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Traité Eruvin

53a

Étude de Eruvin 53a

Étude de la Mishna & Guémara 53a

[Quant aux] ponts et aux monuments funéraires (nefachot) dans lesquels il y a une habitation — on prolonge la mesure [du techoum, la limite du Chabbat] de ce côté de la ville comme s'il y avait d'autres constructions en face d'eux, dans le coin adjacent de la ville. Et avant de mesurer la limite du Chabbat, on rend la ville [carrée] telle une tablette carrée (kemin tavla merouba'at), afin qu'elle gagne les coins (hazaviyot), bien qu'il n'y ait en réalité aucune maison dans ces coins.
וּגְשָׁרִים וּנְפָשׁוֹת שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן בֵּית דִּירָה — מוֹצִיאִין אֶת הַמִּדָּה כְּנֶגְדָּן. וְעוֹשִׂין אוֹתָהּ כְּמִין טַבְלָא מְרוּבַּעַת, כְּדֵי שֶׁיְּהֵא נִשְׂכָּר אֶת הַזָּוִיּוֹת.
Guémara
GUEMARA : La Guemara rapporte une divergence au sujet de la terminologie de la Michna. Rav et Chmouel sont en désaccord : l'un enseignait que le terme [employé] dans la Michna est me'abberin, avec la lettre ayin, et l'autre enseignait que le terme dans la Michna est me'abberin, avec la lettre alef.
גְּמָ׳ רַב וּשְׁמוּאֵל: חַד תָּנֵי ״מְעַבְּרִין״ וְחַד תָּנֵי ״מְאַבְּרִין״.
La Guemara explique : celui qui enseignait me'abberin avec un alef expliquait le terme au sens de « membre [ever] par membre » — la détermination des frontières de la ville implique l'ajout de membres à la section centrale de la ville. Et celui qui enseignait me'abberin avec un ayin expliquait le terme au sens d'« une femme enceinte [oubbera] » dont le ventre fait saillie ; de la même façon, toutes les saillies de la ville sont incorporées dans sa limite du Chabbat.
מַאן דְּתָנֵי ״מְאַבְּרִין״ — אֵבֶר אֵבֶר, וּמַאן דְּתָנֵי ״מְעַבְּרִין״ — כְּאִשָּׁה עוּבָּרָהּ.
À propos de cette divergence, la Guemara cite des divergences semblables entre Rav et Chmouel. Au sujet de la grotte de Makhpela (me'arat haMakhpela), où sont enterrés les Patriarches et les Matriarches, Rav et Chmouel sont en désaccord. L'un dit : la grotte est constituée de deux pièces (chnei batim), l'une plus à l'intérieur que l'autre. Et l'autre dit : elle est constituée d'une pièce et d'un étage au-dessus d'elle (bayit va'aliya).
מְעָרַת הַמַּכְפֵּלָה, רַב וּשְׁמוּאֵל, חַד אָמַר: שְׁנֵי בָתִּים זֶה לִפְנִים מִזֶּה, וְחַד אָמַר: בַּיִת וַעֲלִיָּיה עַל גַּבָּיו.
La Guemara demande : soit, cela se comprend selon celui qui dit que la grotte est constituée d'une pièce au-dessus de l'autre, car tel est le sens de « Makhpela », [qui signifie] « double ». Mais selon celui qui dit qu'elle est constituée de deux pièces, l'une plus à l'intérieur que l'autre, en quel sens [serait-elle] « Makhpela » ? [Même des maisons ordinaires comportent deux pièces.]
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר זֶה עַל גַּב זֶה — הַיְינוּ ״מַכְפֵּלָה״. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר שְׁנֵי בָתִּים זֶה לִפְנִים מִזֶּה, מַאי ״מַכְפֵּלָה״?
[La Guemara répond :] elle est plutôt appelée « Makhpela » au sens où elle est « doublée par paires » (kefoula bezougot) — [c'est-à-dire] par les Patriarches et les Matriarches, qui y sont enterrés par couples. Cela est semblable à l'interprétation homilétique de l'autre nom de 'Hevron mentionné dans la Torah : « Mamre, Kiryat Arba, c'est-à-dire 'Hevron » (Béréchit 35, 27). Rabbi Yits'hak dit : la ville est appelée Kiryat haArba, « la cité des quatre », parce qu'elle est la cité des quatre couples (zougot) qui y sont enterrés : Adam et 'Hava, Avraham et Sara, Yits'hak et Rivka, et Yaakov et Léa.
שֶׁכְּפוּלָה בְּזוּגוֹת. ״מַמְרֵא קִרְיַת אַרְבַּע״, אָמַר רַבִּי יִצְחָק, קִרְיַת הָאַרְבַּע זוּגוֹת: אָדָם וְחַוָּה, אַבְרָהָם וְשָׂרָה, יִצְחָק וְרִבְקָה, יַעֲקֹב וְלֵאָה.
Ils ont également divergé au sujet de ce verset : « Et il arriva, aux jours d'Amrafel » (Béréchit 14, 1). Rav et Chmouel identifiaient tous deux Amrafel à Nimrod. Toutefois, l'un dit : Nimrod était son nom, et pourquoi son nom fut-il appelé Amrafel ? C'est une contraction de deux mots hébreux : car il dit (amar) l'ordre et précipita (hippil) notre père Avraham au sein de la fournaise ardente, lorsqu'Avraham se rebella et contesta sa prétendue divinité. Et l'autre dit : Amrafel était son nom, et pourquoi son nom fut-il appelé Nimrod ? Parce qu'il fit se rebeller (himrid) le monde entier contre Dieu durant son règne.
״וַיְהִי בִּימֵי אַמְרָפֶל״, רַב וּשְׁמוּאֵל, חַד אָמַר: נִמְרוֹד שְׁמוֹ. וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ אַמְרָפֶל? שֶׁאָמַר וְהִפִּיל לְאַבְרָהָם אָבִינוּ בְּתוֹךְ כִּבְשַׁן הָאֵשׁ, וְחַד אָמַר: אַמְרָפֶל שְׁמוֹ, וְלָמָּה נִקְרָא שְׁמוֹ נִמְרוֹד? שֶׁהִמְרִיד אֶת כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ עָלָיו בְּמַלְכוּתוֹ.
Ils ont aussi divergé au sujet de ce verset : « Il se leva un nouveau roi sur l'Égypte, qui ne connaissait pas Yossef » (Chemot 1, 8). Rav et Chmouel sont en désaccord. L'un dit : c'était réellement un nouveau roi (hadach mamach). Et l'autre dit : c'était en fait l'ancien roi, mais ses décrets étaient nouveaux (chenit'hadechou guezerotav).
״וַיָּקׇם מֶלֶךְ חָדָשׁ עַל מִצְרָיִם״, רַב וּשְׁמוּאֵל, חַד אָמַר: חָדָשׁ מַמָּשׁ, וְחַד אָמַר: שֶׁנִּתְחַדְּשׁוּ גְּזֵירוֹתָיו.
La Guemara explique : celui qui dit que c'était réellement un nouveau roi fondait son opinion sur le fait qu'il est écrit dans le verset qu'il était « nouveau ». Et celui qui dit que ses décrets étaient nouveaux tirait son opinion du fait qu'il n'est pas écrit « et il mourut, et [un autre] régna [à sa place] », comme il est écrit, par exemple, au sujet des rois d'Edom (Béréchit 36).
מַאן דְּאָמַר חָדָשׁ מַמָּשׁ — דִּכְתִיב ״חָדָשׁ״, וּמַאן דְּאָמַר שֶׁנִּתְחַדְּשׁוּ גְּזֵירוֹתָיו — מִדְּלָא כְּתִיב ״וַיָּמׇת וַיִּמְלוֹךְ״.
La Guemara demande : et selon celui qui dit que ses décrets étaient nouveaux, n'est-il pas écrit « qui ne connaissait pas Yossef » ? [S'il s'agissait du même roi, comment pouvait-il ne pas connaître Yossef ?] La Guemara explique : que signifie l'expression « qui ne connaissait pas Yossef » ? Cela signifie qu'il se conduisit comme quelqu'un qui ne connaissait pas Yossef du tout.
וּלְמַאן דְּאָמַר שֶׁנִּתְחַדְּשׁוּ גְּזֵירוֹתָיו, הָא כְתִיב ״אֲשֶׁר לֹא יָדַע אֶת יוֹסֵף״? מַאי ״אֲשֶׁר לֹא יָדַע אֶת יוֹסֵף״ — דַּהֲוָה דָּמֵי כְּמַאן דְּלָא יָדַע לֵיהּ לְיוֹסֵף כְּלָל.
La Guemara cite un moyen mnémotechnique (simane) composé de mots-clés tirés d'une série de traditions citées ci-après : « Dix-huit et douze nous avons étudié, au sujet de David, et il bâtira [comprendra]. »
(סִימָן: שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה וּשְׁנֵים עָשָׂר לָמַדְנוּ בְּדָוִד וַיִּבֶן.)
Rabbi Yo'hanan dit : j'ai grandi [en étude] dix-huit jours auprès de Rabbi Ochaya le Distingué [Beribbi], et je n'ai appris de lui qu'une seule chose dans notre MISHNA : dans l'expression « comment prolonge-t-on [le techoum des] villes », le mot me'abberin s'écrit avec un alef.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שְׁמוֹנָה עָשָׂר יָמִים גִּידַּלְתִּי אֵצֶל רַבִּי אוֹשַׁעְיָא בְּרִיבִּי וְלֹא לָמַדְתִּי מִמֶּנּוּ אֶלָּא דָּבָר אֶחָד בְּמִשְׁנָתֵינוּ: כֵּיצַד מְאַבְּרִין אֶת הֶעָרִים — בְּאָלֶף.
Eruvin 53a
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עירובין נ״ג אמַסֶּכֶת עֵירוּבִין