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Traité Eruvin

58b

Étude de Eruvin 58b

Étude de la Mishna & Guémara 58b

Cependant, si le fil à plomb (`hout hamichkolet`) descend droit en face de la paroi, c'est-à-dire si le flanc du ravin est très escarpé, on mesure la largeur du ravin correctement en son fond, sans tenir compte de ses parois.
אֲבָל חוּט הַמִּשְׁקוֹלֶת יוֹרֵד כְּנֶגְדּוֹ — מוֹדְדוֹ מְדִידָה יָפָה.
La Guemara demande : et quelle est la profondeur d'un ravin que l'on peut enjamber (`mavlio`) lorsqu'il n'est pas large de plus de cinquante coudées ? Rav Yossef dit : jusqu'à deux mille coudées ; mais s'il est plus profond que cela, il faut aussi mesurer la pente.
וְכַמָּה עוֹמְקוֹ שֶׁל גֵּיא? אָמַר רַב יוֹסֵף: אַלְפַּיִם.
Abayé lui objecta à partir de la baraïta suivante : si un ravin est profond de cent coudées au plus et large de cinquante coudées au plus, on peut l'enjamber ; et sinon, on ne peut pas l'enjamber. Comment Rav Yossef pouvait-il donc dire que le ravin se laisse enjamber si sa profondeur est inférieure à deux mille coudées ? La Guemara répond : il a énoncé son opinion conformément à l'avis d'`A'herim` [« d'autres maîtres »] ; car il fut enseigné dans une baraïta : `A'herim` disent : même si le ravin est profond de deux mille coudées et large de cinquante coudées, on peut l'enjamber.
אֵיתִיבֵיהּ אַבָּיֵי: עָמוֹק מֵאָה וְרוֹחַב חֲמִשִּׁים — מַבְלִיעוֹ. וְאִם לָאו — אֵין מַבְלִיעוֹ? הוּא דְּאָמַר כַּאֲחֵרִים, דְּתַנְיָא, אֲחֵרִים אוֹמְרִים: אֲפִילּוּ עָמוֹק אַלְפַּיִם וְרוֹחַב חֲמִשִּׁים — מַבְלִיעוֹ.
La Guemara rapporte une autre version de la discussion précédente. Certains disent que Rav Yossef a dit : même si le ravin est profond de plus de deux mille coudées, on peut l'enjamber. La Guemara demande : selon l'opinion de qui Rav Yossef a-t-il dit cela ? Ce n'est ni conforme à l'avis du premier `tanna` (`tanna kama`), ni conforme à l'avis d'`A'herim` !
אִיכָּא דְּאָמְרִי, אָמַר רַב יוֹסֵף: אֲפִילּוּ יָתֵר מֵאַלְפַּיִם. כְּמַאן? דְּלָא כְּתַנָּא קַמָּא וְלָא כַּאֲחֵרִים!
La Guemara répond : là-bas, où les `tanna'im` débattent de la profondeur d'un ravin que l'on peut enjamber, ils se réfèrent à un cas où le fil à plomb ne descend pas droit en face de la paroi, et il y a donc lieu de mesurer la pente. Ici, en revanche, où Rav Yossef dit que le ravin se laisse enjamber même s'il est profond de plus de deux mille coudées, il se réfère à un cas où le fil à plomb descend droit en face de la paroi.
הָתָם — שֶׁאֵין חוּט הַמִּשְׁקוֹלֶת יוֹרֵד כְּנֶגְדּוֹ. הָכָא — בְּחוּט הַמִּשְׁקוֹלֶת יוֹרֵד כְּנֶגְדּוֹ.
La Guemara demande : et lorsque le fil à plomb ne descend pas droit en face de la paroi, jusqu'à quelle distance [doit-il s'en écarter pour que la paroi soit tenue pour une pente plutôt que pour un mur vertical] ? Avimi dit : quatre coudées. Si le fond du ravin se trouve à quatre coudées au-delà du bord supérieur du ravin, la paroi est en pente et doit être incluse dans la mesure. Et de même, Rami bar Ye'hezkel enseigna, d'après une baraïta, que l'écart maximal est de quatre coudées.
וְכִי אֵין חוּט הַמִּשְׁקוֹלֶת יוֹרֵד כְּנֶגְדּוֹ, עַד כַּמָּה? אָמַר אֲבִימִי: אַרְבַּע. וְכֵן תָּנֵי רָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל: אַרְבַּע.
Nous avons appris dans la michna : s'il atteint une colline, il n'en mesure pas la hauteur, mais il enjambe la colline comme si elle n'existait pas, puis reprend sa mesure. Rava dit : on n'a enseigné cette `halakha` qu'au sujet d'une colline dont la pente s'élève de dix `tefa'him` [poignées] sur un parcours de quatre coudées. Mais s'agissant d'une colline plus douce, par exemple une qui s'élève de dix `tefa'him` sur cinq coudées, on doit la mesurer correctement, c'est-à-dire inclure la pente elle-même dans la mesure.
הִגִּיעַ לְהַר, מַבְלִיעוֹ וְחוֹזֵר לְמִידָּתוֹ. אָמַר רָבָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּהַר הַמִּתְלַקֵּט עֲשָׂרָה מִתּוֹךְ אַרְבַּע, אֲבָל בְּהַר הַמִּתְלַקֵּט עֲשָׂרָה מִתּוֹךְ חָמֵשׁ — מוֹדְדוֹ מְדִידָה יָפָה.
La Guemara note que Rav Houna, fils de Rav Natan, enseigne une formulation indulgente de cette `halakha` : Rava a dit qu'on n'a enseigné cette `halakha` qu'au sujet d'une colline dont la pente s'élève de dix `tefa'him` sur un parcours de cinq coudées. Mais s'agissant d'une colline plus raide, qui s'élève de dix `tefa'him` sur quatre coudées, on n'a pas besoin de prendre de mesure précise ; on évalue plutôt la longueur de la colline, puis on s'en va et l'on continue de mesurer de l'autre côté.
רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב נָתָן מַתְנֵי לְקוּלָּא. אָמַר רָבָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּהַר הַמִּתְלַקֵּט עֲשָׂרָה מִתּוֹךְ חָמֵשׁ, אֲבָל בְּהַר הַמִּתְלַקֵּט עֲשָׂרָה מִתּוֹךְ אַרְבַּע — אוֹמְדוֹ וְהוֹלֵךְ לוֹ.
[Nous avons appris dans la michna] qu'on peut mesurer un ravin ou une colline situés à l'intérieur de la limite du Chabbat (`te'houm`), pourvu que l'on ne sorte pas au-delà de la limite. La Guemara demande : quelle est la raison de cette restriction ? Rav Kahana dit : c'est un décret, de peur que les gens ne disent : « la mesure de la limite du Chabbat parvient jusqu'ici. » Puisque les gens savent qu'il est parti mesurer la limite du Chabbat, s'ils le voient mesurer à un certain endroit, ils supposeront que cette zone est comprise dans la limite du Chabbat.
וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יֵצֵא חוּץ לַתְּחוּם. מַאי טַעְמָא? אָמַר רַב כָּהֲנָא: גְּזֵירָה שֶׁמָּא יֹאמְרוּ מִדַּת תְּחוּמִין בָּאָה לְכָאן.
[Nous avons appris dans la michna :] si, en raison de la largeur du ravin ou de la colline, on ne peut l'enjamber, on peut le « percer » (`mekadrin`). Nos maîtres ont enseigné une baraïta qui explique ce procédé : comment « perce »-t-on [figurativement] une colline ? Deux personnes tiennent les deux bouts d'une corde de mesure ; celui qui est plus bas sur la colline tient la corde au niveau de son cœur, tandis que celui qui est plus haut la tient au niveau de ses pieds, et ils mesurent ainsi. Abayé dit : par tradition, nous tenons qu'on ne « perce » qu'avec une corde de quatre coudées.
אִם אֵינוֹ יָכוֹל לְהַבְלִיעוֹ. תָּנוּ רַבָּנַן: כֵּיצַד מְקַדְּרִין, תַּחְתּוֹן כְּנֶגֶד לִבּוֹ, עֶלְיוֹן כְּנֶגֶד מַרְגְּלוֹתָיו. אָמַר אַבָּיֵי: נְקִיטִינַן אֵין מְקַדְּרִין אֶלָּא בְּחֶבֶל שֶׁל אַרְבַּע אַמּוֹת.
Rav Na'hman dit au nom de Rabba bar Avouh : par tradition, nous tenons qu'on ne « perce » pas lorsqu'on mesure les distances pour le rite de la génisse à la nuque brisée (`egla aroufa`). Ce rite se pratique lorsqu'on trouve une victime de meurtre et que l'on ignore qui l'a tuée : les juges mesurent la distance entre l'emplacement du cadavre et la ville la plus proche, afin de déterminer quelle ville doit accomplir le rite (Devarim 21). De même, on ne « perce » pas lorsqu'on mesure les distances relatives aux villes de refuge (`arei miklat`), afin de fixer les limites à l'intérieur desquelles le meurtrier involontaire est protégé du vengeur du sang (`goël hadam`) (Bamidbar 35). Parce que ces mesures sont d'ordre toranique (`min haTora`), les méthodes de mesure indirectes y sont insuffisantes : la zone doit être mesurée comme si elle était plane.
אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: (נְקִיטִינַן) אֵין מְקַדְּרִין לֹא בְּעֶגְלָה עֲרוּפָה וְלֹא בְּעָרֵי מִקְלָט — מִפְּנֵי שֶׁהֵן שֶׁל תּוֹרָה.
Mishna 1
MICHNA : On ne mesure la limite du Chabbat (`te'houm`) qu'avec un arpenteur expert (`moum'he`). Si l'on découvre que l'arpenteur a allongé la limite à un endroit et l'a raccourcie à un autre, de sorte que le tracé marquant la limite du Chabbat n'est pas droit, on s'en tient à la mesure de l'endroit où il a allongé la limite et l'on redresse la limite en conséquence. De même, si l'arpenteur a allongé la limite pour l'un et l'a raccourcie pour un autre, on s'en tient à la mesure la plus longue.
מַתְנִי׳ אֵין מוֹדְדִין אֶלָּא מִן הַמּוּמְחֶה. רִיבָּה לְמָקוֹם אֶחָד, וּמִיעֵט לְמָקוֹם אַחֵר — שׁוֹמְעִין לִמְקוֹם שֶׁרִיבָּה. רִיבָּה לְאֶחָד וּמִיעֵט לְאֶחָד — שׁוֹמְעִין לַמְרוּבֶּה.(משנה)
Eruvin 58b
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עירובין נ״ח במַסֶּכֶת עֵירוּבִין