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Traité Eruvin

95b

Étude de Eruvin 95b

Étude de la Mishna & Guémara 95b

Et en temps de danger, lorsqu'il est périlleux de s'attarder hors de la ville, il recouvre les téfiline et poursuit son chemin.
וּבַסַּכָּנָה — מְכַסָּן וְהוֹלֵךְ לוֹ.
Rabbi Chimon dit qu'il existe une autre manière de transférer les téfiline : on les donne à un autre [qui se tient à moins de quatre coudées de soi], et cet autre les passe à un autre, jusqu'à ce que les téfiline parviennent à la cour la plus extérieure de la ville. Puisque porter moins de quatre coudées dans un domaine public n'est pas interdit par la loi de la Torah, dans ce cas les Sages ont permis de porter de cette façon en raison de la sainteté des téfiline.
רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: נוֹתְנָן לַחֲבֵירוֹ, וַחֲבֵירוֹ לַחֲבֵירוֹ, עַד שֶׁמַּגִּיעַ לֶחָצֵר הַחִיצוֹנָה.
Et de même, s'agissant de son fils [qui est né dans un champ et que l'on ne peut pas porter le Chabbat, puisque cela revient à porter une charge dans le domaine public] : on le donne à un autre, et cet autre le passe à un autre, même s'il faut pour cela cent personnes. Rabbi Yehouda dit : une personne peut même donner un tonneau à un autre, et cet autre le passer à un autre, et le transporter ainsi même au-delà de la limite [du te'houm] du Chabbat, à condition qu'aucune personne ne le porte sur plus de quatre coudées. Ils lui dirent : ce tonneau ne peut pas aller plus loin que les pieds de son propriétaire, c'est-à-dire qu'il ne peut être porté plus loin que ce que son propriétaire peut lui-même marcher.
וְכֵן בְּנוֹ — נוֹתְנוֹ לַחֲבֵירוֹ, וַחֲבֵירוֹ לַחֲבֵירוֹ, אֲפִילּוּ מֵאָה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: נוֹתֵן אָדָם חָבִית לַחֲבֵירוֹ, וַחֲבֵירוֹ לַחֲבֵירוֹ, אֲפִילּוּ חוּץ לַתְּחוּם. אָמְרוּ לוֹ: לֹא תְּהַלֵּךְ זוֹ יוֹתֵר מֵרַגְלֵי בְעָלֶיהָ.
Guémara
GUEMARA : Nous avons appris dans la michna qu'une personne qui trouve des téfiline dans un champ peut les porter par paires, ce qui indique qu'une seule paire, oui, peut être portée ; mais plus d'une paire, non, elles ne peuvent pas être portées. La Guemara demande : disons que nous avons appris cette michna anonyme [setama] en désaccord avec l'opinion de Rabbi Méir, malgré le principe selon lequel une michna anonyme reflète habituellement l'opinion de Rabbi Méir ?
גְּמָ׳ זוּג אֶחָד אִין, טְפֵי — לָא. לֵימָא תְּנַן סְתָמָא דְּלָא כְּרַבִּי מֵאִיר?
Car si l'on dit que la michna est conforme à l'opinion de Rabbi Méir, Rabbi Méir n'a-t-il pas dit : afin de sauver des objets d'un incendie, il est permis de sortir des objets de sa maison en les portant sur soi, et il revêt tous les vêtements qu'il peut revêtir, et s'enveloppe de tout ce dont il peut s'envelopper ? Comme nous l'avons appris dans une michna : et l'on sort là-bas tous ses ustensiles, et l'on revêt tous les vêtements que l'on peut revêtir, et l'on s'enveloppe de tout ce dont on peut s'envelopper.
דְּאִי כְּרַבִּי מֵאִיר, הָאָמַר: לוֹבֵשׁ כׇּל מַה שֶּׁיָּכוֹל לִלְבּוֹשׁ, וְעוֹטֵף כׇּל מַה שֶּׁיָּכוֹל לַעֲטוֹף. דִּתְנַן: וּלְשָׁם מוֹצִיא כׇּל כְּלֵי תַשְׁמִישׁוֹ, וְלוֹבֵשׁ כׇּל מַה שֶּׁיָּכוֹל לִלְבּוֹשׁ, וְעוֹטֵף כׇּל מַה שֶּׁיָּכוֹל לַעֲטוֹף.
La Guemara demande : et d'où savons-nous que cette michna anonyme concernant Chabbat reflète l'opinion de Rabbi Méir ? Car il est enseigné à son sujet : il revêt [des vêtements], les sort et les ôte, puis revêt [d'autres], les sort et les ôte, et cela même toute la journée entière ; telles sont les paroles de Rabbi Méir. Apparemment, selon Rabbi Méir, on peut revêtir de nombreux vêtements à la fois.
וְהַהִיא סְתָמָא, מִמַּאי דְּרַבִּי מֵאִיר הִיא? דְּקָתָנֵי עֲלַהּ: לוֹבֵשׁ וּמוֹצִיא וּפוֹשֵׁט, וְלוֹבֵשׁ וּמוֹצִיא וּפוֹשֵׁט, אֲפִילּוּ כׇּל הַיּוֹם כּוּלּוֹ, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.
En réponse à la question, Rava dit : même si tu dis que la michna est conforme à l'opinion de Rabbi Méir, il y a une distinction entre les cas. Là-bas, s'il revêt les vêtements de la manière dont il les porte habituellement, les Sages ont rendu le statut légal du port de vêtements le Chabbat semblable à celui du port de vêtements en semaine [et lui ont permis de sortir des vêtements de sa maison en les portant ainsi]. Et ici aussi, s'il revêt les téfiline de la manière dont il les revêt habituellement, les Sages ont rendu le statut légal du port des téfiline le Chabbat semblable à celui du port des téfiline en semaine.
אָמַר רָבָא: אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי מֵאִיר, הָתָם דֶּרֶךְ מַלְבּוּשׁוֹ — כְּחוֹל שַׁוְויֻהּ רַבָּנַן, וְהָכָא דֶּרֶךְ מַלְבּוּשׁוֹ — כְּחוֹל שַׁוְויֻהּ רַבָּנַן.
Par conséquent, là-bas, où en semaine il peut revêtir autant de vêtements qu'il le souhaite, s'agissant du sauvetage d'un incendie les Sages lui ont de même permis de revêtir autant de vêtements qu'il le souhaite. Mais ici, dans le cas des téfiline, même en semaine, revêtir une seule paire, oui, on le peut, mais revêtir plus d'une paire, non, on ne le peut pas. C'est pourquoi, s'agissant du sauvetage également, les Sages ont dit : revêtir une seule paire, oui, on le peut ; mais revêtir plus d'une paire, non, on ne le peut pas.
הָתָם דִּבְחוֹל כַּמָּה דְּבָעֵי לָבֵישׁ, לְעִנְיַן הַצָּלָה נָמֵי שָׁרוּ לֵיה רַבָּנַן. הָכָא דִּבְחוֹל נָמֵי זוּג אֶחָד — אִין, טְפֵי — לָא, לְעִנְיַן הַצָּלָה נָמֵי זוּג אֶחָד — אִין, טְפֵי — לָא.
Nous avons appris dans la michna que Rabban Gamliel dit : il les apporte deux paires par deux paires. La Guemara demande : que tient-il [comme raisonnement] ? Quelle est la raison de cette halakha ? S'il tient que Chabbat est un temps de téfiline, et qu'il est permis, voire obligatoire, de revêtir les téfiline le Chabbat, alors la règle devrait être : revêtir une seule paire, oui, c'est permis ; en revêtir davantage, non, c'est interdit. Il devrait être interdit d'en porter plus d'une paire, car il n'y a de place que pour poser un seul jeu de téfiline sur la tête.
רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: שְׁנַיִם שְׁנַיִם. מַאי קָסָבַר? אִי קָסָבַר שַׁבָּת זְמַן תְּפִילִּין הוּא, זוּג אֶחָד — אִין, טְפֵי — לָא.
Et s'il tient que Chabbat n'est pas un temps de téfiline, et que c'est uniquement parce que le sauvetage n'a été permis que de la manière dont on revêt habituellement un vêtement que les Sages lui ont permis de revêtir les téfiline, alors il devrait de même lui être permis d'en revêtir même plus de deux paires ! Il devrait lui être permis de revêtir autant de paires de téfiline que possible, et pas seulement deux.
וְאִי קָסָבַר שַׁבָּת לָאו זְמַן תְּפִילִּין הוּא, וּמִשּׁוּם הַצָּלָה דֶּרֶךְ מַלְבּוּשׁ שָׁרוּ לֵיהּ רַבָּנַן, אֲפִילּוּ טְפֵי נָמֵי!
La Guemara répond : en réalité, il tient que Chabbat n'est pas un temps de téfiline, et lorsque les Sages ont permis de revêtir les téfiline aux fins du sauvetage, ce ne fut qu'en les revêtant de la manière dont on porte habituellement un vêtement, c'est-à-dire à l'emplacement approprié pour les téfiline. Il ne peut les revêtir nulle part ailleurs sur son corps, car dans ce cas il est considéré comme les portant [comme une charge], et non comme les revêtant.
לְעוֹלָם קָסָבַר שַׁבָּת לָאו זְמַן תְּפִילִּין הוּא, וְכִי שְׁרוֹ רַבָּנַן לְעִנְיַן הַצָּלָה — דֶּרֶךְ מַלְבּוּשׁ בִּמְקוֹם תְּפִילִּין.
La Guemara soulève une difficulté : s'il en est ainsi, alors une seule paire, oui, devrait être permise, mais davantage, non, ne devrait pas l'être, car la seconde paire est nécessairement placée hors de son emplacement ! Rav Chmouel bar Rav Yits'hak dit : il y a sur la tête de la place pour poser deux téfiline. On peut poser deux téfiline sur sa tête et les revêtir toutes deux de la manière appropriée.
אִי הָכִי זוּג אֶחָד נָמֵי — אֵין, טְפֵי — לָא! אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק: מָקוֹם יֵשׁ בָּרֹאשׁ לְהַנִּיחַ בּוֹ שְׁתֵּי תְפִילִּין.
Eruvin 95b
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עירובין צ״ה במַסֶּכֶת עֵירוּבִין