AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Eruvin

38b

Étude de Eruvin 38b

Étude de la Guémara 38b

Guémara
Cette personne se trouve dans la position à la fois d'un ânier, qui doit aiguillonner sa bête par derrière, et d'un chamelier, qui doit conduire sa bête par devant ; autrement dit, elle est tiraillée dans deux directions opposées. Puisque nous ne savons pas avec certitude si les deux jours constituent une seule sainteté ou bien deux saintetés, elle doit agir avec rigueur, comme si le ‘erouv établi pour le premier jour était simultanément valide et non valide pour le second jour : elle doit donc restreindre ses déplacements de Chabbat aux seules zones où il lui serait permis d'aller dans les deux cas de figure.
הֲרֵי זֶה חַמָּר גַּמָּל.
Rabban Chim‘on ben Gamliel et Rabbi Yichma‘el, fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, disent : si l'on a établi un ‘erouv avec ses pieds [en se rendant sur place à la tombée de la nuit] la veille du premier jour, on n'a pas besoin d'établir un ‘erouv avec ses pieds la veille du second jour, car son ‘erouv demeure valide pour le second jour également. De même, si l'on avait fait un ‘erouv en déposant de la nourriture à l'endroit où l'on voulait fixer sa résidence, et que ce ‘erouv a été mangé durant le premier jour, on peut néanmoins continuer de s'appuyer sur lui et sortir au-delà de la limite [des deux-mille coudées] permise au reste des habitants de la ville durant le second jour, car les deux jours constituent une seule sainteté : dès le départ, le ‘erouv a acquis pour lui son lieu de résidence pour les deux jours.
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה אוֹמְרִים: עֵירַב בְּרַגְלָיו בָּרִאשׁוֹן — אֵין מְעָרֵב בְּרַגְלָיו בַּשֵּׁנִי, נֶאֱכַל עֵירוּבוֹ בְּיוֹם רִאשׁוֹן — יוֹצֵא עָלָיו בַּשֵּׁנִי.
Rav dit : la halakha est conforme à l'avis de ces quatre Anciens, et selon l'avis de Rabbi Eli‘ezer qui dit : lorsque Chabbat et un Yom Tov se succèdent deux jours de suite, ils constituent deux saintetés distinctes. Et voici quels sont ces quatre Anciens : Rabban Chim‘on ben Gamliel ; Rabbi Yichma‘el, fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka ; Rabbi Eli‘ezer, fils de Rabbi Chim‘on ; et Rabbi Yossi bar Yehouda, celui dont les avis ont souvent été consignés comme des michnayot anonymes (setoumtaa). Et il en est qui disent : l'un d'eux est Rabbi El‘azar, et l'on retire de la liste Rabbi Yossi bar Yehouda, celui dont les propos ont souvent été rapportés comme des enseignements anonymes.
אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּאַרְבָּעָה זְקֵנִים הַלָּלוּ, וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר דְּאָמַר שְׁתֵּי קְדוּשּׁוֹת הֵן. וְאֵלּוּ הֵן אַרְבָּעָה זְקֵנִים: רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּרַבִּי שִׁמְעוֹן וְרַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה סְתִימְתָּאָה. וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: חַד מִינַּיְיהוּ רַבִּי אֶלְעָזָר, וּמַפֵּיק רַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה סְתִימְתָּאָה.
La Guemara soulève une difficulté : n'avons-nous pas entendu que Rabban Chim‘on ben Gamliel et Rabbi Yichma‘el, fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, soutiennent l'avis opposé dans la baraita citée plus haut, à savoir que les deux jours constituent une seule et même sainteté ? La Guemara répond : inverse les attributions dans la baraita [c'est l'avis contraire qu'il faut leur attribuer].
וְהָא רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בַּר רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה אִיפְּכָא שָׁמְעִינַן לְהוּ! אֵיפוֹךְ.
La Guemara demande : s'il en est ainsi, c'est exactement ce qu'a dit Rabbi [Yehouda haNassi] — quel est donc l'objet de leur divergence ? La Guemara répond : dis qu'il n'y a pas de désaccord entre eux, et que la baraita doit se lire ainsi : « Et de même Rabban Chim‘on ben Gamliel a dit… » [qu'il est d'accord avec ce qui a été énoncé plus haut].
אִי הָכִי, הַיְינוּ רַבִּי? אֵימָא: וְכֵן אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל וְכוּ׳.
La Guemara demande à présent : comptons aussi Rabbi [Yehouda haNassi] parmi ces Anciens, puisque lui aussi tient que les deux jours sont des saintetés distinctes. La Guemara répond : Rabbi a enseigné cet avis, mais lui-même ne le tenait pas pour correct. Il a transmis une règle qu'il avait reçue de ses maîtres, mais son opinion personnelle était autre.
וְלִיחְשׁוֹב נָמֵי רַבִּי! רַבִּי תָּנֵי לַהּ וְלָא סָבַר לַהּ.
La Guemara soulève une difficulté : s'il en est ainsi, disons aussi que les Sages, [c'est-à-dire] Rabban Chim‘on ben Gamliel et Rabbi Yichma‘el, ont eux aussi enseigné cette loi sans pour autant la tenir pour correcte. Quelle preuve y a-t-il que cela représente bien leur propre opinion ? La Guemara répond : Rav ne s'est pas fondé sur la formulation de ces sources ; il a plutôt appris, par une tradition certaine (guemara), que ces quatre Anciens soutenaient effectivement cette position.
רַבָּנַן נָמֵי תָּנוּ לַהּ וְלָא סָבְרִי לַהּ? רַב גְּמָרָא גְּמִיר לַהּ.
La Guemara rapporte que, lorsque Rav Houna, le disciple éminent de Rav, s'éteignit, Rav 'Hisda entra à la maison d'étude pour soulever une contradiction entre un enseignement de Rav et un autre enseignement de Rav : Rav a-t-il réellement dit que la halakha est conforme à l'avis des quatre Anciens et selon l'avis de Rabbi Eli‘ezer, qui dit que lorsque Chabbat et un Yom Tov tombent deux jours de suite, ils constituent deux saintetés distinctes ?
כִּי נָח נַפְשֵׁיהּ דְּרַב הוּנָא, עָיֵיל רַב חִסְדָּא לְמִירְמָא דְּרַב אַדְּרַב. מִי אָמַר רַב: הֲלָכָה כְּאַרְבָּעָה זְקֵנִים, וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר דְּאָמַר שְׁתֵּי קְדוּשּׁוֹת הֵן?
Mais n'a-t-il pas été énoncé que, dans le cas où Chabbat et un Yom Tov se succèdent deux jours de suite, Rav a dit : un œuf pondu l'un de ces jours est interdit l'autre jour, de même qu'un œuf pondu un jour de fête est interdit ce jour-là même ? Cet enseignement indique que les deux jours constituent une seule sainteté. Comment, dès lors, peut-il dire ici que la halakha est conforme à l'avis selon lequel ce sont deux saintetés distinctes ?
וְהָא אִיתְּמַר: שַׁבָּת וְיוֹם טוֹב, רַב אָמַר: נוֹלְדָה בָּזֶה אֲסוּרָה בָּזֶה!
Rabba dit qu'une distinction peut être établie entre les deux cas : là-bas, l'œuf est interdit le second jour non pas parce que les deux jours constituent une seule sainteté, mais à cause de l'interdit de préparation (hakhana) — car il est interdit de préparer des choses un jour de fête pour Chabbat, ou un Chabbat pour un jour de fête.
אָמַר רַבָּה: הָתָם — מִשּׁוּם הֲכָנָה.
Comme il a été enseigné dans une baraita : le verset qui dit « Et il arrivera, le sixième jour, lorsqu'ils prépareront ce qu'ils auront rapporté » (Chemot 16, 5) enseigne ce qui suit : un jour de semaine ordinaire, on peut préparer ce qui est nécessaire pour Chabbat, et de même, un jour de semaine ordinaire, on peut préparer ce qui est nécessaire pour un Yom Tov ; en revanche, un jour de fête on ne peut pas préparer pour Chabbat, et un Chabbat on ne peut pas préparer pour un jour de fête. Par conséquent, un œuf pondu un jour de fête est interdit le Chabbat non pas parce que les deux jours forment une seule sainteté, mais parce qu'il est interdit de préparer un jour saint pour un autre.
דְּתַנְיָא: ״וְהָיָה בַּיּוֹם הַשִּׁשִּׁי וְהֵכִינוּ״ — חוֹל מֵכִין לְשַׁבָּת וְחוֹל מֵכִין לְיוֹם טוֹב, וְאֵין יוֹם טוֹב מֵכִין לְשַׁבָּת וְאֵין שַׁבָּת מְכִינָה לְיוֹם טוֹב.
Abaye lui dit : mais qu'en est-il de ce que nous avons appris dans la michna : que fait-on lorsqu'un Yom Tov tombe un vendredi et que l'on souhaite établir un ‘erouv valide à la fois pour le Yom Tov et pour Chabbat ? Lui-même, ou son émissaire, porte le ‘erouv jusqu'à l'endroit qu'il veut fixer comme résidence, la veille du premier jour, y demeure jusqu'à la tombée de la nuit, puis le reprend et s'en va. La veille du second jour, c'est-à-dire le vendredi après-midi, lui ou son émissaire reporte le ‘erouv au même endroit et y demeure jusqu'à la tombée de la nuit, puis il peut manger le ‘erouv et s'en aller, s'il le souhaite. N'est-il pas en train de préparer, un jour de fête, pour Chabbat ? [Selon Rabba, cela devrait être considéré comme un acte de préparation interdit.]
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי, אֶלָּא הָא דִּתְנַן: כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה — מוֹלִיכוֹ בָּרִאשׁוֹן, וּמַחְשִׁיךְ עָלָיו, וְנוֹטְלוֹ וּבָא לוֹ. בַּשֵּׁנִי מַחְשִׁיךְ עָלָיו, וְאוֹכְלוֹ וּבָא לוֹ. הָא קָא מֵכִין מִיּוֹם טוֹב לְשַׁבָּת!
Eruvin 38b
100%
עירובין ל״ח במַסֶּכֶת עֵירוּבִין