefa'him inférieurs du mur [exclus], mais non si la corniche est plus bas que cela. Et s'il existe une autre corniche en dessous d'elle, [mais encore à dix tefa'him au-dessus du sol], on peut utiliser la corniche inférieure sur toute la longueur du mur ; mais à propos de la corniche supérieure, on ne peut l'utiliser qu'en face de sa fenêtre.
וּמִשְׁתַּמֵּשׁ בְּכׇל הַכּוֹתֶל עַד עֲשָׂרָה הַתַּחְתּוֹנִים. וְאִם יֵשׁ זִיז אֶחָד לְמַטָּה מִמֶּנּוּ — מִשְׁתַּמֵּשׁ בּוֹ, וּבָעֶלְיוֹן אֵין מִשְׁתַּמֵּשׁ בּוֹ אֶלָּא כְּנֶגֶד חַלּוֹנוֹ.
La Guemara demande : cette corniche supérieure, de quel cas s'agit-il ? Si elle n'a pas quatre tefa'him [de profondeur] — bien qu'elle soit un domaine exempt (mekom petour) au regard des lois du Chabbat, ce qui signifie qu'elle ne pose pas problème en elle-même — on ne devrait néanmoins pas être autorisé à l'utiliser même en face de sa fenêtre, car tout objet posé sur cette corniche étroite est susceptible de tomber [c'est alors comme s'il avait jeté l'objet directement au sol]. Et si elle a quatre tefa'him [de profondeur], qu'il l'utilise sur toute la longueur de la corniche le long du mur [— pourquoi limiter à la fenêtre ?].
הַאי זִיז הֵיכִי דָּמֵי? אִי דְּלֵית בֵּיהּ אַרְבָּעָה — מְקוֹם פְּטוּר הוּא, וַאֲפִילּוּ כְּנֶגֶד חַלּוֹנוֹ נָמֵי לָא יִשְׁתַּמֵּשׁ. וְאִי אִית בֵּיהּ אַרְבָּעָה — בְּכוּלֵּי הַכּוֹתֶל לִישְׁתַּמֵּשׁ.
Abayé dit : nous traitons d'un cas où la corniche inférieure a quatre tefa'him de profondeur, tandis que la corniche supérieure n'a pas quatre tefa'him, mais où le rebord de la fenêtre, du côté intérieur, la complète pour former une surface de quatre tefa'him de profondeur. En conséquence, on peut utiliser la partie de la corniche supérieure qui est en face de la fenêtre, car elle est considérée comme un prolongement de la fenêtre (« 'horé 'halon ») ; mais les parties situées de ce côté-ci ou de ce côté-là de la fenêtre sont interdites, car elles ont moins de quatre tefa'him de profondeur.
אָמַר אַבָּיֵי: תַּחְתּוֹן דְּאִית בֵּיהּ אַרְבָּעָה, וְעֶלְיוֹן לֵית בֵּיהּ אַרְבָּעָה וְחַלּוֹן מַשְׁלִימָתוֹ לְאַרְבָּעָה. כְּנֶגֶד חַלּוֹן — מִשְׁתַּמֵּשׁ, דְּחוֹרֵי חַלּוֹן הוּא. דְּהַאי גִּיסָא וּדְהַאי גִּיסָא — אָסוּר.