AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Eruvin

76a

Étude de Eruvin 76a

Étude de la Mishna & Guémara 76a

cette maison extérieure devient une loge de gardien (beit chaar) pour cette cour-ci, et cette maison extérieure devient une loge de gardien pour cette cour-là ; aussi les habitants des maisons extérieures n'ont-ils pas besoin de contribuer au erouv. Quant à la maison du milieu, située entre elles, c'est la maison où l'on dépose le erouv, et de ce fait ses habitants n'ont pas non plus à fournir de pain pour le erouv.
זֶה נַעֲשֶׂה בֵּית שַׁעַר לָזֶה, וְזֶה נַעֲשֶׂה בֵּית שַׁעַר לָזֶה. אֶמְצָעִי הָוֵה לֵיהּ בַּיִת שֶׁמַּנִּיחִין בּוֹ עֵירוּב, וְאֵין צָרִיךְ לִיתֵּן אֶת הַפַּת.
Le Sage Ra'hava éprouva les autres Sages [pour voir s'ils sauraient répondre] : s'il y avait deux cours et deux maisons entre elles, qu'un habitant de cette cour-ci vînt par cette maison-ci qui s'ouvre sur sa cour et déposa son erouv dans cette maison-là, plus éloignée de sa cour, et qu'un habitant de cette autre cour vînt par cette maison-là qui s'ouvre sur sa cour et déposa son erouv dans cette maison-ci qui s'ouvre sur l'autre cour — ont-ils acquis le erouv ou non, c'est-à-dire les deux erouvin sont-ils valides ? En fais-tu une maison (bayit) à l'égard de cette cour-ci, dont le erouv y a été déposé, et une loge de gardien (beit chaar) à l'égard de celui-là qui n'a fait qu'y passer pour déposer son erouv dans l'autre maison ? Et de même, fais-tu de l'autre maison une loge de gardien à l'égard de celui-ci et une maison à l'égard de celui-là ?
בָּדֵיק לְהוּ רַחֲבָה לְרַבָּנַן: שְׁתֵּי חֲצֵרוֹת וּשְׁנֵי בָתִּים בֵּינֵיהֶם, זֶה בָּא דֶּרֶךְ זֶה וְנָתַן עֵירוּבוֹ בָּזֶה, וָזֶה בָּא דֶּרֶךְ זֶה וְנָתַן עֵירוּבוֹ בָּזֶה, קָנוּ עֵירוּב אוֹ לָא? מִי מְשַׁוֵּית לְהוּ לְגַבֵּי דְּהַאי בַּיִת, וּלְגַבֵּי דְּהַאי בֵּית שַׁעַר [וּלְגַבֵּי דְּהַאי בֵּית שַׁעַר, וּלְגַבֵּי דְּהַאי בַּיִת]?
Les Sages lui dirent : ni l'un ni l'autre n'a acquis son erouv. De quelque manière que tu l'envisages, c'est difficile : si tu considères l'une ou l'autre maison comme une loge de gardien, la halakha relative à celui qui dépose son erouv dans une loge de gardien, un portique (akhsadra) ou un balcon (mirpesset) est qu'il ne s'agit pas d'un erouv valide ; et si tu considères l'une ou l'autre comme une maison, il transporterait alors vers une maison pour laquelle il n'établit pas de erouv. Puisque l'hypothèse qui profite à l'un nuit à l'autre, et qu'il n'y a aucun moyen de fixer fermement le statut de ces maisons, les habitants des deux cours échouent à acquérir leur erouv.
אֲמַרוּ לֵיהּ: שְׁנֵיהֶן לֹא קָנוּ עֵירוּב, מָה נַפְשָׁךְ: אִי בֵּית שַׁעַר מְשַׁוֵּית לֵיהּ, הַנּוֹתֵן אֶת עֵירוּבוֹ בְּבֵית שַׁעַר אַכְסַדְרָה וּמִרְפֶּסֶת — אֵינוֹ עֵירוּב. אִי בַּיִת מְשַׁוֵּית לֵיהּ — קָא מְטַלְטֵל לְבַיִת דְּלָא מְעָרֵב לֵיהּ.
Ra'hava demanda : en quoi ce cas diffère-t-il de l'enseignement de Rava ? Car Rava a dit : dans le cas de deux personnes qui dirent à un homme « va établir pour chacun de nous un erouv des limites du Chabbat (erouv te'houmin) », et qu'il établit le erouv de l'un alors qu'il faisait encore jour, et celui de l'autre pendant le crépuscule (bein ha-chemachot), et que le erouv de celui pour qui il l'avait établi en plein jour fut mangé pendant le crépuscule, tandis que le erouv de celui pour qui il l'avait établi pendant le crépuscule fut mangé une fois la nuit tombée — tous deux ont acquis leur erouv ! Or le crépuscule est de statut douteux : est-il jour ou nuit ? Si c'est la nuit, tout erouv établi à ce moment est invalide ; et si c'est le jour, tout erouv mangé à ce moment est invalide. Rava a néanmoins tranché avec indulgence, malgré l'implication de deux hypothèses contradictoires, conformément au principe selon lequel, dans les doutes touchant au erouv, la halakha est indulgente. Dès lors, à l'égard de celui dont le erouv fut mangé pendant le crépuscule, on considère qu'il faisait déjà nuit, de sorte que son erouv avait déjà pris effet alors qu'il faisait encore jour, avant d'être mangé ; inversement, à l'égard de celui dont le erouv fut établi pendant le crépuscule, ce laps de temps est tenu pour jour, de sorte que son erouv est valide lui aussi.
וּמַאי שְׁנָא מִדְּרָבָא? דְּאָמַר רָבָא: אָמְרוּ לוֹ שְׁנַיִם צֵא וְעָרֵב עָלֵינוּ. לְאֶחָד עֵירַב עָלָיו מִבְּעוֹד יוֹם, וּלְאֶחָד עֵירַב עָלָיו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת. זֶה שֶׁעֵירַב עָלָיו מִבְּעוֹד יוֹם נֶאֱכַל עֵירוּבוֹ בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת, וְזֶה שֶׁעֵירַב עָלָיו בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת נֶאֱכַל עֵירוּבוֹ מִשֶּׁתֶּחְשַׁךְ — שְׁנֵיהֶם קָנוּ עֵירוּב!
Les Sages répondent : comment peut-on comparer ces cas ?! Là-bas, où il y a doute si c'est le jour et doute si c'est la nuit, la chose n'est pas perceptible (la mineken milta), car nul ne voit exactement quand chaque erouv a été établi ; mais ici, où les maisons sont nettement distinctes, si à l'égard de celui-ci, qui y a déposé son erouv, c'est une maison, alors à l'égard de celui-là, qui n'a fait qu'y passer, ce devrait aussi être une maison ; et si, à l'égard de celui-là, qui y est passé, c'est une loge de gardien, alors à l'égard de celui-ci, qui y a déposé son erouv, ce devrait aussi être une loge de gardien. C'est pourquoi ni l'un ni l'autre n'acquiert son erouv.
הָכִי הַשְׁתָּא?! הָתָם סָפֵק יְמָמָא סָפֵק לֵילְיָא לָא מִינַּכְרָא מִילְּתָא, אֲבָל הָכָא, אִי דִּלְגַבֵּי דְּהַאי בַּיִת, לְגַבֵּי דְּהַאי בַּיִת. אִי לְגַבֵּי דְּהַאי בֵּית שַׁעַר, לְגַבֵּי דְּהַאי נָמֵי בֵּית שַׁעַר.
Hadran alakh ha-Dar [« Nous reviendrons vers toi, chapitre ha-Dar » — formule traditionnelle marquant l'achèvement du chapitre].
הַדְרָן עֲלָךְ הַדָּר
Mishna 1
MICHNA : s'il y a une fenêtre dans le mur qui sépare deux cours, que cette fenêtre mesure quatre tefa'him sur quatre et qu'elle se trouve dans les dix tefa'him [du sol], les habitants des cours établissent deux erouvin, un pour chaque cour. Et s'ils le veulent, ils peuvent établir un seul erouv, fusionnant ainsi les deux cours, car celles-ci peuvent être tenues pour une seule grâce à la fenêtre.
מַתְנִי׳ חַלּוֹן שֶׁבֵּין שְׁתֵּי חֲצֵירוֹת אַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה, בְּתוֹךְ עֲשָׂרָה — מְעָרְבִין שְׁנַיִם. וְאִם רָצוּ — מְעָרְבִין אֶחָד.(משנה)
En revanche, si la fenêtre mesure moins de quatre tefa'him sur quatre, ou si elle est au-dessus de dix tefa'him du sol, elle n'est plus considérée comme une ouverture valide, et les deux cours ne peuvent être tenues pour une seule cour. Aussi les habitants établissent-ils deux erouvin, mais ils ne peuvent en établir un seul.
פָּחוֹת מֵאַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה אוֹ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה מְעָרְבִין שְׁנַיִם, וְאֵין מְעָרְבִין אֶחָד.
Guémara
GUEMARA : à propos de la détermination de la michna selon laquelle la fenêtre doit mesurer quatre tefa'him sur quatre, la Guemara demande : disons que nous avons appris une michna anonyme (setam) conforme à l'opinion déjà citée de Rabban Chimon ben Gamliel, qui a dit : tout intervalle de moins de quatre tefa'him est considéré comme lavoud, c'est-à-dire que deux objets sont tenus pour reliés si l'espace qui les sépare est inférieur à quatre tefa'him. Cela expliquerait pourquoi la fenêtre doit mesurer quatre tefa'him, car sinon elle serait considérée comme obturée, en vertu du principe de lavoud.
גְּמָ׳ לֵימָא תְּנַן סְתָמָא כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, דְּאָמַר: כׇּל פָּחוֹת מֵאַרְבָּעָה כְּלָבוּד דָּמֵי.
La Guemara rejette cette suggestion : même si tu dis que la michna est conforme à l'opinion des Sages [les Rabbanan], selon laquelle seuls les intervalles de moins de trois tefa'him relèvent du principe de lavoud, les Sages ne sont en désaccord avec Rabban Chimon ben Gamliel qu'au sujet des lois de lavoud, c'est-à-dire de ce qui est tenu pour relié. Mais à propos d'une ouverture (pet'ha), même les Sages reconnaissent que s'il y a une ouverture de quatre tefa'him sur quatre, elle est significative, et sinon, elle ne l'est pas.
אֲפִילּוּ תֵּימָא כְּרַבָּנַן, עַד כָּאן לָא פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ דְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אֶלָּא לְעִנְיַן לְבוּדִין, אֲבָל לְעִנְיַן פִּתְחָא אֲפִילּוּ רַבָּנַן מוֹדוּ דְּאִי אִיכָּא אַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה — חֲשִׁיב, וְאִי לָא — לָא חֲשִׁיב.
Il a été enseigné dans la michna : si la fenêtre mesure moins de quatre tefa'him sur quatre, ou au-dessus de dix tefa'him du sol, les habitants de chaque cour doivent établir un erouv distinct. La Guemara objecte : cela est évident ! Puisque la michna a énoncé, dans la clause précédente, que si la fenêtre mesure quatre tefa'him sur quatre et se trouve dans les dix tefa'him du sol, ils établissent un seul erouv, je sais de moi-même, par cette halakha-là, que si la fenêtre mesure moins de quatre sur quatre ou se trouve au-dessus de dix tefa'him, ils ne peuvent établir un seul erouv. Pourquoi était-il nécessaire de l'enseigner dans la michna ?
פָּחוֹת מֵאַרְבָּעָה וְכוּ׳. פְּשִׁיטָא, כֵּיוָן דְּאָמַר אַרְבָּעָה עַל אַרְבָּעָה בְּתוֹךְ עֲשָׂרָה — מִמֵּילָא אֲנָא יָדַעְנָא דְּפָחוֹת מֵאַרְבָּעָה וּלְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה לָא!
La Guemara répond : elle nous enseigne ceci — la raison [de l'interdit] vaut spécifiquement lorsque la fenêtre est entièrement au-dessus de dix tefa'him ; mais si une partie d'elle se trouve dans les dix tefa'him du sol, ils établissent deux erouvin, et s'ils le veulent, ils peuvent en établir un seul.
הָא קָא מַשְׁמַע לַן טַעְמָא דְּכוּלֵּיהּ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה, אֲבָל מִקְצָתוֹ בְּתוֹךְ עֲשָׂרָה — מְעָרְבִין שְׁנַיִם, וְאִם רָצוּ — מְעָרְבִין אֶחָד.
Eruvin 76a
100%
עירובין ע״ו אמַסֶּכֶת עֵירוּבִין