Guémara
Elle [Beroureya] lui donna un coup de pied et lui dit : n'est-il pas écrit ainsi : « ordonnée en tout et conservée » (II Chemouel 23, 5) ? Cela indique que si la Torah est ordonnée dans tes 248 membres, c'est-à-dire si tu y exerces ton corps tout entier, elle sera conservée ; et sinon, elle ne sera pas conservée. La Guemara rapporte qu'on a enseigné de façon semblable dans une baraita : Rabbi Eliezer avait un élève qui étudiait à voix basse [en chuchotant], et au bout de trois ans il oublia son enseignement.
בְּטַשָׁה בֵּיהּ, אֲמַרָה לֵיהּ: לֹא כָּךְ כָּתוּב ״עֲרוּכָה בַכֹּל וּשְׁמוּרָה״, אִם עֲרוּכָה בִּרְמַ״ח אֵבָרִים שֶׁלְּךָ — מִשְׁתַּמֶּרֶת, וְאִם לָאו — אֵינָהּ מִשְׁתַּמֶּרֶת. תָּנָא: תַּלְמִיד אֶחָד הָיָה לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר שֶׁהָיָה שׁוֹנֶה בְּלַחַשׁ, לְאַחַר שָׁלֹשׁ שָׁנִים שָׁכַח תַּלְמוּדוֹ.
À propos de l'histoire citée plus haut concernant un élève de Rabbi Eliezer, la Guemara rapporte l'épisode suivant. On a enseigné dans une baraita : Rabbi Eliezer avait un élève qui s'était rendu passible du châtiment de mort par le feu (serefa), pour ses fautes envers l'Omniprésent ; mais [les Sages] dirent : laissez-le et ne le punissez pas comme il le mérite, car il a servi un grand homme.
תָּנָא, תַּלְמִיד אֶחָד הָיָה לוֹ לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר שֶׁנִּתְחַיֵּיב בִּשְׂרֵיפָה לַמָּקוֹם. אָמְרוּ: הַנִּיחוּ לוֹ אָדָם גָּדוֹל שִׁמֵּשׁ.
La Guemara cite des instructions données par Chemouel, semblables à celles de Beroureya. Chemouel dit à Rav Yehouda : esprit aiguisé [chinnana], ouvre ta bouche et lis [l'Écriture], ouvre ta bouche et étudie [le Talmud], afin que ton étude se maintienne en toi et que tu prolonges ta vie ; comme il est dit : « car ils sont vie pour ceux qui les trouvent, et guérison pour toute sa chair » (Michle 4, 22). Ne lis pas « pour ceux qui les trouvent (lemotsehem) », mais « pour ceux qui les expriment (lemotsiehem) » par la bouche.
אֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְרַב יְהוּדָה: שִׁינָּנָא, פְּתַח פּוּמָּיךְ קְרִי, פְּתַח פּוּמָּיךְ תְּנִי, כִּי הֵיכִי דְּתִתְקַיַּים בָּיךְ וְתוֹרִיךְ חַיֵּי, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי חַיִּים הֵם לְמֹצְאֵיהֶם וּלְכׇל בְּשָׂרוֹ מַרְפֵּא״, אַל תִּקְרֵי ״לְמֹצְאֵיהֶם״ אֶלָּא ״לְמוֹצִיאֵיהֶם בַּפֶּה״.
La Guemara cite d'autres instructions données par Chemouel. Chemouel dit à Rav Yehouda, son élève chéri : esprit aiguisé, saisis et mange, saisis et bois, car le monde dont nous nous en allons ressemble à une fête de noces (hiloula), dont la joie n'est que passagère ; celui qui n'en jouit pas maintenant ne pourra plus le faire ensuite.
אֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְרַב יְהוּדָה: שִׁינָּנָא, חֲטוֹף וֶאֱכוֹל חֲטוֹף וְאִישְׁתִּי, דְּעָלְמָא דְּאָזְלִינַן מִינֵּיהּ כְּהִלּוּלָא דָּמֵי.
De même, Rav dit à Rav Hamnouna : mon fils, si tu as [de l'argent], fais-toi du bien, car il n'y a pas de plaisir dans le Cheol [la tombe], et la mort ne tarde pas. Et si tu dis : je mettrai de côté pour mes enfants, qui t'a dit la loi du Cheol, c'est-à-dire comment sais-tu lequel de vous mourra le premier (Aroukh) ? Les hommes ressemblent à l'herbe des champs : les uns fleurissent, c'est-à-dire poussent et leurs actes sont bénis, et les autres se fanent et meurent.
אֲמַר לֵיהּ רַב לְרַב הַמְנוּנָא: בְּנִי אִם יֵשׁ לָךְ — הֵיטֵב לָךְ, שֶׁאֵין בַּשְּׁאוֹל תַּעֲנוּג, וְאֵין לַמָּוֶת הִתְמַהְמֵהַּ. וְאִם תֹּאמַר אַנִּיחַ לְבָנַי — חוֹק בַּשְּׁאוֹל מִי יַגִּיד לָךְ: בְּנֵי הָאָדָם דּוֹמִים לְעִשְׂבֵי הַשָּׂדֶה הַלָּלוּ נוֹצְצִין וְהַלָּלוּ נוֹבְלִין.
Ayant expliqué le verset « car ils sont vie pour ceux qui les trouvent » comme se rapportant à la Torah, la Guemara cite un autre enseignement lié à ce verset qui fait l'éloge de la Torah. Rabbi Yehochoua ben Levi dit : celui qui marche en chemin sans compagnon [et qui a peur] doit s'occuper de Torah, comme il est dit à propos des paroles de Torah : « car elles seront une guirlande de grâce [livyat hen] pour ta tête, et des colliers à ton cou » (Michle 1, 9). Le mot livyat est compris ici comme une allusion à levaya, l'accompagnement : le verset signifie ainsi que la Torah est un gracieux compagnon pour celui qui voyage.
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: הַמְהַלֵּךְ בַּדֶּרֶךְ וְאֵין עִמּוֹ לְוָיָיה — יַעֲסוֹק בַּתּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי לִוְיַת חֵן הֵם״.
Celui qui a mal à la tête doit s'occuper de Torah, comme il est dit : « car elles seront une guirlande de grâce pour ta tête ». Celui qui a mal à la gorge doit s'occuper de Torah, comme il est dit : « et des colliers à ton cou ». Celui qui a mal aux entrailles doit s'occuper de Torah, comme il est dit : « ce sera une guérison pour ton nombril » (Michle 3, 8). Celui qui a mal aux os doit s'occuper de Torah, comme il est dit : « et un rafraîchissement pour tes os » (Michle 3, 8). Celui qui a mal dans tout son corps doit s'occuper de Torah, comme il est dit : « et guérison pour toute sa chair » (Michle 4, 22).
חָשׁ בְּרֹאשׁוֹ — יַעֲסוֹק בְּתוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי לִוְיַת חֵן הֵם לְרֹאשֶׁךָ״. חָשׁ בִּגְרוֹנוֹ — יַעֲסוֹק בַּתּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַעֲנָקִים לְגַרְגְּרוֹתֶיךָ״. חָשׁ בְּמֵעָיו — יַעֲסוֹק בַּתּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״רִפְאוּת תְּהִי לְשָׁרֶּךָ״. חָשׁ בְּעַצְמוֹתָיו — יַעֲסוֹק בַּתּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְשִׁקּוּי לְעַצְמוֹתֶיךָ״. חָשׁ בְּכׇל גּוּפוֹ — יַעֲסוֹק בַּתּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּלְכׇל בְּשָׂרוֹ מַרְפֵּא״.
Rav Yehouda, fils de Rabbi Hiyya, dit : viens et vois que l'attribut du Saint, béni soit-Il, n'est pas comme l'attribut de chair et de sang. L'attribut de chair et de sang [est tel que], lorsqu'un homme donne un remède (sam) à son prochain, il est bon pour telle partie de son corps et nuisible pour telle autre. Mais l'attribut du Saint, béni soit-Il, n'est pas ainsi : Il a donné la Torah à Israel, et elle est un remède de vie pour tout le corps, comme il est dit : « et guérison pour toute sa chair ».
אָמַר רַב יְהוּדָה בְּרַבִּי חִיָּיא: בֹּא וּרְאֵה, שֶׁלֹּא כְּמִדַּת הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מִדַּת בָּשָׂר וְדָם. מִדַּת בָּשָׂר וָדָם: אָדָם נוֹתֵן סַם לַחֲבֵירוֹ — לָזֶה יָפֶה, וְלָזֶה קָשֶׁה. אֲבָל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֵינוֹ כֵּן: נָתַן תּוֹרָה לְיִשְׂרָאֵל — סַם חַיִּים לְכׇל גּוּפוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּלְכׇל בְּשָׂרוֹ מַרְפֵּא״.
La Guemara poursuit l'éloge de l'étude de la Torah et de sa connaissance. Rav Ami dit : quel est le sens de ce qui est écrit : « car il est agréable que tu les gardes en ton ventre, qu'ils soient fixés ensemble sur tes lèvres » (Michle 22, 18) ? Quand les paroles de Torah sont-elles agréables ? Lorsque tu les gardes en ton ventre et que tu les connais. Et quand les garderas-tu en ton ventre ? Lorsqu'ils seront fixés ensemble sur tes lèvres, c'est-à-dire lorsque tu les articules à voix audible et que tu les expliques.
אָמַר רַב אַמֵּי: מַאי דִּכְתִיב ״כִּי נָעִים כִּי תִשְׁמְרֵם בְּבִטְנֶךָ יִכּוֹנוּ יַחְדָּיו עַל שְׂפָתֶיךָ״, אֵימָתַי דִּבְרֵי תוֹרָה נְעִימִים — בִּזְמַן שֶׁתִּשְׁמְרֵם בְּבִטְנֶךָ, וְאֵימָתַי תִּשְׁמְרֵם בְּבִטְנֶךָ — בִּזְמַן שֶׁיִּכּוֹנוּ יַחְדָּו עַל שְׂפָתֶיךָ.
Rabbi Zera dit que cette idée se déduit d'ici : « un homme a de la joie par la réponse de sa bouche, et une parole en son temps, comme elle est bonne » (Michle 15, 23). Quand un homme a-t-il de la joie ? Lorsqu'une réponse liée à l'étude de la Torah est dans sa bouche. Autre version : quand un homme a-t-il de la joie par la réponse de sa bouche ? Lorsqu'il accomplit « une parole en son temps, comme elle est bonne », c'est-à-dire lorsqu'il sait quand et comment traiter chaque sujet.
רַבִּי זֵירָא אָמַר מֵהָכָא: ״שִׂמְחָה לָאִישׁ בְּמַעֲנֵה פִיו וְדָבָר בְּעִתּוֹ מַה טּוֹב״, אֵימָתַי שִׂמְחָה לָאִישׁ — בִּזְמַן שֶׁמַּעֲנֶה בְּפִיו. לָשׁוֹן אַחֵר: אֵימָתַי שִׂמְחָה לָאִישׁ בְּמַעֲנֵה פִיו — בִּזְמַן שֶׁדָּבָר בְּעִתּוֹ מַה טּוֹב.
Rabbi Yits'hak dit que cette idée se déduit d'ici : « car la chose est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton coeur, pour l'accomplir » (Devarim 30, 14). Quand est-elle tout près de toi ? Lorsqu'elle est dans ta bouche et dans ton coeur, pour l'accomplir, c'est-à-dire lorsque tu articules ton étude de la Torah.
רַבִּי יִצְחָק אָמַר מֵהָכָא: ״כִּי קָרוֹב אֵלֶיךָ הַדָּבָר מְאֹד בְּפִיךָ וּבִלְבָבְךָ לַעֲשׂוֹתוֹ״, אֵימָתַי קָרוֹב אֵלֶיךָ — בִּזְמַן שֶׁבְּפִיךָ וּבִלְבָבְךָ לַעֲשׂוֹתוֹ.
Rava dit que cette idée se déduit en réalité d'ici : « tu lui as donné le désir de son coeur, et tu n'as pas refusé la requête de ses lèvres, Sela » (Tehilim 21, 3). Quand lui as-tu donné le désir de son coeur ? Lorsque tu n'as pas refusé la requête de ses lèvres, Sela, c'est-à-dire lorsqu'il s'entretient de paroles de Torah.
רָבָא אָמַר מֵהָכָא: ״תַּאֲוַת לִבּוֹ נָתַתָּה לּוֹ וַאֲרֶשֶׁת שְׂפָתָיו בַּל מָנַעְתָּ סֶּלָה״, אֵימָתַי תַּאֲוַת לִבּוֹ נָתַתָּה לּוֹ — בִּזְמַן שֶׁאֲרֶשֶׁת שְׂפָתָיו בַּל מָנַעְתָּ סֶּלָה.