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Traité Eruvin

29b

Étude de Eruvin 29b

Étude de la Guémara 29b

Guémara
[Ce danger n'existe que] dans un cas où le bulbe [de l'oignon] n'a pas encore atteint la taille d'un zéret — la distance entre le pouce et l'auriculaire d'une main écartée — car à ce stade les feuilles sont très toxiques ; mais s'il a atteint la taille d'un zéret, nous n'avons là aucun problème.
דְּלָא אִבְּצִיל זִירְתָּא, אֲבָל אִבְּצִיל זִירְתָּא — לֵית לַן בַּהּ.
Rav Papa dit : Nous n'avons énoncé [cette inquiétude au sujet de la consommation des feuilles d'oignon] que dans un cas où l'on n'a pas bu de bière (chikhra) ensuite ; mais si l'on a bu de la bière ensuite, nous n'avons là aucun problème.
אָמַר רַב פָּפָּא: לָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלָא אִישְׁתִּי שִׁיכְרָא, אֲבָל אִישְׁתִּי שִׁיכְרָא לֵית לַן בַּהּ.
Nos maîtres ont enseigné dans une baraïta : Qu'un homme ne mange pas d'oignon, à cause du venin (na'hach, litt. « serpent ») qui s'y trouve. Et il advint, à propos de Rabbi 'Hanina, qu'il mangea un demi-oignon et la moitié du venin qui s'y trouvait, et il tomba malade et pencha vers la mort ; ses collègues implorèrent miséricorde pour lui et il survécut — uniquement parce que l'heure avait besoin de lui [sa génération avait besoin de son enseignement], mais sans cela il ne s'en serait pas remis.
תָּנוּ רַבָּנַן: לֹא יֹאכַל אָדָם בָּצָל, מִפְּנֵי נָחָשׁ שֶׁבּוֹ. וּמַעֲשֶׂה בְּרַבִּי חֲנִינָא שֶׁאָכַל חֲצִי בָצָל וַחֲצִי נָחָשׁ שֶׁבּוֹ וְחָלָה וְנָטָה לָמוּת, וּבִקְּשׁוּ חֲבֵירָיו רַחֲמִים עָלָיו וְחָיָה, מִפְּנֵי שֶׁהַשָּׁעָה צְרִיכָה לוֹ.
Rabbi Zéira dit au nom de Chmouel : Avec de la bière (chékhar) on peut établir un érouv, et elle invalide le miqvé [bain rituel] dans une quantité de trois log [à l'instar de l'eau puisée]. Rav Kahana objecte fortement à cela : Cela est évident ! Et quelle différence y a-t-il entre ceci et l'eau de teinture (mei tséva) ? Car nous avons appris [dans une michna] : Rabbi Yossi dit : L'eau de teinture invalide le miqvé dans une quantité de trois log [comme de l'eau puisée ordinaire]. Ils répondirent : Là, le liquide est appelé « eau de teinture » ; ici, il est appelé « bière ». [On aurait donc pu penser que la bière n'est pas du tout considérée comme de l'eau, et qu'elle n'invaliderait le miqvé que si elle en changeait la couleur ; l'enseignement novateur de Chmouel était donc nécessaire.]
אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר שְׁמוּאֵל: שֵׁכָר מְעָרְבִין בּוֹ, וּפוֹסֵל אֶת הַמִּקְוֶה בִּשְׁלֹשֶׁת לוּגִּין. מַתְקֵיף לַהּ רַב כָּהֲנָא: פְּשִׁיטָא, וְכִי מָה בֵּין זֶה לְמֵי צֶבַע? דִּתְנַן: רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: מֵי צֶבַע פּוֹסְלִין אֶת הַמִּקְוֶה בִּשְׁלֹשֶׁת לוּגִּין. אָמְרִי: הָתָם מַיָּא דְצִבְעָא מִיקְּרֵי, הָכָא שִׁיכְרָא אִיקְּרִי.
[La Guemara demande :] Et avec quelle quantité [de bière] établit-on un érouv ? Rav A'ha fils de Rav Yossef pensa dire devant Rav Yossef ce qui suit : Avec deux quarts de log de bière. [Son raisonnement est à présent détaillé.] Car nous avons appris [dans une michna] : Celui qui transporte du vin [d'un domaine privé vers un domaine public le Chabbat] est passible s'il en transporte de quoi diluer une coupe [c'est-à-dire assez de vin pur pour remplir une coupe une fois coupé d'eau]. Et l'on a enseigné à ce sujet [dans une baraïta] : De quoi diluer une belle coupe. Qu'est-ce qu'une « belle coupe » ? Une coupe de bénédiction (kos chel berakha). Et Rav Na'hman dit au nom de Rabba bar Avouh : La coupe de bénédiction doit contenir un quart de réviit [de log de vin pur], afin qu'après l'avoir coupé d'eau il atteigne une réviit pleine. Et ceci est conforme à l'enseignement de Rava, car Rava dit : Tout vin qui n'est pas assez fort pour exiger d'être coupé d'eau à raison de trois parts d'eau pour une part de vin n'est pas un vrai vin.
וּבְכַמָּה מְעָרְבִין? סָבַר רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרַב יוֹסֵף קַמֵּיהּ דְּרַב יוֹסֵף לְמֵימַר: בִּתְרֵין רִבְעֵי שִׁכְרָא, כְּדִתְנַן: הַמּוֹצִיא יַיִן, כְּדֵי מְזִיגַת הַכּוֹס. וְתָנֵי עֲלַהּ: כְּדֵי מְזִיגַת כּוֹס יָפֶה. מַאי כּוֹס יָפֶה? כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה. וְאָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא בּוֹ רוֹבַע רְבִיעִית, כְּדֵי שֶׁיִּמְזְגֶנּוּ וְיַעֲמוֹד עַל רְבִיעִית. וְכִדְרָבָא, דְּאָמַר רָבָא: כֹּל חַמְרָא דְּלָא דָּרֵי עַל חַד תְּלָת מַיָּא — לָאו חַמְרָא הוּא.
Et l'on a enseigné dans la dernière clause [de la michna susmentionnée] : Et pour tous les autres liquides [on est passible] dans une réviit, et pour toutes les eaux usées (chofkhin) dans une réviit. [Rav A'ha argumente ainsi :] Puisque là [concernant la responsabilité pour le transport le Chabbat] le rapport est de un à quatre — car on est passible pour un quart de réviit de vin, alors qu'on n'est passible pour les autres liquides que pour une réviit — ici aussi [concernant l'érouv] le rapport de un à quatre devrait être maintenu. [Donc, puisque Rav a dit que deux quarts de log de vin sont requis pour un érouv, la quantité minimale de bière devrait être de deux log pleins.]
וְקָתָנֵי סֵיפָא: וּשְׁאָר כׇּל הַמַּשְׁקִין בִּרְבִיעִית, וְכׇל הַשּׁוֹפְכִין בִּרְבִיעִית. מִדְּהָתָם עַל חַד אַרְבַּע — הָכָא נָמֵי עַל חַד אַרְבַּע.
[La Guemara rejette cet argument :] Mais il n'en est rien. Là [concernant le transport le Chabbat, on exige quatre fois plus de bière que de vin] parce qu'une quantité moindre [qu'une réviit de bière] est insignifiante ; mais ici [concernant l'établissement d'un érouv] ce n'est pas le cas. Car les gens ont coutume de boire une coupe [de bière] le matin et une coupe le soir, et de s'appuyer sur elles [comme repas, la bière étant rassasiante même en de telles quantités. On n'exigera donc que deux quarts de log de bière pour un érouv].
וְלָא הִיא, הָתָם הוּא דִּבְצִיר מֵהֲכִי לָא חֲשִׁיב, אֲבָל הָכָא — לָא. דַּעֲבִידִי אִינָשֵׁי דְּשָׁתוּ כָּסָא בְּצַפְרָא וְכָסָא בְּפַנְיָא, וְסָמְכִי עִילָּוַיְהוּ.
[La Guemara demande :] Les dattes (temarim), avec quelle quantité [établit-on un érouv] ? Rav Yossef dit : Les dattes, [la quantité minimale est] un qav. Rav Yossef dit : D'où dis-je cette halakha ? Car il a été enseigné [dans une baraïta] : Si quelqu'un a mangé [par inadvertance] des figues sèches (guerogrot) [de térouma] et a payé en dattes [en compensation], qu'une bénédiction vienne sur lui.
תְּמָרִים בְּכַמָּה? אָמַר רַב יוֹסֵף: תְּמָרִים בְּקַב. אָמַר רַב יוֹסֵף: מְנָא אָמֵינָא לַהּ? דְּתַנְיָא: אָכַל גְּרוֹגְרוֹת וְשִׁילֵּם תְּמָרִים — תָּבוֹא עָלָיו בְּרָכָה.
[La Guemara précise ce cas :] Quel en est le cas de figure ? Si tu dis [qu'il a payé] selon la valeur — c'est-à-dire qu'il a mangé pour un zouz [de figues] et qu'il paye pour un zouz [de dattes] — pourquoi [dire] « qu'une bénédiction vienne sur lui » ? Il a mangé pour un zouz, il paye pour un zouz ! Mais n'est-ce pas plutôt [qu'il a payé] selon la mesure — c'est-à-dire qu'il a mangé une mesure (gueriva) de figues sèches valant un zouz, et qu'il paye une mesure de dattes valant quatre [zouz] — et l'on enseigne pourtant « qu'une bénédiction vienne sur lui ». Cela prouve donc : les dattes sont supérieures [aux figues sèches. Or, puisque l'on a appris plus haut qu'on peut établir un érouv avec un qav de figues sèches, un qav de dattes devrait certainement suffire pour l'érouv].
הֵיכִי דָמֵי? אִילֵּימָא לְפִי דָמִים, דַּאֲכַל מִינֵּיהּ בְּזוּזָא וְקָא מְשַׁלֵּם לֵיהּ בְּזוּזָא — מַאי ״תָּבֹא עָלָיו בְּרָכָה״? בְּזוּזָא אֲכַל, בְּזוּזָא קָא מְשַׁלֵּם! אֶלָּא לָאו, לְפִי מִדָּה, דַּאֲכַל מִינֵּיהּ גְּרִיוָא דִּגְרוֹגְרוֹת דְּשָׁוְיָא זוּזָא, וְקָא מְשַׁלֵּם לֵיהּ גְּרִיוָא דִתְמָרִים דְּשָׁוֵי אַרְבְּעָה — וְקָתָנֵי: ״תָּבֹא עָלָיו בְּרָכָה״, אַלְמָא: תְּמָרִים עֲדִיפִי.
Abayé dit à [Rav Yossef] : En vérité [aucune preuve ne peut être tirée d'ici]. [On peut soutenir] qu'il a effectivement mangé pour un zouz [de figues] et qu'il paye pour un zouz [de dattes]. Et pourquoi [dire] « qu'une bénédiction vienne sur lui » ? Parce qu'il a mangé une chose que les acheteurs ne s'empressent pas d'acheter, et qu'il lui paye une chose que les acheteurs s'empressent d'acheter [même si elles sont de valeur égale, le kohen y gagne, car il lui est plus facile de vendre des dattes que des figues sèches].
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: לְעוֹלָם דַּאֲכַל מִינֵּיהּ בְּזוּזָא, וְקָא מְשַׁלֵּם בְּזוּזָא. וּמַאי ״תָּבֹא עָלָיו בְּרָכָה״? דַּאֲכַל מִינֵּיהּ מִידֵּי דְּלָא קָפֵיץ עֲלֵיהּ זָבֵינָא, וְקָא מְשַׁלֵּם לֵיהּ מִידֵּי דְּקָפֵיץ עֲלֵיהּ זָבֵינָא.
[Concernant le] chetita [un mets fait de farine grillée et de miel] — Rav A'ha bar Pin'has dit : Deux grandes cuillerées (chargouché) [sont nécessaires pour un érouv]. [Concernant les] kissané [une sorte de grains grillés] — Abayé dit : Deux bouné de Poumbedita [le bouné étant le nom d'une mesure particulière].
שְׁתִיתָא — אָמַר רַב אַחָא בַּר פִּנְחָס: תְּרֵי שַׁרְגּוּשֵׁי. כִּיסָאנֵי — אָמַר אַבָּיֵי: תְּרֵי בוּנֵי דְּפוּמְבְּדִיתָא.
[Ayant mentionné les grains grillés, la Guemara rapporte incidemment qu'] Abayé dit : Ma mère [en réalité sa mère adoptive] m'a dit : Ces grains grillés (kissané) sont bons pour le cœur et chassent les pensées soucieuses.
אָמַר אַבָּיֵי, אֲמַרָה לִי אֵם: הָנֵי כִּסָאנֵי מְעַלּוּ לְלִיבָּא, וּמְבַטְּלִי מַחְשְׁבָתָא.
Eruvin 29b
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עירובין כ״ט במַסֶּכֶת עֵירוּבִין