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Traité Eruvin

45b

Étude de Eruvin 45b

Étude de la Mishna & Guémara 45b

à condition que l'un ne transporte rien depuis ses propres quatre coudées vers celles de son compagnon.
וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יוֹצִיא זֶה מִתּוֹךְ שֶׁלּוֹ לְתוֹךְ שֶׁל חֲבֵרוֹ.
S'il y avait trois personnes [dans cette situation], et que [les quatre coudées de] celui du milieu se trouvaient absorbées [moublâ] entre [les domaines] des deux autres — c'est-à-dire qu'il partage une certaine zone avec chacun d'eux — alors il lui est permis [de manger] avec l'un et l'autre, et il leur est permis [de manger] avec lui ; mais les deux [personnes] extérieures se sont interdites l'une à l'autre, car elles ne partagent aucune zone commune.
הָיוּ שְׁלֹשָׁה וְהָאֶמְצָעִי מוּבְלָע בֵּינֵיהֶן — הוּא מוּתָּר עִמָּהֶן, וְהֵן מוּתָּרִין עִמּוֹ, וּשְׁנַיִם הַחִיצוֹנִים אֲסוּרִין זֶה עִם זֶה.
Rabbi Chimon dit : à quoi cela ressemble-t-il ? À trois cours [‘hatserot] ouvertes l'une sur l'autre, et ouvertes [aussi] sur le domaine public. Si les deux [cours extérieures] ont établi un érouv avec celle du milieu — celle-ci leur est permise et elles lui sont permises, mais les deux [cours] extérieures se sont interdites l'une à l'autre, [car elles n'ont pas établi d'érouv ensemble].
אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה — לְשָׁלֹשׁ חֲצֵירוֹת הַפְּתוּחוֹת זוֹ לָזוֹ, וּפְתוּחוֹת לִרְשׁוּת הָרַבִּים. עֵירְבוּ שְׁתַּיִם עִם הָאֶמְצָעִית — הִיא מוּתֶּרֶת עִמָּהֶן וְהֵם מוּתָּרוֹת עִמָּהּ, וּשְׁתַּיִם הַחִיצוֹנוֹת אֲסוּרוֹת זוֹ עִם זוֹ.
Guémara
GUEMARA : Rava posa un dilemme : que pense [réellement] Rabbi Yo‘hanan ben Nouri ? Tient-il que les objets sans propriétaire [‘heftsé hefker] acquièrent un lieu de résidence [chevita] pour le Chabbat — c'est-à-dire que même un objet n'appartenant à personne acquiert sa résidence à l'entrée du Chabbat et peut donc être transporté deux mille coudées dans chaque direction ?
גְּמָ׳ בָּעֵי רָבָא: מַאי קָסָבַר רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי? מִסְבָּר קָא סָבַר: חֶפְצֵי הֶפְקֵר קוֹנִין שְׁבִיתָה.
Et selon [cette compréhension], il aurait été logique que [Rabbi Yo‘hanan ben Nouri] soit en désaccord [avec les Sages] aussi à propos des ustensiles [laissés dans un champ] — c'est-à-dire que, selon l'avis de Rabbi Yo‘hanan ben Nouri, des ustensiles sans propriétaire pourraient être déplacés de deux mille coudées dans chaque direction. Et s'ils ont [malgré tout] discuté à propos d'une personne, c'est pour t'enseigner la portée [de la rigueur] des Sages : bien que l'on puisse soutenir « puisqu'un homme éveillé acquiert [pour lui-même deux mille coudées], un homme endormi les acquiert également », la michna nous enseigne [par ce cas] qu'il n'en est rien [selon les Sages].
וּבְדִין הוּא דְּלִיפְלוֹג בְּכֵלִים. וְהָא דְּקָמִיפַּלְגִי בְּאָדָם — לְהוֹדִיעֲךָ כּוֹחָן דְּרַבָּנַן, דְּאַף עַל גַּב דְּאִיכָּא לְמֵימַר: הוֹאִיל וְנֵיעוֹר קָנָה, יָשֵׁן נָמֵי קָנָה, קָא מַשְׁמַע לַן דְּלָא.
Ou peut-être faut-il comprendre sa position autrement : en règle générale, Rabbi Yo‘hanan ben Nouri tient que les objets sans propriétaire [‘heftsé hefker] n'acquièrent pas de lieu de résidence par eux-mêmes ; et ici [à propos d'une personne], la raison est la suivante : puisqu'un homme éveillé acquiert [pour lui-même deux mille coudées], un homme endormi les acquiert également.
אוֹ דִילְמָא, קָסָבַר רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי בְּעָלְמָא: חֶפְצֵי הֶפְקֵר אֵין קוֹנִין שְׁבִיתָה, וְהָכָא הַיְינוּ טַעְמָא: הוֹאִיל וְנֵיעוֹר קָנָה, יָשֵׁן נָמֵי קָנָה?
Rav Yossef dit : viens et écoute [une résolution de ce dilemme, tirée de la baraïta suivante] : la pluie qui est tombée la veille d'un jour de fête [Yom Tov] a deux mille coudées dans chaque direction — c'est-à-dire qu'il est permis de transporter cette eau de pluie dans un rayon de deux mille coudées. Mais [si la pluie est tombée] le jour de fête lui-même, elle est comme les pieds de chaque personne [karaglé kol adam][car elle n'a pas acquis de résidence], et l'on peut donc la transporter partout où l'on a soi-même le droit de marcher.
אָמַר רַב יוֹסֵף, תָּא שְׁמַע: גְּשָׁמִים שֶׁיָּרְדוּ מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב — יֵשׁ לָהֶן אַלְפַּיִם אַמָּה לְכׇל רוּחַ. בְּיוֹם טוֹב — הֲרֵי הֵן כְּרַגְלֵי כׇּל אָדָם.
Soit, cela se comprend si tu dis que Rabbi Yo‘hanan ben Nouri tient que les objets sans propriétaire acquièrent un lieu de résidence : selon l'avis de qui [serait] cette baraïta ? Celui de Rabbi Yo‘hanan ben Nouri — et par conséquent, la pluie tombée la veille du jour de fête a acquis sa résidence à l'endroit où elle est tombée.
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא קָסָבַר רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן נוּרִי: ״חֶפְצֵי הֶפְקֵר קוֹנִין שְׁבִיתָה״, הָא מַנִּי — רַבִּי יוֹחָנָן הִיא.
Mais si tu dis qu'il soutient que les objets sans propriétaire n'acquièrent pas de lieu de résidence — selon l'avis de qui [serait] cette baraïta ? Ni celui de Rabbi Yo‘hanan ben Nouri, ni celui des Sages ! [car elle indique clairement que la pluie acquiert un lieu de résidence bien qu'elle n'ait pas de propriétaire]. Force est donc de dire que Rabbi Yo‘hanan ben Nouri est d'avis que les objets sans propriétaire acquièrent un lieu de résidence, et cette baraïta est conforme à son avis.
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ: ״חֶפְצֵי הֶפְקֵר אֵין קוֹנִין שְׁבִיתָה״, הָא מַנִּי? לָא רַבִּי יוֹחָנָן וְלֹא רַבָּנַן!
Abayé était assis et récitait cet enseignement [chemaata]. Rav Safra dit à Abayé : mais peut-être traitons-nous d'une pluie tombée à proximité d'une ville, et les habitants de cette ville avaient l'intention [de l'acquérir][c'est pourquoi elle obtient deux mille coudées dans chaque direction, et cela ne prouve rien quant aux objets sans propriétaire] !
יְתֵיב אַבָּיֵי וְקָאָמַר לַהּ לְהָא שְׁמַעְתָּא. אֲמַר לֵיהּ רַב סָפְרָא לְאַבָּיֵי: וְדִילְמָא בִּגְשָׁמִים הַסְּמוּכִין לָעִיר עָסְקִינַן, וְאַנְשֵׁי אוֹתָהּ הָעִיר דַּעְתָּם עִילַּיְיהוּ!
[Abayé] lui dit : cela ne saurait te venir à l'esprit, car nous avons appris [dans une michna] : une citerne [bor] appartenant à un particulier — son eau est comme les pieds de ce particulier, [le propriétaire de la citerne], en ce qu'on peut la transporter partout où il a le droit de marcher ; [une citerne] appartenant à cette ville — comme les pieds [des habitants] de cette ville, en ce qu'on peut la transporter partout où les habitants de cette ville peuvent marcher, soit deux mille coudées dans chaque direction depuis la ville ; et [une citerne] appartenant aux montants de Bavel [olé Bavel, les pèlerins venus de Babylonie vers Erets Israël] — c'est-à-dire qu'elle appartient à tout le peuple juif et n'a pas de propriétaire particulier — son eau est comme les pieds de celui qui la puise [hamemalé], en ce qu'on peut la transporter partout où il a le droit de marcher.
אֲמַר לֵיהּ: לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ, דִּתְנַן: בּוֹר שֶׁל יָחִיד — כְּרַגְלֵי יָחִיד, וְשֶׁל אוֹתָהּ הָעִיר — כְּרַגְלֵי אוֹתָהּ הָעִיר, וְשֶׁל עוֹלֵי בָּבֶל — כְּרַגְלֵי הַמְמַלֵּא.
Et il a été enseigné [dans une baraïta] : une citerne appartenant aux tribus [chevatim, qui n'a pas de propriétaire particulier] a deux mille coudées dans chaque direction. [Si tel est le cas], ces deux sources se contredisent l'une l'autre : la michna enseigne que l'eau appartenant à la collectivité tout entière n'établit pas de résidence, tandis que le tana de la baraïta tient qu'on peut la transporter de deux mille coudées depuis sa place !
וְתַנְיָא: בּוֹר שֶׁל שְׁבָטִים — יֵשׁ לָהֶן אַלְפַּיִם אַמָּה לְכׇל רוּחַ. קַשְׁיָין אַהֲדָדֵי!
Eruvin 45b
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עירובין מ״ה במַסֶּכֶת עֵירוּבִין