AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Eruvin

57b

Étude de Eruvin 57b

Étude de la Mishna & Guémara 57b

Selon l'opinion de qui cette clause de la michna est-elle [enseignée] ? C'est l'opinion de Rabbi Méir, qui soutient que l'on attribue un karpef [une aire de soixante-dix amot et un reste] à chaque ville.
הָא מַנִּי — רַבִּי מֵאִיר הִיא.
La Guemara poursuit son interrogation : si c'est selon l'opinion de Rabbi Méir, n'a-t-on pas déjà enseigné dans la première clause : « on attribue un karpef à chaque ville ; telles sont les paroles de Rabbi Méir » ? Quel besoin y a-t-il de mentionner à nouveau l'opinion de Rabbi Méir ?
אִי רַבִּי מֵאִיר הִיא, הָא תָּנֵי לֵיהּ רֵישָׁא: נוֹתְנִין קַרְפֵּף לָעִיר, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר?
La Guemara répond : il était nécessaire de mentionner à nouveau son opinion, car si nous n'avions appris son opinion que de cette première clause, j'aurais pu dire que l'on attribue un seul karpef pour une ville et également un seul karpef pour deux villes [contiguës]. C'est pourquoi la michna nous enseigne que, pour deux villes, on attribue deux aires de karpef.
צְרִיכָא, דְּאִי מֵהַהִיא, הֲוָה אָמֵינָא: חַד לַחֲדָא, וְחַד לְתַרְתֵּי. קָא מַשְׁמַע לַן דִּלְתַרְתֵּי תְּרֵי יָהֲבִינַן לְהוּ.
Et inversement, si la michna ne nous avait enseigné cette loi qu'ici, à propos de deux villes, on aurait pu dire que c'est uniquement dans ce cas que chaque ville se voit accorder un karpef séparé, parce qu'un espace plus réduit entre les deux villes voisines serait trop à l'étroit pour l'usage des deux villes. Mais là, à propos d'une seule ville, où l'aire de la ville elle-même n'est pas trop à l'étroit pour l'usage de ses habitants, on aurait pu dire qu'on ne lui accorde aucun karpef du tout. C'est pourquoi il était nécessaire que la michna enseigne les deux clauses.
וְאִי אַשְׁמְעִינַן הָכָא, מִשּׁוּם דִּדְחִיקָא תַּשְׁמִישְׁתַּיְיהוּ, אֲבָל הָתָם דְּלָא דְּחִיקָא תַּשְׁמִישְׁתַּיְיהוּ, אֵימָא לָא, צְרִיכָא.
La Guemara tente à nouveau d'apporter une preuve depuis la michna, dans laquelle nous avons appris : « et de même, dans le cas de trois villages alignés en rangée [meshoulashin], s'il n'y a que cent quarante et une amot et un tiers [141 amot ⅓] séparant les deux villages extérieurs, le village du milieu combine les trois villages en un seul ». À ce stade, la Guemara comprend que la michna traite ici de trois villages disposés en ligne droite. Elle en infère donc ce qui suit : la raison pour laquelle les trois villages sont considérés comme un seul est uniquement parce qu'il y a un village au milieu ; mais s'il n'y avait pas de village au milieu, ils ne seraient pas considérés comme un seul. Ceci paraît être une réfutation décisive de l'opinion de Rav Houna. Selon Rav Houna, les deux villages devraient être considérés comme un seul même sans le village du milieu, en raison du double karpef.
תְּנַן: וְכֵן שְׁלֹשָׁה כְּפָרִים הַמְשׁוּלָּשִׁין, אִם יֵשׁ בֵּין שְׁנַיִם הַחִיצוֹנִים מֵאָה וְאַרְבָּעִים וְאַחַת אַמָּה וּשְׁלִישׁ — עוֹשֶׂה אֶמְצָעִי אֶת שְׁלָשְׁתָּן לִהְיוֹת אֶחָד. טַעְמָא דְּאִיכָּא אֶמְצָעִי, הָא לֵיכָּא אֶמְצָעִי — לֹא. תְּיוּבְתָּא דְרַב הוּנָא!
La Guemara rejette cet argument : Rav Houna aurait pu te répondre : n'a-t-il pas été énoncé à propos de cette michna que Rabba a dit que Rav Idi a dit que Rabbi 'Hanina a dit : cela ne signifie pas que les villages sont effectivement alignés en rangée de trois villages en ligne droite. Au contraire, même si le village du milieu se trouve décalé sur un côté et que les villages extérieurs sont distants de plus de deux longueurs de karpef, on observe leur espacement et l'on procède à l'évaluation suivante : dans tout cas où, si le village du milieu était placé entre les deux autres de sorte qu'ils forment trois villages alignés en rangée, il n'y aurait qu'une distance de cent quarante et une amot et un tiers [141 amot ⅓] entre l'un et l'autre, alors le village du milieu transforme les trois villages en un seul. Selon cette explication, la michna peut même être comprise comme un appui à l'opinion de Rav Houna.
אָמַר לְךָ רַב הוּנָא: הָא אִתְּמַר עֲלַהּ, אָמַר רַבָּה אָמַר רַב אִידִי אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: לֹא מְשׁוּלָּשִׁין מַמָּשׁ, אֶלָּא רוֹאִין כׇּל שֶׁאִילּוּ מֵטִיל אֶמְצָעִי בֵּינֵיהֶן וְיִהְיוּ מְשׁוּלָּשִׁין, וְאֵין בֵּין זֶה לָזֶה אֶלָּא מֵאָה וְאַרְבָּעִים אַמָּה וְאַחַת וּשְׁלִישׁ — עָשָׂה אֶמְצָעִי אֶת שְׁלָשְׁתָּן לִהְיוֹת אֶחָד.
À propos de ce cas, Rava dit à Abayé : quelle distance peut-il y avoir entre un village extérieur et celui du milieu, pour que ce dernier puisse encore combiner les trois villages en un seul ? Abayé lui répondit : deux mille amot.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְאַבָּיֵי: כַּמָּה יְהֵא בֵּין חִיצוֹן לָאֶמְצָעִי? אֲמַר לֵיהּ: אַלְפַּיִם אַמָּה.
Rava répliqua : n'est-ce pas toi-même qui as dit : il est logique de trancher selon l'opinion de Rava, fils de Rabba bar Rav Houna, qui a dit : la limite du Chabbat d'une ville en forme d'arc se mesure depuis la corde imaginaire tendue entre les deux extrémités de la ville, même si la distance entre le milieu de la corde et le milieu de l'arc est supérieure à deux mille amot ? Pourquoi, dans ce cas, les trois villages ne seraient-ils pas eux aussi considérés comme un seul village, même s'ils sont séparés par plus de deux mille amot ?
וְהָא אַתְּ הוּא דְּאָמְרַתְּ: כְּווֹתֵיהּ דְּרָבָא בְּרֵיהּ דְּרַבָּה בַּר רַב הוּנָא מִסְתַּבְּרָא, דְּאָמַר: יוֹתֵר מֵאַלְפַּיִם אַמָּה!
Abayé rejeta la comparaison : comment peux-tu comparer ? Là-bas, dans le cas de la ville en forme d'arc, il y a des maisons qui relient la ville en une seule unité, tandis qu'ici, il n'y a aucune maison reliant les villages extérieurs. Par conséquent, si deux villages sont séparés par plus de deux mille amot — la mesure de la limite du Chabbat —, ils ne peuvent être considérés comme une seule entité.
הָכִי הַשְׁתָּא? הָתָם, אִיכָּא בָּתִּים. הָכָא, לֵיכָּא בָּתִּים.
Et Rava dit à Abayé : quelle distance peut-il y avoir entre un village extérieur et l'autre village extérieur ? Abayé s'étonna de cette question : quelle distance peut-il y avoir entre eux ? Quelle différence pratique cela fait-il pour toi ? Dans tout cas où, si le village du milieu était placé entre eux, il n'y aurait qu'une distance de cent quarante et une amot et un tiers [141 amot ⅓] entre l'un et l'autre, le village du milieu transforme les trois villages en un seul. Par conséquent, le détail déterminant n'est pas la distance entre les villages extérieurs, mais la taille du village du milieu.
וַאֲמַר לֵיהּ רָבָא לְאַבָּיֵי: כַּמָּה יְהֵא בֵּין חִיצוֹן לְחִיצוֹן? כַּמָּה יְהֵא?! מַאי נָפְקָא לָךְ מִינַּהּ? כׇּל שֶׁאִילּוּ מַכְנִיס אֶמְצָעִי בֵּינֵיהֶן וְאֵין בֵּין זֶה לָזֶה אֶלָּא מֵאָה וְאַרְבָּעִים וְאַחַת וּשְׁלִישׁ.
[Rava insista :] et même si [la distance entre les deux villages extérieurs est de] quatre mille amot ? Abayé lui répondit : oui. Rava demanda : Rav Houna n'a-t-il pas dit ce qui suit à propos d'une ville en forme d'arc : si la distance entre ses deux extrémités est inférieure à quatre mille amot, on lui mesure la limite du Chabbat depuis la corde imaginaire tendue entre les deux extrémités de l'arc ; et sinon, on lui mesure la limite du Chabbat depuis l'arc lui-même ? Ceci indique que, même s'il existe une rangée ininterrompue de maisons reliant les deux extrémités de la ville, si ces deux extrémités sont séparées par plus de quatre mille amot, la distance est trop grande pour qu'on la considère comme une seule ville.
וַאֲפִילּוּ אַרְבַּעַת אַלְפַּיִם אַמָּה? אֲמַר לֵיהּ: אִין. וְהָאָמַר רַב הוּנָא: עִיר הָעֲשׂוּיָה כְּקֶשֶׁת, אִם יֵשׁ בֵּין שְׁנֵי רָאשֶׁיהָ פָּחוֹת מֵאַרְבַּעַת אֲלָפִים אַמָּה מוֹדְדִין לָהּ מִן הַיֶּתֶר, וְאִם לָאו מוֹדְדִין לָהּ מִן הַקֶּשֶׁת!
Abayé lui répondit : là-bas, dans le cas de la ville en forme d'arc, il n'y a pas lieu de dire « remplis-le » [malé], car il n'y a rien avec quoi remplir l'espace vide entre les deux extrémités de la ville. En revanche, ici, dans le cas des villages, il y a lieu de dire « remplis-le » [malé], car on considère le village du milieu comme s'il était projeté entre les deux villages extérieurs, et de ce fait les trois se combinent en un seul village.
אֲמַר לֵיהּ: הָתָם לֵיכָּא לְמֵימַר ״מַלֵּי״. הָכָא אִיכָּא לְמֵימַר ״מַלֵּי״.
Eruvin 57b
100%
עירובין נ״ז במַסֶּכֶת עֵירוּבִין