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Traité Eruvin

3b

Étude de Eruvin 3b

Étude de la Guémara 3b

Guémara
[La résolution est] que ce que nous avons appris dans la Michna, au sujet de l'invalidité d'une souka dont la hauteur dépasse vingt amot (coudées), se réfère à l'espace intérieur de la souka ; et que ce que nous avons appris dans la Michna, à savoir qu'une korah (poutre transversale) enjambant un mavoï (passage) qui s'élève à plus de vingt amot doit être abaissée, se réfère à l'espace situé à l'entrée du mavoï, sous la korah.
חֲלַל סוּכָּה תְּנַן, חֲלַל מָבוֹי תְּנַן.
Rav Papa dit à Rava : Une baraïta a été enseignée qui appuie ton opinion : « Si la korah enjambant l'entrée d'un mavoï s'élève à plus de vingt amot au-dessus du sol, [c'est-à-dire] plus haut que l'entrée du Hékhal (le Sanctuaire), on doit en diminuer la hauteur. » Or l'espace de l'entrée du Hékhal lui-même mesurait vingt amot de haut, et son toit se trouvait à plus de vingt amot. Il appert donc que les vingt amot mentionnées au sujet de la souka et du mavoï se réfèrent à l'espace situé sous le toit et sous la korah.
אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְרָבָא, תַּנְיָא דִּמְסַיַּיע לָךְ: מָבוֹי שֶׁהוּא גָּבוֹהַּ מֵעֶשְׂרִים אַמָּה יוֹתֵר מִפִּתְחוֹ שֶׁל הֵיכָל יְמַעֵט. וְהֵיכָל גּוּפוֹ חֲלָלוֹ עֶשְׂרִים.
Rav Chimi bar Rav Achi souleva une objection à Rav Papa à partir de la Tossefta : « Comment procédait-on précisément ? On place la korah depuis le bord de vingt amot et en dessous. » Il appert donc que la korah tout entière doit se trouver dans les vingt amot au-dessus du sol, et que si une partie quelconque s'élève au-dessus de vingt amot, elle est invalide [ce qui contredit la thèse de Rava].
אֵיתִיבֵיהּ רַב שִׁימִי בַּר רַב אָשֵׁי לְרַב פָּפָּא: כֵּיצַד הָיָה עוֹשֶׂה — מַנִּיחַ קוֹרָה מִשְּׂפַת עֶשְׂרִים וּלְמַטָּה!
Rav Papa répliqua : Corrige la Tossefta et lis : « depuis le bord de vingt amot et au-dessus ». Rav Chimi rétorqua : Mais n'est-il pas enseigné « et en dessous » ? Quelle justification y a-t-il à inverser complètement le sens de la Tossefta ?
אֵימָא: ״וּלְמַעְלָה״. וְהָא ״לְמַטָּה״ קָתָנֵי!
Rava expliqua qu'il n'est pas nécessaire de corriger le texte de la baraïta, mais seulement de le réinterpréter. La baraïta nous enseigne ceci : la loi en bas est semblable à la loi en haut. De même qu'en haut, s'agissant de la hauteur maximale de la korah, c'est l'espace situé sous la korah qui ne doit pas dépasser vingt amot, de même en bas, s'agissant de la hauteur minimale de la korah, c'est l'espace situé sous la korah qui ne doit pas être inférieur à dix tefa'him (paumes). Toutefois, une korah placée à moins de dix tefa'him du sol est invalide et ne permet pas de porter à l'intérieur du mavoï.
הָא קָא מַשְׁמַע לַן, דִּלְמַטָּה כִּלְמַעְלָה: מָה לְמַעְלָה חֲלָלָהּ עֶשְׂרִים, אַף לְמַטָּה חֲלָלָהּ עֲשָׂרָה.
La Guemara examine la mesure de l'ama (coudée) mentionnée dans la Michna et ailleurs. Abayé dit au nom de Rav Na'hman : L'ama mentionnée au sujet des lois de la souka et l'ama mentionnée en lien avec les lois du mavoï sont une petite ama composée de cinq tefa'him. En revanche, l'ama [relative au] kilayim (le mélange interdit d'espèces diverses de semences) est une grande ama composée de six tefa'him. Il appert donc que Rav Na'hman tranche avec rigueur dans tous les cas.
אָמַר אַבָּיֵי מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב נַחְמָן: אַמַּת סוּכָּה וְאַמַּת מָבוֹי בְּאַמָּה בַּת חֲמִשָּׁה, אַמַּת כִּלְאַיִם בְּאַמָּה בַּת שִׁשָּׁה.
La Guemara développe : L'ama du mavoï est une ama composée de cinq tefa'him. À quelle loi cette règle s'applique-t-elle ? Elle s'applique à la question de la hauteur de la korah enjambant un mavoï, qui ne doit pas dépasser vingt amot, ainsi qu'à la pirtsa (brèche) d'un mavoï, qui ne doit pas excéder dix amot de large.
אַמַּת מָבוֹי בְּאַמָּה בַּת חֲמִשָּׁה, לְמַאי הִלְכְתָא? לְגוֹבְהוֹ וּלְפִירְצַת מָבוֹי.
La Guemara pose une question : Mais n'y a-t-il pas aussi la question de la longueur minimale du mavoï ? Pour que le fait de porter dans un mavoï soit rendu permis au moyen d'un le'hi (montant latéral) ou d'une korah, il doit mesurer au moins quatre amot de long. Dans ce cas, mesurer le mavoï avec de petites amot conduira à une indulgence [ce qui contredit l'idée que Rav Na'hman tranche partout avec rigueur].
וְהָא אִיכָּא מֶשֶׁךְ מָבוֹי בְּאַרְבַּע אַמּוֹת, דִּלְקוּלָּא!
La Guemara résout cette difficulté : Rav Na'hman se range à l'avis de celui qui dit que la longueur d'un mavoï n'a besoin d'être que de quatre tefa'him [et non quatre amot]. Mais une ama mentionnée dans le contexte d'un mavoï est toujours une petite ama, ce qui constitue une rigueur.
כְּמַאן דְּאָמַר בְּאַרְבָּעָה טְפָחִים.
La Guemara propose une autre solution : Et si tu veux, dis plutôt qu'en réalité Rav Na'hman se range à l'avis selon lequel la longueur d'un mavoï doit être de quatre amot, et dans ce cas, le mavoï est mesuré avec de grandes amot de six tefa'him, à titre de rigueur. Lorsqu'il dit que l'ama du mavoï est une ama de cinq tefa'him, il parle de la plupart, mais non de la totalité, des amot mentionnées dans le contexte d'un mavoï.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא, בְּאַרְבַּע אַמּוֹת — וְרוֹב אַמּוֹת קָאָמַר.
Rav Na'hman a dit que l'ama de la souka est une petite ama composée de cinq tefa'him. La Guemara demande : À quelle loi cette règle s'applique-t-elle ? Elle s'applique à la loi régissant sa hauteur, à savoir qu'une souka ne doit pas dépasser vingt amot, ainsi qu'à la loi de la dofen akouma (la paroi courbée). Une souka est tenue pour valide s'il s'y trouve jusqu'à quatre amot de skhakh (couverture) invalide, à condition que cette couverture soit adjacente à l'une des parois de la souka. Dans ce cas, la couverture invalide est considérée comme un prolongement de la paroi, c'est-à-dire que la paroi est tenue pour courbée, et par conséquent la souka tout entière est valide. Pour ces deux lois, la décision est rigoureuse et la distance se mesure avec de petites amot.
אַמַּת סוּכָּה בְּאַמָּה בַּת חֲמִשָּׁה, לְמַאי הִלְכְתָא? לְגוֹבְהָהּ וּלְדוֹפֶן עֲקוּמָּה.
La Guemara demande : Mais n'y a-t-il pas aussi la loi de la longueur minimale d'une souka, qui doit mesurer au moins quatre amot de long ? Si on la mesure avec de petites amot, cela conduira à une indulgence. Ainsi qu'il fut enseigné dans une baraïta : Rabbi [Yehouda HaNassi] dit : Je dis que toute souka qui n'a pas en elle une surface d'au moins quatre amot sur quatre amot est invalide.
וְהָא אִיכָּא מֶשֶׁךְ סוּכָּה בְּאַרְבַּע אַמּוֹת, דִּלְקוּלָּא! דְּתַנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: אוֹמֵר אֲנִי, כׇּל סוּכָּה שֶׁאֵין בָּהּ אַרְבַּע אַמּוֹת עַל אַרְבַּע אַמּוֹת פְּסוּלָה!
Eruvin 3b
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עירובין ג׳ במַסֶּכֶת עֵירוּבִין