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Traité Eruvin

55a

Étude de Eruvin 55a

Étude de la Guémara 55a

Guémara
Et cette idée — selon laquelle l'homme doit déployer de grands efforts pour conserver sa connaissance de la Torah — correspond à ce qu'a dit Avdimi bar 'Hama bar Dossa : quel est le sens de ce qui est écrit « Elle n'est pas dans les cieux… ni au-delà de la mer » (Devarim 30, 12-13) ? « Elle n'est pas dans les cieux » indique que, si elle était dans les cieux, tu devrais y monter à sa suite, et si elle était au-delà de la mer, tu devrais la traverser à sa suite — car l'homme doit fournir tout l'effort nécessaire pour étudier la Torah.
וְהַיְינוּ דְּאָמַר אַבְדִּימִי בַּר חָמָא בַּר דּוֹסָא, מַאי דִּכְתִיב: ״לֹא בַשָּׁמַיִם הִיא וְלֹא מֵעֵבֶר לַיָּם הִיא״. ״לָא בַּשָּׁמַיִם הִיא״, שֶׁאִם בַּשָּׁמַיִם הִיא — אַתָּה צָרִיךְ לַעֲלוֹת אַחֲרֶיהָ, וְאִם מֵעֵבֶר לַיָּם הִיא — אַתָּה צָרִיךְ לַעֲבוֹר אַחֲרֶיהָ.
Expliquant le verset autrement, Rava dit : « Elle n'est pas dans les cieux » signifie que la Torah ne se trouve pas chez celui qui élève son esprit au-dessus d'elle, comme les cieux — c'est-à-dire celui qui pense que son esprit surpasse la Torah et qu'il n'a pas besoin de maître ; et elle ne se trouve pas non plus chez celui qui étend son esprit au-dessus d'elle, comme la mer — c'est-à-dire celui qui pense tout savoir sur le sujet qu'il a étudié.
רָבָא אָמַר: ״לֹא בַשָּׁמַיִם הִיא״ — לֹא תִּמָּצֵא בְּמִי שֶׁמַּגְבִּיהַּ דַּעְתּוֹ עָלֶיהָ כַּשָּׁמַיִם, וְלֹא תִּמָּצֵא בְּמִי שֶׁמַּרְחִיב דַּעְתּוֹ עָלֶיהָ כַּיָּם.
Rabbi Yo'hanan dit : « Elle n'est pas dans les cieux » signifie que la Torah ne se trouve pas chez les orgueilleux (gassei roua'h), ceux qui élèvent l'image qu'ils ont d'eux-mêmes comme s'ils étaient au ciel. « Ni au-delà de la mer » signifie qu'elle ne se trouve ni chez les marchands ambulants (sa'hranim) ni chez les commerçants (tagarim), qui voyagent sans cesse et n'ont pas le temps d'étudier la Torah convenablement.
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: ״לֹא בַּשָּׁמַיִם הִיא״ — לֹא תִּמָּצֵא בְּגַסַּי רוּחַ, ״וְלֹא מֵעֵבֶר לַיָּם הִיא״ — לֹא תִּמָּצֵא לֹא בְּסַחְרָנִים וְלֹא בְּתַגָּרִים.
Après cette longue digression aggadique, la Guemara revient au sujet de la michna : l'extension des abords d'une ville. Nos maîtres ont enseigné dans la Tossefta : comment étend-on les limites des villes ? Si la ville est allongée, en forme de rectangle, on mesure la limite du Chabbat (te'houm) depuis sa bordure telle qu'elle est. Si elle est ronde, on lui fait des coins, ce qui la rend carrée, et l'on mesure la limite du Chabbat à partir de là. Si elle est carrée, on ne lui fait pas de coins supplémentaires. Si la ville était large d'un côté et étroite de l'autre, on la considère comme si ses deux côtés étaient de longueur égale, en ajoutant au côté étroit pour former un carré.
תָּנוּ רַבָּנַן: כֵּיצַד מְעַבְּרִין אֶת הֶעָרִים? אֲרוּכָּה — כְּמוֹת שֶׁהִיא. עֲגוּלָּה — עוֹשִׂין לָהּ זָוִיּוֹת. מְרוּבַּעַת — אֵין עוֹשִׂין לָהּ זָוִיּוֹת. הָיְתָה רְחָבָה מִצַּד אֶחָד וּקְצָרָה מִצַּד אַחֵר — רוֹאִין אוֹתָהּ כְּאִילּוּ הִיא שָׁוָה.
S'il y avait une maison qui dépassait comme une tourelle (pigoum), ou deux maisons qui dépassaient comme deux tourelles, on les considère comme si une corde était tendue par-dessus leur bord extérieur dans le sens de la longueur de la ville, et l'on mesure deux mille amot (coudées) à partir de là. Si la ville avait la forme d'un arc, ou celle de la lettre grecque gamma, on la considère comme si l'espace intérieur était rempli de maisons et de cours, et l'on mesure deux mille amot à partir de là.
הָיָה בַּיִת אֶחָד יוֹצֵא כְּמִין פִּגּוּם, אוֹ שְׁנֵי בָתִּים יוֹצְאִין כְּמִין שְׁנֵי פִגּוּמִין — רוֹאִין אוֹתָן כְּאִילּוּ חוּט מָתוּחַ עֲלֵיהֶן, וּמוֹדֵד מִמֶּנּוּ וּלְהַלָּן אַלְפַּיִם אַמָּה. הָיְתָה עֲשׂוּיָה כְּמִין קֶשֶׁת אוֹ כְּמִין גַּאם — רוֹאִין אוֹתָהּ כְּאִילּוּ הִיא מְלֵאָה בָּתִּים וַחֲצֵירוֹת, וּמוֹדֵד מִמֶּנּוּ וּלְהַלָּן אַלְפַּיִם אַמָּה.
La Guemara entreprend d'analyser la Tossefta. Le Maître a dit : si la ville est allongée, on mesure la limite du Chabbat depuis sa bordure telle qu'elle est. La Guemara s'en étonne : cela est évident ! La Guemara explique : il était nécessaire d'enseigner cette halakha uniquement pour le cas où la ville est longue et étroite. De peur que tu ne dises « donnons à sa largeur la dimension de sa longueur et considérons la ville comme si elle était carrée », elle nous enseigne que l'on n'agit pas ainsi.
אָמַר מָר: אֲרוּכָּה כְּמוֹת שֶׁהִיא. פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא, דַּאֲרִיכָא וְקַטִּינָא, מַהוּ דְּתֵימָא: לִיתֵּן לַהּ פּוּתְיָא אַאוּרְכַּהּ. קָא מַשְׁמַע לַן.
La Tossefta a énoncé : si la ville est carrée, on ne lui fait pas de coins supplémentaires. De nouveau la Guemara demande : cela est évident ! La Guemara répond : il était nécessaire d'enseigner cette halakha uniquement pour le cas où la forme de la ville est carrée, mais où ce carré n'est pas aligné sur les quatre directions du monde, c'est-à-dire le nord, le sud, l'est et l'ouest. De peur que tu ne dises « alignons le carré sur les quatre directions du monde », elle nous enseigne que cela ne se fait pas.
מְרוּבַּעַת אֵין עוֹשִׂין לָהּ זָוִיּוֹת. פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא, דִּמְרַבְּעָא, וְלָא מְרַבְּעָא בְּרִיבּוּעַ עוֹלָם. מַהוּ דְּתֵימָא: לִירַבְּעָא בְּרִיבּוּעַ עוֹלָם. קָא מַשְׁמַע לַן.
La Tossefta a également énoncé : s'il y avait une maison qui dépassait comme une tourelle, ou deux maisons qui dépassaient comme deux tourelles, on les considère comme si une corde était tendue par-dessus leur bord extérieur dans le sens de la longueur de la ville, et l'on mesure deux mille amot à partir de là. La Guemara demande : or, si pour une seule maison tu as dit d'étendre les limites de la ville, pour deux maisons, est-il nécessaire de le dire ?
הָיָה בַּיִת אֶחָד יוֹצֵא כְּמִין פִּגּוּם אוֹ שְׁנֵי בָתִּים יוֹצְאִין כְּמִין שְׁנֵי פִגּוּמִין. הַשְׁתָּא בַּיִת אֶחָד אָמְרַתְּ, שְׁנֵי בָתִּים מִיבַּעְיָא?!
La Guemara répond : il était nécessaire d'enseigner cette halakha uniquement pour le cas où les deux maisons dépassaient sur deux côtés différents de la ville. De peur que tu ne dises « lorsqu'une maison dépasse d'un seul côté, nous disons que la ville est étendue même à cause d'une unique maison, mais si des maisons dépassent de deux côtés nous ne le disons pas » — elle nous enseigne donc à considérer la ville comme étendue des deux côtés.
לָא צְרִיכָא, מִשְׁתֵּי רוּחוֹת. מַהוּ דְּתֵימָא: מֵרוּחַ אַחַת אָמְרִינַן, מִשְׁתֵּי רוּחוֹת לָא אָמְרִינַן. קָא מַשְׁמַע לַן.
La Tossefta a énoncé : si la ville avait la forme d'un arc, ou celle de la lettre grecque gamma, on la considère comme si l'espace intérieur était rempli de maisons et de cours, et l'on mesure deux mille amot à partir de là. Rav Houna dit : à propos d'une ville en forme d'arc, la distinction suivante s'applique. S'il y a moins de quatre mille amot entre les deux extrémités de l'arc — de sorte que les limites du Chabbat mesurées depuis les deux extrémités de la ville se recouvrent — l'espace intérieur de l'arc est considéré comme rempli de maisons, et l'on mesure la limite du Chabbat de la ville depuis la corde imaginaire (le yéter) tendue entre les deux extrémités de l'arc. Mais si ce n'est pas le cas, et que la distance entre les deux extrémités de l'arc est de quatre mille amot ou plus, on mesure la limite du Chabbat depuis l'arc lui-même.
הָיְתָה עֲשׂוּיָה כְּמִין קֶשֶׁת אוֹ כְּמִין גַּאם, רוֹאִין אוֹתָהּ כְּאִילּוּ הִיא מְלֵאָה בָתִּים וַחֲצֵירוֹת, וּמוֹדֵד מִמֶּנָּה וּלְהַלָּן אַלְפַּיִם אַמָּה. אָמַר רַב הוּנָא: עִיר הָעֲשׂוּיָה כְּקֶשֶׁת, אִם יֵשׁ בֵּין שְׁנֵי רָאשֶׁיהָ פָּחוֹת מֵאַרְבַּעַת אֲלָפִים אַמָּה — מוֹדְדִין לָהּ מִן הַיֶּתֶר, וְאִם לָאו — מוֹדְדִין לָהּ מִן הַקֶּשֶׁת.
La Guemara demande : Rav Houna a-t-il vraiment dit que la distance, entre deux sections d'une même ville, qui en fait des entités séparées, est de quatre mille amot ? Mais Rav Houna n'a-t-il pas dit : à propos de la muraille d'une ville qui a été percée d'une brèche, même s'il existe un intervalle entre deux sections de la ville, celle-ci est encore considérée comme une entité unique tant que la brèche ne dépasse pas cent quarante et une amot et un tiers (141⅓) ? Or si la brèche est plus large, les deux sections sont considérées comme des entités séparées. Apparemment, une distance de 141⅓ amot suffit donc à séparer deux sections d'une ville et à en faire des entités distinctes.
וּמִי אָמַר רַב הוּנָא הָכִי, וְהָאָמַר רַב הוּנָא: חוֹמַת הָעִיר שֶׁנִּפְרְצָה — בְּמֵאָה וְאַרְבָּעִים וְאַחַת וּשְׁלִישׁ?
Rabba bar Oulla dit : cela n'est pas difficile. Ici, là où Rav Houna parle de quatre mille amot, il se réfère à un cas où l'intervalle n'est que d'un seul côté, puisque l'autre côté — l'arc — est habité ; mais là, où il parle de 141⅓ amot, il se réfère à un cas où la brèche est des deux côtés, ce qui fait véritablement de la ville deux entités séparées.
אָמַר רַבָּה בַּר עוּלָּא, לָא קַשְׁיָא: כָּאן — בְּרוּחַ אַחַת, כָּאן — מִשְׁתֵּי רוּחוֹת.
Eruvin 55a
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עירובין נ״ה אמַסֶּכֶת עֵירוּבִין