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Traité Eruvin

40b

Étude de Eruvin 40b

Étude de la Guémara 40b

Guémara
Rabbi Zéira dit : Roch 'Hodech (la néoménie) est différent. En effet, selon Beit Chammaï, il faut certes le mentionner, mais cela ne requiert pas une bénédiction distincte. Puisque Roch 'Hodech est inclus dans les prières ordinaires du matin et du soir sans bénédiction séparée, il est de même inclus dans la prière additionnelle (moussaf) sans bénédiction séparée.
אָמַר רַבִּי זֵירָא: שָׁאנֵי רֹאשׁ חֹדֶשׁ, מִתּוֹךְ שֶׁכּוֹלֵל לְשַׁחֲרִית וְעַרְבִית, כּוֹלֵל נָמֵי בְּמוּסָפִין.
La Guemara objecte : Et Beit Chammaï admet-il vraiment que l'on inclue [la mention de] Roch 'Hodech dans la prière ordinaire ? N'a-t-on pas enseigné dans une baraïta qu'au sujet d'un Roch 'Hodech qui tombe un Chabbat, Beit Chammaï disent : il faut prier une Amida comportant huit bénédictions dans le moussaf — incluant une bénédiction distincte pour Roch 'Hodech ; et Beit Hillel disent : il faut prier une Amida comportant sept bénédictions, car Chabbat et Roch 'Hodech sont mentionnés dans une même bénédiction ? Donc, selon Beit Chammaï, on n'inclut pas Roch 'Hodech et un autre jour dans une même bénédiction ; et si Roch 'Hodech n'a pas sa propre bénédiction à Roch haChana, c'est parce qu'une seule mention de souvenir (zikaron) compte à la fois pour Roch haChana et pour Roch 'Hodech. La Guemara remarque : en effet, voilà qui est difficile.
וּמִי אִית לְהוּ לְבֵית שַׁמַּאי כּוֹלֵל? וְהָתַנְיָא: רֹאשׁ חֹדֶשׁ שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: מִתְפַּלֵּל שְׁמֹנֶה, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: מִתְפַּלֵּל שֶׁבַע. קַשְׁיָא.
La Guemara commente : La question de savoir si l'on doit ou non inclure la mention de Roch 'Hodech dans la bénédiction relative à la sainteté du jour de Chabbat fait elle-même l'objet d'une controverse entre les Tannaïm. Car on a enseigné dans une baraïta au sujet d'un Chabbat qui tombe un Roch 'Hodech ou l'un des jours intermédiaires d'une fête ('Hol haMoëd) : pour les prières du soir, du matin et de l'après-midi (Min'ha), on prie à sa manière habituelle et l'on récite sept bénédictions, en disant un passage relatif à l'événement du jour — à savoir « Que monte et vienne » (Yaälé veyavo) — dans la bénédiction du service du Temple (Avoda). Rabbi Eliézer est en désaccord et dit que ce passage se récite dans la bénédiction d'action de grâce (Hodaa). Et s'il ne l'a pas récité, on l'oblige à revenir au début de la prière et à la répéter.
וְכוֹלֵל עַצְמוֹ — תַּנָּאֵי הִיא, דְּתַנְיָא: שַׁבָּת שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּרֹאשׁ חֹדֶשׁ אוֹ בְּחוּלּוֹ שֶׁל מוֹעֵד, עַרְבִית שַׁחֲרִית וּמִנְחָה מִתְפַּלֵּל כְּדַרְכּוֹ שֶׁבַע, וְאוֹמֵר מֵעֵין הַמְאוֹרָע בָּעֲבוֹדָה. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: בַּהוֹדָאָה, וְאִם לֹא אָמַר מַחֲזִירִין אוֹתוֹ.
Et dans le moussaf, on commence la quatrième bénédiction — la bénédiction spéciale du service additionnel — par [le thème de] Chabbat, on la conclut par [le thème de] Chabbat, et l'on dit au milieu un passage se référant à la sainteté du jour de Roch 'Hodech ou de la fête. Ainsi, ce n'est que dans le moussaf que Roch 'Hodech se trouve inclus dans la bénédiction de la sainteté du jour.
וּבְמוּסָפִין מַתְחִיל בְּשֶׁל שַׁבָּת, וּמְסַיֵּים בְּשֶׁל שַׁבָּת, וְאוֹמֵר קְדוּשַּׁת הַיּוֹם בָּאֶמְצַע.
En revanche, Rabban Chimon ben Gamliel et Rabbi Yichmaël, fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, disent : partout où l'on est tenu de réciter sept bénédictions — y compris aux prières du soir, du matin et de l'après-midi — on commence la quatrième bénédiction par [le thème de] Chabbat, on la conclut par [le thème de] Chabbat, et l'on dit au milieu un passage se référant à la sainteté du jour de Roch 'Hodech ou de la fête. Selon eux, Roch 'Hodech est inclus dans la bénédiction de la sainteté du jour à toutes les prières du jour.
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה אוֹמְרִים: כׇּל מָקוֹם שֶׁזָּקוּק לְשֶׁבַע — מַתְחִיל בְּשֶׁל שַׁבָּת וּמְסַיֵּים בְּשֶׁל שַׁבָּת, וְאוֹמֵר קְדוּשַּׁת הַיּוֹם בָּאֶמְצַע.
Revenant à la question fondamentale de savoir si Roch 'Hodech doit être mentionné séparément à Roch haChana, la Guemara demande : quelle conclusion a-t-on tirée à ce sujet ? Rav 'Hisda dit : une seule mention de souvenir (zikaron) compte à la fois pour l'un et pour l'autre. Et de même Rabba dit : une seule mention de souvenir compte à la fois pour l'un et pour l'autre.
מַאי הֲוָה עֲלַהּ? אָמַר רַב חִסְדָּא: זִכָּרוֹן אֶחָד עוֹלֶה לוֹ לְכָאן וּלְכָאן. וְכֵן אָמַר רַבָּה: זִכָּרוֹן אֶחָד עוֹלֶה לוֹ לְכָאן וּלְכָאן.
Et Rabba dit : Lorsque j'étais à la maison d'étude de Rav Houna, nous nous sommes posé la question suivante : qu'en est-il de réciter [la bénédiction relative au] temps (zeman), c'est-à-dire Chéhé'héyanou (« qui nous a fait vivre »), à Roch haChana et à Yom Kippour ? Les deux termes du dilemme sont les suivants : dit-on que, puisque ces fêtes reviennent à des dates fixes de l'année, on récite la bénédiction Chéhé'héyanou — tout comme on le ferait pour tout autre événement joyeux survenant à intervalles fixes ? Ou bien dit-on, peut-être, que puisque ces fêtes ne sont pas appelées « fêtes de pèlerinage » (regalim), on ne récite pas Chéhé'héyanou, la joie qu'elles apportent étant insuffisante ? Rav Houna n'avait pas de réponse sous la main.
וְאָמַר רַבָּה: כִּי הֲוֵינָא בֵּי רַב הוּנָא, אִיבַּעְיָא לַן: מַהוּ לוֹמַר זְמַן בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה וּבְיוֹם הַכִּפּוּרִים? כֵּיוָן דְּמִזְּמַן לִזְמַן אָתֵי — אָמְרִינַן, אוֹ דִילְמָא כֵּיוָן דְּלֹא אִיקְּרוּ רְגָלִים לָא אָמְרִינַן. לָא הֲוָה בִּידֵיהּ.
Lorsque je vins à la maison d'étude de Rav Yehouda, il dit : moi, même sur une courge nouvelle, je récite [la bénédiction du] temps (zeman) ; à plus forte raison la récité-je à Roch haChana et à Yom Kippour. Je lui dis : je n'ai pas de dilemme sur le fait que l'on a la faculté (rechout) de réciter la bénédiction du temps ; le dilemme que j'ai porte sur le point de savoir s'il y a une obligation ('hova) de la réciter. Quelle est la halakha à cet égard ? Il me dit que ce sont Rav et Chmouel qui tous deux ont dit : on ne récite la bénédiction du temps qu'aux trois fêtes de pèlerinage (regalim).
כִּי אֲתַאי בֵּי רַב יְהוּדָה, אֲמַר: אֲנָא אַקָּרָא חַדְתָּא נָמֵי אָמֵינָא זְמַן. אָמְרִי לֵיהּ: רְשׁוּת לָא קָא מִיבַּעְיָא לִי, כִּי קָא מִיבַּעְיָא לִי חוֹבָה מַאי? אָמַר לִי: רַב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי תַּרְוַויְיהוּ: אֵין אוֹמֵר זְמַן אֶלָּא בְּשָׁלֹשׁ רְגָלִים.
La Guemara soulève une objection à partir de la baraïta suivante : le verset dit : « Donne une part à sept, et même à huit » (Qohélet 11, 2). Rabbi Eliézer dit : « sept » — ce sont les sept jours de la Création ; « huit » — ce sont les huit jours [qui précèdent] la circoncision. Rabbi Yehochoua dit : « sept » — ce sont les sept jours de Pessa'h ; « huit » — ce sont les huit jours de la fête de Souccot. Et lorsqu'il dit « et même » (vegam) — comme partout ailleurs dans la Torah où figure le mot « même » (gam), cela vient pour inclure — ce que cela inclut, c'est Chavouot, Roch haChana et Yom Kippour.
מֵיתִיבִי: ״תֶּן חֵלֶק לְשִׁבְעָה וְגַם לִשְׁמוֹנָה״, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: ״שִׁבְעָה״ — אֵלּוּ שִׁבְעָה יְמֵי בְּרֵאשִׁית, ״שְׁמוֹנָה״ — אֵלּוּ שְׁמוֹנָה יְמֵי מִילָה. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: ״שִׁבְעָה״ — אֵלּוּ שִׁבְעָה יְמֵי פֶסַח, ״שְׁמוֹנָה״ — אֵלּוּ שְׁמוֹנָה יְמֵי הַחַג. וּכְשֶׁהוּא אוֹמֵר ״וְגַם״ — לְרַבּוֹת עֲצֶרֶת וְרֹאשׁ הַשָּׁנָה וְיוֹם הַכִּפּוּרִים.
Quoi donc ! N'est-ce pas que cette exégèse vient nous enseigner qu'en ces jours on est obligé de réciter la bénédiction du temps (zeman) ? La Guemara répond : non, elle se réfère à la bénédiction récitée sur la sainteté particulière du jour.
מַאי לָאו לִזְמַן? לֹא, לִבְרָכָה.
La Guemara commente : ainsi est-il aussi raisonnable [de l'expliquer]. Car si tu venais à penser qu'il s'agit de la bénédiction du temps (zeman), y a-t-il une bénédiction du temps qui se récite durant les sept jours [de la fête] ? Elle ne se récite que le premier jour. La Guemara réfute cet argument : cela n'est pas difficile, car cela signifie que s'il n'a pas récité la bénédiction du temps maintenant, il la récite le lendemain ou le surlendemain, puisque les sept jours font tous partie de la fête de pèlerinage.
הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא, דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ לִזְמַן — זְמַן כׇּל שִׁבְעָה מִי אִיכָּא? הָא לָא קַשְׁיָא: דְּאִי לָא מְבָרֵךְ הָאִידָּנָא — מְבָרֵךְ לִמְחַר וּלְיוֹם אוּחְרָא.
La Guemara demande : de toute façon, nous exigeons que cette bénédiction soit récitée sur une coupe (kos) de vin — or la plupart des gens n'ont pas de coupes de vin pour les jours intermédiaires d'une fête. Dirons-nous que cela vient appuyer Rav Na'hman ? Car Rav Na'hman a dit : la bénédiction du temps (zeman), on la dit même au marché, sans coupe de vin. La Guemara répond : cela n'est pas difficile, car le cas envisagé est celui où il s'est trouvé avoir une coupe ; mais sans coupe de vin, la bénédiction ne peut être récitée.
מִכׇּל מָקוֹם — בָּעִינַן כּוֹס? לֵימָא מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַב נַחְמָן. דְּאָמַר רַב נַחְמָן: זְמַן אוֹמְרוֹ אֲפִילּוּ בַּשּׁוּק. הָא לָא קַשְׁיָא, דְּאִיקְּלַע לֵיהּ כּוֹס.
Eruvin 40b
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עירובין מ׳ במַסֶּכֶת עֵירוּבִין