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Traité Eruvin

58a

Étude de Eruvin 58a

Étude de la Mishna & Guémara 58a

[Lorsqu'il franchit ainsi un obstacle, il peut le faire] pourvu qu'il ne sorte pas de ce fait au-delà de la limite chabbatique (te'houm) de la ville, car ceux qui observent l'arpenteur pourraient croire à tort que la limite s'étend jusqu'à cet endroit.
וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יֵצֵא חוּץ לַתְּחוּם.
Si, en raison de la largeur du ravin (gaï) ou de la colline, il ne peut pas le franchir [d'une seule corde], c'est à propos de cette situation que Rabbi Dostaï bar Yannaï dit au nom de Rabbi Meïr : « J'ai entendu (chamati) que l'on perce les collines (mekaderin be-harim). » Autrement dit, on mesure la distance comme s'il y avait un trou percé d'un côté à l'autre de la colline, de sorte qu'en fait on ne mesure que la distance horizontale en ignorant les différences d'altitude.
אִם אֵינוֹ יָכוֹל לְהַבְלִיעוֹ — בְּזוֹ אָמַר רַבִּי דּוֹסְתַּאי בַּר יַנַּאי מִשּׁוּם רַבִּי מֵאִיר: שָׁמַעְתִּי שֶׁמְּקַדְּרִין בֶּהָרִים.
Guémara
GUEMARA : La Guemara demande : d'où ces choses [à savoir que la limite chabbatique doit être mesurée avec une corde de cinquante coudées] sont-elles déduites ? Rav Yehouda dit que Rav dit : elles sont déduites de ce que le verset déclare : « La longueur du parvis sera de cent coudées, et la largeur de cinquante par cinquante » (Chemot 27, 18). La Torah dit ainsi : mesure avec une corde de cinquante coudées — c'est-à-dire que la longueur et la largeur du parvis doivent être mesurées « par cinquante », avec une corde longue de cinquante coudées.
גְּמָ׳ מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: דְּאָמַר קְרָא ״אֹרֶךְ הֶחָצֵר מֵאָה בָאַמָּה וְרוֹחַב חֲמִשִּׁים בַּחֲמִשִּׁים״, אָמְרָה תּוֹרָה: בְּחֶבֶל שֶׁל חֲמִשִּׁים אַמָּה מְדוֹד.
La Guemara objecte : cet emploi répété du mot « cinquante » est nécessaire pour nous enseigner autre chose, à savoir que l'aire d'un parvis équivaut à un carré de la taille du parvis du Sanctuaire (Michkan). À cette fin, la Torah dit : prends un carré de cinquante coudées sur cinquante coudées, et entoure-le avec les cinquante coudées restantes afin de former un carré dont chaque côté mesure un peu plus de soixante-dix coudées.
הַאי מִיבְּעֵי לֵיהּ לִיטּוֹל חֲמִשִּׁים וּלְסַבֵּב חֲמִשִּׁים.
La Guemara répond : s'il en était ainsi, que le verset dise [simplement] : « cinquante, cinquante », ce qui aurait suffi à nous enseigner la dimension et la forme d'un parvis. Quel est alors le sens de l'expression « cinquante par cinquante » ? Conclus-en (chema mina) que le verset vient enseigner deux choses : et la question du parvis carré, et le fait que la corde servant à mesurer la limite chabbatique doit être longue de cinquante coudées.
אִם כֵּן לֵימָא קְרָא: ״חֲמִשִּׁים חֲמִשִּׁים״, מַאי ״חֲמִשִּׁים בַּחֲמִשִּׁים״? שָׁמְעַתְּ מִינַּהּ תַּרְתֵּי.
Nous avons appris dans la michna : on ne mesure une limite chabbatique qu'avec une corde de cinquante coudées, ni moins ni plus. Il a été enseigné dans la Tossefta : pas moins — parce qu'une corde plus courte augmente indûment la limite chabbatique, car la corde risque d'être tendue [et de s'allonger] ; et pas plus — parce qu'une corde plus longue réduit la limite, car la corde risque de s'affaisser sous son propre poids.
לֹא פָּחוֹת וְלֹא יוֹתֵר. תָּנָא: לֹא פָּחוֹת — מִפְּנֵי שֶׁמַּרְבֶּה, וְלֹא יוֹתֵר — מִפְּנֵי שֶׁמְּמַעֵט.
Rabbi Assi dit : on ne mesure qu'avec une corde d'afsekima. La Guemara demande : qu'est-ce que l'afsekima ? Rabbi Abba dit : c'est la plante nargila. Ce nom n'était pas non plus largement connu, c'est pourquoi la Guemara demande : qu'est-ce que la nargila ? Rabbi Ya'akov dit : un palmier autour duquel n'est enroulée qu'une seule liane fibreuse (siv). Certains rapportent une autre version de la discussion précédente, selon laquelle la Guemara demanda : qu'est-ce que l'afsekima ? Rabbi Abba dit : c'est la plante nargila. Rabbi Ya'akov, en désaccord, dit : c'est un palmier avec une seule liane fibreuse.
אָמַר רַבִּי אַסִּי: אֵין מוֹדְדִין אֶלָּא בְּחֶבֶל שֶׁל אַפְסְקִימָא. מַאי אַפְסְקִימָא? אָמַר רַבִּי אַבָּא: נַרְגִּילָא. מַאי נַרְגִּילָא? אָמַר רַבִּי יַעֲקֹב: דִּיקְלָא דְּחַד נְבָרָא. אִיכָּא דְּאָמְרִי: מַאי אַפְסְקִימָא? רַבִּי אַבָּא אָמַר: נַרְגִּילָא, רַבִּי יַעֲקֹב אָמַר: דִּיקְלָא דְּחַד נְבָרָא.
Il a été enseigné dans une beraïta que Rabbi Yehochoua ben 'Hananya dit : tu n'as rien de meilleur pour mesurer que des chaînes de fer (chalchelaot chel barzel), car elles ne s'étirent pas. Mais que pouvons-nous faire, puisque la Torah dit : « Je levai à nouveau les yeux et regardai, et voici un homme ayant en main une corde à mesurer (‘hevel mida) » (Zekharia 2, 5) — d'où l'on déduit que les mesures doivent être faites avec une corde.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן חֲנַנְיָא: אֵין לְךָ שֶׁיָּפֶה לִמְדִידָה יוֹתֵר מִשַּׁלְשְׁלָאוֹת שֶׁל בַּרְזֶל, אֲבָל מַה נַּעֲשֶׂה שֶׁהֲרֵי אָמְרָה תּוֹרָה: ״וּבְיָדוֹ חֶבֶל מִדָּה״.
La Guemara demande : n'est-il pas aussi écrit : « Et dans la main de l'homme un roseau à mesurer (kane ha-mida), long de six coudées, d'une coudée et d'un palme chacune » (Ye'hezkel 40, 5), ce qui indique que des roseaux peuvent aussi servir à mesurer ? La Guemara répond : ce roseau sert à mesurer les portes (tar'ei), qui sont trop étroites pour être mesurées avec de longues cordes.
וְהָכְתִיב: ״וּבְיַד הָאִישׁ קְנֵה הַמִּדָּה״? הָהוּא, לְתַרְעֵי.
Rav Yossef enseigna qu'il existe trois sortes de cordes, chacune requise par la halakha à une fin différente : une corde de magag — une sorte de jonc (roseau de marais) ; une corde de netser — faite de lianes fibreuses de palmier ; et une corde de lin (pichtan).
תָּנֵי רַב יוֹסֵף, שְׁלֹשָׁה חֲבָלִים הֵם: שֶׁל מָגָג, שֶׁל נֵצֶר, וְשֶׁל פִּשְׁתָּן.
Elles servent aux usages suivants : une corde de magag est employée pour la combustion de la vache rousse (para adouma), comme nous l'avons appris dans une michna : on liait la vache avec une corde de magag et on la plaçait sur son bûcher, où elle était brûlée après avoir été égorgée. Une corde de netser était requise pour la sota, une femme soupçonnée d'adultère, comme nous l'avons appris dans une michna : avant que la sota ne soit contrainte de boire les eaux amères [on déchire ses vêtements], puis le kohen apporte une corde égyptienne (‘hevel mitsri) — c'est-à-dire une corde faite de joncs (netsarim) — et la noue au-dessus de ses seins, afin que ses vêtements ne tombent pas. Une corde de lin sert à mesurer.
שֶׁל מָגָג לְפָרָה, דִּתְנַן: כְּפָתוּהָ בְּחֶבֶל הַמָּגָג וּנְתָנוּהָ עַל גַּב מַעֲרַכְתָּהּ. שֶׁל נְצָרִים לְסוֹטָה, דִּתְנַן: וְאַחַר כָּךְ מֵבִיא חֶבֶל הַמִּצְרִי וְקוֹשְׁרוֹ לְמַעְלָה מִדַּדֶּיהָ. שֶׁל פִּשְׁתָּן לִמְדִידָה.
Il a été énoncé dans la michna : s'il était en train de mesurer [la limite] et qu'il atteignit [un ravin ou une clôture, il le franchit comme si le terrain était parfaitement plat] puis reprend sa mesure. La Guemara observe : du fait qu'il est enseigné qu'il « reprend sa mesure », on peut déduire par inférence que s'il ne peut pas le franchir parce qu'il est trop large, il va à un endroit où il est plus étroit afin de pouvoir le franchir ; il le franchit, puis il vise (tsofé) le point situé à la même distance, aligné sur sa mesure d'origine, et il reprend sa mesure à partir de là.
הָיָה מוֹדֵד וְהִגִּיעַ. מִדְּתָנֵי: ״חוֹזֵר לְמִידָּתוֹ״, מִכְּלָל דְּאִם אֵינוֹ יָכוֹל לְהַבְלִיעוֹ — הוֹלֵךְ לְמָקוֹם שֶׁיָּכוֹל לְהַבְלִיעוֹ, וּמַבְלִיעוֹ, וְצוֹפֶה כְּנֶגֶד מִידָּתוֹ, וְחוֹזֵר.
Eruvin 58a
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עירובין נ״ח אמַסֶּכֶת עֵירוּבִין