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Traité Eruvin

81a

Étude de Eruvin 81a

Étude de la Guémara 81a

Guémara
GUEMARA : À propos de la règle de la michna concernant les aliments avec lesquels on peut, ou non, constituer un erouv et associer les ruelles, la Guemara soulève une question : cette règle est apparemment superflue, car nous l'avons déjà apprise une fois dans une autre michna : « Avec toute sorte de nourriture on constitue un erouv et l'on fait l'association [des ruelles], sauf avec l'eau et le sel. »
גְּמָ׳ תְּנֵינָא חֲדָא זִימְנָא: בַּכֹּל מְעָרְבִין וּמִשְׁתַּתְּפִין, חוּץ מִן הַמַּיִם וְהַמֶּלַח!
Rabba dit : cet ajout vient exclure l'opinion de Rabbi Yehochoua dans la michna, qui a dit que [seul] un pain, oui, peut servir à un erouv, mais que toute autre chose, non, les autres aliments ne peuvent pas servir. C'est pourquoi la michna nous enseigne qu'un erouv peut être constitué « avec toute sorte » de nourriture, et non avec du pain seulement.
אָמַר רַבָּה: לְאַפּוֹקֵי מִדְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, דְּאָמַר: כִּכָּר — אִין, מִידֵּי אַחֲרִינָא — לָא, קָמַשְׁמַע לַן ״בַּכֹּל״.
Abayé souleva une objection à partir d'une baraïta : « Avec toute sorte [de nourriture] on constitue une jonction des cours (erouvé 'hatséroth), et de même avec toute sorte [de nourriture] on fait une association des ruelles (chitoufé mevooth) ; et l'on n'a dit qu'il faut constituer l'erouv avec du pain qu'à propos de l'erouv d'une cour seulement. » Or, qui as-tu entendu dire que le pain, oui, peut servir à un erouv, mais que toute autre chose, non, ne le peut pas ? C'est Rabbi Yehochoua, et pourtant la baraïta enseigne : « avec toute sorte. » Cela prouve que la formule « avec toute sorte [de nourriture] on constitue un erouv » n'exclut pas nécessairement l'opinion de Rabbi Yehochoua.
אֵיתִיבֵיהּ אַבָּיֵי: בַּכֹּל מְעָרְבִין עֵירוּבֵי חֲצֵירוֹת וּבַכֹּל מִשְׁתַּתְּפִין שִׁיתּוּפֵי מְבוֹאוֹת, וְלֹא אָמְרוּ לְעָרֵב בְּפַת אֶלָּא בֶּחָצֵר בִּלְבַד. מַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ דְּאָמַר פַּת — אִין, מִידֵּי אַחֲרִינָא — לָא, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, וְקָתָנֵי ״בַּכֹּל״!
Rabba bar bar 'Hana dit plutôt : [la michna] vient exclure un autre aspect de l'opinion de Rabbi Yehochoua, car Rabbi Yehochoua a dit : un pain entier, oui, il est apte à servir d'erouv, mais un pain entamé (peroussa), non, il ne convient pas à cet usage. La michna nous enseigne donc que l'on peut préparer un erouv avec toute sorte de pain, même un pain entamé.
אֶלָּא אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה: לְאַפּוֹקֵי מִדְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, דְּאָמַר שְׁלֵימָה — אִין, פְּרוּסָה — לָא, קָמַשְׁמַע לַן ״בַּכֹּל״.
La Guemara analyse la position de Rabbi Yehochoua elle-même : et un pain entamé, pour quelle raison ne peut-il pas servir à un erouv ? Rabbi Yossi ben Chaoul dit au nom de Rabbi [Yehouda haNassi] : la raison tient à l'animosité (eva) susceptible de surgir entre voisins. Pour éviter une situation où l'un dirait à l'autre : « toi, tu n'as apporté qu'une tranche de pain, alors que moi j'ai donné un pain entier », les Sages ont institué que chacun fournisse un pain entier.
וּפְרוּסָה מַאי טַעְמָא לָא? אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בֶּן שָׁאוּל אָמַר רַבִּי: מִשּׁוּם אֵיבָה.
Rav A'ha, fils de Rava, dit à Rav Achi : s'ils ont tous constitué l'erouv avec des pains entamés, quelle est la halakha ? Dans ce cas, il n'y a pas matière à animosité. Rav Achi lui répondit : il y a néanmoins à craindre que le problème ne resurgisse (chéma ya'hzor davar lekilkoulo), car l'un d'eux pourrait donner un pain entier et se mettre alors à se plaindre de son voisin qui n'a donné qu'un pain partiel.
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי: עֵירְבוּ כּוּלָּן בִּפְרוּסוֹת מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: שֶׁמָּא יַחְזוֹר דָּבָר לְקִלְקוּלוֹ.
Une portion de pâte, appelée 'halla, doit être prélevée et donnée aux kohanim. Si la 'halla n'a pas été prélevée de la pâte, elle doit être séparée du pain cuit. De plus, si une part de terouma est tombée dans cent parts de produit profane ('houlin), une quantité proportionnelle doit être retirée du mélange et donnée à un kohen, après quoi le reste peut être consommé. Rabbi Yo'hanan ben Chaoul dit : si l'on a retiré du pain l'équivalent de ce qui doit être prélevé pour sa 'halla, ou l'équivalent de ce qui doit être séparé d'un mélange de terouma et de produit profane (dimoua), on peut constituer un erouv avec ce pain. La raison : dans ce cas, les gens ne se plaindraient pas qu'il n'ait pas donné un pain entier, car ils supposeraient qu'il manque au pain une petite part parce qu'on en a prélevé la 'halla, ou parce que de la terouma est tombée dans la pâte, ce qui a nécessité d'en séparer une certaine portion. En revanche, s'il manquait plus que cette quantité, on le soupçonnerait d'avoir mangé une part de l'erouv.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן שָׁאוּל: נִיטְּלָה הֵימֶנָּה כְּדֵי חַלָּתָהּ וּכְדֵי דִימּוּעָהּ — מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ.
La Guemara soulève une difficulté : n'a-t-on pas enseigné autrement dans une baraïta : « Si un pain manquait de l'équivalent de ce qui doit être retiré d'un mélange de terouma et de produit profane (dimoua), on peut constituer un erouv avec lui ; mais s'il manquait de l'équivalent de ce qui doit être retiré pour sa 'halla, on ne peut pas constituer d'erouv avec lui » ?
וְהָתַנְיָא: כְּדֵי דִימּוּעָהּ — מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ, כְּדֵי חַלָּתָהּ — אֵין מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ!
La Guemara répond : cela n'est pas difficile, car les deux sources ne traitent pas des mêmes quantités. Dans ce cas, où le tana a permis un pain auquel il manque la quantité à retirer pour la 'halla, il s'agit de la 'halla d'un boulanger ('halat na'htom), qui est une moindre quantité et ne constitue donc pas une réduction notable du pain. Mais dans cet autre cas, où le tana n'a pas permis un pain auquel il manque la quantité à retirer pour la 'halla, il s'agit de la 'halla d'un particulier ('halat baal habayit). Cette portion de 'halla est plus grande, et par conséquent le pain ne peut pas servir à un erouv s'il lui manque une quantité aussi importante.
לָא קַשְׁיָא: הָא — בְּחַלַּת נַחְתּוֹם, הָא — בְּחַלַּת בַּעַל הַבַּיִת.
La Guemara explique qu'il en est ainsi que nous l'avons appris dans une michna : la mesure de la 'halla fixée par les Sages est d'un vingt-quatrième de la pâte. En conséquence, celui qui prépare de la pâte pour lui-même, ou de la pâte pour le festin de noces de son fils, la mesure de la 'halla est d'un vingt-quatrième. Mais un boulanger qui prépare de la pâte pour la vendre au marché, et de même une femme qui prépare de la pâte pour la vendre au marché, n'est tenu de prélever qu'un quarante-huitième de la pâte, car les Sages se sont montrés indulgents envers ceux qui vendent leurs marchandises, afin qu'ils ne subissent pas de perte.
דִּתְנַן: שִׁיעוּר חַלָּה אֶחָד מֵעֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה. הָעוֹשֶׂה עִיסָּה לְעַצְמוֹ וְעִיסָּה לְמִשְׁתֵּה בְנוֹ, אֶחָד מֵעֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה. נַחְתּוֹם שֶׁהוּא עוֹשֶׂה לִמְכּוֹר בַּשּׁוּק, וְכֵן הָאִשָּׁה שֶׁעָשְׁתָה לִמְכּוֹר בַּשּׁוּק — אֶחָד מֵאַרְבָּעִים וּשְׁמוֹנָה.
Rav 'Hisda dit : à propos de celui qui a réuni les deux morceaux d'un pain entamé au moyen d'un éclat de bois (késsam), on peut constituer un erouv avec lui, car il paraît entier. La Guemara soulève une difficulté : mais n'a-t-on pas enseigné dans une baraïta, à propos d'un cas de ce genre, qu'on ne peut pas constituer d'erouv avec lui ? La Guemara répond : cela n'est pas difficile, car dans ce cas, où il ne peut pas servir à un erouv, nous traitons d'une situation où la couture (l'endroit du raccord) est apparente ; tandis que dans cet autre cas, où il peut servir à un erouv, la référence est à une situation où la couture n'est pas apparente.
אָמַר רַב חִסְדָּא: תְּפָרָהּ בְּקֵיסָם מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ. וְהָא תַּנְיָא אֵין מְעָרְבִין לוֹ בָּהּ! לָא קַשְׁיָא, הָא — דִּידִיעַ תִּיפְרָהּ, הָא — דְּלָא יְדִיעַ תִּיפְרָהּ.
Rabbi Zéira dit au nom de Chmouel : on peut constituer un erouv même avec du pain de riz ou du pain de millet (do'han). Mar Oukva dit : cette règle m'a été expliquée par Mar Chmouel lui-même. Avec du pain de riz, on peut constituer un erouv, mais avec du pain de millet, on ne peut pas constituer d'erouv, car il est difficile de cuire à partir du millet un pain comestible.
אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר שְׁמוּאֵל: מְעָרְבִין בְּפַת אוֹרֶז וּבְפַת דּוֹחַן. אָמַר מָר עוּקְבָא: לְדִידִי מִיפָּרְשָׁא לִי מִינֵּיהּ דְּמָר שְׁמוּאֵל, בְּפַת אוֹרֶז — מְעָרְבִין, וּבְפַת דּוֹחַן — אֵין מְעָרְבִין.
Eruvin 81a
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עירובין פ״א אמַסֶּכֶת עֵירוּבִין