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Traité Eruvin

54b

Étude de Eruvin 54b

Étude de la Guémara 54b

Guémara
…chaque fois qu'une personne y cherche des figues à manger, elle y trouve des figues — car les figues d'un arbre ne mûrissent pas toutes en même temps, de sorte que l'on peut toujours y trouver une figue récemment mûrie. De même en va-t-il des paroles de la Torah : chaque fois qu'une personne médite sur elles, elle y trouve un sens nouveau.
כׇּל זְמַן שֶׁאָדָם מְמַשְׁמֵשׁ בָּהּ — מוֹצֵא בָּהּ תְּאֵנִים. אַף דִּבְרֵי תוֹרָה, כׇּל זְמַן שֶׁאָדָם הוֹגֶה בָּהֶן — מוֹצֵא בָּהֶן טַעַם.
Rabbi Chmouel bar Na'hmani dit : quel est le sens de ce qui est écrit « Biche des amours et gazelle pleine de grâce, que ses seins t'enivrent en tout temps, et par son amour sois toujours épris » (Michlé 5, 19) ? Pourquoi les paroles de la Torah ont-elles été comparées à une biche (ayala) ? Pour t'enseigner ceci : de même que, chez la biche, sa matrice est étroite et qu'elle demeure chère à son compagnon à chaque heure comme à la première heure, de même les paroles de la Torah restent chères à ceux qui les étudient à chaque heure comme à la première heure.
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי: מַאי דִּכְתִיב ״אַיֶּלֶת אֲהָבִים וְיַעֲלַת חֵן וְגוֹ׳״, לָמָּה נִמְשְׁלוּ דִּבְרֵי תוֹרָה לְאַיֶּלֶת? לוֹמַר לָךְ: מָה אַיָּלָה רַחְמָהּ צַר, וַחֲבִיבָה עַל בּוֹעֲלָהּ כׇּל שָׁעָה וְשָׁעָה כְּשָׁעָה רִאשׁוֹנָה — אַף דִּבְרֵי תוֹרָה חֲבִיבִין עַל לוֹמְדֵיהֶן כׇּל שָׁעָה וְשָׁעָה כְּשָׁעָה רִאשׁוֹנָה.
« Et gazelle pleine de grâce (yaalat 'hen) » — cela s'explique ainsi : la Torah confère de la grâce à ceux qui l'étudient (chemaalat 'hen). « Que ses seins t'enivrent en tout temps » : pourquoi les paroles de la Torah ont-elles été comparées à un sein ? De même que, pour le sein, chaque fois que le nourrisson y cherche du lait à téter, il y trouve du lait, de même en va-t-il des paroles de la Torah : chaque fois qu'une personne médite sur elles, elle y trouve un sens nouveau.
״וְיַעֲלַת חֵן״ — שֶׁמַּעֲלָת חֵן עַל לוֹמְדֶיהָ. ״דַּדֶּיהָ יְרַוֻּךָ בְכׇל עֵת״ — לָמָּה נִמְשְׁלוּ דִּבְרֵי תוֹרָה כְּדַד? מָה דַּד זֶה כׇּל זְמַן שֶׁהַתִּינוֹק מְמַשְׁמֵשׁ בּוֹ — מוֹצֵא בּוֹ חָלָב, אַף דִּבְרֵי תוֹרָה, כׇּל זְמַן שֶׁאָדָם הוֹגֶה בָּהֶן — מוֹצֵא בָּהֶן טַעַם.
« Par son amour sois toujours épris (tichgué tamid) » — ton amour pour la Torah doit toujours te détourner des affaires de ce monde, comme ce fut le cas pour Rabbi Elazar ben Pedat. On a dit à son sujet, au sujet de Rabbi Elazar, qu'il était assis à étudier la Torah dans le marché du bas de Tsippori, tandis que son manteau (sadino) gisait dans le marché du haut de Tsippori — son esprit était tellement absorbé par l'étude qu'il en venait à agir de cette façon insolite. À ce propos, la Guemara rapporte qu'il a été enseigné dans une braïta que Rabbi Yits'haq ben Elazar dit : une fois, un homme vint pour s'emparer de ce manteau, et il trouva sur lui un serpent (saraf) qui le gardait.
״בְּאַהֲבָתָהּ תִּשְׁגֶּה תָּמִיד״ — כְּגוֹן רַבִּי (אֱלִיעֶזֶר) בֶּן פְּדָת. אָמְרוּ עָלָיו עַל רַבִּי (אֱלִיעֶזֶר) שֶׁהָיָה יוֹשֵׁב וְעוֹסֵק בַּתּוֹרָה בַּשּׁוּק הַתַּחְתּוֹן שֶׁל צִיפּוֹרִי, וּסְדִינוֹ מוּטָל בַּשּׁוּק הָעֶלְיוֹן שֶׁל צִיפּוֹרִי. (תַּנְיָא) אָמַר רַבִּי יִצְחָק בֶּן אֶלְעָזָר: פַּעַם אַחַת בָּא אָדָם לִיטְּלוֹ, וּמָצָא בּוֹ שָׂרָף.
Un Sage de l'école de Rav Anan enseigna — en poursuivant l'éloge de la Torah et de ceux qui l'étudient : quel est le sens de ce qui est écrit « Vous qui montez des ânesses blanches, vous qui siégez sur des étoffes précieuses, et vous qui marchez sur le chemin, contez-le » (Choftim 5, 10) ? « Vous qui montez des ânesses blanches » — ce sont les talmidé 'hakhamim, les érudits qui vont de ville en ville et de province en province pour étudier la Torah. « Blanches (tse'horot) » — ce sont ceux qui la rendent claire comme midi (tsahorayim), c'est-à-dire qui rendent la Torah intelligible. « Vous qui siégez sur des étoffes (midin) » — ce sont ceux qui rendent (danin) un jugement absolument vrai. « Et vous qui marchez » — ce sont les maîtres de l'Écriture (Miqra), les moindres parmi les érudits. « Sur le chemin » — ce sont les maîtres de la Michna, plus importants. « Contez-le » — ce sont les maîtres du Talmud, les plus importants de tous, car toute leur conversation porte sur des paroles de Torah.
תָּנָא דְּבֵי רַב עָנָן: מַאי דִּכְתִיב ״רוֹכְבֵי אֲתוֹנוֹת צְחוֹרוֹת יוֹשְׁבֵי עַל מִדִּין [וְהוֹלְכֵי עַל דֶּרֶךְ שִׂיחוּ]״, ״רוֹכְבַי אֲתוֹנוֹת״ — אֵלּוּ תַּלְמִידֵי חֲכָמִים, שֶׁמְּהַלְּכִין מֵעִיר לְעִיר וּמִמְּדִינָה לִמְדִינָה לִלְמוֹד (בּוֹ) תּוֹרָה. ״צְחוֹרוֹת״ — שֶׁעוֹשִׂין אוֹתָהּ כְּצָהֳרַיִם. ״יֹשְׁבֵי עַל מִדִּין״ — שֶׁדָּנִין דִּין אֱמֶת לַאֲמִיתּוֹ. ״וְהוֹלְכֵי״ — אֵלּוּ בַּעֲלֵי מִקְרָא. ״עַל דֶּרֶךְ״ — אֵלּוּ בַּעֲלֵי מִשְׁנָה. ״שִׂיחוּ״ — אֵלּוּ בַּעֲלֵי תַלְמוּד, שֶׁכׇּל שִׂיחָתָן דִּבְרֵי תוֹרָה.
La Guemara poursuit sur ce thème : Rav Cheizvi dit au nom de Rabbi Elazar ben Azarya : quel est le sens de ce qui est écrit « Le paresseux (remiya) ne fera point rôtir (ya'harokh) son gibier » (Michlé 12, 27) ? Le chasseur trompeur (ramaï) ne vivra pas (yi'hyé) une longue vie (yaarikh) — un chasseur trompeur continue de capturer toujours plus de bêtes sans retenir celles qu'il a déjà prises. De même, celui qui ne cesse d'étudier des matières nouvelles sans réviser ce qu'il a déjà appris ne réussira pas.
אָמַר רַב שֵׁיזְבִי מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה: מַאי דִּכְתִיב ״לֹא יַחֲרוֹךְ רְמִיָּה צֵידוֹ״ — לֹא יִחְיֶה וְלֹא יַאֲרִיךְ יָמִים צַיָּיד הָרַמַּאי.
Rav Chéchet dit : un chasseur trompeur aura-t-il seulement quelque chose à rôtir ? Celui qui agit de la sorte est un sot, mais il est difficile de le qualifier de trompeur.
רַב שֵׁשֶׁת אָמַר: צַיָּיד הָרַמַּאי יַחֲרוֹךְ?
Lorsque Rav Dimi vint d'Erets Israël à Babylone, il dit : cela est comparable à un chasseur qui chasse des oiseaux ; s'il brise les ailes des oiseaux un à un à mesure qu'il les capture, de sorte qu'ils ne puissent plus s'envoler, sa prise est assurée ; sinon, elle n'est pas assurée. Selon cette explication, le mot ramaï est interprété au sens d'« habile » plutôt que de « trompeur » : un chasseur habile assure sa prise ; de même, un élève habile révise chaque leçon et retient ainsi ce qu'il apprend.
כִּי אֲתָא רַב דִּימִי, אָמַר: מָשָׁל לְצַיָּיד שֶׁצָּד צִפֳּרִים, אִם רִאשׁוֹן רִאשׁוֹן מְשַׁבֵּר כְּנָפָיו — מִשְׁתַּמֵּר, וְאִם לָאו — אֵין מִשְׁתַּמֵּר.
De même, Rabba dit que Rav Se'hora dit que Rav Houna dit : quel est le sens de ce qui est écrit « Une fortune [acquise] par la vanité (hével) diminuera, mais qui amasse peu à peu accroîtra » (Michlé 13, 11) ? Si une personne fait de sa Torah des fagots (havilot — mot dérivé de hével en remplaçant le hé par un 'het), en étudiant de grandes quantités à la fois, sa Torah diminuera. Sinon, c'est-à-dire s'il apprend peu à peu et révise ce qu'il a appris, qui amasse peu à peu accroîtra.
אָמַר (רַבָּה) אָמַר רַב סְחוֹרָה אָמַר רַב הוּנָא: מַאי דִּכְתִיב ״הוֹן מֵהֶבֶל יִמְעָט וְקוֹבֵץ עַל יָד יַרְבֶּה״, אִם עוֹשֶׂה אָדָם תּוֹרָתוֹ חֲבִילוֹת חֲבִילוֹת, — מִתְמַעֵט, וְאִם לָאו — קוֹבֵץ עַל יָד יַרְבֶּה.
Rabba dit : les Sages connaissent cette règle, et pourtant ils la transgressent — c'est-à-dire qu'ils négligent ce conseil. Rav Na'hman bar Yits'haq dit : moi, je l'ai pratiquée — apprenant peu à peu et révisant régulièrement ce que j'avais appris — et mon étude a effectivement perduré.
אָמַר רַבָּה: יָדְעִי רַבָּנַן לְהָא מִלְּתָא, וְעָבְרִי עֲלַהּ. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: אֲנָא עֲבַדְתַּהּ, וְאִיקַּיַּים בִּידַאי.
La Guemara poursuit l'examen des méthodes d'étude de la Torah. Nos maîtres ont enseigné dans la braïta suivante : quel était l'ordre de l'enseignement de la Torah orale ? Comment la Torah orale fut-elle enseignée à l'origine ? Moché (Moïse) apprit directement de la bouche de la Toute-Puissance (haGuevoura). Aharon (Aaron) entra et s'assit devant lui, et Moché lui enseigna sa leçon telle qu'il l'avait apprise de Dieu. Aharon se retira et s'assit à la gauche de Moché. Les fils d'Aharon entrèrent, et Moché leur enseigna leur leçon tandis qu'Aharon écoutait. Les fils d'Aharon se retirèrent ; Elazar s'assit à la droite de Moché et Itamar à la gauche d'Aharon. Rabbi Yehouda, en désaccord avec le premier tana quant à la disposition des places, dit : en réalité, Aharon revenait s'asseoir à la droite de Moché. Les anciens (zeqénim) entrèrent et Moché leur enseigna leur leçon. Les anciens se retirèrent, et le peuple tout entier entra et Moché lui enseigna sa leçon. Il se trouve donc qu'Aharon avait entendu la leçon quatre fois, ses fils trois fois, les anciens deux fois, et le peuple tout entier une seule fois.
תָּנוּ רַבָּנַן, כֵּיצַד סֵדֶר מִשְׁנָה: מֹשֶׁה לָמַד מִפִּי הַגְּבוּרָה. נִכְנַס אַהֲרֹן, וְשָׁנָה לוֹ מֹשֶׁה פִּירְקוֹ, נִסְתַּלֵּק אַהֲרֹן וְיָשַׁב לִשְׂמֹאל מֹשֶׁה. נִכְנְסוּ בָּנָיו, וְשָׁנָה לָהֶן מֹשֶׁה פִּירְקָן. נִסְתַּלְּקוּ בָּנָיו, אֶלְעָזָר יָשַׁב לִימִין מֹשֶׁה, וְאִיתָמָר לִשְׂמֹאל אַהֲרֹן. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לְעוֹלָם אַהֲרֹן לִימִין מֹשֶׁה חוֹזֵר. נִכְנְסוּ זְקֵנִים וְשָׁנָה לָהֶן מֹשֶׁה פִּירְקָן. נִסְתַּלְּקוּ זְקֵנִים, נִכְנְסוּ כׇּל הָעָם וְשָׁנָה לָהֶן מֹשֶׁה פִּירְקָן. נִמְצְאוּ בְּיַד אַהֲרֹן אַרְבָּעָה, בְּיַד בָּנָיו שְׁלֹשָׁה, וּבְיַד הַזְּקֵנִים שְׁנַיִם, וּבְיַד כׇּל הָעָם אֶחָד.
Moché se retira alors vers sa tente, et Aharon enseigna aux autres sa leçon telle qu'il l'avait apprise de Moché. Aharon se retira ensuite et ses fils enseignèrent aux autres leur leçon. Ses fils se retirèrent ensuite et les anciens enseignèrent au reste du peuple leur leçon. Il se trouve ainsi que tous — Aharon, ses fils, les anciens et tout le peuple — entendirent quatre fois la leçon enseignée par Dieu.
נִסְתַּלֵּק מֹשֶׁה וְשָׁנָה לָהֶן אַהֲרֹן פִּירְקוֹ. נִסְתַּלֵּק אַהֲרֹן שָׁנוּ לָהֶן בָּנָיו פִּירְקָן. נִסְתַּלְּקוּ בָּנָיו, שָׁנוּ לָהֶן זְקֵנִים פִּירְקָן. נִמְצָא בְּיַד הַכֹּל אַרְבָּעָה.
Eruvin 54b
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עירובין נ״ד במַסֶּכֶת עֵירוּבִין