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Traité Eruvin

82b

Étude de Eruvin 82b

Étude de la Mishna & Guémara 82b

Rav Yehochoua, fils de Rav Idi, répondit : lorsque Rav Assi a dit que cet enfant peut sortir au moyen du érouv de sa mère, il visait un cas où son père a établi un érouv pour lui vers le nord, et sa mère a préparé un érouv pour lui vers le sud, car même un enfant de six ans préfère la compagnie de sa mère à celle de son père. En revanche, Rav Assi admet que si tous deux n'ont pas établi un érouv pour lui, il n'est pas subordonné à sa mère.
אָמַר רַב יְהוֹשֻׁעַ בְּרֵיהּ דְּרַב אִידִי: כִּי קָאָמַר רַב אַסִּי — כְּגוֹן שֶׁעֵירַב עָלָיו אָבִיו לַצָּפוֹן וְאִמּוֹ לַדָּרוֹם, דַּאֲפִילּוּ בַּר שֵׁשׁ נָמֵי בְּצַוְותָּא דְאִמֵּיהּ נִיחָא לֵיהּ.
La Guemara soulève une objection à partir d'une baraïta : un enfant qui a besoin de sa mère sort au moyen du érouv que sa mère a établi pour elle-même ; jusqu'à quel âge ? Jusqu'à l'âge de six ans. Cette baraïta est une réfutation décisive de l'opinion de Rav Yehochoua bar Rav Idi, qui soutient qu'un enfant de six ans ne sort au moyen du érouv de sa mère que si elle a aussi établi un érouv pour lui. La Guemara conclut : c'est en effet une réfutation décisive.
מֵיתִיבִי: קָטָן שֶׁצָּרִיךְ לְאִמּוֹ יוֹצֵא בְּעֵירוּב אִמּוֹ — עַד בֶּן שֵׁשׁ. תְּיוּבְתָּא דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ בַּר רַב אִידִי תְּיוּבְתָּא.
La Guemara remarque : disons que ceci constitue aussi une réfutation de l'opinion de Rav Assi, car la baraïta dit ici « jusqu'à l'âge de six ans », ce qui indique qu'il peut aller jusqu'à six ans exclus, alors que Rav Assi soutient que même un enfant de six ans est inclus dans cette halakha. La Guemara répond : Rav Assi peut te dire que lorsque la baraïta énonce « jusqu'à l'âge de six ans », elle veut dire jusqu'à six ans inclus.
לֵימָא תֶּיהְוֵי תְּיוּבְתֵּיהּ דְּרַב אַסִּי! אָמַר לְךָ רַב אַסִּי: ״עַד״, וְעַד בַּכְּלָל.
La Guemara remarque : disons que ceci constitue aussi une réfutation de l'opinion de Rabbi Yannaï et de Rich Lakich, qui soutiennent qu'un enfant ayant besoin de sa mère est celui qui a jusqu'à quatre ou cinq ans. La Guemara explique : ce n'est pas difficile. Ici, Rabbi Yannaï et Rich Lakich visent une situation où le père de l'enfant se trouve en ville ; comme l'enfant peut sortir avec son père, il n'a plus besoin de sa mère, même s'il a moins de six ans. En revanche, là, la baraïta vise un cas où son père ne se trouve pas en ville ; l'enfant a donc besoin de sa mère jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge de six ans.
לֵימָא תֶּיהְוֵי תְּיוּבְתֵּיהּ דְּרַבִּי יַנַּאי וְרֵישׁ לָקִישׁ! לָא קַשְׁיָא, הָא — דְּאִיתֵיהּ אֲבוּהִי בְּמָתָא, הָא — דְּלָא אִיתֵיהּ אֲבוּהִי בְּמָתָא.
Nos maîtres ont enseigné dans une baraïta : une personne peut établir un érouv au nom de son fils ou de sa fille mineurs, et au nom de son esclave ou de sa servante cananéens [non juifs], que ce soit avec ou sans leur consentement. En revanche, elle ne peut établir un érouv ni au nom de son esclave ou de sa servante hébreux, ni au nom de son fils ou de sa fille adultes, ni au nom de sa femme, sinon avec leur consentement.
תָּנוּ רַבָּנַן: מְעָרֵב אָדָם עַל יְדֵי בְּנוֹ וּבִתּוֹ הַקְּטַנִּים, עַל יְדֵי עַבְדּוֹ וְשִׁפְחָתוֹ הַכְּנַעֲנִים, בֵּין לְדַעְתָּן בֵּין שֶׁלֹּא לְדַעְתָּן. אֲבָל אֵינוֹ מְעָרֵב לֹא עַל יְדֵי עַבְדּוֹ וְשִׁפְחָתוֹ הָעִבְרִים, [וְלֹא] עַל יְדֵי בְּנוֹ וּבִתּוֹ הַגְּדוֹלִים, וְלֹא עַל יְדֵי אִשְׁתּוֹ אֶלָּא מִדַּעְתָּם.
Il a été enseigné dans une autre baraïta : une personne peut établir un érouv au nom de son fils ou de sa fille adultes, au nom de son esclave ou de sa servante hébreux, et au nom de sa femme, seulement avec leur consentement. En revanche, elle peut établir un érouv au nom de son esclave ou de sa servante cananéens, et au nom de son fils ou de sa fille mineurs, que ce soit avec ou sans leur consentement, parce que leur main est comme sa main, c'est-à-dire que leur statut et le domaine où ils se trouvent sont déterminés par son statut et son domaine à elle [le maître de maison].
תַּנְיָא אִידַּךְ: לֹא יְעָרֵב אָדָם עַל יְדֵי בְּנוֹ וּבִתּוֹ הַגְּדוֹלִים, וְעַל יְדֵי עַבְדּוֹ וְשִׁפְחָתוֹ הָעִבְרִים, וְלֹא עַל יְדֵי אִשְׁתּוֹ אֶלָּא מִדַּעְתָּן. אֲבָל מְעָרֵב הוּא עַל יְדֵי עַבְדּוֹ וְשִׁפְחָתוֹ הַכְּנַעֲנִים, וְעַל יְדֵי בְּנוֹ וּבִתּוֹ הַקְּטַנִּים, בֵּין לְדַעְתָּן וּבֵין שֶׁלֹּא לְדַעְתָּן — מִפְּנֵי שֶׁיָּדָן כְּיָדוֹ.
Et tous ceux-là qui ont établi un érouv pour eux-mêmes, et dont en même temps le maître a établi un érouv pour eux dans une direction différente, sortent au moyen du érouv de leur maître, à l'exception de la femme, parce qu'elle peut s'y opposer en disant qu'elle ne veut pas du érouv de son mari.
וְכוּלָּן שֶׁעֵירְבוּ וְעֵירַב עֲלֵיהֶם רַבָּן — יוֹצְאִין בְּשֶׁל רַבָּן, חוּץ מִן הָאִשָּׁה, מִפְּנֵי שֶׁיְּכוֹלָה לִמְחוֹת.
La Guemara entame son analyse des baraïtot en posant une question : la femme, en quoi est-elle différente d'un fils ou d'une fille adultes ? Pourquoi, eux, ne peuvent-ils s'y opposer ? Ils sont aussi majeurs et sous leur propre autorité. Rabba dit : la référence ne vise pas seulement la femme ; le tanna parle de la femme et de tous ceux qui lui sont semblables à cet égard, tels qu'un esclave hébreu ou un fils adulte.
אִשָּׁה מַאי שְׁנָא? אָמַר רַבָּה: אִשָּׁה וְכׇל דְּדָמֵי לַהּ.
Le Maître a dit dans la baraïta : ces personnes sortent au moyen du érouv de leur maître, à l'exception de la femme, parce qu'elle peut s'y opposer. La Guemara en infère : la raison tient au fait qu'elle s'y est opposée ; mais s'il a établi un érouv et qu'elle n'a pas précisé son sentiment dans un sens ou dans l'autre, elle sort au moyen du érouv de son mari. La Guemara soulève une objection : le premier membre de la baraïta n'énonce-t-il pas qu'il ne peut établir un érouv qu'avec leur consentement ? Or quoi, cela ne vise-t-il pas un cas où il leur a demandé si oui ou non ils voulaient de ce érouv, et où ils ont dit oui ? On peut en déduire que si sa femme n'a rien dit, elle ne peut pas utiliser le érouv.
אָמַר מָר: חוּץ מִן הָאִשָּׁה, מִפְּנֵי שֶׁיְּכוֹלָה לִמְחוֹת. טַעְמָא דְּמַחַי, הָא סְתָמָא — נָפְקָא בִּדְבַעְלַהּ. הָא קָתָנֵי רֵישָׁא ״אֶלָּא מִדַּעְתָּם״. מַאי לָאו, דְּאָמְרִי: ״אִין״!
La Guemara rejette cet argument : non ; quel est le sens de l'expression « seulement avec leur consentement » ? Cela signifie qu'ils sont demeurés silencieux et n'ont rien dit en signe de protestation. Cela vient exclure un cas où ils ont dit non. Mais s'ils ne s'y sont pas opposés, ils sortent au moyen du érouv du chef de famille.
לָא: מַאי ״אֶלָּא מִדַּעְתָּם״ — דְּאִשְׁתִּיקוּ. לְאַפּוֹקֵי הֵיכָא דְּאָמְרִי: ״לָא״.
La Guemara soulève une objection : n'a-t-il pas été enseigné dans cette même baraïta : et tous ceux-là qui ont établi un érouv pour eux-mêmes, et dont le maître a établi un érouv pour eux dans une direction différente, sortent au moyen du érouv de leur maître ? Et cela vise une situation où ils n'ont pas précisé leur sentiment, puisqu'il n'est pas dit qu'ils s'y sont opposés ; et pourtant la baraïta énonce : à l'exception de la femme, qui ne sort pas au moyen du érouv de son mari. La baraïta indique clairement que, même si elle ne s'y est pas opposée, le érouv du mari est sans effet pour sa femme.
הָא: וְכוּלָּן שֶׁעֵירְבוּ וְעֵירַב עֲלֵיהֶן רַבָּן — יוֹצְאִין בְּשֶׁל רַבָּן, וּסְתָמָא הוּא, וְקָתָנֵי: חוּץ מִן הָאִשָּׁה דְּלָא נָפְקִי!
Rava dit : du moment qu'ils ont établi un érouv [dans une autre direction], tu n'as pas de protestation plus grande que celle-là. Ils n'ont nul besoin de formuler une autre opposition, car leurs actes prouvent qu'ils ne veulent pas faire partie du érouv de leur maître.
אָמַר רָבָא: כֵּיוָן שֶׁעֵירְבוּ, אֵין לְךָ מִיחוּי גָּדוֹל מִזֶּה.
Eruvin 82b
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עירובין פ״ב במַסֶּכֶת עֵירוּבִין