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Traité Eruvin

48a

Étude de Eruvin 48a

Étude de la Guémara 48a

Guémara
[Rabbi 'Hiyya enseigna qu'un fossé d'eau qui se trouve entre deux limites du Chabbat (te'houmin) requiert] une cloison de fer (me'hitsa chel barzel) pour le séparer en deux aires distinctes, de sorte que les habitants des deux endroits puissent y puiser de l'eau. Rabbi Yossi, fils de Rabbi 'Hanina, riait de cet enseignement [qu'il jugeait superflu].
מְחִיצָה שֶׁל בַּרְזֶל לְהַפְסִיקוֹ. מְחַיֵּיךְ עֲלֵיהּ רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא.
[La Guemara demande :] pour quelle raison riait-il ? Si tu dis que c'est parce que Rabbi 'Hiyya enseigna la baraïta avec rigueur (le'houmra), conformément à l'avis de Rabbi Yo'hanan ben Nouri [selon lequel des objets sans propriétaire acquièrent un lieu de résidence pour le Chabbat], tandis que lui, Rabbi Yossi fils de Rabbi 'Hanina, est d'avis indulgent (lekoula), conformément à l'avis des Sages [selon lesquels de tels objets n'acquièrent pas de résidence] — cela est difficile. Du seul fait qu'il est d'avis indulgent, va-t-il rire de celui qui enseigne avec rigueur ?
מַאי טַעְמָא קָא מְחַיֵּיךְ? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דְּתָנֵי לַהּ כְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי לְחוּמְרָא, וְאִיהוּ סְבִירָא לֵיהּ כְּרַבָּנַן לְקוּלָּא. ומִשּׁוּם דְּסָבַר לְקוּלָּא, מַאן דְּתָנֵי לְחוּמְרָא מְחַיֵּיךְ עֲלֵהּ?
Plutôt, il a forcément ri pour une autre raison, comme il a été enseigné dans une baraïta : les fleuves qui coulent et les sources qui jaillissent sont comme les pieds de tous les hommes (keraglé kol adam), car l'eau n'a acquis de résidence en aucun endroit particulier. Par conséquent, celui qui puise de l'eau aux fleuves et aux sources peut la transporter partout où il lui est permis de marcher, même si elle se trouvait auparavant hors de sa limite du Chabbat. Selon Rabbi Yossi, fils de Rabbi 'Hanina, la même halakha devrait s'appliquer à l'eau du fossé.
אֶלָּא, מִשּׁוּם דְּתַנְיָא: נְהָרוֹת הַמּוֹשְׁכִין וּמַעְיָינוֹת הַנּוֹבְעִין — הֲרֵי הֵן כְּרַגְלֵי כׇּל אָדָם.
[La Guemara rejette cet argument :] et peut-être [l'enseignement de Rabbi 'Hiyya] traite-t-il d'eau rassemblée et stagnante (bime'khounassin), qui appartient exclusivement aux habitants de cet endroit précis [auquel cas aucune preuve ne peut être tirée du cas des fleuves et des sources].
וְדִילְמָא בִּמְכוּנָּסִין.
Plutôt, [Rabbi Yossi fils de Rabbi 'Hanina riait pour une autre raison,] parce que [Rabbi 'Hiyya] enseigne [dans sa baraïta] : « il faut une cloison de fer pour le séparer ». Et [Rabbi Yossi fils de Rabbi 'Hanina objectait :] en quoi une cloison de roseaux (kanim) est-elle différente, que l'on dise qu'elle n'est pas efficace ? Apparemment, c'est parce que l'eau y pénètre et passe [d'une limite à l'autre]. Mais cela est difficile : car de même, dans le cas d'une cloison de fer, l'eau y pénètre et passe [d'une limite à l'autre, puisqu'on ne peut la rendre hermétique]. Si tel est le cas, qu'accomplit le fer que les roseaux n'accomplissent pas ?
אֶלָּא, מִשּׁוּם דְּקָתָנֵי: ״צָרִיךְ מְחִיצָה שֶׁל בַּרְזֶל לְהַפְסִיקוֹ״. וּמַאי שְׁנָא קָנִים דְּלָא — דְּעָיְילִי בְּהוּ מַיָּא, שֶׁל בַּרְזֶל נָמֵי — עָיְילִי בְּהוּ מַיָּא.
[La Guemara soulève une difficulté :] et peut-être [la baraïta] dit-elle ceci : « il faut [une cloison de fer], mais il n'y a pas de remède (tsarikh ve'éin lo takana) » — c'est-à-dire qu'un fossé rempli d'eau qui se trouve entre deux limites du Chabbat requiert une cloison de fer pour le séparer en deux sections distinctes ; mais comme il est impossible de rendre une telle cloison hermétique, il n'y a pas de remède, et son eau ne peut donc être utilisée.
וְדִילְמָא ״צָרִיךְ וְאֵין לוֹ תַּקָּנָה״ קָאָמַר.
Plutôt, tu dois dire que Rabbi Yossi, fils de Rabbi 'Hanina, riait de l'enseignement de Rabbi 'Hiyya pour une autre raison : parce que les Sages se sont montrés indulgents à l'égard de l'eau (kal hou chéhékélou 'hakhamim bemayim). Les Sages ont dit qu'une cloison minimale suffit dans le cas de l'eau ; par conséquent, il ne devrait pas être besoin d'une cloison de fer.
מִשּׁוּם דְּקַל הוּא שֶׁהֵקֵילּוּ חֲכָמִים בְּמַיִם.
[Cela est] semblable à [l'enseignement] de Rabbi Tavla, car Rabbi Tavla demanda à Rav : une cloison suspendue (me'hitsa telouya), c'est-à-dire une cloison qui pend et n'atteint pas le sol, permet-elle de transporter dans une ruine ('hourba) ? Dit-on que les restes des murs suspendus en l'air sont considérés comme s'ils descendaient jusqu'au sol et clôturaient l'aire, de sorte qu'elle soit tenue pour un domaine privé ?
כִּדְרַבִּי טַבְלָא, דִּבְעָא מִינֵּיהּ רַבִּי טַבְלָא מֵרַב: מְחִיצָה תְּלוּיָה, מַהוּ שֶׁתַּתִּיר בְּחוּרְבָּה?
[Rav] lui dit : une cloison suspendue de ce genre ne permet de transporter que dans le cas de l'eau, car les Sages se sont montrés indulgents à l'égard de l'eau. [Et Rabbi Yossi fils de Rabbi 'Hanina raisonnait :] de même que les Sages se sont montrés indulgents au sujet de l'eau à l'égard d'une cloison suspendue, de même devraient-ils être indulgents ici et ne pas exiger une cloison de fer ; une cloison minimale devrait plutôt suffire, fût-elle faite de roseaux.
אֲמַר לֵיהּ: אֵין מְחִיצָה תְּלוּיָה מַתֶּרֶת אֶלָּא בְּמַיִם, קַל הוּא שֶׁהֵקֵילּוּ חֲכָמִים בְּמַיִם.
[La michna enseignait :] « et les Sages disent : il n'a que quatre [coudées] », etc. [Selon la michna, celui qui s'est endormi à l'entrée du Chabbat sans intention d'acquérir un lieu de résidence n'a que quatre coudées, tandis que Rabbi Yehouda dit qu'il peut marcher quatre coudées dans la direction de son choix.] [La Guemara demande :] l'avis de Rabbi Yehouda est identique à celui du premier tana (tana kama) [c'est-à-dire les Sages] !
וַחֲכָמִים אוֹמְרִים אֵין לוֹ אֶלָּא אַרְבַּע וְכוּ׳. רַבִּי יְהוּדָה הַיְינוּ תַּנָּא קַמָּא!
Rava dit : il y a entre eux [une différence pratique], à savoir huit coudées sur huit (chemoné al chemoné). [Rabbi Yehouda soutient qu'il n'a que quatre coudées, dans la direction de son choix, tandis que selon les Sages il a quatre coudées dans chaque direction, ce qui totalise une aire de huit coudées sur huit.] Cela aussi a été enseigné explicitement dans une baraïta : il a huit coudées sur huit ; telles sont les paroles de Rabbi Méir [qui représente l'avis des Sages de la michna].
אָמַר רָבָא: שְׁמוֹנֶה עַל שְׁמוֹנֶה אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: יֵשׁ לוֹ שְׁמוֹנֶה עַל שְׁמוֹנֶה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.
Et Rava dit encore : la controverse [entre Rabbi Méir et Rabbi Yehouda] ne porte que sur le fait de marcher ; mais pour ce qui est de transporter des objets, tous s'accordent : [les transporter sur] quatre coudées — oui [c'est permis] ; au-delà — non.
וְאָמַר רָבָא: מַחֲלוֹקֶת לְהַלֵּךְ, אֲבָל לְטַלְטֵל דִּבְרֵי הַכֹּל: אַרְבַּע אַמּוֹת — אִין, טְפֵי — לָא.
Eruvin 48a
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עירובין מ״ח אמַסֶּכֶת עֵירוּבִין