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Traité Eruvin

53b

Étude de Eruvin 53b

Étude de la Guémara 53b

Guémara
« …il leur infligeait le malheur » (I Samuel 14, 47).
יַרְשִׁיעַ״.
La Guemara conclut l'évocation de Chaoul sur une note positive. Et Rabbi Yo'hanan dit : d'où sait-on que le Saint, béni soit-Il, lui a pardonné cette faute-là — le massacre de Nov, la ville des Cohanim ? De ce qu'il est dit que l'esprit de Chmouel (Samuel) lui déclara : « Et l'Éternel livrera aussi Israël avec toi entre les mains des Philistins, et demain toi et tes fils [serez] avec moi » (I Samuel 28, 19) ; l'expression « avec moi » signifie : dans ma cloison (me'hitsa), avec moi au Ciel — c'est-à-dire au même rang que le juste prophète Chmouel.
וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִנַּיִין שֶׁמָּחַל לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עַל אוֹתוֹ עָוֹן — שֶׁנֶּאֱמַר: ״מָחָר אַתָּה וּבָנֶיךָ עִמִּי״. עִמִּי — בִּמְחִיצָתִי.
La Guemara revient à la question soulevée plus haut au sujet de la lecture correcte du mot me'abberin. Rabbi Abba dit : s'il se trouve quelqu'un pour interroger les gens de Judée, qui sont précis dans leur langage, [afin de savoir] si le terme que nous avons appris dans la Michna est me'abberin avec un aleph ou me'abberin avec un ayin, qu'il les interroge. De même, au sujet des défauts (moumin) d'un premier-né [d'animal], le terme désignant son arrière-train que nous avons appris dans la Michna est-il akkouzo avec un aleph, ou bien avons-nous appris akkouzo avec un ayin ? Eux le sauraient.
אָמַר רַבִּי אַבָּא: אִי אִיכָּא דִּמְשַׁאֵיל לְהוּ לִבְנֵי יְהוּדָה דְּדָיְיקִי לִשָּׁנֵי — מְאַבְּרִין תְּנַן אוֹ מְעַבְּרִין תְּנַן, אַכּוּזוֹ תְּנַן אוֹ עַכּוּזוֹ תְּנַן, יָדְעִי.
On les interrogea, les gens de Judée, et ils lui répondirent : certains enseignent me'abberin avec un aleph, et certains enseignent me'abberin avec un ayin. Certains enseignent akkouzo avec un aleph, et certains enseignent akkouzo avec un ayin. [Les deux versions sont fondées, et aucune n'est erronée.]
שְׁאֵילִינְהוּ וְאָמְרִי לֵיהּ: אִיכָּא דְּתָנֵי מְאַבְּרִין, וְאִיכָּא דְּתָנֵי מְעַבְּרִין. אִיכָּא דְּתָנֵי אַכּוּזוֹ וְאִיכָּא דְּתָנֵי עַכּוּזוֹ.
[Ayant mentionné que] les gens de Judée sont précis dans leur langage, quelle [preuve] en est-ce ? Le cas d'un certain homme de Judée qui dit à ceux qui se trouvaient là : j'ai un manteau (talit) à vendre. Ils lui dirent : de quelle couleur est ton manteau ? Il leur répondit : comme des bettes [posées] sur la terre — fournissant ainsi une description d'une extrême précision de la teinte exacte du manteau, le vert tendre des feuilles de bette lorsqu'elles viennent de germer.
בְּנֵי יְהוּדָה דָּיְיקִי לִישָּׁנָא מַאי הִיא? דְּהָהוּא בַּר יְהוּדָה דַּאֲמַר לְהוּ: טַלִּית יֵשׁ לִי לִמְכּוֹר. אֲמַרוּ לֵיהּ: מַאי גּווֹן טַלִּיתְךָ? אֲמַר לְהוּ: כִּתְרָדִין עֲלֵי אֲדָמָה.
[Quant aux] gens de Galilée, qui ne sont pas précis dans leur langage, quelle [illustration] en est-ce ? Comme il a été enseigné [dans une braïta] : un certain homme de Galilée qui marchait disait aux gens : « qui a amar ? Qui a amar ? » Ils lui dirent : Galiléen sot, [que veux-tu dire ?]. Les Galiléens ne prononçaient pas correctement les lettres gutturales, de sorte qu'on ne savait pas s'il cherchait un âne ['hamor] à monter, ou du vin ['hamar] à boire, de la laine [amar] à porter, ou un agneau [imar] à abattre. Voilà un exemple du manque de précision dans le langage des Galiléens.
בְּנֵי גָלִיל דְּלָא דָּיְיקִי לִישָּׁנָא מַאי הִיא? (דְּתַנְיָא) דְּהָהוּא בַּר גָּלִילָא [דַּהֲוָה קָאָזֵיל] וַאֲמַר לְהוּ: ״אֲמַר לְמַאן, אֲמַר לְמַאן?״ אֲמַרוּ לֵיהּ: גָּלִילָאָה שׁוֹטֶה, חֲמַר לְמִירְכַּב אוֹ חֲמַר לְמִישְׁתֵּי? עֲמַר לְמִילְבַּשׁ אוֹ אִימַּר לְאִיתְכַּסָּאָה?
La Guemara cite un autre exemple du manque de précision linguistique des Galiléens : une certaine femme voulait dire à son amie : « ma voisine, viens que je te fasse manger du lait (ta'i de'okhlikh 'helba) » ; mais, à cause de l'articulation imprécise de ses mots, elle lui dit : « ma voisine, qu'une lionne te dévore (tokhlikh lavya) ».
הָהִיא אִיתְּתָא דְּבָעֲיָא לְמֵימַר לַחֲבֶרְתַּהּ: ״תָּאִי דְּאוֹכְלִיךְ חֲלָבָא״, אֲמַרָה לַהּ: ״שְׁלוּכָתִי, תּוֹכְלִיךָ לָבִיא״.
La Guemara cite un autre exemple de l'ignorance et de la grossièreté des Galiléens : une certaine femme se présenta devant un juge, voulant dire : « mon maître, monsieur (Mari kiri, écrit avec un kouf), j'avais une planche (tavla), et on me l'a volée (ougenavouha mimeni) ». Mais au lieu de cela, elle lui dit : « mon maître, [mon] serviteur (Mari kiri, écrit avec un kaf), j'avais une poutre (tafla), et on t'a volé à moi (ougenavoukh min). Et elle était si grande que, lorsqu'on te pendrait à elle, tes pieds n'atteindraient pas le sol. »
הַהִיא אִתְּתָא דְּאָתְיָא לְקַמֵּיהּ דְּדַיָּינָא, אֲמַרָה לֵיהּ: ״מָרִי כִּירִי, תַּפְלָא הֲוָית לִי וְגַנְבוּךְ מִין. וְכַדּוּ הֲווֹת, דְּכַד שָׁדְרוּ לָךְ עִילָּוַיהּ — לָא מָטֵי כַּרְעָיךְ אַאַרְעָא״.
À l'opposé du langage des Galiléens, qui dénote ignorance et balourdise, la Guemara cite des exemples du langage astucieux des habitants de Judée et des Sages : la servante de la maison de Rabbi Yehouda HaNassi, lorsqu'elle parlait de façon énigmatique, par formules détournées ou par devinettes, disait ainsi : « la louche dont on se sert pour puiser le vin de la jarre cogne déjà contre le fond de la jarre » — c'est-à-dire : la jarre de vin est presque vide. « Que les aigles s'envolent vers leurs nids » — c'est-à-dire : que les étudiants rentrent chez eux, car il ne leur reste plus rien à boire.
אַמְהֲתָא דְּבֵי רַבִּי כִּי הֲוָה מִשְׁתַּעְיָא בִּלְשׁוֹן חׇכְמָה, אָמְרָה הָכִי: עֶלֶת נְקַפַת בְּכַד, יִדְאוֹן נִישְׁרַיָּא לְקִינֵּיהוֹן.
Et lorsque Rabbi Yehouda HaNassi voulait qu'ils restent assis, elle leur disait : « ôtons le bouchon d'une autre jarre, et que la louche flotte dans la jarre comme un navire qui vogue sur la mer ».
וְכַד הֲוָה בָּעֵי דְּלִיתְּבוּן, הֲוָה אָמְרָה לְהוּ: יִעְדֵּי בָּתַר חֲבֶרְתַּהּ מִינַּהּ, וְתִתְקְפֵי עֶלֶת בְּכַד, כְּאִילְפָא דְּאָזְלָא בְּיַמָּא.
La Guemara rapporte aussi que Rabbi Yossi bar Assyan, lorsqu'il parlait de façon énigmatique, disait : « préparez-moi un bœuf en jugement sur une montagne pauvre ». Sa méthode consistait à former des mots en combinant des mots tirés des traductions araméennes de mots hébreux, ou des traductions hébraïques de mots araméens. « Bœuf » se dit tor en araméen ; « jugement » se dit din. Combinés, ils forment teradin, « des bettes ». « Montagne » en hébreu se dit har, qu'ils prononçaient 'har ; « pauvre » se dit dal. Ensemble, cela épelle 'hardal, « moutarde ». Ainsi, Rabbi Yossi bar Assyan demandait des bettes à la moutarde.
רַבִּי יוֹסֵי בַּר אָסְיָין כִּי הֲוָה מִשְׁתַּעֵי בִּלְשׁוֹן חׇכְמָה, אֲמַר: עֲשׂוּ לִי שׁוֹר בְּמִשְׁפָּט בְּטוּר מִסְכֵּן.
Et lorsqu'il s'enquérait d'une auberge, il disait ainsi : « cet homme-ci est cru ; quel est ce bien qui s'y trouve ? » L'expression « cet homme-ci est cru » s'emploie selon une traduction analogue, syllabe par syllabe : « homme » en hébreu se dit ich ; « ici » se dit po ; « ceci » se dit zé ; et « cru » se dit na. Tous ensemble, ils sonnent comme ouchpazikhna, c'est-à-dire un aubergiste (Rabbénou 'Hananel). Autrement dit, Rabbi Yossi bar Assyan s'enquérait de l'aubergiste.
וְכַד הֲוָה שָׁאֵיל בְּאוּשְׁפִּיזָא, אָמַר הָכִי: גְּבַר פּוּם דֵּין חַי, מַה זּוֹ טוֹבָה יֵשׁ?
Eruvin 53b
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עירובין נ״ג במַסֶּכֶת עֵירוּבִין